‹ Nouveaux éléments de physiologie humaineChapitre 142 sur 377 · PAROLE · texte numérisé non relu

PAROLE

La parole se compose de sons dits articulés, produits dans le tube additionnel (cavité buccale et pharyngienne) et qui se combinent avec les sons laryngés proprement dits.

Dans la parole à haute voix, le son laryngé se forme à la glotte vocale par le mécanisme décrit dans la phonation, et la parole peut dans ce cas recevoir le nom de voix articulée. Dans la parole à voix basse, au contraire, ou chuchotement, il n'y a d'autre son laryngé que le frottement de l'air qui traverse la glotte interaryténoïdienne, la glotte vocale restant fermée. Il y aurait donc entre la parole à haute voix et le chuchotement plus qu'une simple différence d'intensité. Cependant, d'après Czermak, la glotte vocale prendrait part au chuchotement.

L'articulation des sons a lieu habituellement dans l'expiration comme la production de la voix; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle peut se produire à l'inspiration, surtout dans le chuchotement, qui ne demande pas une très grande pression du courant d'air.

Nous aurons à étudier successivement la production des sons articulés et la façon dont ces sons s'unissent pour former des mots.

§ 1^''. Production des .sons articulés.

1. — Conditions générales de la production des sons articulés.

Procédés. — A. Procédés d'enregistrement des sons articulés. — 1° Phoyiautographes. — Pli. de Scott. — Cet appareil (fig. .323) se compose d'une sorte de cornet paraboloïde qui agit comme miroir acoustique et renvoie les sous à une membrane de caoutctiouc très mince, tendue de D en E et qui supporte à son milieu un style inscripteur. Les vibrations de cette membrane s'inscrivent sur un cylindre tournant A à l'aide du style inscripteur. Le phouautographe de Scott a été perfectionné par Hensen. E. W. Blake, en se servant d'un procédé déjà employé par Stein et Vogel, a imaginé une disposition pour photographier directement les vibrations de la membrane du phouautographe.

2" P/iojiograp/ie d'Edison (fig. 324). — Le ptionoQraphe comprend : 1" un style inscripteur réuni à une lame vibrante devant laquelle on parle; cette lame vibrante est adaptée à une embouchure de téléphone, E; 2° une mince feuille d'étaiu qui s'enroule autour du cylindre P dont la surface est creusée d'un pas de vis identique à celui de l'axe A, A, et de l'écrou de l'un des supports T, T. La manivelle M permet d'imprimer à la fois un mouvement de rotation et un mouvement de translation au cylindre P, de façon à maintenir toujours la pointe traçante en face d'une rainure du cylindre. Le volant \ sert à rendre le mou-

Sur la voix (Mém. de l'Acad. des se, 1779). — F. Savart : Mém. sur la voix humaine (Anu. de chim. et de phys., 1825). — Liskovius : Physiol. der menschlichen Stimme, l846. — Garcia : Mém. sur la voix humaine, 1847. — Segond : Sur la parole, etc. (Arch. de méd., 1848 et 184'J). — IMerkel ; Anal, und Physiol. des menschlichen Stimm und Sprachorgans, 1856. — l^ournié : Physiol. de la voix ef de la parole, 1865. — J. Rossbach : Physiol. und Pathol. der menschliclien, Stimme, 1869. — Gavarret : Phén. p/iysiques de la plionation et de l'audition, 1877. — Oertel : Ueher eine neue << laryngostroboscopische » Unlersucfningsmethode des Kehlkopfet (Centralbl., 1878). — A. Kluuder : Ueber die Genauig/ceit der Stimme (Arch. f. Physiol., 1879). — Hensen : id.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

veulent uuiforme. La pression du style sur la feuille d'étaiu est réglée par le levier S au moyen de la poignée N. Quand ou parle près de l'euabouchuro E en faisant tournei le cylindre, les vibrations du stvic tracent alors sur la feuille métallique une sene de depressious. Pour reproduire kvoix, on desserre la vis R, on éloigne l'embouchure L et

Fig. 3"23. — Phonautographe de Scott.

on ramèup le cylindre en arrière, puis on remet rembouchure on place de façon que l'embouchure et le cylindre se trouvent dans la même position qu'au début. En faisant tourner de nouveau le cylindre, la pointe du style suit les dépressions de la feuille d'étain ; ses déplacements se transmettent à la lame vibrante qui répète les paroles prononcées. Le cornet C se place au-dessus de l'embouchure E pour renforcer les sons. —

Fig. :i24. — l'Iionoyi'aphe cl' Edison.

