GRAND SYMPATHIQUE
Procédés. — 1° Section du grand sympathique au cou. — Même procédé que pour la section du pneumogastrique, au coté interne duqnel il se trouve ; ehez le chien, les deux nerfs sont dans la même gaine. — '2° Ej tirpaiion du ganglion cervical supérieur. On suit le nerf eu haut, et après avoir sectionné le stylo-hyoïdien ou arrive sur le ganglion, qu'on extirpe ou qu'on arrache. — S» Extirpation du ganglion cervical inférieur. On suit le pneumogastrique en bas jusqu'à l'artère sous-clavière ; il est placé à gauche, en arrière de l'embouchure du canal thoraci(iue, dans la veine sous-clavière gauche; il répond, chez le lapin, au ganglion moyeu de l'iioniuie ; le ganglion cervical inférii'ur de l'homme correspond au premier ganglion thoracique du lapin. — 4" Extirpation du pronier ganglion th<jrari(/ae. Carville et Bochefontaine out donné un procédé pour son extirpation (voir : Bull.'tin de la Société de biologie). — 5° Destruction du plexus cardiaque par Li galvanocaustique (Lndwig et Thiry). — 6o Mise à nu du sympathique abdominal. Ouverture de la cavité abdominale ; le gauche est le plus accessible. — 7° Section du nerf splanchnique gauche. Ouverture delà cavité abdominale; il longe l'aorte abdominale; le droit est caché par la capsule surrénale droite et beaucoup plus difficile à découvrir. — 8° Extirpation du plexus cœliaque et des ganglions semi-lunaires. Môme procédé. — 9° Extirpation du plexus rénal. 11 marche entre l'artère et la veine rénale.
La physiologie du grand sympathique se confond en grande partie avec celle des nerfs qui ont été étudiés jusqu'ici et en particulier avec celle des nerfs vasculaires. Il ne constitue pas à proprement parler un système à part, comme on l'a cru pendant un certain temps ; cependant il a, grâce à de nombreux ganglions, une certaine indépendance, de façon que ses fibres peuvent être divisées en deux catégories, celles qui prennent leur origine dans les centres nerveux et celles qui naissent dans les ganglions du sympathique. Seulement il est, la plupart du temps, impossible d'isoler, anatomiquement et physiologiquement, ces deux espèces défibres et de faire la part de ce qui revient aux centres nerveux ou au grand sympathique.
Quoi qu'il en soit, le grand sympathique préside spécialement par ses libres sensitives, motrices et peut-être glandulaires et Irophiques, à la plupart des actes de la vie organique et végétative, et il semble n'avoir aucun rapport avec les actions volontaires. C'est ainsi que ses fibres sensitives partent en général des muqueuses et des organes viscéraux et que ses fibres motrices vont surtout, sinon exclusivement, aux fibres lisses de ces organes et des vaisseaux. Ce qui a été dit plus haut de l'innervation du cœur et de l'innervation vaso-motrice, des nerfs glandulaires et des nerfs Irophiques, s'applique donc en partie au grand sympathique et me permettra d'abréger la physiologie de ce nerf.
Les ganglions du grand sympathique peuvent se diviser en ganglions centraux et ganglions périphérique?,. Les ganglions centraux sont située, soit sur le trajet même du cordon du sympathique, soit sur le trajet des plexus que fournit le nerf (ganglions du plexus cardiaque, ganglions senii-
lunaires du plexus cœliaque, etc.). Les ganglions périphériques se trouvent dans le tissu môme des organes ; tels sonlles ganglions microscopiques du cœur, ceux qu'on trouve dans les tuniques de l'intestin ou dans le tissu de l'utérus.
Tons ces ganglions du grand sympathique peuvent être considérés physiologiquemeut comme centres d'action nerveuse, mais des centres d'une espèce particulière.
Ils oui d'abord une aclion tonique, c'esl-ù-dire que leurs cellules exercent untinfluence conservatrice temporaire siu- les propriétés contractiles des muscles organiques et qu'ils maintiennent les organes en état d'activité un certain temps après leur séparation d'avec les centres nerveux (action tonique du ganglion cei vical supérieur sur l'iris, des ganglions s,ympathi(]ues sur les vaisseaux).
