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Caractères du suc pancréatique

Procédés pour obtenir le suc pancréatique. - F/5/«/e5 pancréatiques (Régnier de Graaf 11^;^^^^ une lUtl pancréatk.ue, on choi.it pr^f renée des ani-

maux vigoureux et de grande taille, chiens de berger grands ruinmants^^ Pr de CL Bernard. L'animal est couché sur le côté gauche, on lui fait dans 1 hypochonare droit, au-dessous du rebord des côtes, une incision longue de 7 à 8 centimètres, et on attire au dehors le duodénum et le pancréas; on isole rapidement le Plus volumineux des conduits pancréatiques qui s'ouvre isolément dans le duodénum (flg. 247) et qui se

Fig. 5 i7. — Conduit pancréatique du chien (*).

reconnaît à sa couleur i)lanc nacr»''. On ouvre ce conduit avec dos ciseaux fins, il s'en écoule de grosses gouttes incolores et l'on y introduit une canule que l'on fixe par un 111 et qui sort par la plaie de l'abdomen qu'on réunit par des points de suture. La canule tombe au bout de quelques jours et la plaie se cicatrise, de sorte qu'on n'a ainsi qu'une listule tempornire. — Pr. de Ludwiçj et Weinnmann. lis ont cherché à obtenir des listules permanentes. Pour empêcher l'oblitération du conduit pancréatique, ils y introduisent un fil do plomb qui est fixé à la suture de la plaie abdominale; les parois du conduit adhèrent à la cicatrice et ou place une canule dans son orifice. Pawlow pratique une fistule duodénale au niveau de l'orifice du canal de Wirsung et place un tube dans ce canal. — 2" Bœuf. Pr. de Colin. Le conduit pancréatique, souvent détaché do la glande dans une étendue de 2 à 3 centimètres, peut recevoir une canule de 8 à '.) millinnMres de diamètre. Ou fait dans le flanc droit, à trois ou quatre travers do doigt de la dernière côte, une incision qui lui est parallèle : après l'incision du péritoine, le canal pancréatique apparaît entre le duodénum et l'extrémité inférieure de la glande; on l'incise et on y engage un tube de verre, puis on ferme la plaie abdominale par laquelle passe le tube. — 3° Porc. Les fistules pancréatiques s'établissent avec facilité chez cet animal par un procédé analogue. Il en est de même chez le mouton. — 4° Lapin. Chez cet animal, le conduit pan-

(*) A, conduit principal du pancréas du chien dirigé transversalement. — a, insertion du conduit sur l'intestin. — a', petit conduit pancréatique. — a', ligature qui fixe le tube à l'intestin (pour i)lus de soli dité). — yf, fil de la ligature. — I, intestin. — F', P', pancréas — T, canule. — V, vessie de caoutciiouc. — K, robinet.

— PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

créatique s'ouvre à 25 à 30 ceutiaiètres du canal cholédoque. Malgré le petit calibre du conduit, on peut pratiquer des fistules assez facilement (Ileidenhain, Arch. de Plluger, t. XIII, p. 457). — Chez le cheval, ces fistules réussissent très difficilement. — Chez les oiseaux, et en particulier chez le pigeon, on peut facilement pratiquer des fistiîles temporaires (Langendorff, Arch. fur Physiologie, 1879, p. 3). — Chez l'homme on a observé quelques cas de fistules pancréatiques.

Opérations sur le pancréas. — 1° Extirpation du pancréas. Tentée par Bruuner et Cl. lieniarJ; les animaux muurent ordinairomeui do péritonite. Les oiseaux survivraient cependant à cette extirpation (Colin, Schiil). — 2" Ligature des conduits pancréatiques. Mêmes procédés que pour les fistules; les conduits se rétablissent au bout de peu de temps d'après Cl. Bernard ; cependant ce rétablissement n'a pas été observé par Pawlow sur le lapin, et par Langendorlf sur le ijigeon. Celte ligature est suivie d'une altération histologique de la glande (inflammation chronique interstitielle) qui produit I'atrophi& d(>s éléments glandulaires. — 3» Destruction du pancréas. Une injection de graisse dans le pancréas amène une dissolution consécutive delà glande; mais les animaux meurent au bout de quelque temps (Cl. Bernard); Schiff, au lieu de graisse, injecte de la paraffine ; la glande se transforme en une masse dure et les animaux supportent bien l'opération.

