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Mouvements de l'intestin grêle

Observation des mouvements de l'intestin grêle. — Observation directe. — Si ou ouvre le veulre et qu'où luelte à uu les iutestius sur uu animal vivant ou qu'on vient de sacrifier, on voit toute la masse intestinale parcourue par des mouvements qu'on ne peut mieux comparer qu'aux mouvements d'un tas de vers, d'où le nom de mouvements vermicu/aires : ces mouvements sont surtout très intenses au moment de l'agonie. Ces mouvements sont de deux sortes : les uns consistent en alternatives de constriction et de relâchement circulaires qui se propagent de proche en proche le long de l'intestin ; les autres consistent en véritables déplacements des anses intestinales les unes sur les autres. On a attribué ces contractions à l'action de l'air et au refroidissement de l'animai; mais aucune de ces deux couditions ne peut en être la cause exclusive, car elles se produisent encore quand on respecte le péritoine ou quand la température de la chambre est égale a celle de l'animal. On peut du reste, pour éviter l'action de l'air, plonger l'animal dans un bain d'eau salée tiède en assurant la respiration par un tube dans la trachée (V. Braam Houckgeest). La circulatiitu parait avoir plus d'intluence, et ces contractions sont déterminées aussi bien par l'anémie que par l'hyperhémie de l'intestin; ainsi, elles augmentent par la dyspnée, la compression de l'aorte, l'occlusion de la veine porte, l'injection de sang rouge dans les vaisseaux; cependant, une hyperhémie veineuse trop forte les fait cesser. Elles sont arrêtées par le froid, jusqu'à -f- 19°, et augmentées par la chaleur. L'excitation directe de l'intestin soit galvanique, soit mécanique, agit beaucoup plus vivement sur lui que sur l'estomac et produit une contraction énergique au point touché. — On peut enregistrer les contractions de l'intestin en introduisant dans une anse intestinale des ampoules en caoutchouc, qui comnmniquent par un tube avec le tambour du polygraphe. La conti'action de l'intestin comprime l'ampoule, et la pression de l'air se communique au levier enregistreur qui s'élève. Ces instruments, dont la disposition peut varier, ont reçu le nom d'entérographes (entérographes de Legros et Onimus, d'Engelmann, etc.). — J. Hess, pour étudier les mouvements de l'intestin, introduit par une listuie stomacale un petit ballon de caoutchouc jusque dans le duodénum. Le ballon est entrainé plus ou moins loin et avec plus ou moins de force par les contractions péristaltiques.

Les mouvements de l'intestin grêle ont pour but la progression des matières alimentaires depuis le pylore jusqu'à la valvule iléo-Ciccale. On les a divisés en péi-istallifjucs, qui favorisent ce mouvement de compression, et antipérislaltiques, qui se produiraient en sens contraire. Cependant ces mouvements antipérislaltiques ne paraissent pas se présenter dans les conditions tout à fait normales. Ce qu'il y a de certain, c'est que ces contractions ne sont pas continues, mais sont rythmiques et séparées par des intervalles de repos, et en outre, qu'elles sont loin de se faire dans les circonstances normales avec la violence qu'on observe chez les animaux au moment de l'agonie. La présence des aliments, la bile, la chaleur, favorisent ces mouvements; ils paraissent s'arrêter pendant la nuit et pendant le sommeil.

(1) A consulter : .Magendie : Mém. sur le vomissement, 1813. — Cambay : Sur le mergcisme, 1830. — Legallois et P. A. Béclard : Expér. sur le vomissement (OEuvres de Le"-allois, 1830). — Budge : Die Lehre vom Erbrec/ien, 1840. — Schilî : Ueber die active Theil-

nahme des Magens am Mcc/ia?iisnius des Erbrechens (Unt. zur Naturl., t. X, 18G7). V

Braam-Houckgeest : Unt. iiljer Peristaltik des Magens und Darmkanals (Arcli. de Pflu"-er t. VL 172). — Arnozan et F. Franck : Rôle de /'aspiration tlioracique et passage au cardia des matières stomacales pendant le vomissement (Soc. de biologie, 1879).

