CHLORE
T ( A l'état d'alimentation normale.
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j, 1 A l'état d'aliuientation normale.
(1) Dans ces dernières années, un certain nombre d'individus se sont soumis volontairement dans un but intéressé, à nu jeûne plus ou moins prolongé et plus ou inoins complet. Mais l'absence de tout contrôle scientifique rigoureu.x et de toute observation précise empêche d'en tirer aucune conclusion utile pour la physiologie.
On peut rapprocher de rinanition les phénomènes d'hibei^nation. Pendant l'hibernation, qui peut durer jusqu'à cent soixante-trois jours, l'animal ne prend aucune nourriture et il est intéressant de rapprocher des chiffres donnés plus haut les chiffres ci-dessous, qui indiquent, d'après Valentin, la perte de poids pour cent subie par les diflërenls organes à la fin de l'hibernation (niarmolte).
Pour les reins et le cerveau la perte élait presque insensible.
Uibliog^raphie. — M. Rïibnek : Ueber den Sloffverbraudi im hiPir/evnden Pflanze7ifresser (Zoit. fur BioL, t. XVII, 1881). — S. Valentin : Beiti-. ziir Kenntniss des Winterschlafes der Murmellhieve (Molesch. Unt., t. XIII, 1881). — Fr. Kïickein : Beifrag :ur Kennlniss des Stoffverbmnchs beim hungernden Hii/m (Zcit. fur Biol., t. XVIII, 188"2). — W. Oiil- MULLER : Ueber die Abnahme der einzelnen Organe bei an Atrophie gestorbenen Kindein (Zcit. fur Biol., t. XVIII, 1882). — Fr. Tuczek : Miltlieihing von Sloff'wechschintersuchiingen bei abstinirenden Geisteskranken (Arch. f. Psychiat., t. XV, 1885). — E. Quinquaud : Sur la dénutrition exjiérimentale (C. rendus, t. CI, 1885). — L. Luciani et G. Bufalini : Sul decorso delV inanizione (Archiv per le se. nicd., t. V) (1).
L'alimentation peut être insuffisante de deux façons : ou bien elle peut contenir tous les aliments simples indispensables pour la nutrition de l'individu (eau, sels, albuminoïdes, hydrocarbonés et graisses), mais en quantité trop faible, ou bien l'un ou l'autre de ces aliments simples peut manquer complètement.
Dans le premier cas [inanitiation, inam'saiion) , les phénomènes se rapprochent beaucoup de ceux de l'inanition proprement dite; seulement, leur intensité et leur rapidité d'apparition sont en rapport avec la quantité du déficit alimentaire. Cette inanition lente peut même se prolonger presque indéfiniment sans que la mort en soit la terminaison nécessaire, si, comme dans la misère, la proportion d'aliments, insuffisante pour développer dans sa plénitude l'activité vitale, suffit cependant pour entretenir l'existence. Dans le second cas, quand un des aliments simples mentionnés plus haut vient à manquer complètement, et le cas ne se réalise guère que dans des recherches expérimentales, il survient des phénomènes particuliers qui ont été étudiés par plusieurs physiologistes et surtout par Pettenkofer et Voit, phénomènes qui donnent des indications précieuses sur les actes intimes de la nutrition.
1° Privation d'eau dans V alimentation. — La privation absolue d'eau (boissons et eau des aliments solides) dans l'alimentation d'un animal équivaut bientôt à une inanition complète ; les sécrétions ne tardent pas à s'arrêter^ spécialement la sécrétion rénale ; l'élimination par la peau et les poumons paraît aussi diminuer ; enfin la mort arrive avec les accidents qui ont été indiqués page 83, t. L
(I) A consulter : Chossat : Rech. expér. sur l'inanition, 1843. — Bidder et Schmidt : Die Verdaungssc'ifte, iSô'l.
Graisse
Glande d"liibernation
Foie ,
Muscles
Os ,
Alimentation insuffisante et alimentation exclusive.
