ABC : D E F
donne à neuf lettres la disposition qu'elles ont ci-dessus et on fixe le point a avec l'œil droit à 20 centimètres de distance; E se trouve alors dans la lacune et disparait. Or sur ce dessin, pour quelques observateurs, les lettres restantes forment les côtés rectilignes d'un carré, le miheu du carré restant vide ; pour d'autres, au contraire, les lettres restantes qui forment le milieu de chaque côté paraissent se rapprocher de la lacune, et on voit quatre arcs, ABC, CFI, IHG, GDA, dont la convexité est dirigée vers le centre.
Expériences diverses sur le punctum caecum. — On peut varier de différentes façons l'expérience de Mariotle. Cette expérience peut réussir avec les deux yeux ouverts (Picard); on fixe un papier au mur, on se place à une distance d'environ 20 pieds, et on fait converger les deux yeux vers le doigt, tenu aune distance telle que, dans les deux yeux, l'image du papier vienne se peindre sur le punctum cœcim; alors cet objet disparait absolument, tandis que, dans ces conditions et avec un point de fixation un peu différent, il paraît double. On peut faire même disparaître deux objets à la fois, les deux yeux restant ouverts (Mariotte) ; on fixe au mur, à la même hauteur, deux papiers à une distance mutuelle de 2 pieds; on se place à 12 ou 13 pieds du mur, on tient le pouce verticalement, à 7 pouces environ des yeux, de manière qu'il cache à l'œil droit le papier situé à gauche et à lœil gauche le papier situé à droite; puis on regarde le pouce; aussitôt les deux papiers disparaissent.
Procédé pour déterminer la forme et la grandeur apparente du punctum caecum. — Ou duiiiie à l'œil uiu- position fixe à 8 à 10 pouces d'une feuille de papier blanc sur laquelle on a tracé une croix servant de point de fixation ; puis on promène sur le papier, dans la région de la lacune, la pointe, trempée dans l'encre, d'une plume blanche; la pointe noire disparait quand elle entre dans la lacune; on éloigne ainsi la plume dans diverses directions, en marquant à chaque fois le point où elle commence à devenir visible; on peut avoir ainsi le contour de la lacune, et on constate qu'elle a la forme d'une ellipse irrégulière sur les bords de laquelle on reconnaît l'émergence des gros troncs vasculaires (Helmholtz).
î>22 LIVRE QUATRIÈME. — PHYSIOLOGIE SPÉCIALE.
B. Tache jaune et fosse centrale. — La tache jaune et la fosse centrale sont les régions de la vision directe. Elles se distinguent des autres parties de la rétine, surtout la fosse centrale, par la netteté de la perception des images; aussi lorsque nous fixons un objet dans l'espace, nous dirigeons la ligne de regard de façon que l'image de cet objet vienne se faire sur la fosse centrale.
La tache jaune a un diamètre horizontal de 2 millimètres environ et un diamètre vertical de 0'^"",8; ce qui correspond dans le champ visuel à un angle de 2 à 4 degrés. La fosse centrale a un diamètre de 0'^">,2, ce qui donne un angle dixfois plus petit; on voit, par conséquent, que le champ de la vision distincte est excessivement limité, puisqu'il est sous-teuda par un angle d'environ 12 minutes. Pour trouver ces angles, il suffit de joindre les deux extrémités de la tache jaune (ou de la fosse centrale) au centre delà pupille et de prolonger ces deux lignes dans l'espace. Il résulte de ce fait que l'œil ne peut voir, au même moment, d'une façon distincte, qu'une très petite portion du champ visuel; c'est ce qui arrive, par exemple, si, étant placé dans l'obscurité, le champ visuel se trouve éclairé par une lumière d'une très courte durée, comme un éclair ou une étincelle électrique; dans ce cas, on ne voit qu'un très petit nombre d'objets; ainsi, dans un livre de justification moyenne, on ne verra distinctement que cinq ou six lettres; seulement, à l'état ordinaire, les mouvements rapides du globe oculaire, mouvements qu'il est facile d'observer sur un lecteur, par exemple, suppléent à cette insuffisance et la persistance des impressions lumineuses sur la rétine nous fait croire à la simultanéité de sensations qui ne sont que successives.
