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Coupe et détail de ta partie inférieure du manomètre

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. ^^"^ çoU-Franck a fait construiro sur le même modèle un manomèlre double permettant l'inscription simultanée de la pression dans deux vaisseaux, r- I . „t;iic,'.

C. Manomètres métalliques. - Kymogvaphion de Fick (fig. 441). - ^^^^'^ ^ ' .^^ pour mesurer la pression sanguine un manomètre construit sur le principe au Dciit mètre de Bourdon. Ce manomètre se compose d'un ressort métallique ci eux, uoi t l'extrémité fixe communique par un ajutage et une canule avec le vaisseau uont c

Fig. 441. — Kymographion de Fick.

recherche la pression; l'autre extrémité du ressort est mobile et rattachée à un système de leviers articulés qui mettent en mouvement une pointe écrivante dont les déplacements verticaux enregistrent, en les amplifiant, les déplacements de l'extrémité mobile du ressort.

Manomèlre métallique inscripteur de Marcy (fig. 442). — A l'intérieur d'un vas^^ métallique plat est placée une capsule de baromètre anéro'ide remplie de liquide et s'ouvrant à l'extérieur par un tube qui traverse la paroi du vase enveloppant ; ce tube se termine dans un flacon rempli de liqueur alcaline, au goulot duquel se rend un ajutage a muni d'un robinet. Un tube vertical de verre surmonte le vase qui enveloppe le manomètre, et par ce tube on verse de l'eau jusqu'à ce qu'on ait rempli le vase et même la moitié du tube. Le niveau de l'eau dans le tube monte ou baisse quand la pression monte ou baisse dans l'intérieur de la capsule. Pour enregistrer les oscillations du liquide, il suffit d'adapter au tube de verre un tube en caoutchouc qu'on met en rapport avec un tambour à levier. La figure 443 représente l'appareil monté et prêt à fonctionner

Bealms. — Physiologie, 3« édition. 11. — 27

avec addition d un petit manomètre à mercure qui donne la valeur absolue de la pression.

Manomètre à cadran de Talin (fig. 444). — Dans ce manomètre les valeurs absolues des pressions sont indiquées par une aiguille sur un cadran divisé d'après un manomètre à mercure. La transmission du mouvement de la membrane anéroïde M à l aiguille C se fait au moyen d'un petit couteau coudé L, qui fait tourner une hélice formant le pivot de l'aiguille. En même temps les pressions sont transmises à distance à un tambour à levier

Fig. 442.

Manomètre métallique inscripleur de Marey.

iuscript mètre e

eur st t

monté et prêt à fonctionner

par l'intermédiaire d'une caisse à air comprise dans l'appareil. Ce manorès commode et très pratique; mais il faut être sûr de sa graduation.

Kymographe tympanique de Dorrance et Sewall. — Cet appareil se compose d'un tube en laiton terminé à une extrémité par un entonnoir aplati, dont l'orifice est fermé par une membrane métallique ayant la forme de la membrane du tympan. L'autre extrémité du tube est en rapport avec l'artère. Une aiguille qui appuie sur le centre de la membrane transmet à un levier enregistreur les oscillations de cette membrane [Journ. of physiol., t. VIII, p. 349, pl. X).

D. Manomètres élastiques non métalliques. — Sphygmoscope (fig. 45G, S). — Le sphygmoscope de Marey sert à enregistrer la pression dans les artères. Il se compose

Fig. 444. — Manomètre à Fig. 445.

cadran de Tatin.

Graphique de la pulsation de l'aorte et de la faciale (Marey).

d'une ampoule'cn caoutchouc logée dans un manchon de verre; l'intérieur de l'ampoule communique par uu tube avec l'artère dont on recherche la pi-ession, et les mouvements

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

de diastole et de systole de Tartère amènent des uiouveineiits coiTespoudants d'expansion et de retrait de l'ampoule, mouvenients qui se transmettent à l'air du manchon et par un tube, 4, au tambour du polygraphe. La ligure 443 donne les graphi(|ues de la pulsation de l'aorte (ligue supérieure) et de la faciale (ligue inférieure) obtenus avec le spliygmoscope.

Nouveau kt/mo(/rap/tion de Fick. — Dans cet appareil (tig. 446) le tube qui communique iwcc l'artère est rempli d'air et se termine par un entonnoir fermé par une mince mem-

Fig. 446.