Suc pancréatique artificiel. — Cl. Bernard reconnnandait de broyer la glande coupée en morceaux avec de l'huile. Il vaut mieux employer le procédé de V. Willich (extraction i)ar la glycériue). D'après Heidenhain, il serait plus commode d'employer le procédé suivant : la glande est triturée avec de la poudre de verre ; puis on ajoute par gramme de glande un centimètre cube d'acide acétique à 1 p. 100; on triture encore dix minutes, on ajoute de la glycériue (1 : 10) et on laisse infuser trois jours; le liquide filtre plus facilement que l'extrait glycérique pur de V. Witlich et possède un pouvoir digérant actif, la substance zymogène s'étant transformée en ferment actif (voir plus loin). Si l'on ne veut pas préparer l'extrait immédiatement on peut placer la glande fraîche dans l'alcool et la conserver pour les besoins; on la broie ensuite avec de la poudre de verre et de l'acide acétique ou chlorhydrique à 1 p. 100. Une précaution à prendre, c'est de recueillir toujours le pancréas sur des animaux en pleine digestion. On peut employer au lieu de la glycérine l'acide borique à 5 p. 100. ■- On peut aussi préparer du suc pancréatique artificiel en dissolvant simplement les ferments pancréatiques obtenui par les divers modes de préparation.

Préparation des ferments pancréatiques. — 1° Préparation du ferment des albuminoides ou trypsine. — Pr. de Danilewshy. On prend le pancréas d'un animal tué six heures après un repas copieux, on le lave, on le bi'oie avec du sable et on laisse digérer la bouillie deux heures avec de l'eau à 25-30°; on filtre; le liquide est traité par de la magnésie calcinée en excès, filtré et additionné de un tiers de son volume de coUodiou épais; on agite avec une baguette de verre jusqu'à évaporation de l'éthcr et on en recueille le précipité qu'on lave avec l'alcool et l'éther ; on le traite ensuite par l'eau ou la glycérine et le ferment est précipité de la solution par l'alcool. — /V. de Kûline. La glaude est traitée quatre heures par l'acide salicylique à 0,1 p. 100, puis le résidu digéré pendant douze heures avec une solution alcaline de thymol ; les liquides alcalins et acides sont filtrés, réunis et additionnés de 1/2 p. 100 de thymol et 1/2 p. 100 de soude; la solution refroidie et filtrée est traitée par l'acide acétique et saturée par le sulfate d'ammonium. Le précipité qui se forme contient toute la trypsine qu'on purifie. Béchamp a donné un procédé de préparation des microzymas du pancréas.

2" Préparation du ferment diastasique. — Ce ferment se prépare par le même procédé que la ptyaline (voir page 26).

.3° Le ferment de la graisse n'a pas encore été isolé.

D'après Paschutin, on pourrait isoler les ferments par la filtration de l'infusion de pancréas à travers des vases d'argile poreuse en plaçant à l'intérieur des solutions salines concentrées, sel de Seignette, hyposulfite de soude ou nitrate d'ammoniaque pour le ferment de l'albumine, arséniate de potasse pour le ferment diastasique, bicarbonate de soude ou antimoniate de potasse pour le ferment de la graisse. 11 est douteux qu'on obtienne ainsi ces divers ferments à l'état de pureté.

Le suc pancréatique n'a guère été étudié jusqu'ici que chez les animaux et particulièrement chez le chien. Ce suc présente des caractères différents suivant qu'on l'obtient par des fistules temporaires ou par des fistules permanentes. Le premier est considéré comme normal par la plupart des phy-

PHYSIOLOGIE DE LA NUTRITION. 7J siologistes; aussi la description suivante s'appliquera-t-elle surtout au suc des fistules temporaires du chien.

Le suc pancréatique est limpide, incolore, sans odeur caractéristique et d'Ane saveur légèrement salée. Il est visqueux, filant, et coule lentement de l'orifice delà fistule par grosses gouttes perlées et sirupeuses; il devient mousseux par l'agitation. Sa réaction est fortement alcaline (carbonate de soude), sa densité varie entre 1,008 et 1,010. Il ne contient pas d'éléments morphologiques ; cependant Kïihne y décrit des corpuscules salivaires pourvus de un à quatre noyaux ; chez le mouton, le suc pancréatique est moins filant que chez le chien ; il paraît en être de môme chez le bœuf, le cheval, le porc. Chez le lapin, la sécrétion est presque fluide, rarement un peu filante. Du reste d'une façon générale, au bout d'un certain temps, la sécrétion perd de sa viscosité et se rapproche de celle des fistules permanentes.

La quantité de suc pancréatique sécrétée en vingt-quatre heures est très difficile à évaluer, et les chiffres donnés par les expérimentateurs présentent de très grandes variations. Bidder et Strebitzky ont trouvé, pour vingtquatre heures, de 3 à 5 grammes par kilogramme de chien, tandis que les chiffres donnés par d'autres auteurs, comme Kolliker et Muller, par exemple, sont beaucoup plus forts. Colin donne les chiffres suivants (en grammes) par kilogramme d'animal et pour vingt-quatre heures: cheval, 16,8; bœuf, 14,4; mouton, 12,0; porc, 7,2; chien, 2,4. En calculant chez l'homme d'après le poids du pancréas, on a admis approximativement une sécrétion de 200 à 350 grammes par jour. Dans un cas de fistule pancréatique (1) observée par Lacompte sur une femme de 70 ans, la quantité de liquide recueilli était de 80 à 125 grammes par jour.