Mayer a obtenu le profil des plionogrammes ordinaires en faisant inscrire les vibrations de la membrane du phonographe dans le plan même de ces vibrations au lieu de les inscrire dans un plan perpendiculaire. A. Fick a imaginé une disposition pour inscrire avec un agrandissement de cent fois, sur un cylindre enregistreur ordinaire, les tracés phonographiques. Blake a inventé un procédé pour photographier les vibrations du phonographe.

3° Procédé microphonique de Boi/det de Pâris. — Boudet de Paris s'est servi, comme ap-

pareil transmetteur, d'un microphone excessivement sensible, et comme récepteur d'un téléphone de Bell, modifié et transformé en appareil inscripteur.

4° Logngrapfie de Burloiv. — Cet appareil consiste en une petite embouchure de trompette dont l'ouverture, évasée, est couverte d'une mince membrane de caoutchouc munie d'un style inscripteur et qui est munie d'un oriûce latéral pour l'échappement de l'air. Pour l'expérience, on presse entre les lèvres les bords de l'embouchure pour éviter toute perte d'air. Les variations de débit de l'air expiré dans les différents sous imprimont à la membrane des vibrations qui s'inscrivent sur une bande de papier.

B. Procédés optiques. — Procède des flammes manométriques de Kœ ni g. — Cette méthode, imaginée par Kœnig, rend visible l'état vibratoire d'une masse d'air par l'agitation qui est comnuuiiquée à la flamme d'un bec de gaz (ûg. 325). Pour cela, la conduite

Fig. 325. — Procède des flammes manométr'iques de Kœnig.

de gaz traverse une petite caisse, capsule manomélrique, A (fig. 325) dont une paroi est formée par une membrane vibrante actionnée par la parole. Pour rendre visibles les variations de hauteur de la flamme, on place devant elle un miroir vertical M qui tourne rapidement. Si la flamme ne varie pas de hauteur, on voit une bande lumineuse ; si elle varie de hauteur, elle présente des découpures dont la disposition correspond à la nature des vibrations sonores. La figure 320 donne, d'après le même physicien, la forme des flammes qui caractérisent les principales voyelles, chantées successivement sur les notes de deux gammes, de ul^ à iit^. On voit immédiatement quels sont les harmoniques renforcées par le son propre de la voyelle. En employant le cyanogène à la place du gaz d'éclairage, on a produit des flammes assez lumineuses pour les photographier sur une plaque animée d'une translation horizontale (I).

2» Phonéidoscope de Sedley-Taylor. — Ce physicien a remarqué qu'une lame liquide mince présente des vibrations qui varient quand on soumet cette lame à l'influence des vibrations sonores. Un cylindre vertical creux supporte, à une de ses ouvertures, une plaque métallique dans laquelle est découpé un orifice propre à retenir une lame liquide; à l'autre ouverture du cylindre aboutit un tube de caoutchouc muni d'une embouchure par laquelle on fait agir les sons sur la surface inférieure de la lame liquide. 11 en résulte des ligures colorées tourbillonnantes caractéristiques pour chaque son.

30 Procédé des anneaux colorés de Gucbhard. — Si on projette le souffle humide de l'haleine sur un bain de mercure, la vapeur d'eau, en s'y condensant en nappes minces,

(1) En approchant un cornet acoustique d'une flamme vocale déterminée par l'émission d'une voyelle, on entend distinctement le timbre caractéristique de la voyelle [Flammes vocales sonores de Landois).

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

y produit dos annoaux colorés comparables aux anneaux do Newton et dont les bandes colorées correspondent aux quantités d'eau condensées, et par suite aux densités de vapeur à chaque point de la section de la colonne d'air expiré. Si on émet ditlérents sons

Fig. 32G. — Voyelles chantées sur di/f'érenles notes représentées par des flammes munométriques (figure extraite de : Quelques expériences d'acoustique, par Kœnig).

au voisinage d'un bain de mercure, on obtient ainsi une série de diagrammes différents, correspondant à chaque son, comme on le voit dans la ligure :527 ; ces diagrammes donnent des renseignements précieux sur la constitution intime du faisceau sonore.