Nouveau kymographion de Fick (*).

brane de caoutchouc. Du centre de cette membrane se détache une petite pointe qui appuie sur un ressort terminé par un levier iuscripteur, et transmet à ce dernier les oscillations du liquide sanguin [Arc/i. de l'/liu/er, t. XXX, p. 598, fig. 1).

Technique des procédés pour prendre la pression sanguine. — Sans entrer dans les détails d'application des manomètres à mercure et des manomètres élastiques, détails pour lesquels je renvoie aux ouvrages spéciaux (1), je donnerai cependant les renseignements les plus indispensables pour bien comprendre la marche de l'opération. — !<> Préparation du manomètre. Le manomètre, si c'est un manomètre élastique, ou la branche vasculaire du manomètre à mercure, estrempli d'une solution de carbonate de soude (2) ; l'introduction du liquide est faite de telle façon que l'appareil soit complètement rempli et bien purgé d'air. Une fois l'air chassé, ou continue à injecter du carbonate de soude pour mettre le manomètre sous pression ; sans cela le sang entrerait dans le tube de transmission et se coagulerait rapidement; la pression du liquide dans le manomètre doit donc être un peu supérieure à la pression sanguine présumée, mais de très peu supérieure, car autrement il pénétrerait dans le vaisseau de trop fortes proportions de carbonate de soude qui détermineraient des accidents. En général on peut adopter 16 C.Hg. chez le chien, 8 C.Hg. chez le lapin, pour la carotide et la fémorale. Il y a avantage a donner aux c«n«/f'.ï qu'on introduit dans le vaisseau la forme suivante représentée dans la figure 447 (François-Franck). Grâce à l'am-

(1) Voir surtout : Marey, Trav. du luhor., 1877 ; Note sur quelques appareils, par François-Franck.

(2) Une bonne formule est la suivante : 186 grammes de bicarbonate de soude et 286 grammes de carbonate de soude pour 4 litres d'eau. On peut aussi employer l'huile d'olive. On peut aussi injecter dans les veines de l'aniujal du sang délibriné en quantité suffisante en môme temps qu'on fait subir à l'aniaial une perte de sang de quantité correspondante (Lewaschew).

(*) A, entonnoir sur li-quel est tondue une niemi)rane de caoutchouc. — .i, pointe fixée au centre de la membrane. — a. tube rempli d'air, commuiiirjuant avec le vaisseau par la canule c. — F, ressort, communiquant par l'intermédiaire des pièces b et d avec le levier inscripteur, H, mobile autour de l'axe, !. - R, M. Il, cadre métallique supportant les diverses pièces de l'appareil.

Fig.

Canules pour les artères du chien et du lapin.

poule qu'elles présentent, on évite la formation rapide du caillot. Le tube latéral sert a nettoyer la canule et à en chasser le caillot qui peut s'être formé sans avoir besoin de l'enlever et d'arrêter l'opération. Le tube de transmissioii doit être court et large; on peut employer un tube à chaînette comme celui qui est représenté dans la ligure 44H et qui se compose de courts tubes de verre et de caoutchouc mis bout à bout. — 3° Mise à nu et préparation du vaisseau. Le vaisseau, artère par exemple, est mis à nu par les procédés ordinaires; on le lie et on pose entre le cœur et la ligature un compresseur, soit une pince presse-artères, soit, ce qui vaut mieux, im petit compresseur du modèle

Kig. 448. — Compresseur de François- Franck (').

de la figure 448, qui a l avantage de ne pas broyer les tuniques du vaisseau. On a donc un segment d'artère compris entre la ligature et le compresseur et qui doit être assez long pour permettre facilement l'introduction de la canule. — :)<> Introduction et fixation de la canule. On fait une incision à l'artère avec des ciseaux fins et on introduit avec précaution la canule, en prenant soin qu'aucune bulle d'air ne pénètre dans le vaisseau; la cauule est ensuite fixée par une ligature qu'on assure par un nœud autour de la branche perpendiculaire de la canule. — 4° Mise en marche de l'appareil. Tout étant ainsi préparé, on ouvre le robinet de communication de la cauule et du manomètre et on enlève le compresseur. Le niveau du liquide du manomètre et le point d'ouverture du vaisseau doivent se trouver à la même hauteur. Les animaux seront de préférence à jeun et endormis ou immobilisés par les procédés généraux indiqués dans

Fig. 449. — Tracé de la pression fémorale chez le chien.

la technique physiologique. La figure 449 donne le tracé de la pression fémorale chez le chien. La mesure et l'euregistrement de la pression dans les veines présentent de très grandes difficultés.

