‹ Nouveaux éléments de physiologie humaineChapitre 259 sur 377 · II. — NERF MAXILLAIRE SUPÉRIEUR (fig · texte numérisé non relu

II. — NERF MAXILLAIRE SUPÉRIEUR (fig

A. Action sensitive. — Le nerf maxillaire supérieur fournit la sensibilité : 1° à la peau de la paupière inférieure, de la pommette, de l'aile du nez, de la lèvre supérieure; 2° à la muqueuse des régions nasale, pharyngienne, palatine, au sinus maxillaire, aux gencives, à la lèvre supérieure, à la trompe d'Eustache; 3° à la dure-mère, au périoste et aux os correspondant à sa distribution ; 4° aux dents de la mâchoire supérieure; 5° à une partie des muscles animés par le nerf facial.

B. Action sécrétoire. — Il fournit des filets aux glandes nasales et palatines et probablement aux glandes du voile du palais. Par sa branche temporo-malaire, il donne un filet à la glande lacrymale. Herzenstein et Vœlkers ont vu chez le lapin, le chien et le mouton, l'excitation directe du nerf temporo-malaire produire la sécrétion lacrymale.

C. Action vaso-motrice. — Ce nerf fournit les fibres vaso-motrices qui accompagnent les artères des fosses nasales, mais ces fibres proviennent probablement en partie du grand sympathique.

D. Action nutritive outrophique. — Comme du côté du globe oculaire, la section du trijumeau est suivie de lésions de nutrition des fosses nasales ; la muqueuse devient fongueuse, rouge, saignante, et la fosse nasale correspondante sécrète une plus grande quantité de mucus. La cause

(le ces troubles de nutrition a été moins étudiée que pour les phénomènes oculaires et présente encore plus d'obscurité.

E. Action sur l'odorat. - Le trijumeau contribue à la conservation et à la perfection de l'odorat. Il agit de deux façons : 1° en maintenant par ses libres trophiques (ou vaso-motrices) l'intégrité de structure et la vascularite convenable de la muqueuse; 2° en influençant, par ses fibres grandulaires, les sécrétions nasales et par suite l'humidité de la muqueuse. On a vu plus haut (voir : Nerf olfactif) le rôle que Magendie a voulu lui faire jouer dans l'olfaction.

F. Action excito-réflexe. — L'excitation, et surtout l'excitation mécanique des branches du voile du palais produit, par action réflexe, des mou-

Fig. 53G. — A'cr/* maxillaire supérieur (fgure schématique) ('),

vements de déglutition. Ces mouvements disparaissent après la section du trijumeau (Prévost et Waller). L'excitation des filets sensitifs et surtout des filets nasaux amène, par action réflexe, la sécrétion de larmes du côté correspondant. L'étcrnuement est aussi un phénomène réflexe produit par l'excitation des mêmes fllets.

G. Ganglion sphéno-palatin. — L'extirpation du ganglion sphénopalalin (arrachement) déjà pratiquée par Alcock, n'a pas donné de résultats très précis à Cl. Bernard; il n'a rien observé après son ablation, ni du

{*) 1, uerf iiiasillaire supérieur. — 2, ganglion de Mcckel. — 3, nerf vidien. — 4, grand pétreux superficiel. — a, filet carotidien du nerf vidien. — 6, nerf palatin postérieur. — 7, nerf du muscle lisse orbitaire.

— 8, nerfs sphéno-palatins. — 0, nerf naso-palatin. •- 10, grand nerf palatin. — H, petit nerf palatin.

\1, nerf alvéolaire postérieur. — l.'i, nerf alvéolaire moyen. — l 't, nerf alvéolaire antérieur. 15, nerf

sous-orbitaire. — IG, brandie récurrente. — 17, nerf temporo-malaire. — IS, nerf lacrymal. — 19 uerf

lacrymal de l'ophthalmique. — VII, nerf facial. — C, artère carotide et plexus carotidien. L, glande

lacrymale.

côté de l'œil, ni du côté des narines, sauf un écoulement séreux comme dans le coryza, chez un chien auquel il avait arraché les ganglions des deux côtés. Prévost a fait récemment une série de recherches sur ce ganglion chez des chats, des chiens et des lapins, et est arrivé aux conclusions suivantes : Son extirpation n'est pas douloureuse et n'est suivie d'aucune altération de nutrition ni de modifications dans la vascularité delà muqueuse nasale dont la sensibilité est intacte; l'odorat n'est pas affecté, pas plus que le goût. La galvanisation du ganglion (chien) produit un écoulement de mucus par la narine du même côté et une augmentation de température, phénomènes qui ne se produisent pas par l'excitation du bout supérieur du ganglion sympathique cervical.

Le ganglion de Meckel (ûg. 536,2) reçoit ses racines sensitives du tronc même du maxillaire supérieur, sa racine motrice du facial (voir : Facial) par le grand nerf pétreux superficiel (4), et le nerf vidien(3), sa racine sympathique du plexus carotidien par le grand nerf pétreux profond (5) et le nerf vidien.

Le ganglion de Meckel fournit des filets sensitifs et des filets moteurs. Les filets sensitifs, sphéno-palatins, pharyngien, naso-palatin et grand et petit nerf palatins, fournissent la sensibilité aux muqueuses nasale et palatine. Les nerfs sphéno-palatins et palatins proviennent du tronc du maxillaire supérieur et ne font que traverser le ganglion; le nerf naso-palatin, au contraire, proviendrait des cellules nerveuses du ganglion. Cl. Bernard a trouvé le nerf naso-palatin insensible et a vu chez le chien la sensibilité de la muqueuse nasale persister après la section des deux nerfs naso-palatins. En outre, le ganglion fournit très probablement des filets sensitifs au facial parle nerf vidien et le grand pétreux superficiel (voir: Facial); cependan'' Prévost n'a pas vu de dégénérescence dans les filets du nerf après l'extirpa tion du ganglion.

Les filets moteurs proviennent du facial e( se rendent, par le nerf palatin postérieur (6) aux muscles péristaphylin interne et palato-staphylin. Le ganglion fournit aussi un petit filet au muscle lisse orbitaire de H. Miiller, filet qui, d'après Prévost, irait plutôt aux vaisseaux qu'aux fibres musculaires.

H. Anastomoses. — Abstraction faite des anastomoses de ses filets périphériques, avec les branches du facial principalement, le nerf maxillaire supérieur a les anastomoses suivantes : 1° une anastomose avec le facial par le nerf vidien et le grand pétreux superficiel; il reçoit du facial les filets moteurs du voile du palais et lui fournit (probablement) des filets sensitifs; 2" une anastomose avec le plexus carotidien par le nerf vidien et le grand pétreux profond ; elle paraît être composée de fibres vaso-motrices.

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