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Circulation capillaire

Procédés. — La circulation capillaire peut être étudiée au micropcopc très facilement, surtout chez les animaux à sang froid. Sur la grenouille, on peut l'examiner sur

(I) A consulter : Marey : Mém. sur la contractililé vasculaire (Ann. des se. natur., Gaz. méd. et : Comptes rendus, 1858).

— PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

P'ig. 433. — Disposition du mésenlète de la grenouil le pour l'étude de la circulât iôn (*).

la inembraae interdigitale, le mésentère, la langue et le poumon. Pour éviter le mouvement (le l'animal, on le curarise; la circulation continue et ou peut ainsi prolonger robservation pendant un temps très long. Il suffit de tendre la membrane à examiner au-dessus d'une plaque de liège percée d'un trou et de la fixer avec des épingles, mais en prenant bien soin de ne pas interrompre la circulation (fig. 433). Pour l'étudier sur le poumon, cet organe doit être maintenu à l'état de distension par un courant d'air humide (Kuttner). Holmgren a imaginé un petit appareil qui permet l'étude facile de la circulation pulmonaire de la grenouille. Une canule introduite par la glotte permet de

distendre plus ou moins les poumons par de l'air, dont une disposition très simple empêche la sortie. Une sorte de compresseur permet d'aplatir plus ou moins le poumon et d'en augmenter la transparence, tout en réglant la quantité de sang que reçoivent les vaisseaux. Quand l'observation doit être prolongée longtemps, il faut empêcher la dessiccation de la membrane, soit en l'humectant de temps en temps avec un liquide indifférent, soit en plaçant l'animal dans une atmosphère saturée d'humidité. La queue du têtard, les jeunes embryons, surtout les embryons de poissons, se prêtent très bien à l'étude de la circulation capillaire. On peut immobiliser l'animal, comme le fait Tarchanoff, en le plaçant dans une solution alcoolique faible (à 3 p. 100). Chez les animaux à sang chaud, cette étude est plus difficile; cependant elle peut se faire assez facilement sur le mésentère de petits animaux. On a employé aussi la membrane nictitante de pigeons et de poulets, la troisième paupière du lapin, l'œil luxé de lapins et de rats albinos, etc.

Hûter a proposé sous le nom de cheilo-unqioscopie un procédé pour étudier la circution capillaire chez l'homme. H utilise la muqueuse de la lèvre inférieure qu'il attire en avant et maintient par de petites pinces, et l'examine à un grossissement de 53 diamètres, suffisant pour distinguer nettement les petits vaisseaux.

On ne doit pas oublier dans cet examen que, grâce à l'amplification microscopique, la vitesse du sang dans les capillaires parait beaucoup plus considéi-able qu'elle ne l'est en réalité.

L'ensemble des capillaires constitue, comme on l'a vu déjà, une sorte d'élargissement qui termine la base du cône artériel et qui précède le cône veineux; cet élargissement ou ce cylindre est très court, et entre Tartériole qui précède immédiatement le réseau capillaire et la veinule qui le suit immédiatement, il n'y a guère plus de 1 à 2 millimètres de dislance. Mais, quelque faible que soit cette distance des artères aux veines et quelque bref que soit le passage du sang à travers les capillaires, cet élargissement du lit sanguin ne s'en traduit pas moins par une diminution de vitesse et de pression du sang.

