Choc du cœur
Procédés. — Cœur artificiel de Marey. — Marey a imaginé l'appareil suivant, auquel il a donné le nom de cœur artificiel.
Marey a disposé son canir artificiel de façon a imiter le choc du cœur (fig. 380). Deux ampoules de caoutchouc représentent l'oreillette, .2, et le ventricule, 3; à l'oreillette est adapté un entonnoir par lequel elle se remplit, et dans cet entonnoir vient se déverser, par des tubes en caoutchouc, le liquide chassé par la compression du ventricule; des soupapes imitent le jeu des valvules cardiaques. L'appareil est supporté par une planche, comme l'indique la figure. Le ventricule est entouré par un filet de soie à mailles serrées, d'où partent des cordonnets qui s'attachent à un ressort, 5, qui les maintient
(1) A consulter : Hiffelsheim : Mouv. absolus et relatifs du cœur (Mém. de la soc de HioL, 1854). — Onimus : Et. critiques et cxpér. sur l'occlusion des orifices auriculo-ventriculaires (Journ. de l'Anat., 1865). — Marey : Nature de la systole des ventricules du cœur, etc. (Comptes rendus, 1866). — M. Sée : Sur le fonctionnement des valvules auriculoventriculaires (Arch. de physioL, 1874), — Marey : Note sur la pulsation du cœur (Comptes rendus, 1875). — Landois : Graph. Unt. uber den Herzschlag, etc., 1876. — François- Franck : Note sur quelques phénomènes de la circulation étudiés chez la yrenouille avec un double myographe du cœur (.Marey, Trav. du labor., t. IV, 1878-79). — Sandborg et Worm Millier : Studien ilber den Mechanismus des Herzens (id.). — Marey : Caractères dislinctifs de la pulsation du cœur suivant qu'on exploite le ventricule droit ou le ventricule gauche (Comptes rendus, 1880).
PIIYSIOLOGIb: DU MOUVEMENT.
légèrement tondus. Derriovo la phuu-h. oscill. ,.n P^"^'''*; "«^Î!^ nets par une corde lùcho; à chaque oscillation le pendule tend la ^^Y^ , ' 1,1, d^n le tiou Lr les mailles du filet, comprime le ventricule qui ^^asse • < • la ■
artères; puis, dans l'oscillation inverse du pendule, le ventricule se lel.u lu tt se uinpiii
Fig. 380. — Schéma du choc du cœur,
de nouveau. En appliquant la main sur ce ventricule artificiel, la main est repoussée au luoment où le ventricule est comprimé par l'oscillation pendulaire, et on a la même sensation que quand on tient dans sa main le cœur d'un animal au moment de sa pulsation.
Le choc du cœur est isochrone à la systole venlriculaire; on le sent surtout bien si on applique la main sur la région de la pointe du cœur ; mais, en réalité, il n'est pas exclusif à la pointe et toutes les parties des ventricules donnent la même sensation au moment de la systole. Ce fait montre déjà l'insuffisance des théories qui attrilnient ce choc du cœur à la projection ou au redressement de la pointe. D'autre part, on ne peut admettre non plus la théorie du recul d'Hiffelsheim, qui compare le choc du cœur au recul
d'une arme à feu ou du tourniquet hydraulicjue, ni celle de Sénac, renouvelée par Ludwig, d'après laquelle l'aorte se redresserait par une sorte de mouvement de levier au moment où le ventricule lance une colonne sanguine dans ce vaisseau.
Cependant, dans ces dernières années, la théorie d'HilTelsheim, déjà émise depuis longtemps par Gutbrod et Skoda, et adoptée par Robin, a été reprise par Guttmann et Jahn, qui s'appuient sur ce fait déjà observé par Hifîelsheim que la ligature des gros vaisseaux de la base du cœur supprime plus ou moins complètement le choc du cœur. Mais la même expérience peut être invoquée en faveur de la théorie de Kornîtzrer d'après laquelle le choc proviendrait de la torsion systolique des artères aorte et pulmonaire à disposition spiralée.
Le choc du cœur est dû au durcissement brusque des fibres musculaires qui passent instantanément de l'état de flaccidité à l'état de tension extrême ; ce passage rapide à une tension forte se sent très bien quand on saisit entre les doigts un cœur qui se contracte; c'est elle qui transmet aux parois thoraciques et aux doigts qui les palpent la secousse qui constitue le choc du cœur, et il n'est pas besoin pour cela que le cœur abandonne la paroi du thorax pendant la diastole pour venir la frapper pendant la systole, comme l'avaient fait croire quelques observations mal interprétées (1).
Durée des phases d'une pulsation cardiaque. — Cette durée a été mesurée par plusieurs auteurs et en particulier par Landois, Gibson, Moens, etc. Le tableau suivant donne la durée de ces diverses phases (en fractions de seconde) d'après les courbes cardiographiques.