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Innervation ganglionnaire du cœur

Ganglions du cœur. — Les ganglions du cœur, découverts par Romak, ont surfont été étudiés chez la grenouille. On les rencontre dans le sinus veineux, la cloison des oreillettes €t la rainure auriculo-ventriculaire.

D'après Schklarewski, ils forment deux r anneaux, l'un dans le sillon auricnio- ^^*?^| ventriculaire, l'autre à angle droit avec le précédent dans le sillon inlerauriculaire. C'est à eux que viennent probablement aboutir les branches cardiaques du pneumogastrique et du sympathique, et c'est d'eux que partent les filets qui vont au tissu nuisculaire du cœur. La fig. 552 représente, d'après Ranvier, les ganglions auriculo-ventriculaires ou de Bidder chez la grenouille verte. D'après les recherches de Ranvier, toutes les cellules ganglionnaires du sinus veineux sont à fibres spirales ; dans les reutlenients gangliounaires au contraire, comme dans les ganglions de Bidder, on trouve, outre les cellules à fibres spirales, d'autres cellules ditl'érentcs des premières, mais dont l'étude très difficile n'a pu encore être faite d'une façon satisfaisante. Dans le cœur des

poissons, le ganglion ventriculaire est disséminé irrégulièrement sur toute la surface du ventricule (Vignal).

Ces ganglions commandent les mouvements rhythmiques du cœur; si on coupe ou si on lie les diiïérentes parties du cœur, celles qui sont pourvues de ganglions continuent à battre, celles qui en sont dépourvues s'arrêtent en diastole ; cependant le phénomène est un [leu plus complexe. Les ganglions du cœur ne paraissent pas avoir tous la môme fonction physiologique ; les uns paraissent agir comme centres d'arrêt, et sont probablement en connexion avec les filets du pneumogastrique, les autres comme centres accélérateurs et correspondraient aux filets du grand sympathique. C'est ce que tendent à prouver les rechei'ches suivantes, dues à Stannius et faites sur des cœurs de grenouilles.

(*) Cloison des oreillettes de hi grenouille verte, vue du côté gaucho ; lu paroi de rorcillelle paurhe a été enlevée. — n, nerf postérieur; h', nerf antérieur; t, sa portion lioriziintale ; b, ganglion auricnlo-veutiiculaire postoi-ieur; //, ganglion antérieur; w, repli musculaire faisant sullie ilans l'oreillette droite et vu par transparence.

Fig. 552.

Gangliotrs de Bidder (*),

\° Si on coupe ou si on lie le ventricule, la pointe du ventricule reste immobile, tandis que la base du ventricule, l'oreilleltc et le sinus conlinuenl leurs pulsations; 2° si la coupe ou la ligature portent sur loreillette, le sinus et la partie aliénante à l'oreilletlp se contractent, le reste du cœur est immobile et cet airèl est d'autant plus long que la coupe se rapproche du sillon auriculo-ventriculaire, puis les battements reprennent ordinairement au bout d'un certain temps et on peut, en tout cas, les faire reparaître en excitant la base du ventricule. — 3° Si la lignture est faile à la limile du sinus veineux et de l'oreilletle, le sinus continue à battre; le ventricule et Toreillelte s'arrêtent en diastole : si alors on lie dans le sillon auriculo-ventriculaire, le ventricule bat de nouveau, — 4° Si la ligature est faile sur le sillon auriculo-ventriculaire, les oreillettes et les ventricules battent chacun de leur côté, et il y a une seule pulsation du ventricule pour deux, trois (ou plus) pulsations des oreillettes.

C':'S expériences semblent prouver que les ganglions d'arrêt se trouvent au niveau de l'oreillette, les ganglions accélérateurs à l'oi^iPice veineux et dans le sillon auriculo-ventriculaire. L'excitation directe des diiïérentes régions du cœur, qui seule permellrjiit de résoudre la question, n'a pas donné de résultats assez précis. On s'est demandé aussi si la ligature, au lieu d'agir comme interrompant la continuité entre les ganglions et les parties situées au delà de la ligature, n'agissait pas comme simple excitant sur les ganglions.

