Caractères de la voix
1° Intensité. — L'intensité de la voix dépend uniquement de l'amplitude des vibrations des cordes vocales, et par conséquent est sous la dépendance immédiate de la force du courant d'air expiré. L'intensité du son laryngien est renforcée par la résonnance des masses d'air contenues dans les cavités sus et sous-glottiques et des parois de ces cavités. La trachée et les bronches spécialement agissent comme appareil résonnant; quand la poitrine est large et spacieuse, la voix est plus forte. On sent du reste parfaitement, en appliquant la main sur les parois Ihoraciques pendant l'émission d'un son et surtout d'un son grave, les vibrations de ces parois.
(•) b, bourrelet de l'épigloUe. — rs, corde vocale supérieure. — ri, corde vocale inférieure. — ar, cartilage aryténoïdien.
{**) b, bourrelet de l'épiglotte. — rs, corde vocale supérieure. — ri, corde vocale inférieure. — or, gloUe iiiterarylénoidienne. — ar, cartilage aryténoïdien. — t-, cartilage cunéiforme. — rap, repli ary-épiglôttiqu(,/ — ir, repli iuteraryténoïdien. °
("*) l, langue. — e, épiglolte. — pe, repli pliaryngo-épiglottique. — ç, gouUière pharyngo-laryn'-ée. — an, repli ary-épiglo«ique. — c, cartilage cunéiforme. — ar, cartilage aryténoïde. — r, repli inteiaryléaoïdieu. — 0, glotte. — o, ventricule. — li, corde vocale inférieure. — lu, corde vocale supérieure.
2° Hauteur du son. — La hauteur de la voix dépend du nombre des vibrations des cordes vocales et de l'air du tuyau sonore. Plus les vibrations sont rapides, plus le son est aigu. Les lois qui régissent la hauteur du son pour le larynx sont les mêmes que pour les membranes élastiques et les anches membraneuses.
Les conditions qui font varier la hauteur du son, doivent être cherchées d'une part dans les cordes vocales, de l'autre dans le courant d'air expiré.
Vour les cordes vocales, les conditions qui ont le plus d'influence sont : la longueur, la iar^'eur et surtout la tension des cordes vocales. Les cordes vocales des larynx d'enfants, moins longues et moins larges, donnent aussi des sons plus aigus. Les cordes vocales sont moins tendues dans les sons graves, plus tendues dans les sons élevés. En outre la forme même des cordes vocales peut influer sur la hauteur du son; c'est qu'en effet les cordes vocales sont en réalité des replis épais en forme de coin susceptibles d'augmenter ou de diminuer d'épaisseur sous l'action musculaire.
Les recherches des chanteurs et des physiologistes et spécialement celles de Garcia, Bataille, M"'*' Seiler, Merkel, etc., ont montré que ces divers procédés sont employés suivant le cas, quand il s'agit de faire varier la hauteur de la voix, et que les chanteurs se servent de préférence de l'un ou de l'autre de ces procédés.
Pour ce qui concerne le courant d'air expiré, la force du courant d'air peut faire hausser aussi la hauteur du son. J. Mïdler a vu dans ses expériences qu'en forçant le courant d'air, il pouvait faire monter le son d'une quinte, la tension des cordes vocales restant la même.
La longueur du porte-vent (trachée) et du tuyau sonore (larynx, pharynx, etc.) n'a aucune influence sur la hauteur du son. L'ascension du larynx qu'on observe dans les sons aigus est donc un simple phénomène accessoire et sans importance essentielle dans la production du son. Celte ascension du larynx dans les sons uigus est-elle due à la pression seule de l'air, ou à l'action des muscles élévateurs de l'os hyoïde? Il est difficile de décider la question.
Le larynx humain peut donc émettre des sons de hauteur variable, mais seulement dans de certaines limites; Yètendue de la voix, ou la série de sons que peut parcourir la voix du grave à l'aigu, est en moyenne de deux octaves, et peut être portée à deux octaves et demie par l'exercice, et ce n'est que dans les cas exceptionnels que cette étendue atteint trois octaves et mêmes ti-ois octaves et demie, comme chez le célèbre chanteur Farinelli. Dans la parole ordinaire, la voix ne parcourt guère qu'une demi-octave.
L'étendue moyenne de deux octaves attribuée à la voix humaine peut, suivant les individus et les sexes, correspondre à des régions plus ou moins élevées de l'échelle musicale, et on a classé à ce point de vue les voix, en allant des plus basses aux plus élevées, en voix de basse, baryton, ténor (homme) et de contralto, mezzo-soprano et soprano (femme). Le tableau suivant (p. 299) donne cette classification en regard de l'échelle musicale, en même temps que le nombre des vibralions simples pour chacun des sons.
On voit par ce tableau que la voix humaine se meut dans une échelle de sons qui embrasse un peu plus de trois octaves et demie. Quelques voix exceptionnelles dépassent cette limite; Nilsson, dans la Vlùte enchantée, atteint le fa de l'octave quarte, et Mozart parle d'une cantatrice, la Bastardella, qui donnait Vut de l'octave quinte correspondant à 2,112 vibrations.
Habituellement, pour une voix donnée, l'émission des sons graves et des sons
PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT
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