Tonomètre de Talma. — Cet appareil s'applique sur l'artère mise à nu. L'artèi-e est reçue dans une petite gouttière un peu plus étroite que le diamètre de l'artère. Sur la face supérieure libre de l'artère repose un petit bouton surmonté d'une tige verticale, qui transmet à un levier inscripteur les oscillations de l'artère. Ce levier est attaché à un ressort dont la pression peut être modifiée par une série de vis. L'appareil est gradué de façon que chaque millimètre de déplacement du levier corresponde à une valeur déterminée en grammes {Arch. de P/luger, t. XXIll, p. 225, pl. II).

Procédés pour prendre la pression dans les capillaires. — Procédé de V. Kries. On applique sur la peau des lames de verre de 2™™,.^ ;'i 5 millimètres carrés, chargées de poids, jusqu'à ce que la peau pâlisse. Eu réalité ce n'est pas la pression réelle dans les capillaires qu'on mesure par ce procédé, mais seulement l'excès de cette pression sur la tension des tissus et la contrepression qu'ils exercent sur les capillaires.

Procédé de Roy et Graham. Ce procédé, qui présente certaines analogies avec l'appareil d'Holmgren pour la circulation pulmonaire, consiste à observer la circulation dans les capillaires (de la membi'ane interdigitale de la grenouille, par exemple) pendant qu'on les soumet à des pressions mesurables et variables.

Mesure de la pression du sang chez l'homme. — 1" Procédé de v. Kries. Ce procédé a été mentionné plus haut. — 2" Procédé de Marcij. Marey a essayé de mesurer la pression du sang chez l'homme par la valeur manométrique de la contre-pression

(*) F, branche femelle embrassant l'artorc. — M. branche mâle. — B, bouton mobile tournant autour et en dedans de la saillie V et servant ù fixer la branche màle.

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qui empocherait l'abord du sang dans les tissus. 11 employa d'abord, comme dans l'appareil de Mosso (page 30i), un cyliudre dans lequel était placé l'avant-hras et dans lequel la contre-pression était faite, soit par l'air, soit par l'intermédiaire de l'eau (7'rau, du labor., 187G, p. 315). Récemment il a employé un appareil plus simple, et le doigt seul est plongé dans le liquide. L'appareil se compose d'un tube qui reçoit le doigt enveloppé lui-même d'un petit sac de caoutchouc très mince qui se rélléchit sur les bords du tube et est fortement lié à l'extérieur de celui-ci. Un manchon do taffetas inextensible est lié par dessus le caoutchouc qu'il empêche de faire hernie. Le tube, rempli d'eau et bien purgé d'air, est en rapport, d'une part avec un manomètre qui indique la valeur de la pression à laquelle le doigt est soumis, et d'autre part avec une pelote remplie d'eau et que l'on peut comprimer plus ou moins. Avec cet appareil il est impossible, même en portant la contre-pression jusqu'à 28 et 30 centimètres de mercure, d'éteindre les oscillations du mercure, et cependant ces chiffres sont certainement supérieurs à la pression du sang. Ces oscillations sont dues évidemment aux mouvement» de totalité imprimés à l'appareil par la pulsation des tissus non immergés dans l'appareil. Ce procédé ne peut donc donner le maximum de la pression sanguine; mais il peut indiquer le point auquel la pression intérieure du sang et la pression intérieure de l'eau se font équilibre ; c'est le moment oti les oscillations du mercure sout à leur maximum d'amplitude. On obtient ainsi théoriquement la valeur de la pression que donnerait un manomètre appliqué aux artères collatérales du doigt plongé dans l'appareil. — 3° Sp/njgmomanomètre de V. Basch {ûg. 450). L'appareil de v. Basch repose sur le principe suivant : quand un tube élastique est parcouru par un courant de liquide sous une certaine pression, 1000 millimètres d'eau par exemple, il faut pour interrompre le courant une pression extérieure de lOOO milliuiètres d'eau augmentée de la pression nécessaire pour aplatir le tube s'il était vide. Si cette dernière pression est très faible, et c'est le cas pour les artères, on peut mesurer la pression intérieure par la pression extérieure nécessaire pour interrompre le courant. L'appareil de v. Basch, pour les détails duquel je renvoie au mémoire original, se compose d'une pelote élastique remplie de liquide qui presse sur l'artère; la valeur de la pression est donnée par un manomètre à mercure et prise au moment oix la pulsation est intei'rompue dans l'artère en avai de la pelote. Une controverse s'est élevée dans ces derniers temps enti*e V. Basch et Waldenburg sur la valeur de ce procédé. V. Basch a fait subir différentes modifications à son appareil primitif. — 4° Sphijfjmographe ou anf/iomètre de Waldenburg. Cet appareil a été décrit page 387. Les sphygmographes et sphygmomèlres peuvent du reste, quand leur pression s'évalue en poids, servir à mesurer approximativement la pression sanguine.

