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Mouvements de l'estomac

Observation des mouvements de Testomac. — Mi^e à 7iu de Veslomac par l'ouverture du ventre. — Eu général, les mouvements de l'estomac, surtout les mouvements spontanés, sont peu marqués ; cependant on observe, même sur l'estomac extirpé, des contractions rythmiques, spécialement dans la partie cardiaque, et qui gagnent peu à peu le pylore. Les mouvements deviennent plus prononcés par une excitation galvanique ou mécanique et se traduisent par une contraction circulaire de l'estomac au point irrité. La

dilatation de l'estomac par une vessie de caoutchouc qu'on introduit dans l'estomac et qu'on dilate ensuite par l'insufflation, amène aussi des contractions de cet organe. Les fistules gastriques, soit sur l'homme, soit sur les animaux, ont permis d'observer les mouvements communiqués par les contractions stomacales aux substances contenues dans sou intéi'ieur. D"après de Beaumont, les matières suivraient la grande courbure en allant du cardia au pylore et reviendraient le long de la petite courbure en allant du pylore au cardia, et ce mouvement Fig. 348. — Mouvements de l'estomac (*). de rotation durerait de une à trois

minutes. D'après d'autres auteurs, ce mouvement se ferait au contraire comme le représente la figure 348. — Pr. de Réclam.

— Réclam a imaginé un procédé pour étudier les mouvements de l'estomac ; il donne à des chiens du lait riche en caséine; puis il sacrifie l'animal; la direction des sillons à la surface de la masse coagulée indique le sens de la rotation de cette masse. — Pr. de Hofmeister et Schutz. — L'estomac (chien) est extrait sur l'animal de suite après la mort et suspendu dans une étuve humide à parois vitrées de façon à pouvoir facilement dessi- Qer, grâce à un quadrillage tracé sur la vitre, les changements de forme de l'estomac.

L'estomac se dilate au fur et à mesure que les aliments arrivent par le cardia; en môme temps que se fait cette dilatation, la grande courbure ainsi que le grand cul-de-sac, qui sont les parties les plus expansibles de

(1) A consulter : Dzondi : Die Functionen des weichen Gaumens, 1831. — Longet : Rech. sur les fonctions de l'épiglolle, etc. (Arch. de méd., 1841). — Debrou : Fonctions des 7nuscles du voile du palais, 1841. — Guinier : E.rpér. physiologiques sur la déglutition faites au moyen de l' auto-laryngoscopie (Comptes rendus, 1865). — Moura : Mém. sur la déglutition (Journ. de l'Anat., 1867). — Carlet : Sur le mécanisme de fa dcglutition (Comptes rendus, 1873). A. Mosso : Ueber die Bewegungen der Speiserohre (Moleschott's Unt., t. XI, 1874).

— Fiaux : Rech. expér. sur le mécanisme de la déghdition, 1875. — Carlet : Sur le mécanisme de la déglutition (Comptes rendus, t. LXXXV, 1877). — F. Falk : Ueber den Mechanismus der Schluckbewegung (Arch. fiir Physiol., 1880). — Ranvier : Leçons d'Aîiat. générale, 1880.

(*) a, direction du cardia e au pylore d. — h, direction en sens inverse.

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Testomac, se portent en avant et s'appliquent à la paroi abdominale antérieure.

Les contractions de l'estomac à l'état normal sont très lentes et très peu intenses; cependant elles suffisent pour opérer le mélange des diverses sub stances alimentaires entre elles et avec le suc gastrique. On a admis (Kiiss et Duval), que pendant la digestion stomacale l'estomac se divisait en deux portions par la contraction de ses libres obliques (cravate de Suisse) : une partie inférieure gauche (S) (fig. 349), correspondant au grand cul-de-sac, réservoir où s'accumuleraient les aliments pour v subir r . . • .. ' ■ ^ /I \ Fis. 349. — Effets de la

1 action du suc gastrique; une partie supérieure (L), f.^„i,,,,aon de la cra-

constituant un canal qui longerait la petite courbure vaie de Suisse {*). et permettrait aux liquides (et à certains aliments?)

de passer directement de l'œsophage dans le duodénum. Larger, dans un cas, a observé directement sur l'estomac du chien cette contraction des fibres obliques.

Hofmeister et Schiïtz ont vu, par leur procédé, une contraction annulaire marchant du grand cul-de-sac vers le pylore, et se terminant par une contraction de l'antre du pylore. L'estomac était plein, on observait un mouvement inverse ramenant les aliments vers le grand cul-de-sac.

Pendant la durée de la digestion stomacale, le pylore est fermé par la contraction de son sphincter, et ce sphincter ne s'ouvre que par moments pour laisser passer successivement le chyme dans le duodénum. Cette ouverture du sphincter se fait par action réflexe sous l'influence d'une excitation de la muqueuse qui ie recouvre, mais dont la nature est tout à fait inconnue.

