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Caractères de la sueur

Procédés. — Manière de recueillir la sueur. — On place le sujet, sauf la tète, dans une étuvc ù fon<l nudallique et on recueille la sueur qui découle du corps (Favre). l»uur avoir la sueur de telle ou telle partie du corps, d'un membre, par exemple, on entoure ce membre d'un manchon de verre ou de caoutchouc dont les bords s'adaptent parfaitement à la peau (Anselmino). Chez les animaux, comme il en est beaucoup qui ne suent pas (lapin, rat, souris) ou que difficilement (chien), il faut s'adresser a certaines espèces, cheval, chat, etc. En géuL-ral il faut choisir les parties driiourvues de poils (parties plantaires du chat et du chien; groin de porc, etc.) Le nez et la lèvre supérieure (les runùnants. du chat, du chien, etc. fournissent une sécrétion qui, quoique provenant de glandes en grappe, présente tous les caractères de la sueur. Quand la quantité de sueur est trop faible pour être recueillie, ce qui est la plupart du temps le cas cliez les animaux, ou place sur la partie dont on veut observer la sécrétion un fragment de papier de tournesol.

Procédés hygrométriques. — 1" Il'/gromètre ou diapnomètre de Boulland. — Cet hygromètre se compose d'un réservoir mendirancux (estomac de grenouille) rempli de nïercure et communiquant avec un tube capillaire contourné sur lui-même et gradué en divisions hygrométriques. Le réservoir et la partie attenante du tube capillaire sont renfermés dans une petite cloche en verre dont on applique l'ouverture inférieure sur la région de la peau dont on veut explorer l'état hygrométrique. — 2° lîygromelre cutané ou hygrodernie de Collongues. — Collongues utilise la détorsion d'un fil sous l'influence de l'humidité pour déterminer l'état hygronuHnque de l'air contenu dans une caisse ov'i l'on introduit les mains. Ce fil supporte deux aiguilles en moelle de sureau fixées dos à dos et qui tournent en même temps que le fll qui les maintient suspendues. En se détordant le fil entraîne les aiguilles, dont les déviations indiquent, mesurées sur un cadran divisé en 360 degrés, l'état hygrométrique du milieu.

Procédé des empreintes d'Aubert. — Aubert a essayé l'action de la sueur, au moment même où elle apparaît à la surface de la peau, sur différents réactifs (nitrate d'argent, azotate de sous-oxyde de mercure) dont il imprégnait au préalable des feuilles de papier appliquées ensuite à la surface de la peau. Il obtient ainsi des empreintes pointiltées correspondant aux orifices des glandes sudoripares. La feuille doit être appliquée encore humide et pressée contre la peau. On peut aussi employer une simple feuille de papier blanc sur laquelle on révèle ensuite l'empreinte par un badigeounage au nitrate d'argent ou de mercure. Cette méthode permet de démontrer que, la main paraissant tout à fait sèche, il ne s'en échappe pas moins de la vapeur d'eau par les oi'ifices des glandes sudoripares. Si on mélange le réactif de Poitevin (liqueur photographique) à du chlorure de palladium, ce dernier sel se réduit instantanément (mi présence de l'eau soit à l'état liquide, soit à l'état de vapeur. Or, dans les conditions indi(juées ci-dessus, la réduction a toujours lieu au niveau des orifices des glandes sudoripares.

La sueur (2) est un liquide transparent, incolore, d'une odeur caractéristique, variable suivant les divers points de la peau, d'une saveur salée. Sa

(1) A consulter : Bowman : Philos. Transactions, 184?. — Ludwig : Beitrag zur Lelire von Mechanismus der llarnsecretion, 1845. — V. Wittich : Ueher Ilarnsecretion und Albuminurie (Arch. f. cxp. Pat., 1856). — Cl. Bernard : Sur les variations de couleur dans le sang veineux des organes glaw/ulaires (Journ. de la physiologie, t. I, 1858). — Herinann : Uel)er den Einfluss des lilutdruckes au f die Sécrétion des Ilarns {Wicn. Sitzungsber., 18G1). — V. Wittich : Ueher die Ahhângigkeit der Ilarnsecretion von den Nerven (Kônigsb. med. Jahrb., t. III, 1861). — Hcidenhain : Fers, iiher den Vorgang der îlarnabsonderung (Arch. de PQuger, t. IX, 187-3). — V. Wittich : Beitr. zur Physieï. der Nieren (Arch. fii'r mikr. Anat., t. XI, 187-3). — Griitzner : Beitr. zur Physiol. der Ilarnsecretion (Arch. de Pflùger, t. XI, 1875). — Nussbaum : Ueber die Sécrétion der Niere (Arch. de PflUgcr, t. XVI et XVII, 1878).