G. Procédé d'enregistrement des vibrations du larynx (Marey et Rosapelly). — Les vibrations du larynx s inscrivent à l'aide d'un explorateur électrique formé par une masse métallique oscillante suspendue à l'extrémité d'un ressort et qui ouvre et ferme alternativement un courant de pile en actionnant un signal de Deprez. La ligne supérieure de la ûgure 328 représente le tracé des vibrations du larynx dans la pronon-

ciation des consonnes p, b, f, v associées à la voyelle a. — Boudet de Paris a employé une membrane mince tendue sur nn cadre et portant ù son centre une petite lamelle de platine. En tare de cette lamell»- est placée une vi;; uiicrométrique à puiutr de platine.

EU

ou

Fig. 327. — J'igiires ///lonéidosco/ji'/ iies représentan' les diverses voyelles (Guébhard).

Chaque vibration communiquée ;'i la membrane détermine un contact entre la lamelle et la vis, et lance un coni'aut dans un si^Mial de Deprez.

G. Procédés pour l'étude du mouvement du voile du palais.— Cette étude a pour but de faire connaître si le voile du palais ferme ou udn la communication des

Fig. 328. — Inscription simullanée du mouvement des lèvres et de ceux du larynx.

fosses nasales et du pharyn.x. et si, dans la production de tel ou tel son, l'air passe ou non par les fosses nasales. Un procédé graphique (tube dans une naiMue) a déjà été indiqué page 274. C'est ce procédé qui a été employé par Rosapelly. On voit par exemple que dans la parole à haute voix, la pression reste sensiblement la même dans l'intervalle des respirations, sauf de légères ascensions qui correspondent aux sons nasaux pendant lesquels l'air expiré sort par les fosses nasales. — On arrive au même résultat en plaçant devant l'orilîce des narines un miroir; la glace se ternit quand l'air passe par les fosses nasales (Liskovius, Czermak). Brucke se servait d'une Uamme dont lagitation indiquait l'existence d'un courant d'air. — Un procédé meilleur est d'introduire de l'eau (Czermak) ou du lait (Passavant) dans les fosses nasales, la tète étant renversée en arrière; dans l'articulation des sons, le liquide ne passe pas dans le pharynx quand l'occlusion du voile du palais est complète, il y passe en plus ou moins grande quantité quand la communication s'établit entre les fosses nasales et le pharynx comme dans les sons nasaux. — Harrissou Allen emploie, pour inscrire les soulèvements du voile du palais, une petite tige [paluto-myographe) formfint un levier du premier genre, tige dont une extrémité, introduite dans une narine, appuie sur le voile du palais, tandis que l'autre extrémité porte un style inscripteur en rapport avec un cylindre enregistreur. Le point fixe ou l'axe de rotation de cette tige se trouve en avant de la narine. Quand l'extrémité nasale se soulève par suite du soulèvement du voile du palais, l'extrémité libre s'abaisse et trace une courbe sur le cylindre. Cet appareil donne donc, non

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

le degrt"' d'occlusion des fosses nasales, mais les mouvements d'abaissement et d'élévation du voile du palais. — Hartmann a imaginé un appareil pour mesurer la force d'occlusion du voile du palais dans l'émission des sons; l'une des narines est en rapport par un tube avec un ballon compresseur, l'autre narine avec uu tube et un manomètre à mercure ; on envoie de l'air dans les fosses nasales en comprimant le ballon, et on mesure, pour chaque son articulé, la pression manométrique à laquelle cède le voile du palais.

D. Procédés pour l'étude des mouvements des lèvres. — P>'- Marcy et Rosapelly. — Dans ce procédé, les mouvements des lèvres s'inscrivent à l'aide de l'ap-

Fig.