D'une façon générale, la pression sanguine diminue du cœur aux capillaires et des capillaires au cœur; elle atteint son maximum dans le ventricule au moment de la systole, son minimum dans l'oreillette au moment de la diastole, et peut même, dans l'oreillette et les grosses veines, être négative, c'est-à-dire tomber au-dessous de la pression atmosphérique. La courbe de la figure 451 représente les différences de pression dans les différents segments du système vasculaire.

Pression artérielle. — Chez l'homme, la pression dans la carotide peut être évaluée à 16 centimètres de mercure (1); elle est de 28 centimètres chez le cheval, de 15 chez le chien, de o à 9 chez le lapin. Elle est plus faible dans les petites artères plus éloignées du cœur, quoique Poiseuille,

(I) Albert a trouvé dans un cas d'amputation chez l'honnnc entre 10 et IG centim. de mercure dans les artères de la jambe; il n'y avait pas de variations respiratoires.

Fig. 450

Sphygmomanomèlre de v. Basch (*).

{') r, pelote qui s'applique sur le vaisseau. — a, tube en T viMr ;ui manomètre, m, par l'anneau de caoutchouc, b. — d, entonnoir. — c, pince à pression.

par suite de rimperfection des instruments qu'il employait, lait trouvée égale partout. Si l'on applique sur deux artères également distantes du cœur, les deux crurales par exemple, le manomètre différentiel de Cl. Bernard, le mercure reste immobile en équilibre dans les deux branches; si on

l'applique sur des artères inégalement éloignées du cœur, le mercure baisse dans la branche correspondante à l'artère la plus rapprochée et monte dans l'autre. Ainsi dans la figure Mb, qui représente le tracé de la pulsation dans l'aorte et dans la faciale chez le cheval, la courbe de l'aorte (courbe supérieure) présente une plus forte tension que celle de la faciale (courbe inférieure).

La pression artérielle en un point donné ? subit des variations périodiques qui se traduisent par des oscillations de la colonne mercurielle et par une ascension de la courbe obtenue par les appareils enregistreurs. Cette pression augmente au tïg. — Courbe des pressions dans ,11 .1 , • 1 • 1 •

le système vasculaire (*). moment de la systole ventriculaire, baisse

au moment de la diastole, et ces variations sont d'autant plus prononcées que les artères sont plus rapprochées du cœur. A une petite distance des capillaires, la pression reste constante en un point donné et la colonne mercurielle demeure immobile. Les oscillations périodiques de la pression artérielle, bien visibles aux redoublements saccadés que présente le jet sanguin d'une grosse artère, varient entre 5 et 10 millimètres de mercure, et la moyenne numérique du maximum et du minimum de pression donne la pression moyenne du sang artériel en un point donné, avec les réserves faites plus haut au sujet du manomètre compensateur de Marey. On peut l'obtenir encore au moyen des courbes graphiques par le procédé de Volkmann (voir : Technique physiologique). Ces oscillations permettent de distinguer la pression constante et la pr'ession variable^ si par exemple le mercure oscille entre 20 et 24 centimètres, 20 représentera la pression constante, 24, la pression variable. Le tracé de la figure 449 montre ces oscillations. On remarquera qu'à cause de l'inertie du mercure, le tracé ne présente pas les inflexions du tracé sphygmographique. Ce dernier, à ce point de vue, est un procédé plus fidèle que les procédés manométriques.

La pression artérielle est soumise à deux forces antagonistes : 1° raction impulsive du cœur qui pousse le sang avec plus ou moins de force; 2° l'action modératrice des petits vaisseaux qui, en se resserrant plus ou moins énergiquement, retiennent le sang dans les artères en le laissant passer dans les veines.

(*) I, ventricule. — 2, artères. — 3, capillaires. — 4, veines. — 5, oreillette. — De A eu C, ligne de pression dans les grosses artères ; de C en D, dans les petites artères ; de D en E, dans les capillaires ; de E en B, dans Ii's veines. Les lignes ponctuées aC, a'C, indiquent la pression au moment de la systole ventriculaire (a C) et de la diasfo'e (l'C); à partir de C, la pression sanguine est uniforme jusque dans l'oreillette.