Ils ont une aclion iriqihiqiie sur les nerfs qui partent de ces ganglions.
Leur rôle comme centres ri^'flcxes est plus controversé. Cependant certains faits semblent parler en faveur de cette opinion. On a déjà vu, page 40, les idées de Cl. Bernard sur le rôle du ganglion sous-maxillaiie comme centre réflexe salivaire. Un autre exemple a été fourni par Sokowin qui a déterminé des contractions réflexes de la vessie par l'intermédiaire des ganglions mésentériques. Enfin, Francois-Fianck considère comme à peu près démontrée l'action réflexe du ganglion ophtbalmiiiue sur la dilatation pupillaire.
Je ne ferai que mentionner la fonction motrice, la fonction ô.\irrêt et la fonction sdcrétoirc des ganglions sympathiques, quoique peut-être les véritables centres do ces diverses actions doivent être cherchés plus loin dans les centres nerveux.
Gaskell a récemment, dans un travail d'ensemble, étudié l'anatomie et la physiologie des nerfs sympathiques cenliifuges. Ces nerfs centrifuges sont de deux ordres. — Li^s uns, qui iiaiasent directemenl des ganglions du grand sympathique et représentent en réalité la partie indépendante de ce système, sont constitués par des fibres grises sans moelle et se rendent au tissu conneclif qui entoure les vertèbres, aux membranes spinales et aux nerfs rachidiens.
Les autres, qui forment la giande masse du système sympathique, naissent dr t'axe nerveux cérc'bro-spinal et an ivont aux ganglions du cordon du sympathiqufî par les rami communir.antes. (]es nerfs se distribuent à trois catégories d'organes et forment ainsi ti'ois groupes de nerfs, nerfs vasculaires ou mieux cardio-vasculaires, nerfs musculo-viscéraux et nerfs glandulaires. Dans chaque groupe ou rencontre deux sortes de filets nerveux, des i^erfs inotcurs et des nf:rfs d'arrêt. Ou aura ainsi :
Pour les nerfs cardio-vascidaires : des nerfs accélérateurs du cœur et des nerfs vaso-moteurs d'une part, de l'autre des nerfs d'arrêt du cœur et des nerfs vasodilatateurs ;
Pour les nerfs musculaires viscéraux: des nerfs moteurs et des nerfs d'arrêt; Pour les nerfs glandulaires : des nerfs sécréteurs et des nerfs d'arrêt. Voici, d'après Gaskell, quelles seraient les origines et la distribution de ces diverses branches.
Les nerfs accélérateurs du cœur et les nerfs vaso-moteurs sortent de la moelle par les racines antérieures des nerfs rachidiens de la deuxième paire thoracique à la deuxième lombaire (inclusivement) et sont constitués par des fibres sans moelle; leurs libres perdant leur gaine médullaire dans les ganglions de la chaîne sympa-
tlliquc.
Les nerfs d'arrêt du cœur et des vaisseaux {vaso-dilatateurs) soi tenl de l'axe médullaire par les racines des septième, neuvième et dixième paires crâniennes et les racines (postérieures?) des nerfs du plexus sacré (nerf érecleur ou splanch-
nique pelvien de Gaskell). Ils sont conslilués par des libres à moelle (jni ne perdent leur gaine médullaire que dans les ganglions périphériques.
Les nerfs mukws viscrraiix naissent de la moelle par les racines des neuvième, dixième et onzième paires crâniennes et des racines antérieures des nerfs du plexus lombaire. Ils sont formés de fibres sans moelle.
Les nerfs iVarrc't des muscles des viscères, dans lesquels il comprend les Idcts dilatateurs de la pupille, sortent de la moelle par les racines antérieures des nerls lachidiens, de la deuxième paire thoraci([ue à la deuxième lombaire et les racines des nerfs du plexus sacré. Us sont formés par des libres à moelle.