Abandonné à lui-même, le suc pancréatique s'altère facilement, perd sa viscosité, devient trouble et prend une odeur caractéristique.

Il se prend en masse par la chaleur (75°); à 0° il donne un caillot gélatiniforme qui se liquéfie à la température ordinaire. Le suc pancréatique du lapin ne se prend pas en masse par la chaleur, il devient simplement opalescent.

Le suc pancréatique est précipité par l'alcool (précipité soluble dans l'eau), la plupart des acides minéraux concentrés, les sels halogènes, le tannin, les solutions métalhques ; le précipité produit par l'acide nitrique devient bientôt jaune orangé; l'acide acétique y détermine un trouble qui disparaît par un excès de réactif. Avec l'eau chlorée, il se forme un précipité blanc qui prend bientôt une coloration rose ; cette coloration disparaît au bout d'un certain temps et peut reparaître par l'addition d'acide nitrique. Cette réaction ne se produirait pas dans le suc pancréatique tout à fait frais (Cl. Bernard).

Le suc pancréatique renferme en moyenne 10 p. 100 de parties solides, dont 9 p. 100 de substances organiques et 1 p. 100 de substances miné-

(1) L'ohsorvation do Lacompte a été ti-ès vivomcnt attaquée à l'Académie de médecine de Belgique; cependant en présence des réactions chimiques et physiologiques du liquide de la fistule, telles qu'elles sont données dans le mémoire de l'auteur, il me paraît difficile de ne pas admettre l'existence d'une fistule pancréatique.

raies. Chez les autres animaux, la proportion des parties solides serait beaucoup plus faible que chez le chien; ainsi Heidenhain n'a trouvé chez le mouton que 2,15 p- 100 en moyenne et chez le lapin que 1,76 p. 100 (fistules temporaires).

Le sur des fistules permanentes est liquide, incolore, aqueux, coule facilement. Il est moins alcalin que le suc des fistules temporaires. Il ne se prend pas en masse par la chaleur et ne se coagule pas par le froid. Sa densité est faible; il ne renferme que 1 à 2 p. 100 de principes sohdes et dégage par les acides des bulles gazeuses d'acide carbonique. Il paraît n'être que du suc pancréatique altéré et différent de celui qui est sécrété à l'état normal pendant la vie. Cependant quelques auteurs récents et en particulier Pawlow et Afanasiew considèrent le suc des fistules permanentes comme normal.

Le suc pancréatique a la composition suivante ; il renferme : 1° Des substances albiiminoides, albumine ordinaire et albuminale de potasse ;

2" Des ferments, au nombre de trois, l'un qui digère les substances albuminoïdes, l'autre qui saccharifie l'amidon, le troisième qui décompose les graisses ;

3° De la leuc'me, dont il existe des traces même dans le suc tout à fait frais ;

4° Des traces de savons et de graisses;

Des sels: chlorure de sodium (qui en forme la plus grande partie), phosphate de calcium, carbonate de sodium, et un peu de chlorure de potassium et de phosphate de fer.

Les ferinenls du suc pancréatique présentent les caractères suivants : 1° Le fer- )itent de l'albumine, trypsine de Kiihne, pancrcatine de beaucoup d'auteurs (1), préparé par le procédé de V. Wiltich, est une poudre amorphe blanc jaunâtre, ou jaune paiUe quand elle est impure, blanc de neige quand elle est pure (Pr. de 'luhne); elle est soluble dans l'eau, la glycérine, les solutions salines, insoluble dans l'alcool. Desséché, il peut être chauffé à 110' sans perdre son activité. — 2° Le ferment diastasique paraît identique au ferment salivaire. Il est précipité de ses solutions par l'alcool et partiellement par l'acétate de plomb. En solution, il perd son activité quand on le chauffe à 70°, tandis que, desséché, il supporte une température de 100". 11 diffuse plus facilement que les autres ferments par le papier parchemin.

On retrouve dans le suc pancréatique, après leur ingestion, l'iodure de potassium, le chlorate de potasse, le prussiate jaune de potassium et de fer.

Voici, d'après G. Schmidt, la composition du suc pancréatique chez le chien :

(I) Le nom de pancréaline a été donné, tantôt à la substance albuminoïdc du suc pancréatique coagulablo par la chaleur, tantôt à l'un des ferments ou à rensomble des ferments coutcnus dans ce liquide. On trouve dans le conunerce sous le uom de pancréatinc des substances extraites du pancréas et dont la compesitiou est très variable.

rilYSIOLOGIE DE L\ NUTRITION.

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