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Il ne faut pas confondre la pression moyenne en un point donné dont il a été parlé plus haut avec Impression moyenne du sang dans le système artériel. Celle-ci ne peut s'obtenir qu'en prenant la moyenne des pressions dans des artères différentes et inéf^alemenl distantes du cœur. La pression artérielle moyenne dépend directement de la quantité de sang contenue dans les artères et par suite du calibre total du système artériel. Toute diminution de calibre, quelle que soit sa cause (obstacle mécanique, ligature d'un vaisseau, contraction musculaire des parois artérielles, etc.), fait hausser la pression artérielle moyenne; toute augmentation de calibre a un effet inverse. Cette pression augmente avec l'énergie des battements du cœur.

Chez l'homme, V. Basch a trouvé pour la radiale de 125 à 180 millimètres de mercure.

La pression artérielle est plus faible chez les jeunes animaux. Elle diminue avec la taille.

Uinflueiice de la pression artérielle sur la fréquence du poids a été très controversée; Marey a prouvé cependant que, toutes choses égales d'ailleurs du côté de l'innervation, la fréquence du pouls est en rapport inverse de la pression artérielle; si la pression artérielle augmente, le nombre des pulsations diminue. L'expérience de Marey consiste à prendre un cœur de tortue qui continue à battre, et à le mettre en rapport avec un système de tubes; quand on augmente la pression, en rétrécissant les tubes, le nombre des pulsations diminue; de là cette conclusion, <' qu'en l'absence de toute communication avec les centres nerveux, le cœur bat d'autant plus vite qu'il dépense moins de travail à chacun de ses battements ».

On a donné le nom de j^oint indifférent ou hydrostatique du système sanguin à un point qui correspond à peu près à la pointe du cœur chez le lapin. Si on fait tourner un lapin mort autour d'un axe passant par ce point, un manomètre mis en rapport avec les artères de l'animal n'accuse aucune différence de niveau (Blumberg, E. Wagner). La pression artérielle est au maximum dans la position horizontale et diminue dans la position verticale.

Outre les oscillations périodiques dues à l'action ventriculaire, il en est d'autres isochrones aux mouvements respiratoires et qui seront éhadiées plus loin (voir : Rapports de la circulation et de la respiration). Il y en a aussi de plus lentes {Ondulations de Traube) qui seront étudiées à propos des nerfs vaso-moteurs.

Pression dans les capillaires. — La pression dans les capillaires ne peut être mesurée directement; elle doit être intermédiaire entre la pression artérielle et la pression veineuse, mais on ne peut lui assigner une valeur certaine. Cette pression sera donc sous la dépendance immédiate des tensions artérielle et veineuse, baissant quand ces tensions baissent, augmentant quand elles augmentent. C'est cette pression des capillaires qui règle la transsudation du plasma sanguin à travers les parois des capillaires et par suite la formation de la lymphe et les échanges du sang avec les tissus.

Les procédés récents, indiqués page 420, ont cependant permis de donner des chiffres pour la pression dans les capillaires; mais ces chiffres ne peuvent être encore admis qu'avec réserve. V. Kries a trouvé 37,7 millimètres de mercure pour la peau de la dernière phalange, Nalhanson 70 millimètres. Roy et Graham, avec leur appareil, ont vu la circulation s'arrêter

dans la membrane inlerdigitale sous une pression de 200 à 350 millimètres d'eau.

Pression veineuse. — Les mesures des pressions veineuses sont beaucoup moins constantes que celles des pressions artérielles; cependant un résultat incontestable, c'est que la pression dans les veines voisines du cœur est le 10" ou le 20° de la pression dans les artères correspondantes, et que dans la diastole auriculaire elle peut même tornber au-dessous de 0 (pression négative). Jacobson a trouvé sur le mouton — 1 millimètre de mercure dans la veine innominée gauche, la jugulaire et la sousclaviére gauche, + 0,2 dans la jugulaire droite, + 3 dans la veine faciale externe, -\- 5 dans la faciale interne, -|- 11 dans la veine crurale. La pression veineuse ne présente pas de variations périodiques isochrones aux changements de pression du cœur; cependant il y a dans les gros troncs veineux du cou une très légère diminution de pression au moment de la diastole auriculaire, et une augmentation légère au moment de la systole (Weyrich).

