QUINTE
Do
Ré
Mi
Sol
La
Si
Outre la gamme majeure, la musique moderne emploie encore la gamme mineure, composée aussi de sept notes, mais dont les rapports de vibrations entre elles et avec la tonique diffèrent des rapports de la gamme majeure. On l'écrit de la façon suivante en prenant do pour tonique : ut, rc, m;'!?, fa, sol, la\r, si\f; le signe \r {bémol) placé après une note indique que cette note est baissée d'un demiton; dans cette gamme, le rapport du nombre de vibrations de chaque note par rapport à la tonique est le suivant :
do,
re,
mib,
fa,
sol.
lab,
si b,
do.
et les intervalles entre deux notes consécutives sont les suivants do, ré, mib, fa, sol, lab,
si b,
do.
(1) Les musiciens ne sont pas d'accord avec les physiciens sur beaucoup de ces points. Ainsi ils divisent le ton en 9 (et quelquefois 5) commas et distinguent le demi-ton diatonique qui vaut 4 commas (ainsi do ù ré]?) et le demi-ton chromatique qui vaut 5 commas (ainsi à ré naturel).
Les intervalles se succèdent donc dans l'ordre suivant : un ton majeur, un demiton, un ton mineur, un ton majeur, un demi-ton, un ton majeur, un ton mineur (1).
On a vu plus haul que la tonique de la gamme (majeure ou mineure) peut être placée indillérenirnent sur telle ou telle noie. Il en résulte qu'on peut prendre successivement comme tonique les divers sons de la gamme; on a alors les gammes ou les tons de ré, de etc. Mais si l'on prend la gamme de mi, par exemple, on voit que sa deuxième noie, le fa, ne correspond plus au même nombre de vibrations que le fa de la gamme de do majeur; en elîet, elle fait 46,4 vibrations par seconde, tandis que ce dernier en a 44 dans la contre-octave. En construisant ainsi successivement toutes les gammes, on arrive à une telle mulliplicité dénotes que la pratique des instruments de musique serait inabordable par sa complication.
Pour éviter cette confusion et rendre les instruments pratiques, on est convenu d'admettre ce qu'on a appelé le tempérament égal. Le tempérament égal est basé sur ce fait dont il a été parlé plus haut, savoir, la difficulté que l'oreille éprouve à discerner la différence de hauteur de deux sons très voisins l'un de l'autre et la faculté qu'elle a d'identifier deux sons dont les nombres de vibrations se rapprochent. On a partagé l'octave en douze demi-tons ou intervalles égaux, et constitué ainsi la gamme chromatique composée des notes suivantes :
Le signe j$ (dièse) hausse la note d'un demi-Ion. Dans cette gamme, dite gamme tempdiée par comparaison avec la gamme naturelle, la distinction du ton majeur (1) et du ton mineur {—■), séparés par l'intervalle comma (f^), disparait, La succession des tons et des demi-tons dans les gammes majeures et mineures peut être représentée ainsi :
Gamme majeure : 1 ton 1 ton 1/2 ton 1 ton 1 ton 1 ton 1/2 ton Gamme mineure: 1 ton 1/2 ton 1 ton 1 ton 1/2 ton 1 ton 1 ton
ou 1. ton 1/2 ton 1 ton 1 ton 1/2 ton 1 ton 1/2 1/2 ton.
Dans la gamme tempérée, la quinte, au lieu d'être représentée par |, l'est par •5, lll; elle est donc altérée d'une quantité inappréciable; les tierces, au contraire, le sont d'une façon assez sensible.
Sur les instruments ksons fixes, comme le piano, l'harmonium, etc., la gamme tempérée est seule usitée ; il n'y a pas de distinction entre le do j| et le ré le ré j| et le mi ^, etc., et l'intervalle le plus petit adopté pour limite est le demi-ton (ff). Sur le violon, au contraire, on peut jouer suivant les intervalles naturels.
3° Timbre du son. — On a vu, dans la partie physique, que le timbre dépend du nombre et de l'intensité des harmoniques du son fondamental. Ces sons partiels harmoniques accompagnent presque tous les sons musicaux. Habituellement ces harmoniques nous échappent comme sensation auditive distincte, et se fusionnent dans une sensation, une en apparence, que nous rapportons au son fondamental; mais avec un peu d'attention ou en s'ai-
(1) Cette gamme mineure n'est pas celle qui est adoptée en général par les musiciens. Elle a l'inconvcnient de contenir exactement les mêmes sons que la gamme majeure qui a mil? comme tonique et de l'aire perdre à la septième note si sa qualité de note sensible. Pour y remédier, on élève cette septième note d'un demi-ton, ce qui donne à la gamme mineure la forme suivante :
do, ré, mil?, fa, sol, lab, si, do.
On a encore proposé d'autres formes de gammes mineures.
dant de moyens physiques (résonnateurs), on parvient facilement à les distinguer dans un son donné. Parmi les harmoniques, on dislingue mieux les sons partiels impairs, la quinte, la tierce, etc., que les sons partiels pairs. Voici les harmoniques de do avec les nombres de vibrations des sons partiels :
SON FOND.\.MENÏ.\L.
HAHMONIQUES.
Notes
do'
do2
do^
sib^
do'^
mi*
Sons partiels.
sou partiel.
lOe
Nombre de vi-
brations ....
CG
Les premiers sons partiels se distinguent mieux que les derniers.
Certains sons dépourvus d'harmoniques présentent cependant des sons partiels, mais qui ne sont plus en rapport simple de vibrations avec le son fondamental (exemple : le diapason); mais ces sons partiels sont très élevés, s'éteignent très vite et ne jouent qu'un rôle accessoire en musique. Les sons simples, complètement dépourvus de sons partiels, ont tous le même timbre qui se rapproche du bruit produit en soufflant dans une bouteille, ou du timbre de la voyelle ou; c'est un timbre doux, sombre et dépourvu de mordant, comme les sons de flûte.
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