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II. — MÉCANISME DK LACCOMMODATION

Il est inutile aujourd'Jiui d'entrer dans le détail des diverses explications données du mécanisme de l'accommodation. On sait d'une façon certaine que le cristallin y joue le principal rôle, et son ablation (rt/9Aa/«"e) abolit immédiatement la faculté d'accommodation (de Grœfe).

Dans l'adaptation (fig. rjOO, A), le cristallin devient plus convexe, le pou-

PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

voir réfringent de la lentille augmente, et le foyer des rayons lumineux est reporté en avant de façon qu'il se fait sur la rétine.

Pour démontrer ce changement de courbure du crislallin, on s'est servi des imajjes de Purkinje, déjà étudiées à propos de la mensuration des courbures de l'œil (voir page 497). Si on mesure à l'ophlhalmomètre les trois images dans un œil qui regarde un objet Irès éloigné et qu'on les mesure ensuite en faisant regarder un objet très rapproché sans changer la direction du regard, on voit que l'image cornéenne ne se modifie pas, que l'image de la face antérieure du cristallin devient plus petite, plus netle et se rapproche de la précédente, enfin que l'image de la face postérieure du cristallin devient un peu plus petite; donc, la courbure de la cornée ne change pas; celle de la face antérieure du cristallin

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Fig. 500.

Mécanisme de L'accommodation {*).

augmente ; celle de sa face postérieure augmente aussi, mais d'une très faible quantité (fig. 500).

Les phénomènes qui accompagnent l'accommodation sont les suivants : 1° La courbure de la face antérieure du cristallin augmente, et pour le maximum d'accommodation, son rayon de courbure passe de tO à 6 millimètres.

La courbure de la face postérieure augmente aussi, mais très peu, et son rayon de courbure passe de 6 millimètres à 5,5; son sommet reste sensiblement au même point. Le diamètre équalorial du crislallin diminue, son volume restant le même.

2° La pupille se rétrécit; le bord pupillaire de l'iris se porte en avant; la grande circonférence, au contraire, se porte en arrière; si on examine l'œil de côté, ou voit la ligne noire qui correspond à la pupille s'élargir. Le rétrécissement de la pupille ne se produit qu'a^^rès le changement de forme du cristallin (Donders).

(*) A, œil accommodé pour la vision des objets rapproelips. — B, œil dans la vision des objets éloignés. — 1, substance propre de la cornée. — 2. épithélium antérieur de la cornée. — 3, lame élastique antérieure. — 4. membrane de Demours. — 5, ligament pectine. — 6, canal de Fontana. — 7, sclérotique. — 8, choroïde. — 9, rétine. — 10, procès ciliaires. — 11, muscle ciliaire. — 12, ses fibres orbiculaircs. — 13, iris. — 14, uvée. — 15, ora serrata. — 1(3, partie antérieure de la rétine se prolongeant sur les procès ciliaires. — 17, hyaloïde. — 18, division de l'hyaloïde en deux feuillets. — 19, feuillet antérieur de l'hyaloïdc ou zone de Zinn, dans sa partie soudée aux procès ciliaires. — 20, le même dans sa partie libre. — 21, feuillet postérieur de Thyaloïde. — 22. Canal de Petit. — 23, cristallin pendant l'accommodation. — 2i, cristallin dans la vue des objets éloignés.

3" La pression intra-oculairc augmente clans la partie postérieure de l'œil.

L'agpnl de ces modilicalions oculaires est le muscle ciliaire. Donc, dans 1 accommodation de R à P, ily a une tension musculaire; dans l'accommodation ou dans le passage de P à R, un relâchement musculaire; d'après Vierordt, ce passage de P à R se ferait plus vile que le passage inverse; cependant Angelucci et Aubert ont trouvé la même durée dans les deux cas pour la situation de l'image réfléchie du cristallin.

Mode d'action du mnscle ciliaire dans l'accommodation. — Le muscle ciliaire est le muscle de l'accommodation, mais son mode d'action n'est pas encore complètement connu. L'explication la plus satisfaisante est due à Helrnholtz. A l'état normal, le cristallin est aplati par la tension de la zone de Zinn; si, en effet, on incise cette zone de Zinn, le cristallin devient plus bombé qu'auparavant. Les fibres radiées, en tirant en avant le bord antérieur de la choroïde, détendent la zone de Zinn et font bomber la face antérieure du cristallin; en môme temps l'insertion de l'iris est portée un peu en arrière.

L'action des libres circulaires est plus controversée. D'après II. Muller, elles presseraient sur la circonférence delà lentille qui deviendrait plus épaisse; en outre, l'iiis est tendu sur la partie périphérique du cristallin et la comprime en faisant saillir sa partie centrale. Pour F. Schultz, les fibres musculaires porteraient en dedans les procès ciliaires et contribueraient à détendre la zone de Ziim.

Iwanoff a trouvé les fibres circulaires atrophiées, les fibres longitudinales hypertrophiées dans l'œil hypeimétrope, disposition qui, chez ce dernier, favoriserait le relâchement de la zone de Zinn, tandis que chez le myope la tension de la choroïde est beaucoup plus forte.

Emmert comprend différemment le mécanisme de l'accommodation. D'après lui, les fibres circulaires détendent la zone de Zinn et se contractent dans la vision des objets rapprochés; elles sont très développées dans l'œil hypermétrope, moins développées que les fibres radiées dans l'œil emmétrope et manqueraient dans l'œil très myope. Les fibres radiées, au contraire, seraient innervées par le sympathique, elles tendent la zone de Ziim et se contractent dans la vision de loin; elles seraient plus développées dans l'œil emmétrope et dans l'œil myope.

Schcin a imaginé un appareil schématique pour reproduire le mécanisme de l'accommodation.

Cramer a constaté dans l'œil du phoque et des oiseaux des changements de courbure du cristallin en faisant agir l'électricité sur l'œil ; il est vrai que V. VVittich et Helmhollz n'ont obtenu que des résultats négatifs avec les yeux de grenouille et de lapin.

L'accommodation est sous l'influence du nerf moteur oculaire commun. Hensen et Volckers ont obtenu des mouvements d'accommodation par l'excitation directe des nerfs ciliaires (voir : Nerf moteur oculaire commu7i).

A. Bouchard, frappé de la rapidité avec laquelle se fait l'accommodation, rapidité peu compatible avec le caractère lisse du muscle ciliaire, croit qu'au début de l'accommodation, les muscles droits se contractent et déforment le cristallin el qu'ensuite vient la contraction du muscle ciliaire qui continue l'action commencée par les premiers.

L'iris n'interviont pas dans l'accommodation ; celle-ci peut se faire dans le cas d'absence complète de l'iiis. Mais ce rétrécissement de la pupille qui succède à un éclairage intense peut favoriser la vision nette des objets rapprochés en diminuant la grandeur des cercles de diffusion.

Beaunis. — Physiologie, 3c édit. 33

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