La pression veineuse moyenne augmente par les mêmes causes que la pression artérielle; seule l'action du cœur produit un effet inverse; l'énergie des pulsations du cœur diminue la pression veineuse en amenant une déplétion plus rapide et plus complète du système veineux.

Pression cardiaque. — La pression du sang dans les cavités du cœur est celle qui présente les plus grandes inégalités (voir fig. 451), surtout dans les ventricules. Chauveau et Marey ont trouvé chez le cheval 128 millimètres dans le ventricule ganche, 25 millimètres dans le ventricule droit, 2"™, 5 dans l'oreillette droite. C'est qu'en effet la pression dans le système pulmonaire est beaucoup plus faible que dans la grande circulation. On a trouvé de 10 à 30 millimètres dans l'artère pulmonaire (Ludwig). Fick et après lui Gradle avaient cru trouver que la pression dans l'aorte était supérieure à la pression dans le ventricule gauche; mais Marey a montré qu'il y avait là une erreur due à l'imperfection de l'appareil employé. J'ai mentionné déjà (p. 369) la pression négative intraventriculaire après la systole (Goltz et Gaule).

On a vu, au début du chapitre, que la quantité de sang est plus considérable que le calibre naturel de l'appareil vasculaire abandonné à son élasticité; le sang distend donc les parois des vaisseaux et s'y trouverait par conséquent, même en supposant le cœur immobile et la circulation arrêtée, à un certain degré de tension. On a cherché à évaluer cette tension en chloroformisant un animal et produisant chez lui l'arrêt du cœur par la galvanisation du pneumo-gastrique; on a vu alors la pression baisser dans les artères, hausser dans les veines et un équilibre général de tension s'établir, équivalent à peu près à 10 millimètres de mercure (Brunner, Einbrodt). Cette tension, appelée par quelques auteurs pression moyenne, mais qu'il vaut mieux appeler pression de réplétion du système vasculaire, baisse après la mort, et cet abaissement est dû à la diminution de la quantité de sang par transsudation du sérum et au relâchement des parois vasculaires.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

La pression sanguine présente une certaine stabililé. Cette stabilité a été attribuée en grande partie par Wonn Millier et Lesser à une sorte d'acconfimodation des vaisseaux. Mais Regéczy a montré que cette accommodation ne pouvait jouer le rôle principal et que la stabilité de la pression sanguine se rétablissait plutôt, après les saignées ou les injections sanguines, par une absorption ou une transsudation interstitielle (1).

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(Zeitscli. f. Heilk, 1887). — S. v. Basch : Der S/jh/gniomanomeler, etc. (Berl. kl. Wochsch., 1887). — J. Maoim : La pression du sang dajis les cavités du cœur (Arch. ital. de hiol., t. VIII, 1888) (1).

§ 5. — Vitesse du sang'.

Appareils pour mesurer la vitesse du sang. — Ilémodromomètre de Volkmann (lig. ïb'î). — Col iiistruineut se cumpusf (l'un tuho métallique court, 1, 4, sur

Fig. 452. — Hémodromom'etre de Volkmann. Fig. 4.^4. — Appareil de Ludwig et

Dogiel jiour mesurer la vitesse du sang.

lequel s'embranche un tnbe de verre en U, 2, 3, rempli d'une solution alcaline incolore. Deux robinets à trois voies permettent, suivant leur jeu, d'interposer le tube en U dans le trajet du tube métallique, comme en C, ou de l'en isoler tout à fait, comme en B.

(I) ^ consulter : Haies : Uaemastatique, 1744. — Volkmann : Die lliimodijnamik, 1850. — Poiseuille : Sur la pression du sang dans le système artériel (Comptes rendus, 18G0). — Marey : Pression et vitesse du sang (Trav. du laborat., 1875-7G, 1878-79). — Goltz et Gaule : Ueber die Druckverhàltniss im Innern des Herzens (Arch. de Plltiger, t. XVII, 1878). — François- Franck : Note sur quelques appareils, etc. (Trav. du labor. de Marey, 1877). — Id. : Manomètre à mercure inscripleur modifié (Marey ; Trav. du labor., t. IV, 1878-79). — V. Basch : Veber die Messung des Bluldrucks am Menschen (Zeit. fiir klin. Med., t. 11).

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

On tourne d'abord les robinets dans la position B, et on réunit les extrémités 1 et i du tube court aux deux bouts du vaisseau ; le sang coule de 1 en 4; on tourne alors raj)!dement les robinets dans la position C; le sang ne peut passer directement de 1 en 4 et est obligé de traverser le tube en U; il s'y mêle à la solution alcaline qu'il rougit, et on voit au ctiangement décoloration quand il a parcouru le tube en entier et combien il a mis de temps à le parcourir. Comme on connaît la longueur du tube, on en déduit facilement la vitesse du sang.