C. Parties périphériques de la rétine. — Sur les parties latérales de la rétine, la netteté de la vision diminue à mesure qu'on s'éloigne de la tache jaune et qu'on se rapproche de l'ora serrata; mais cette diminution ne se fait pas avec la même rapidité dans les différentes directions ; elle est plus lente vers la région externe et présente, du reste, des variations individuelles assez notables. La diminution serait plus rapide dans la vision éloignée que dans la vision rapprochée. Volkmann et Aubert ont trouvé que, pour former des images visibles sur la rétine, les objets situés à 60° en dehors de l'axe visuel devaient avoir un diamètre 150 fois plus considérable que dans le milieu de la tache jaune. Deux points pour être vus comme distincts doivent aussi avoir un écart bien plus considérable.
Du champ visueL — On donne le nom de champ visuel à l'ensemble des points de l'espace qui peuvent, à un moment donné, impressionner les éléments sensibles de la rétine, l'œil étant immobile. Tout l'espace visible est ainsi compris entre les lignes extrêmes de direction (fig. 503) et représente un espace conique qui a son sommet au centre optique de l'œil. Le prolongement des lignes de direction jusqu'à la rétine constitue un second cône dont le sommet est aussi au centre optique de façon que chaque point du cône extérieur a son correspondant en un point de la rétine situé en sens opposé d'après le renversement des images rétiniennes.
Procédés d^exploration du champ visueL — Périmétrie. — On distingue à ce point de vue les périmètres plans, ou campimètres, et les périmètres sphériques ou périmètres proprement dits. — Les campimiHres sont constitués par un tableau dont on ait fixci- au sujet le point central ; puis l'œil étant maintenu immobile, ou examine,
Fig. 503. — Champ visuel.
Vi". âOi. — Schéma du périmètre Fig. 505. — Périmètre de Galezowski (*).
de iMndoll.
(*) Ce périmètre se compose d'un huitième de sphère pivotant autour du point E et auquel on peut donner les positions i, t. ï-!» portion de sphère est divisée en qu.itro parties A, B, C, D, qui peuvent rentrer sur elles-mêmes. Une tige portant un cavalier avec papiers de couleurs reste libre et peut occuper tous les axes qui sont indiqués par une aiguille sur un cadran divisé.
■suivant un certain nombre de méridiens, le moment où un objet lumineux amené de la périphérie app.irait dans le champ A isuel (campimétres de Griife, Weckcr, Dor, etc.). — Dans les périmèlves les objets lumineux, au lieu d'être placés sur une surface plane, sont placés sur une surface sphérique. Au lieu d'une sphère complète, on emploie ordinairement, comme dans le périmètre d<i LandoU (fig. 504), un arc de cercle tournant autour d'un axe horizontal qui passe par son pùle. Eii tournant autour de son axe, l'arc de cerrie, qui forme une demi-circonférence, engendre une demi-sphère au centre de laquelle l'œil est placé. Ce centre est indiqué par l'extrémité supérieure d'une tige verticale. L'arc périmélrique. noirci en dedans, est supporté par un pied vertical,"' et ses
déplacements suivant les méridiens sont indiqués par une aiguille sur un cadran vertical. Sa surface extérieure, graduée de ô en 5 degrés, permet de mesurer les écarts par rapport à la ligne visuelle. L'œil fixant le point blanc central, on peut placer un ou plusieurs objets lumineux sur un endroit quelconipie de la surface intérieure de l'arc, et relever leur position sur la graduation extérieure. On a ainsi les éléments nécessaires pour déterminer exactement la situation de l'image rétinienne correspondant à l'objet lumineux et le point de la rétine excité. On a imaginé un très grand nombre de périmètres {Périmètres de Fœrster, Mœser, Scherk, Carfer, Lundoll, Badal,Gulezowskif Stœber, etc.).
Représentation graphique du champ visuel. — On peut représenter schématiquement le champ visuel extérieur et le champ visuel rétinien en disposant autour d'un centre formé par le point de fixation du regard une série de rayons et de cercles concentriques qui correspondent, les premiers aux différents méridiens de la rétine, les seconds aux diiierents degrés de l'angle visuel (fig.50G). On peut alors marquer facilement les limites du champ visuel et les lacunes [scotomes) qui peuvent exister à l'état normal ou pathologique dans le champ visuel.
Fig. ôOG.
Sclie'ma du champ visuel (*).