La progression des aliments dans l'intestin grêle n'est donc pas continue; elle subit des temps d'arrêt et quelquefois même des mouvements de va-et-vienl; la durée du séjour des aliments dans l'intestin grêle est d'environ deux à trois heures.

Innervation de l'intestin grêle. — Le pneumogastrique paraîL contenir les nerfs moteurs de l'inlesliu grêle (voir : Vneumo gastrique). Le nerf splanchnique au contraire agit comme nerf d'arrêt. D'après 0. Nasse, le splanchnique renfermerait en outre des iilets moteurs pour l'intestin. L'opium, la morphine, la belladone diminuent et peuvent arrêter les mouvements péristaltiques ; la nicotine, la muscarine, la caféine, beaucoup de purgatifs produisent l'effet contraire.

Une fois arrivés à la partie inférieure de l'intestin grêle, les aliments passent facilement à travers l'orifice de la valvuve iléo-ca^cale pour se jeter dans le cœcum, tandis que la constitution anatomique de cette valvule s'oppose au reflux des matières du gros intestin dans l'intestin grêle.

Les mouvements du gros intestin ressemblent à ceux de l'intestin grêle et se produisent dans les mêmes conditions. Mais, grâce à la disposition des parois du gros intestin, le séjour du bol alimentaire, devenu le bol fécal, y est bien plus considérable que dans l'intestin grêle, quoique la longueur de ce dernier soit beaucoup plus grande. En effet, les matières, arrêtées par les replis falciformes transversaux de la muqueuse, séjournent plus ou moins longtemps dans les cellules du gros intestin, y perdent une partie de leur eau et y acquièrent peu à peu les caractères excrémentitiels. Les matières fécales, ainsi poussées de proche en proche par les contractions des libres circulaires, s'accumulent graduellement dans l'S iliaque, refoulant devant elles celles qui s'y trouvaient déjà et qu'elles font descendre dans le rectum jusqu'au-dessus des sphincters.

La pression abdominale s'exerce sur les matières contenues dans l'S iUaque et se transmet par elles jusqu'aux matières contenues dans la partie inférieure du rectum. Tant que cette pression ne dépasse pas une certaine limite, la tonicité du sphincter interne suffit pour les retenir sans que nous en ayions conscience; mais si la pression augmente, il survient une sensation particulière, besoin de défécation; sous l'influence de ce besoin, il se produit involontairement une série de contractions réflexes intermittentes du rectum et de l'S iliaque, qui tendent à expulser les matières fécales; ces contractions vaincraient alors la résistance du sphincter interne si le sphincter externe strié ne se contractait pas volontairement pour les repousser. Si, au contraire, on satisfait au besoin, la défécation se produit par l'action combinée des fibres rectales et des muscles abdominaux (mécanisme de l'effort). Le rectum seul peut suffire si les matières sont molles et peu résistantes; ainsi, chez les chiens, le cobaye, etc., la galvanisation du rectum

Mouvements du gros intestin .

Défécation.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. àii

amène des contractions énergiques et l'expulsion des matières fécales, le ventre étant ouvert, par conséquent sans que les muscles abdominaux puissent intervenir. Mais, habituellement, dans Jes conditions normales, ces muscles interviennent et d'autant plus énergiquement que les matières sont plus dures et plus volumineuses. Les fibres longitudinales du rectum se contractent et dilatent l'orifice anal, en même temps que le releveur de l'anus, tout en contribuant au mécanisme de l'efï'ort, comprime la face postérieure du rectum d'arrière en avant et soulève sa partie inférieure au devant de la masse fécale; celle-ci, sous l'inlUience de la pression considérable produite par les muscles abdominaux, surmonte facilement la résistance tonique des sphincters et franchit l'ouverture anale.

D'après (.)'Beirne, le rectum ne servirait que de lieu de passage et non de réservoir pour les matières fécales qui s'accumuleraient dans l'S iliaque. Cette manière de voir est repoussée par la plupart des auteurs.

