T. — CONDITIONS DE PRODUCTION DES SENSATIONS DE TEMPÉRATURE
Procédés. — Pour e.\plorer la sensibilité thermique de la peau et des muqueuses, on emploie soit des réservoirs métalliques coniques et creux qu'on remplit d'eau à différentes températures, soit des objets métalliques pleins chauffés ou refroidis. Vintschgau a décrit sous le nom de Ihermophore un petit appareil pour exblorer la sensibilité thermique {A. de Pfl., t. XLIII, p. 156). — Pour les sensations doubles, on peut employer V.esthésiomèlre de Liégeois. C'est un instrument construit sur le même principe que l'uîsthésiomètre de la ligure 530; seulement les pointes sont en rapport avec deux petits prismes creux qu'on remplit de liqtiide à une température donnée. — Eulenbiu'g a imaginé un instrument ou thermo.vsthésiomôtre, dans lequel deux Ihermomètres sont appliqués sur la peau, l'un de ces thermomètres étant échauffé par uu fil de platine mis en rapport avec une pile, jusqu'à ce que le sujet accuse une différence de température entre«lcs deux thermomètres.
Les sensations de température ou mieux de chaleur ou de froid reconnaissent pour cause une variation brusque de température de la peau; la température de la peau, résultante immédiate de la température du sang qu'elle reçoit, est un peu au-dessous de la température des parties profondes, et supérieure, en général, la température de l'air ambiant; aussi, sauf de rares exceptions, la peau subit: 1° une déperdition continuelle de calorique au profit de l'extérieur; 2° un apport continu du calorique au dé-
(1)^ consulter: Weber : Tastsinn (Waguer's Handworterb., 1849).
triment de l'intérieur. Cette perte et cet apport s'équilibrant, la température de la peau reste constante, et nous n'avons aucune bensation. Mais si l'équilibre se rompt brusquement, si la perte ou le gain sont trop intenses, celte variation impressionne les nerfs cutanés qui la transmettent aux centres nerveux, d'où sensation de température ; cette sensation se produit donc quand l'unité de surface de la peau reçoit ou perd, dans l'unité de temps, une quantité déterminée de calorique (non encore mesurée).
De ce qui précède, il résulte que la sensation de froid pourra reconnaître pour causes :
1° Un apport moindre de calorique de l'intérieur, exemple : diminution de l'afflux sanguin par rétrécissement des artères cutanées ;
2" Un abandon plus grand de calorique au milieu extérieur ; ainsi si l'on met en contact avec la peau un corps plus froid qu'elle, ou meilleur conducteur, ou plus froid que ceux qui la touchaient précédemment.
De même, la sensation de chaleur se produira :
1° Si la peau reçoit plus de calorique de l'intérieur (afflux sanguin) ;
2° Si elle en abandonne moins à l'extérieur ou si elle en reçoit de l'extérieur.
Tous les corps, quel que soit leur état, solide, liquide ou gazeux, sont susceptibles de déterminer des sensations de température ; deux choses seulement sont à considérer : la température du corps en contact et sa conductibilité. Si la température est trop basse ou trop élevée, la sensation de température disparaît pour faire place à la douleur. La conductibilité du corps joue aussi un rôle im.portant. A température égale, les corps meilleurs conducteurs, les métaux par exemple déterminent, avec plus d'intensité les sensations de chaleur et de froid; cette conductibilité peut même compenser des difPérences notables de température; si l'air étant à 17°, on plonge la main dans de l'eau à 18°, on a une sensation de froid, quoique le corps en contact avec la main soit plus chaud ; mais l'eau est un meilleur conducteur que l'air, et la main perd, dans le même temps, une plus grande quantité de calorique. C'est pour la même raison qu'un morceau de métal paraît plus froid (ou plus chaud) qu'un morceau de bois à la même température.