Veine de sûreté (L. Jarjavay
§ 4. — Pression saii$;iiiiie.
Procédés pour mesurer la pression sanguine. — Dans la plupart de ces procédés, on emploie des vaisseaux, artères ou veines, dont le calibre permette l'introduction d'une canule ; le mode de réunion de la canule au vaisseau peut se faii'e de deux façons : ou bien le vaisseau est coupé transversalement, un des bouts lié, et l'autre bout,, par lequel arrive le sang, nus en communication avec la canule ; ou bien, ce qui est préférable mais moins facile, l'incision est latérale et la canule ajustée sur la paroi du vaisseau de façon à mesurer la pression latérale sans interrompre la circulation du sang dans le vaisseau. Les appareils destinés à mesurer la pression sanguine peuvent se rattacher à quatre types : les manomètres simples, les manomètres à mercure, les manomètres métallicjues, les manomètres à transmission par l'air.
A. Manomètre simple. — Haies mesurait la pression du sang en adaptant au vaisseau un long tube vertical et en notant la hauteur à laquelle le sang s'élevait dans son intérieur. On a vu plus haut (page 385) le procédé hémautographique de Landois.
B. Manomètre à mercure. — Dans ces appareils, pour éviter la coagulation du sang, on interpose entre le sang du vaisseau et le mercure une solution de sulfate de soude ou de carbonate de soude qui empêche cette coagulation.
Uémodynamom'etre de Poiseuille (fig. 437). — Poiseuille se servit d'un manomètre dont la branche horizontale A communiquait avec l'artère. Du mercure remplissait les deux branches verticales jusqu'au niveau GH; l'intervalle RA était occupé par un liquide alcalin pour empêcher la coagulation. Le sang presse alors sur la colonne mercurielle GS et en fait baisser le niveau jusqu'à K, par exemple, dans la branche CB, tandis que dans la branche ED le niveau monte jusqu'en I; la différence des deux niveaux, I K, représente la hauteur de la pression sanguine, déduction faite de la petite colonne de mercure qui fait équilibre à la colonne sanguine BK.
Hemomètre de Magendie ou cardiomèlre de Claude Bernard. — Dans cet instrument, la partie inférieure du manomètre est remplacée par une large cuvette remplie de mercure qui communique d'une part avec un tube rempli d'une solution alcaline et qui s'engage dans l'artère, et d'autre part avec un tube vertical dans lequel oscille le mer-
[\) A consulter : Poiseuille : Rech. sur les causes du mouvement du sang dans les veines (Journ. hebd., 1830). — Wharton-Jones : Discovery that the veins of the bat's wings are endowed with rylhmical contractility (Phil. Trans., 1852). — Verneuil : Le système veineux, 1853. — Jacobson : Ueber die Blulbewegung in den Venen (Arch. fur pat. Anat., 1866). — Colin : Sur les mouvements rythmiques des veines cat'cs (Comptes rendus, 1874).
PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT
cure. Les variations do Li coioinie mercuriello sont beaucoup plus sensibles que dans l'appareil précédent. . , . ,
Manomètre compensateur de Marey. - Marey a cherché à remédier aux niconvenieuis des manomètres ordinaires. Ces inconvénients sont de deux sortes : 1° les oscillations de la colonne inercurielle ont trop d'amplitude à cause de la vitesse acquise par la masse du liquide ; 2° l'ascension de la colonne inercurielle est plus rapide que sa descente, oe
Fig. 437. — Hémoâynamom'etre de Poiseuille.
Fig. 438. — Kymographion de Ludwig.
façon que la moyenne numérique entre le maximum et le minimum de hauteur d'une oscillation ne représente pas en réalité la pression moyenne {tension dynamique de Marey). Marey interpose alors entre la cuvette sur laquelle s'exerce la pression sanguine et le tube vertical un tube capillaire qui, par sa résistance, diminue l'amplitude des oscillations et donne exactement la pression moyenne. Sctschenow remplace le tube capillaire par un robinet qu'on ouvre plus ou moins. Manomèlrc différentiel de Claude Bernard. — Cet instrument se compose d'un tube
recourbé dont le? branche? parallèles communiquent chacune avec un ajutage et une canule; les deux canules s'introduisent dans deux artères différentes, ou dans les deux bouts d'une artère, ou dans une artère et une veine, et les diflérences de niveau des
deux colonnes mercurielles indiquent les différences de pression des deux vaisseaux.
Kijmografjltion de Liidwig (flg. 438). — Le kymographion de Ludwig n'est pas autre chose qu'un hémodynanioniètre auquel s'ajoute un appareil enregistreur. La branche 3 du manomètre se recourbe et est mise en comumnication avec l'artère en 9. Dans l'autre branche, 4, flotte sur le mercure un petit cylindre en ivoire qui monte et descend avec le niveau du liquide. A la partie supérieure, ce cylindre est surmonté d'une tige, 5, a laquelle s'attache un pinceau, 7, 8, qui trace sur un cylindre enregistreur les mouvements de va-et-vient du cylindre d'ivoire et du mercure. Pour assurer le contact du pinceau avec le cylindre enregistreur, le flotteur est guidé par un fil à plomb ou par un archet muni d'un crin. Au lieu d'un flotteur on' peut adapter au tube du nuinoniètrc un tube en caoutchouc aboutissant à un tambour à levier.
Le kymographion de Ludwig a été modifié par beaucoup de physiologistes et dans ces derniers temps encore par Jolyct et Marc Laiîont. Roy a fait construire récemment un appareil fondé sur le même principe pour inscrire la jiression intrarardiaque. {Joum. of ■physiol., t. VllI, p. 230.) — Magini introduit simplement dans les cavités du cœur un trocart qu'on peut mettre en communication soit avec un manomèti'e, soit avec un appareil enregistreur quelconque. Manomètre à mercure inscripleur modifié de François- Franck. — Dans ce manomètre, représenté figures 439 et 440, les modifications principales sont les suivantes : la fixité du zéro de l'instrument a été obtenue en rendant le manomètre mobile le long de l'échelle graduée au moyen de l'écrou c, qui produit l'abaissement ou l'élévation de la pièce s qui supporte le manomètre. Le fil à plomb qui guide le flotteur est remplacé par un cheveu g tendu entre deux points fixes et maintenu par un fil de caoutchouc. Le flotteur est formé par un renflement biconique en caoutchouc (lui-ci et surmonté d'une tige d'aluminium. Le manomètre peut tourner sur un axe vertical par la rotation du disque d sur le disque d', de façon à appliquer facilement la plume écrivante sur le papier. Le tube du manomètre est ecnstitué par un tube en U dont la courte branche est munie d'un réservoir sphéroïdal, de façon que les changements de r.iveau dans la longue branche correspondent à la valeur réelle des changements de pression, au lieu de n'en exprimer que la moitié comme dans les manomètres ordinaires (comparer avec la fig. 366). Frau-
Fig