Appareil de Ludwig et de Dogiel (fig. 454). — Cet appareil est d'un maniement plus facile et plus rapide que le précédent, sur le principe duquel il est construit. Deux ampoules de verre, 1 et 2, de capacité déterminée, communiquent entre elles par un tube, 3, et à leur autre extrémité communiquent avec deux tubes, 7 et 7', qui s'adaptent aux deux bouts d'une artère ou d'une veine par les ajutages 8 et 9- Les ampoules sont supportées par un disque, 5, 5', qui peut tourner sur le disque inférieur 6, 6', de façon que chacune des ampoules peut se trouver en communication alternativement avec le tube 7 et avec le tube 7'. Avant l'opération, on remplit l'ampoule 1 de sang défibriué, l'ampoule 2 d'huile, et on met eu rapport (l'appareil étant dans la position indiquée dans la figure) le tube 7' avec le bout central de l'artère, et le tube 7 avec le bout périphérique. Le sang arrive par 7' et pousse l'huile de l'ampoule 2 dans l'ampoule 1, dont le sang défibriné passe dans le bout périphérique de l'artère. On note l'instant où le sang de l'artère arrive dans l'appareil et l'instant où le sang a rempli l'ampoule 2, jusqu'à un trait marqué d'avance. On a ainsi le temps qu'une quantité de sang correspondante à la capacité do l'ampoule a mis à traverser l'artère; il est facile d'en déduire la vitesse du courant. On recommence ensuite l'opération en tournant le disque 5, 5'; l'ampoule 1, remplie d'huile, communique alors avec le tube 7' et avec le bout central de l'artère, et l'ampoule 2 remplie de sang avec le bout périphérique de l'artère. On peut répéter ainsi successivement plusieurs fois l'opération pour en contnMer l'exactitude.

Hémotachomètre de Vierordt fficr.

4.>3). — Cet appareil se compose d'une cage rectangulaire dont les parois opposées sont formées par une glace transparente; le sang y arrive par l'ajutage situé à droite de

de sortir, le coura„l ,„„K„in ,l,:,„aoe uT, 'ÏS^;;^,^^:^ p^r*""""'

(À)upe de r/icmodromoqraphe.

Fig

45G. — licmodromographe de Chauveau {dernier modèle).

la figure et sort par celui de gauche •

munie de deux poiutcs' md " tôuch^ent ''^nn """^ ^'^^^'^ '^'^^^•^«"t malgré l'opacité du sang, d voi mouv^n ; .''^"r^ f-'^-^^ permettent,

indiquée sur un cercle VdurnVesÛTla U^^^^^ déviation du pendule,

appareil en le transformfnt en ^ -^-^^ a complété son

Hémodromographe de Chauveau (nouveau modèle) "(fig. 455 et 456) (I). Dans l'inté-

rieur du tube T qudu introduit dans une artère, le sang rencontre une palette P qui

et-'

Fig. 46". — Tubes de Pilol.

termine une longue aiguille L, située à l'intérieur d'un réservoir cylindrique; au bas du réservoir, l'aiguille traverse une

membrane de caoutchouc m et s'échappe J", au dehors; cette extrémité inférieure L, seule apparente dans la figure 435, se relie avec la membrane d'un tambour à air. Un sphygmoscope S est rattaché à 'appareil et donne la pression.

Fig. 458. — Appareil dcMarey. Fig. 459. — Schéma du pholohsemotachometre de

Cybulski (d'après Landois) (').

Appareils basés sur le principe des tubes de Pitot. — 1° Appareil de Marey. — Si dans

(*) I, Appareil. — c, tube placé dans le bout central de l'nrtère. — tube commuuitiuant avec le bout périphérique. — a, b, tubes de Pitot. — 1,2, niveau du liquide daus chaque tube. — i, robinet. — îi, len-

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. 429

un tube T (fig. 457), dans lequel le li(|uide coule dans la direction des nèclies, on engage deux tubes de Pitot orientés comme dans la figure, le niveau dans le tube P' est supérieur à celui des piézomètres, il est inférieur dans le tube P2 au contraire; si maintenant les deux tubes Pi et Pg sont reliés par des tubes de caoutchouc (fig. 458) chacun avec un tambour à air et que ces deux tambours actionnent à leur tour un troisième tambour, ou pourra inscrire facilement les vitesses d'écoulement.