Il est difficile de dire comment agissent ces ganglions et dans quelles relations ils sont d'une part avec les filets du pneumogastrique et du sympathique et de l'autre avec le tissu même du cœur. D'après les recherches anatomiques de Ranvier, le rôle de centres d'arrêt devrait probablement être attribué aux cellules ganglionnaires à fibres spirales, les seules qu'on trouve dans le sinus, les autres ayant le rôle de centres excitateurs (1).

Kronecker et Schmey ont décrit, à la limite inférieure du tiers supérieur de la cloison, un centre de coordination pour les mouvements des ventricules. Une lésion de ce point paralyserait les mouvements des ventricules. G. Sée et E. Gley ont confirmé, avec quelques différences d'interprétation, les expériences précédentes.

Conditions influençant l'innervation ganglionnaire du cœur. — Il est difficile, dans l'étude des influences diverses cpii agissent sur le cœur, de faire la part de l'irrilabililé musculaire du cœur et de l'excitabilité de ses ganglions et de ses nerfs.

D'une manière générale, la c^a/eitr accélère les battements du cœur, le froid, au contraire, les diminue. Cette action est plus prononcée chez les animaux à sang froid (Calliburcès). Dans leurs expériences sur des cœurs de grenouille, Ludwig et Cyon ont vu l'augmentation de fréquence du cœur atteindre son maximum de 30" à 40° et être alors remplacée subitement par une diminution. D'après Eckhard, la chaleur agirait sur le muscle même; sur des cœurs d'embryon de poulet de dix jours, il sépare le ventricule de l'oreilletle : le ventricule s'arrête en diastole ; en le soumettant alors à une température de 41*' à 42", il se remet à batlrc,^ s'arrête quand la température retombe à 30° et reprend de nouveau si la température augmente, et ces observations ont été confirmées par Sclienk. Il y a donc, pour l'exercice des mouvements du cœur, une certaine latitude en deçà et au delà de laquelle les battements s'arrêtent. Le minimum et le maximum de température nécessaire sont plus écartés et par suite la latitude de température plus grande pour les animaux à sang froid (grenouille de + 4° à -|- 40°). Une observation de

(i) Pour la théorie de Ranvier sur le rôle physiologique des deux espèces de cellules, voh' : Leç. d'Anat. générale, Paris, 1880, p. 1C8 et suiv.

Gaule présente de l'imporlance au point de vue de l'action de la température sur le cœur. Si on injecte dans le cœur d'une grenouille refroidie artificiellement l'extrait du cœur d'une grenouille maintenue à une température plus élevée, ce cœur prosente des battements plus énergiques; il semblerait donc que sous l'influence de la chaleur il se produit dans le tissu musculaire du cœur des substances qui augmentent son excitabilité.

Les excitations mécaniques, piqûres, etc., amènent en général des pulsations du cœur; ainsi quand le cœur a cessé de battre par l'excitation du pneumogasttique, la piqûre avec une aiguille réveille les pulsations (i). La distension des parois du cœur, quand elle n'est pas portée trop loin, agit de la morne façon. L insulflalion d'air dans les cavités du cœur, expérience répétée par Robin sur un guillotiné trois heures après l'exécution, réveille les battements; c'est probablement par la distension des parois du cœur que les variations de la pression sanguine agissent sur les mouvements de cet organe. Tout ce qui augmente la pression intra-cardiaque produit, toutes choses égales d'ailleurs, une accélération des battements du cœur qui augmentent en môme temps de force (Cyon, Tschiriew). Des faits contraires ont cependant été observés. Si l'augmentation de pression est trop considérable, au lieu d'une accélération, on a un ralentissement, ralentissement dt^à observé par Chauveau et Marey. Il semble qu'une faible pression agisse sur les ganglions accélérateurs, une forte pression sur les ganglions d'arrêt et peut-être sur les terminaisons mêmes du pneumogastrique. Ce ralentissement du pouls par augmentation de pression ne se remarque plus si on a paralysé préalablement les centres d'arrêt par l'atropine. On dirait qu'une augmentation de pression excite à la fois les nerfs accélérateurs et les nerfs d'arrêt de façon que si cette distension est assez forte, l'action d'arrêt compense et au delà l'action accélératrice.

