II. — CONTRACTILITÉ ARTÉRIELLE
La contractililé n'est guère marquée que pour les petites artères dont la tunique musculaire est très développée. Cette contractililé est complètement indépendante du pouls; c'est une propriété de la paroi artérielle, qui se trouve sous la dépendance immédiate du système nerveux.
Cette contractililé se montre sous deux formes principales : tantôt les contractions sont successives et l'artère est le siège de mouvements alternatifs de resserrement et de relâchement; tantôt la modification (contraction ou dilalalion artérielle) aune certaine durée; elle est persistante.
Les contractions successives se montrent sur les petites artères: ces contractions sont souvent rythmiques. Ainsi Schiff les a observées sur l'oreille du lapin; on les a rencontrées dans les artères de l'iris, du mésentère, etc.; les contractions rythmiques ne sont isochrones ni au pouls ni à la respiration, et leur nombre par minute est très variable (3 à 7, par exemple). Quelques auteurs ont voulu faire de ce fait un phénomène général et constant. La cause et le rôle de ces contractions rythmiques sont assez obscures ; peut-être jouent-elles le rôle de régulatrices de la circulation capillaire. Les dilatations artérielles sont dues au relâchement de la tunique contractile, et il est difficile d'admettre avec Schifl" une dilatation active des vaisseaux.
Les modifications persistantes du calibre artériel (contraction ou dilatation) ont une importance physiologique beaucoup plus grande. La contraction d'une artère a pour effet immédiat d'augmenter la pression en amont de l'artère, d'accélérer la vitesse du courant sanguin dans son intérieur et de diminuer la quantité de sang qui arrive au réseau capillaire fourni par l'artère. Quand celte contraction porte sur une circonscription vasculaire étendue, la réaction se fait senlir sur tout le système artériel; le calibre total de ce système diminuant notablement, il en résulte une augmentation de pression, et il y a diminution de pression dans le cas contraire.
En outre, cette diminution de calibre a une influence immédiate sur les circulations voisines. Supposons, par exemple, que les artères des membres inférieurs se rétrécissent, pour une cause ou pour une autre (froid, etc.), une partie du couran sanguin de l'aorte qui aurait passé dans ces artères, ne pouvantplusy trouver place, sera dérivée et passera dans les artères des organes abdominaux, qui recevront alors beaucoup plus de sang que d'habitude. Ce balancement des circulations locales joue un rôle important et trop méconnu en physiologie et en pathologie. Ce balancement explique l'origine anatomique de beaucoup d'artères et peut se formuler aiusi : toutes les fois que plusieurs artères naissent d'un tronc commun ou
rapports avec la circulation du sang (Comptes rendus, 1876). — Mosso : Sur une nouvelle méthode pour écrire les motioemenls des vaisseaux sanf/uins chez l'homme (id.). — — Fleming : A simple form of transmissioJi sphygmorp-apli (Journ. of auat., 1877). — Waldenburg -.Die Pulsuhr, etc. (Berl. klin. Wocheusch., 1877). — Gordon : On certain molar movemenls of Ihe human body produced by Ihe circulation of the blood (Journ. of anat., 1877). — Franrois-t^ranck : Du volume des organes dans ses rapports avec la circulation du sang (Trav. du lab. de Marey, 1876). — Moens : Die Pulscurve, 1878. — Stein : Das Sphygmophon, etc. (Borl. kliu. AV'ochcnsch., 1878). — Bowditch : A new form of plethysmograph (Proceed. of the amer, acad., 1879). — Brondel : Modificat. au sphygmxjgraphc de Marey (Acad. de méd., 1870).
Fréquence du pouls. — Rameaux : Sur le rapjyort entre la taille et le nombre des pulsations du cœur chez l'homme (Bull, de l'Acad. de Bruxelles, 1839). — Marey : Loi qui préside à la fréquence des ballemenls du cœur (G. rendus, 1861).
PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. 409 au voisinage l'une de Tautre, il y a balaneemenl des circulations correspondanles; quand Tune diiuiiiue, l'autre augmente; c'est ainsi qu'on observe ce balancement, pour ne citer que quelques exemples, entre la circulation thyroïdienne et la circulation cérébrale, la circulation gaslro-hépatique et la circulation splénique, etc., et, d'une façon plus générale, entre la circulation abdominale et celle des membres inférieurs, entre celle de la tête et celle des membres supérieurs, entre la circulation cutanée et la circulation profonde.
La contractililé arlérielle peut être mise enjeu par les excitants ordinaires du tissu musculaire (actions mécaniques, électricité), que l'excitant soit porté directement sur l'artère ou n'agisse que par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. Cette contractililé persiste quelque temps après la mort (quelquefois une à plusieurs heures).
Il existe probablement un tonus artériel comparable au tonus musculaire étudié page 514, l. I et dû sans doute à la distension de la paroi vasculaire par la pression sanguine, tonus artériel qui parait être aussi sous l'influence nerveuse. C'est grâce à ce tonus que la circulation continue à se faire des artères aux veines après la ligature du cœur comme dans les expériences de Goltz et de Riegel. C'est grâce à lui aussi que se fait probablement cette accommodation des artères pour la quantité de sang qu'elles contiennent, accommodation telle que la pression reste la môme ou ne subit que des modifications insignifiantes sous des conditions qui enlèvent de notables quantités d'eau au sang (Pawlow). Dans ses expériences de circulation artificielle sur des organes détachés, Mosso a constaté, à l'aide de son plétysmographe, des variations de vitesse du courant qui ne pouvaient tenir qu'à des variations de calibre (par contraction active ou par tonus élastique des vaisseaux).
Les variations de calibre des artères sont soumises à deux influences principales, l'influence nerveuse vaso-motrice, l'influence de l'activité cardiaque. Le rétrécissement des artères pourra donc résulter :
1° D'une excitation des centres vaso-moteurs; dans ce cas, le rétrécissement sera actif, musculaire, et s'accompagnera d'une augmentation de pression sanguine;
2° D'une diminution d'activité du cœur ; dans ce cas, le rétrécissement est passif, élastique, et s'accompagne d'une diminution de pression.
La dilatation artérielle pourra être produite par :
1° Une paralysie vaso-motrice;
2** Une exagération de l'activité cardiaque.
Dans ces deux cas, la dilatation est passive, élastique, mais s'accompagne dans le premier cas d'une diminution, dans le deuxième, d'une augmentation de pression. Si l'on admet les nerfs dilatateurs, il y aurait encore : Dilatation par activité des centres vaso-dilatateurs; Rétrécissement par paralysie vaso-dilatatrice (1).
Bilili og^rapliie générale lien artcreM. — Hales : Ilxinoslntigue, 174'i. — Magendie : Méin. sur l'action des urlùres dans la circulation (Jouni. de physiol., 1821). — Ludwig : Beitr. zur Kcnntniss des Einflusses dcr Rcs-pirationsbeioegungen auf den Blutlauf im Aortensystem (Muller's Arch., 18i7).