2° Photohœmotachomètre de Cybulski. — Cet appareil (fig. 459) repose aussi sur le principe des tubes de Pitot. Sa disposition est facile à comprendre d'après la figure. Les niveaux des deux colonues 1, 2, I, sont photographiés sur une plaque, K, animée d'un mouvement rapide de translation, et donnent un tracé comme celui de la figure C.

Procédé de Solera et Capparelli. — Ils calculent la vitesse du sang dans les artères -en mesurant le volume de sang écoulé dans l'unité de temps et le divisant par le calibre de l'artère. Le sang sortant du bout central de l'artère est recueilli dans une poche de caoutchouc mince, placée dans un vase clos rempli d'une solution de soude de lo,050de densité, et qui communique avec le bout périphérique de l'artère, de sorte qu'il pénètre dans le bout périphérique une quantité de solution de soude égale à la quantité de sang qui pénètre dans la poche de caoutchouc.

Mesure de la vitesse du sang dans les capillaires. — Cette vitesse s'apprécie facilement au microscope; il suffit de compter le temps qu'un globule sanguin met à parcourir un espace donné mesuré au micromètre. Vierordt a employé pour la mesurer la vision entoptique des mouvements des globules dans les capillaires de la rétine (voir : Vision).

La vitesse du sang est en raison inverse du calibre total des vaisseaux; ainsi elle est plus forte dans l'aorte, elle diminue dans ses branches, atteint son minimum dans les capillaires dont la section totale est 800 fois celle de l'aorte, et augmente dans les veines pour atteindre dans les gros troncs veineux une vitesse assez forte, mais toujours inférieure à celle des grosses artères et de l'aorte. Les chiffres suivants indiquent, en millimètres, les vitesses du sang par seconde dans les différentes parties de l'appareil vasciilaire :

CHEVAL

CHIEN

Tandis que, dans les petites artères, les capillaires et les veines, la vitesse est constante et uniforme, il n'en est plus de même dans les artères et spécialement dans les grosses ; chaque systole ventriculaire y amène une accélération de vitesse (voir fig. 460). En outre, dans les grosses veines les plus rapprochées du cœur, la respiration est une deuxième cause de variations rythmiques dans la vitesse du sang.

Les causes qui font varier la vitesse du sang sont : 1° les différences de pression entre l'origine et la terminaison du système vasculaire; mais la pression

1ille. — K, plaque photograplnquc qui reçoit l'impression des imugos des deux niveaux, 1', 2'. ~ C, courbes obtenues avec la carotide d'un chien. — La vitesse égale 2.38 niillini. en 1, 1 ; 225 en 2, 2; 177 en 3 3

II, Tubes de Pitot. — d, e, tube d'écoulement. — 0. orifice d'entrée du tube de Pitot, p. — m, manomètre — X, y, niveau des deux liquides.

moyenne du sang n'a aucune influence, on peut augmenter ou diminuer celle pression par une injection ou par une saignée sans changer Ja vitesse du courant; 2° l'énergie du cœur; 3° les obstacles sur le trajet du courant sanguin et surtout

Jes cliaugenients de calibre des vaisseaux, changements qui sont sous l'influence de l'innervation; 4° la qualité du sang ; certaines substances laddilionde sels alcalins neutres) activeraient la vitesse du sang (Aronheim). Il n'y a pas de rapport constant entre la fréquence des ballements du cœur et la vitesse du sang.

Les rapports entre la pression et la vitesse du sang dans

Fig. 460. — Graphiques de la vitesse el de la pression dans la carotide du cheval (Lortet).

un vaisseau se voienlbien sur les tracés pris avec l'hémodromographe de Chauveau et

Lortet, ainsi dans la figure 460 qui donne le tracé de la vitesse V et de la pression P dans la carotide du chevaL On voil que la vitesse atleinl son maximum a dés les premiers temps de la systole ventriculaire et commence à décroître un peu avant la pulsation de l'artère; puis le courant se ralenlit, se rapproche de la ligne du zéro, 0, et présente une légère recrudescence coïncidant avec le dicrotisme du pouls.

Pour la vitesse comme pour la pression, deux facteurs principaux interviennent, d'une part l'énergie du cœur qui fait varier, dans le mêm<i sens, la vitesse et la pression, d'autre part les résistances périphériques dans les capillaires qui les font varier en sens contraire. Le tableau suivant résume les cas divers qui peuvent se présenter :

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