La galvanisation du cœur produit des résultats difTérents suivant le point sur lequel on agit. Chez la grenouille, la galvanisation du cœur en totalité ou de fragments assez étendus provoque des contractions rythmiques; quand le courant ne porte que sur de petits fragments dépourvus de ganglions, on n'a que des contractions comme celles d"un muscle ordinaire. La galvanisation du sinus du cœur arrête le cœur en diastole. Panum, S. Mayer, Vulpiaii ont vu aussi la faradisation des ventricules chez le chien et le chat produire l'arrêt du cœur. On a vu plus haut l'action de l'électricité sur le ventricule. Du reste les résultats des excitations électriques sont tellement difTérents suivant les divers observateurs que je ne puis que renvoyer aux travaux originaux.

La présence du sang favorise les battements du cœur et l'accélération des pulsations doit être due à l'oxyhémoglobine et probablement à l'oxygène. En ell'et, si on place un cœur détaché de l'animal dans un milieu gazeux saturé d'humidité, le cœur continue k battre plus ou moins longtemps suivant la composition du gaz; il bat dans l'hydrogène, l'azote, plus longtemps dans l'oxygène, qui paraît surtout favoriser la régularité des contractions ; il bat même dans le vide pneumatique saturé de vapeur d'eau; il s'arrête bientôt dans l'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré, le chlore, etc. (Bernstein). Dans une solution de chlorure de sodium à

(I) Pagliani avait remarqué que si on dénude le cœur d'une grenouille de sou péricarde viscéral, le ventricule ue se contracte plus quand on touche avec une aiguille la partie dénudée ; il se contractait au contraire quand on touchait les points non dénudés. 11 eu concluait à l'existence dans le péricarde de nerfs scnsitifs dont l'excitation agissait sur les centres ganglionnaires pour produire une contraction rétlexe. Ranvicr a montré que cette inexcitabilité des points dénudés tenait à une destruction superficielle des fibres musculaires; si ou enfonce l'aiguille plus profondémeut, la contraction se produit.

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0,6 p, 100, les pulsations cessent au bout d'un certain temps; il en est de même quand on entrelient la circulation artificielle du cœur avec la même solution. Les pulsations sont réveillées par le sérum, le carbonate de soude, les peptones, les solutions d'extrait alcoolique du sang, etc. Luciani a remarqué qu'en se servant de sérum frais absolument dépourvu de globules (obtenu par la force centrifuge), il se produit des groupes de pulsations séparés par des intervalles diastoliques (groupes de Luciani); ces groupes font place aux pulsations régulières quand on remplace le sérum par du sang défibriné.

L'action des substances toxiques sur le cœur est encore très obscure pour beaucoup d'entre elles, et il est souvent difficile de savoir si elles agissent sur les ganglions d'arrêt ou sur les ganglions excitateurs. Les pulsations du cœur sont accélérées par les solutions étendues de sels de potasse, d'acides acétique, tartrique, citrique, phospborique, par de faillies doses d'atropine, de vératrine, d'aconitine, par de fortes doses de digitaline, de morpbine, de nicotine, de calabarine ; elles sont ralenties par les solutions concentrées de bile, de sels biliaires, d'acides acétique, tartrique. citrique, pbosphorique, par le chloroforme, le chloral, l'étber, par de faibles doses de digitale, de morpbine, de calaliarine, de nicotine, par de fortes doses d'atropine, de vératrine, d'aconitine, de camphre ; elles sont arrêtées par l'upas antiar, la muscarine, etc.

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