329. — Appareil explorateur des mouvements verticaux des lèvres.

pareil représenté dans la figure 329. Il se compose de deux branches terminées chacune par un petit crochet plat qui embrasse la lèvre l, l'. La branche de la lèvre inférieure est seule mobile et, quand la lèvre inférieure s'élève, elle dilate le tambour T et la raréfaction de l'air dans ce tambour se transmet à un tambour à levier ordinaire par le tube t. L'embouchure v est destinée à recevoir le souffle émis pendant l'articulation des sons et a le transmettre par le tube t' à un tambour inscripteur. L'élévation de la lèvre inférieure (occlusion buccale) se traduit donc sur le tracé par un abaissement de la courbe, rabaissement de la lèvre par une ascension de la courbe, comme on le voit sur la ligne brisée de la figure 328 ; la ligne horizontale inférieure correspond à la clôture absolue des lèvres, la ligne horizontale supérieure à leur ouverture. On a vu plus haut les procédés employés par Rosapelly pour inscrire les vibrations du larynx et les mouvements du voile du palais ou plutôt les degrés d'occlusion ou d'ouverture des fosses nasales.

E. Procédés pour l'étude des mouvements de la langue. — 1° Pr. des empreintfis de Grïttzner. — Ou applique sur la langue préalablement bien essuyée un enduit de carmin ou d'encre de Chine et on articule ensuite un son. La langue laisse sur les parties du palais avec lesquelles elle est en contact une empreinte caractéristique comme on peut le voir d'après les figures 330 à 333 empruntées à Griitzncr. — 2° Glossographe de Gcntilli. Cet appareil se compose de cinq leviers articulés qui s'appuient sur différents points de la langue et inscrivent, à l'aide de conducteurs électriques, les mouvements de la langue et des lèvres dans les divers sons, sur une bande de papier déroulée par un mouvement d'horlogerie. Un sixième levier actionné par le courant d'air sortant du nez inscrit les sons nasaux.

F. Procédés d'analyse des sons articulés. — L'oreille seule a été employée d'abord pour déterminer les sons partiels qui entrent dans la constitution d'un son articulé et c'est ainsi qu'ont procédé Willis, Douders et tout récemment encore Grassmann. Les résonnateurs ont été employés par Helmholtz et Auerbach (voir page 292). Au lieu derésonnateurs à son fixe, tels que celui de la figure 314, on peut employer des résonna-

tours à son variable constitués par deux tubes qui entrent à frottement l'un dans l'autre (Kœnig). Daguin a décrit sous le nom de cornet aitabjseur un appareil analogue constitué par trois tubes rentrant l'un dans l'autre. On peut aussi se servir de diapasons de hauteur différente; si on place successivement devant la bouche ouverte une série de diapasons vibrants, il arrive un moment où le diapason vibre avec une très grande force quand il

Fig. 330. — Sch (*). Fig. 331. — S (»).

est d'accord avec l'air de la cavité buccale, et on peut ainsi, en faisant varier la forme de cette cavité, trouver la hauteur du son correspondant. On arrive au même résultat avec une série de cordes tendues (Donders). On peut encore, à l'exemple d'Auerbach et de Bourseul, percuter les incisives (1) ou comme Donders, diriger un courant d'air sur l'arcade dentaire pendant que la bouche est disposée poiu' la prononciation d'une voyelle. Kœnig a combiné pour analyser les sons vocaux, les résounateurs d'Helmholtz avec son procédé des flammes manométriques. Il a imaginé aussi, pour analyser les sons partiels des voyelles, un nouveau procédé basé sur l'élimination, par interférence, d'un ou de plusieurs harmoniques, procédé pour lequel je renvoie à l'ouvrage de l'auteur {Quelques expériences d'acoustique, p. 76).

G. Reproduction ou synthèse des sons articulés. — Les premières tentatives de ce genre i-emontent à V. Kcmpelen, Kratzenstein et surtout à Willis. Ce dernier essaya de reproduire les sons des voyelles à l'aide d'un ressort plus ou moins long, mis eu vibration par une roue dentée ainsi qu'avec des tuyaux à anche ; mais Helmholtz est ari'ivé à des résultats beaucoup plus précis et plus intéressants avec une série de diapasons mis

(l) La percussion du larynx donne le même résultat.