Innervation. — Les mouvements de défécation sont sous l'influence d'un centre nerveux qui se trouve à la partie inférieure de la moelle lombaire, centre ano-spinal de Masius. Pour la tonicité du sphincter anal, voir : Excnltion urinaire.

Rôle mécanique des gaz intestinaux. — I^es gaz intestinaux maintiennent la béaiice du tube alinicntaire. En outre, et c'est là leur rôle le plus important, ils lransforniei)l la cavité abdominale, au point de vue mécanique, en une sorte de bulle gazeuse élastique qui répartit la pression dans l'elïort et qui, dans l'expiration, tend à refouler en haut le diaphragme par son élasticité.

Uiblio;;rapliie. — G. Sai.violi : Eine neue Méthode fur die Uniers. der Functionen des D û nndanns {Arch. î. Physiol., 1880;. — Ii). : Niiovo melodo pev lo studio délie funzioni delV iiifesfino tenue (Arch. per 1p se. mcd., t. V, 1882).|— H. Notiinagel : Exper. Unt. ûb. die Darmbewegungen -^Zcit. 1'. kl. Mcd., t. IV, 1882). — Id. : Zur ch. Reizi/ng der glattei: Mnsl<el7i (Arch. f. pat. An., t. LXXXVIII. 1882). — K. Bardeleben : Die Ëimcirlcunr/ va?. Kali-und Natronsalzen au f die Muslceln de.s 7netisc/dichen Darmes {\d., t. LXXXIY, 1882). — S. FtBiM : Einfluss der electrischen Itiduclionss trame, etc., auf die Geschwindigtieit der Bewegungen des Dûnndarms (Cbl., 1882). — lo. : Influence, etc. (Arch. ital. de biol., t. III. 1883). — S. KrBixi ot M. Luzzati : Sopra alcune esperienze rignardanti la fisiologia deil' inlestino (Acad. di Torino, 1883). — K. B. Lehmaisn et lî. Richeut : Eine Thirij-Vellasche Darmfistel an der Ziege (A. de Pfl., t. XXXIII, 1883). — 0. Floel : Die \yirlanig der Kalium-und Nalriiimsnlze nu f die glalte Musculalur verschiedener Thiere {A. de Ptl., t. XXXV, 1884). — J. Ott : Intestinal peristalsis (Ott's Contrib. to physiol. t. YI, 1884). — S. ExNER : Zur Meclianilc der perisialtischen Beiregungen (A. de Plluger. t. XXXIV, 1884). — Dehieiuie : Lavnlvule de Bauhin (Lyon méd., t. L, 1885). — S. Fubim •et M. LizzATi : Zur l'hysiol. des Darws (Molesch. Unt. zur Naturl., t. XIII, 1885). — G. KoL'CH : Physiol. du gros infestin, 1885. — J. Hess : Vers. ûb. die pcristalt. Bewegung, etc. (D. Arch. f. kl. Mod., t, XL, 1887) (1).

(IJ A consulter : L. Rosenthal : De tono cum musculorum tum eo imprimis, qui sphinclerum tonus vocatur, 1857. — W. Busch : Bcitr. zur Physiol. der Verdaungsorgane (Arch. fur pat. Auat., 1858). — 0. Nasse : Zur Physiologie der harmbewegung (Gcntralhl., 18G5)! — Id. : id., 18GG. — Lcf?ros et Oniuius : Rech. expér. sur les mouvemenls de Cintestin (.lourn. de i'Anat.. t. Vil, 1869). — Engelinaiin : Uel)er die peristaltische Bewegung (Arch. de Ptliiger, t. IV, 18711. — S. Mayer et v. iJasch : Unt. ûljer Darmt)ewequngcn {Mcd. Jahr- ])uch., 1871). — V. Braam-Houckgeest : Zweite Mittheil. ûber Maqcn laid Darvweri'italtik (Arch. de Pflugcr, t. VIII). ./ / *

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