Son travail ne comprend pas la distribution des nerfs glandulaires. (Voii', pour les détails, le mémoire original de l'auteur.)
Les différentes branches du sympathique ont été étudiées déjà dans le courant du livre. Je ne ferai que les rappeler brièvement.
A. Sympathique cervical. — Il contient:
{° Des libres vaso-motrices qui se rendent à la moitié correspondante de la tète; le ganglion cervical inférieur et le premier thoracique fournissent les vaso-moteurs du membre supérieur;
2° Des fibres accélératrices pour le cœur (voir: Innervation du cœur) ;
3" Des fibres qui dilatent la pupille (1).
4" Des fibres sécrétoires pour les glandes salivaires (pages 6.t2 et OiiO) et la glande lacrymale (page 829);
0° Des fibres pour le muscle lisse orbitaire; 6° Des fibres centripètes qui excitent le centre d'arrêt du cœur; 1° Des fibres centripètes qui excitent les centres vaso-moteurs; 8" Des fibres vaso-dilatatrices.
li. Sympathique thoracique. — Les plus importants des nerfs de cette partie du cordon du sympathique sont les nerfs splanchniques. Ils contiennent :
1" Les fibi es vaso-motrices des vaisseaux des organes abdominaux ;
2° Des fibres d'arrêt pour le mouvement de l'estomac et de l'intestin; cette action d'arrêt disparaîtrait, d'après S. Mayer et V. Basch, quand le sang a pris le caractère veineux ; ces fibres seraient facilement épuisables ;
3° Des fibres motrices pour les mouvements de l'estomac et de l'intestin ; d'après Nasse ces libi'es n'entreraient en jeu (ju'après l'épuisement des libres d'arrêt ; leur existence est douteuse; d'après Munk, elles donneraient aussi les libres motrices pour les muscles lisses des voies biliaires ;
4" Des libres d'arrêt pour la sécrétion rénale; Cl. Bernard a vu, après leur section, une augmentation de la sécrétion urinaire ;
5° Des fibres dont l'excitation produit l'apparition du sucre dans l'urine ;
6° Des fibres centripètes dont l'excitation produit l'arrêt du cœur;
7° Des libres rentri[)ètes dont l'excitation produit un rétrécissement des artères.
C. Sympathique abdominal. — Sa distribution est fort peu connue; ou sait seulement qu'il fournit des vaso-moteurs et vaso-dilatateurs au bassin, aux membres inférieurs et à la plus grande partie des organes contenus dans la cavité abdominale, rate, gros intestin, vessie, uretères, utérus, etc. Il fournit en outre les nerfs moteurs et sensitifs des mêmes organes.
Capsules surrénales. — Leur richesse en nerfs a fait rattacher les capsules surrénales au système du grand S3'mpalhique ; mais en réahté on ne sait rien de
(1) Je rectifierai ici une erreur qui s'est glissée, page 516, à propos du nerf vertébral. François-Franck, qui avait d'abord attribué une action irido-dilatatrice directe au bout supérieur du nerf vertébral, a rccounu depuis qu'il s'agissait d'un phénomène réfloxc.
LIVHE QUATRIÈME.
— PHYSIOLOGIE SPÉCIALE
précis sur leurs fonctions. Leur extirpation est en général suivie d'une mort assez rapide duc [irobablenient aux lésions produites par celte extirpation. D'après Brown-Séquaid, après l'ablation des capsules surrénales, il se ferait dans le sang line accumulation de pigment. Dans la maladie bronzée crAddhon, caractérisée par une pigmentation considérable de la peau, on observe souvent des dégénérescences des capsules surrénales. Ces organes seraient, pour Drown-Séquard, en relation avec la formation du pigment dont elles limiteraient la production. Dans leurs expériences sur les cbiens, Russo-Gilibcrli et Mattei n'ont noté après l'extirpation des capsules surrénales qu'une destruction passagère des globules rouges, avec passage dans l'urine des produits de destruction de l'bémoglobine (urobiline).
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