L'excitation directe de l'estomac (électrisé) détermine ordinairement un étranglement circulaire qui disparaît peu à peu.

Les mouvements de l'estomac sont augmentés ou accélérés par la strychnine, la nicotine (à faibles doses), la caféine, la vératrine, les vomitifs, etc. ; ils sont arrêtés ou affaiblis par l'atropine, la cocaïne, la pilocarpine, le chloral (Schiitz).

Vomissement. — Quoique le vomissement appartienne plutôt à la physiologie pathologique qu'à la physiologie normale, il est impossible de le passer sous silence. Le vomissement est précédé d'une sensation interne particulière, la nausée. L'acte mécanique du vomissement comprend, d'après les expériences de SchilT, deux stades : un stade préparatoire et un stade d'expulsion. Le stade préparatoire est dùà l'estomac et consiste essentiellement en une dilatation du cardia. Cette dilatation qu'on peut sentir en introduisant le doigt par une fistule gastrique dans l'orifice du cardia, serait active, d'après SchilT, et due à la contraction des fibres longitudinales de l'œsophage; si ces fibres sont désorganisées, le vomissement est impossible; il en est de même si l'estomac est paralysé. Le deuxième stade consiste dans l'expulsion violente des matières et exige l'interven-

(*) A, coupe verticale de l'estomac à l'état de repos ; »i, vi, cravate de Suisse. — B, contraction de ces faisceaux musculaires, m, m, rapprochant les parois de l'estomac de façon à diviser sa cavité en deux loges L et S (Kiiss et Duval).

tion de tous les muscles de l'ovoïde abdominal : diaphragme el muscles abdominaux, comme dans l'efl'ort. En effet, si on ouvre le ventre pour mettre l'estomac à découvert, le vomissement ne peut plus se faire ou se faire que très incomplètement; et, d'autre part, comme le prouve une expérience célèbre de Magendie, on peut remplacer l'estomac par une vessie de porc et voir le vomissement se produire après injection d'émétique dans les veines, par la seule influence des muscles abdominaux ; mais il faut que l'orifice cardiaque de l'estomac soit enlevé avec l'estomac, comme l'a montré Tantini; sans cela la dilatation du cardia ne se produisant pas, le vomissement n'a pas lieu. Pendant le vomissement, le pylore reste fermé par la contraction énergique de son sphincter; les matières se trouvent ainsi poussées violemment de l'œsophage et de là dans le pharynx et la cavité buccale. I. 'orifice supérieur du larynx et l'isthme pharyngo-nasal sont obturés par le mécanisme déjà décrit à propos de la déglutition ; seulement, il arrive souvent que la pression est si forte qu'elle surmonte la résistance du voile du palais et que les matières sont rejetées par le nez. L'occlusion de la glotte précède le vomissement, mais ne paraît pas être absolument indispensable. Chez un jeune homme atteint de plaie de l'abdomen et dont l'estomac était plein, Patry a vu, après l'administration d'un vomitif, des contractions lentes se produire dans le stade de nausée, contractions allant du cardia au pylore et qui se terminèrent par le vomissement.

François- Franck et Arnozan ont étudié les variations de pression de la cavité tboracique, de l'œsophage et de l'estomac dans le vomissement. Au début, Ja pression tboracique est négative et la pression positive de l'abdomen favorise le passage du contenu de l'estomac dans l'œsophage; dans le second stade, stade d'impulsion, la pression tboracique devient positive comme la pression abdominale et détermine le rejet des matières contenues dans l'œsophage. Les différentes espèces animales présentent de très grandes différences au point de vue du vomissement. Très facile chez les carnivores et en particulier chez le chien et le chat, il est à peu près impossible chez le cheval et chez les ruminants.

La régurgitation est le retour dans la bouche d'une partie du contenu de l'estomac; ce retour a lieu sans efforts, et chez certaines personnes il est volontaire et peut devenir habituel (rumination ou mérycisme). Certains physiologistes, Brown-Séquard, Cosse, ont utilisé cette faculté pour étudier les modifications des aliments dans l'estomac.

L'éructation est l'expulsion violente de gaz stomacaux avec production d'un son à la partie supérieure de l'oisophage.

Innervation. — Le pneumogastrique est le nerf moteur de l'estomac. Son excitation détermine des contractions de cet organe; cependant la section des deux pneumogastriques n'abolit pas complètement les contractions de l'estomac. L'influence du plexus cœliaque admise par Eckhard est douteuse. Le centre des mouvements de vomissement se trouve dans la moelle allongée.

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Ul

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