En outre, l'examen direct de la circulation capillaire au microscope permet de constater les faits suivants. Le courant sanguin appréciable par le mouvement des globules entraînés parle courant, est continu, uniforme et ne présente pas d'accélérations périodiques correspondantes à la systole du ventricule. Le courant a toujours la même direction et se fait toujours des artères vers les veines, sauf dans le cas d'obstacle à la circulation. Quand le

{*) AA, lame de liège percée par l'ouverlure 0. — B, morceau de liège placé sur le côté de cette ouverture opposé au corps de la grenouille pour établir le niveau. — p, épingle fixant l'anse intestinale. — a,a',b,b', sacs lymphati<iues. — c,c,c, cloisons incomplètes séparant ces sacs. — ), colonne vertébrale et muscles. — 2, masse intestinale.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

capillaire a un calibre assez considérable, on voit que la couche liquide immédiatement en contact avec la paroi du vaisseau paraît immobile (couche inerte) et que le mouvement est le plus rapide dans l'axe du vaisseau. Les globules rouges sont ainsi emportés par le courant et subissent en même temps un mouvement de rotation qui découvre tantôt leur face, tantôt leur profil; ils s'arrêtent souvent sur un éperon de bifurcation capillaire en laissant ballotter leurs deux extrémités dans les deux branches; en général, ils ne touchent les bords que quand les capillaires se rétrécissent ou quand l'espace leur manque par l'accumulation des globules; dans ce cas, ils s'effilent en prenant toutes les formes pour reprendre leur forme primitive dès que la compression a cessé. Les globules blancs, au contraire, cheminent plus lentement contre la paroi du vaisseau, s'arrêtant contre cette paroi ; leur vitesse est 10 à 15 fois plus faible que celle des globules rouges.

La disposition des capillaires varie beaucoup suivant les orf^anes, mais ce qui varie surtout, c'est la richesse des différents organes en capillaires, ou autrement dit le rapport du calibre total des capillaires au calibre des artères afférentes. -C'est là, en effet, ce qui règle la quantité de sang reçue par l'organe. On pourrait donc représenter la circulation de chaque organe par un double cône vasculaire analogue à celui qui représente la circulation générale (voir page 384). On verrait ainsi quelles différences présentent les divers organes; il n'y a qu'à comparer à ce point de vue le testicule au foie, par exemple.

Les capillaires sont, du reste, sujets à des variations notables de calibre, et ces variations sont de deux espèces. Les unes sont passives et dues à la quantité plus ou moins forte de l'afflux du sang, réglé lui-même par le calibre des artères afférentes, et à la quantité de l'écoulement par les veines efîérentes. Les autres sont actives et consistent en des alternatives de rétrécissement et de dilatation ; ces rétrécissements sont dus à la contraclilité des capillaires, mise aujourd'hui hors de doute par les expériences de Stricker et de beaucoup de physiologistes. Ces contractions des capillaires peuvent être déterminées par les excitations électriques, chimiques et n)écaniques et sont produites par les éléments fusiformes de la paroi qui s'épaississent et se raccourcissent (Tarchanoff). Quand les actions mécaniques (traumatismes) sont trop énergiques, on observe, au lieu d'un rétrécissement, une dilatation des capilliaires (Marey). D'après Bloch un traumatisme, même léger, sel ait toujours suivi d'une dilatation plus ou moins durable.

Sucquet a décrit dans les doigts, la tête, etc., des vaisseaux faisant communiquer directement les artères et les veines et établissant une sorte de circulation dérivative indépendante des capillaires. L'existence de celle circulation n'est pas encore démontrée d'une façon positive (1).

(1) ^ consulter : Dôllinger : Sur la circul. du sanq (.louru. def? progrès des se. et inst. médic, 1828). — PoiseuilU) : Causes du mouvement du sang dans les vaisseaux capillaires (.Mém- de l'Acad. des se, 18.35). — Sucquet : De la circulation du sang dans les inembres et dans la tête chez l'homme, 1860. — Holmgren : Met/iode zur Beobachlung des Krcislauf in der Frosch/unge (Beitr. zur Anat., 1875). — Stricker : Unt. ûher die Contraclilitdl der Capillaren (Wieuer Akad., 1876). — Huter : Die Cheiloangioscopie (Centralbl., 1879). — Rouget : Sur la contraclilité: des capillaires sanguins {Compte?, rendus, 1870). — Francois- Frauck : La contraclilité des vaisseaux capillaires vrais (Gaz. hebd., 1880).

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