2° Privation de sels dans V alimentation. — La privation absolue de sels dans l'alimentation amène des troubles profonds dans l'organisme, troubles dont il a déjà été parlé dans le chapitre des aliments (page 78, t. I). Quand la suppression, au lieu de porter sur l'ensemble des principes minéraux, porte sur un seul de ces principes (chlorure de sodium, potasse, etc.), les accidents varient suivant le rôle alimentaire de chacun d'eux.
3. Privation d'albuminoides dans l'alimentation. Alimentation grasse on hydrocarbonéc exclusive. — Une nourriture composée exclusivement de graisse ou d'hydrocarbonés, à l'exclusion de tout principe azoté, ne peut suffire longtemps pour entretenir l'existence. Le fait le plus important dans ce cas, c'est la diminution de l'urée, diminution plus marquée encore avec les hydrocarbonés qu'avec la graisse. Cette diminution d'urée tient non seulement à l'absence d'aliments azotés, mais encore à une désassimilation moins active des substances albuminoïdes de l'organisme; en effet la quantité d'urée excrétée est plus faible qu'elle ne le serait dans l'inanition pure et simple ; la graisse introduite par l'alimentation a donc détourné à son profit une partie des oxydations internes et épargné d'autant la consommation des principes azotés de l'organisme.
4° Privation d'aliments non azotés. Alimentation azotée exclusive. — Chez les herbivores et les omnivores, les aliments azotés, ingérés seuls à l'exclusion des hydrocarbonés et des graisses, ne peuvent suffire à l'existence, leurs organes digestifs n'étant pas disposés pour digérer et absorber la quantité d'albuminoïdes nécessaires pour l'entretien de la vie. Mais chez les carnivores il n'en est pas de même, et les albuminoïdes, à eux seuls, peuvent suffire, au moins pendant un certain temps, à condition qu'ils en ingèrent des quantités considérables. Ainsi Pettenkofer et Voit ont pu maintenir un chien de 30 à 35 kilogrammes dans le statu quo pendant 49 jours, en lui donnant par jour 1500 grammes de viande (dégraissée).
Dans ces conditions, la quantité d'urée excrétée dépend de l'alimentation, et tout l'azote de la viande ingérée se retrouve sous forme d'urée dans l'urine.
Quand on augmente encore la ration de viande, il arrive un moment oii l'animal engraisse; tout l'azote de l'alimentation reparaît bien dans l'urine à l'état d'urée, mais il n'en est pas de même du carbone, qui ne se retrouve pas intégralement dans l'urine et dans les produits de l'expiration : une partie du carbone ingéré a donc servi à la formation de la graisse.
Le tableau suivant donne une idée des recherches de Bischoff et Voit sur ce sujet et montre à quelles proporlions peul monter, dans ces conditions, la production de l'urée. Les expériences ont. été faites sur un chien : les chiffres donnent les quantités en grammes poiu- vingl-quatre heures :
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QUANTITÉ d'urée.
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Parmi les substances albuminoïdes, il en esl une, la gélatine, dont la valeur alimentaire a été très controversée. Cependant, il esl prouvé aujourd'hui que donnée seule, elle ne peut suffire pour entretenir l'existence et ne peut suppléer les autres principes azotés ; mais si elle est employée conjointement avec d'autres albuminoïdes, elle permet, tout en diminuant la proportion de ces derniers, d'arriver au même résultat. Ainsi, dans les expériences de G. Voit, un chien qui, avec un régime de 500 grammes de viande et 200 grammes de lard par jour, perdait 136 grammes de son poids, n'en perdait plus que 84 pour un régime composé de 300 grammes de viande, 200 grammes de lard et 100 grammes de gélatine, et n'en perdait plus que 32 si l'on ajoutait 200 grammes de gélatine au lieu de 100.
Kibliosrrnpliic. — L. IlmsciiFELD : Unt. ûbev den Eiweissbedarf des Menschen {X. de Pli., t. XLl, 1887).