(*) Les parties noires correspondent aux empreintes colorées laissées par le contact de la langue dans l'articulation des sons correspondants. — La ligne ponctuée de la figure 332 indique la limite à laquelle arrive on avant la langue dans l'articulation du T.

ou mouvement par l'électricité et dont le son était renforcé par des résonnaleurs accordés au ton de chaque diapason (Voir, pour la description do l'appareil : Helmholtz, Tkeone phijsiologique de la musique). Appun a cherché à reproduire les voyoUes avec des tuyaux d'orgue, mais les résultats qu'il a obtenus ne valent pas ceux qu Hclmholtz obtint avec ses diapasons. J. Lefort, reprenant la méthode de Kratzenstein et Douders, reproduit les sons des voyelles en souillant dans une cavité dont il peut modifier à la l'ois les dimensions et l'ouverture. 11 a constaté, à l'aide de ce procédé, ce fait intéressant qu'on peut émettre toutes les voyelles pures dans toute rétendue de l'échelle vocale. • 1. Appareils transmetteurs de la voix. Téléphones. — Je me contenterai de

décrire brièvement, à cause de l'usage qu'on peut en faire en physiologie (voir p. «31, t. 1er), le téléphone de Bell et le téléphone d'Edison. — Téléphone de Bell (fig. 334). Il se compose d'une plaque de tôle maintenue en place par deux pièces de bois réunies par des vis de pression. La pièce antérieure, eu forme de cornet, sert à recueillir la voix. Derrière la partie centrale de la plaque et à une faible distance, se trouve un aimant rectiligne dont l'extrémité antérieure est entourée, sur une petite longueur, d'une bobine d'induction. Le fil de la bobine, qui sort du téléphone par l'autre extrémité, est mis en communication avec le fil d'un second téléphone. — Téléphone d'Edison (fig. 335). Dans ce téléphone, le transmetteur diffère de celui de Bell eu ce que l'électro-aimant est remplacé par un disque de charbon pressé entre deux lamelles de platine et traversé par un courant de pile. Un corps solide, en contact avec la lame supérieure et avec la plaque de tôle, transmet au disque les

Fig. 334. — Telcp/io/ie de Bell (coupe

longitudinale)

Vig. 336. — Téléphone d'Edison.

vibrations de cette plaque. Le courant après avoir traversé le charbon agit comme inducteur a travers une bobine dont le courant induit est envoyé dans un téléphone n^ceptcur analogue à celui de Bell.

H. Machines parlantes. — Kaempelen avait construit en 1791 à Vienne un automate parlant : 1-abcr en 18TG a présenté à Paris une machine parlante assez perfectionnée qui existe encore au laboratoire de physique de la Faculté de médecine de Paris. Mais le phonographe est encore jusqu'ici l'appareil qui reproduit le mieux la voix humaine.

Les cavités sus-laryngiennes, pharynx, bouche, fosses nasales, constituent une sorte de tube additionnel qui joue déjà, comme on l'a vu, dans la phonation, un certain rôle dans la production de la voix, mais qui joue le rôle essentiel dans la parole.

Ce tube additionnel présente des parties fixes, des cavités invariables de forme, comme les cavités nasales, et des parties mobiles, comme la langue,

les lèvres, le voile du palai?. Ce sont ces dernières qui, par leur variation, produisent les différents modes d'articulation, et les premières ne servent que d'appareils de résonnance et de renforcement.

A sa partie supérieure, le tube additionnel se bifurque; le courant d'air expiré a donc deux issues, parla bouche et par les fosses nasales, et comme on le verra plus loin, il y a dans cette disposition le point de départ d'une catégorie particulière de sons, sons nasaux, qui se produisent quand l'air passe par la bouche et par les fosses nasales. Mais les variations de forme de la cavité buccale sont encore plus importantes, et ces variations, amenées par les mouvements du voile du palais, de la langue et des lèvres, déterminent les différentes espèces de sons articulés.

Ces variations des cavités buccale et pharyngienne consistent tantôt dans de simples changements de forme qui n'interrompent pas la continuité du tube additionnel, et laissent le passage à l'air expiré, tantôt dans de véritables occlusions qui arrêtent momentanément la sortie de l'air. D'après la disposition anatomique des parties, il est facile de comprendre que les rétrécissements et les occlusions se feront de préférence dans certaines régions plus mobiles que d'autres, et c'est dans ces régions que se produisent surtout les sons articulés ; d'où le nom qui leur a été donné de régions cV articulation, tels sont l'isthme du gosier, l'espace compris entre les arcades dentaires et la pointe de la langue, l'orifice labial. Cependant il ne faudrait pas croire que ces régions d'articulation soient strictement délimitées, et, grâce à la mobilité de la langue, tous les points de la cavité bucco-pharyngienne peuvent en réalité donner naissance à des sons articulés.

Page 1