(2) La perspiralion insensible n'est que la forme volatile de la sueur éliminée par les glandes àl'élat de vapeur d'eau. La moiteur est unétat de la peau intermédiaire entre la perspiration insensible et la sueur proprement dite.

densité est de 1,004 à 1,006. La réaction est acide d'après la plupart des auteurs, sauf à l'aisselle, ou elle est neutre ou alcaline. Cependant, d'après les recherches de Luchsinger et Triimpy, sa réaction normale est alcaline et son acidité est due aux acides gras provenant de la matière sébacée qui se mêle à la sueur ; en prenant des précautions convenables, ainsi à la paume des mains par exemple, qui est dépourvue de glandes sébacées, elle est toujours alcaline ; il en est de même à la région plantaire du chat et du chien, pour lasueurdu cheval, etc. Il faut noter, pourtant, que les recherches plus récentes de Tourton, répétées par François-Franck, paraissent établir d'une façon incontestable l'acidité de la sueur normale. Sa quantité est très variable; la moyenne est de 700 à 900 grammes par jour; mais, sous des influences diverses, elle monte facilement à 1500 et même 2000 grammes, et en forçant la sécrétion (étuves et boissons abondantes), on peut obtenir des chinVes dix fois plus considérables. La sueur ne contient pas d'éléments anatomiques, mais seulement des lamelles épidermiques détachées de la peau.

Caractères chimiques. — La sueur possède en moyenne 10 p. 1000 de parties solides, dont la moitié est constituée par des principes minéraux où dominent les chlorures alcalins. Les substances azotées de la sueur sont formées presque exclusivement par l'urée; sa quantité pour 1000 parties de sueur serait de 0,044 d'après Favre, de 1,53 d'après Funke; elle contiendrait en outre des traces d'albumine (Leube). Gapranica y a trouvé de la créalinine (0,04 p. 100). Elle ne contient pas d'acide urique. L'ammoniaque trouvée dans la sueur paraît provenir de la décomposition des matières azotées. Quant à Vacide sudorique ou hydrotique admis par Favre, son existence est encore douteuse. Les principes non azotés consistent en acides gras volatils (formique, acétique, butyrique, propionique, caproïque, etc.) qui donnent à la sueur, surtout dans certaines régions, une odeur caractéristique; on y trouve en outre de l'acide lactique (?), de la cholestérine ei des graisses neutres qui proviennent en partie des glandes sébacées. On y a signalé la présence de matières colorantes indéterminées. Les substances minérales sont, en première ligne, le chlorure de sodium, puis le chlorure de potassium, des phosphates et des sulfates alcalins, des phosphates terreux et des traces de fer. La sueur contient en outre de l'acide carbonique libre et un peu d'azote.

Le tableau suivant donne des analyses delà sueur par Favre, Scholtin et Funke :

FAVKE.

SCIIOTTIN.

FUNKE.

traces.

traces.

On voit, en comparant ces analyses à celle de l'urine, qu'il y a une assez grande différence de composition, quantitativement surtout, entre la sueur et 1 urine.

La sueur peut renfermer des micro-organismes, mais qui proviennent de 1 atmosphère et se sont déposés accidentellement sur la peau ou dans ses replis glandulaires.

Variations de la sueur. — !« Variations locales. La sueur de certaines régions a une odeur spéciale, caractéristique (aisselle, pieds). La sueur des pieds contient plus de principes tixes et de potasse spécialement que celle des bras. — 2° Composition. Quand la quantité de sueur augmente, la proportion pour 100 d'urée, de sels et d'albumine augmente, tandis que les autres principes diminuent (Leube). La composition de la sueur peut varier aussi dans certaines affeclions; c'est ainsi (lu'elle contient de la glucose dans le diabète, de la matière colorante biliaire dans l'ictère (?), de l'acide urique dans l'arlhrilis. Dans (piehiues cas [chromfajdrose) elle présente une coloration spéciale, bleue ou rouge qui peut tenir à des causes variables, indigo, matière colorante bleue indéterminée (sueurs bleues), matière colorante rouge, sang (sueurs rouges), pigment noir (sueurs brunes ou noires), etc. La durée de la sécrétion a de l influence sur la composition de la sueur. Les premières parties sont plus riches en acides gras, les dernières en sels minéraux. La quantité d'urée augmente, mais pas proportionnellement, avec la quantité de sueur. La sueur est, du reste, d'autant plus concentrée que la quantité de la sécrétion est moins considérable. — 3° Variations fonctionnelles. L'alimentation, et surtout une nourriture animale, augmente la sécrétion sudorale ; les boissons, et surtout les boissons chaudes et alcooliques, ont un effet encore plus marqué. On a signalé plus haut les rapports de la sueur avec la sécrétion urinaire. Tout ce qui active la circulation, spécialement la circulation cutanée, tout ce qui détermine un appel de sang à la peau (bains chauds, vêtements épais et mauvais conducteurs du calorique, frictions, etc.) provoque une abondante transpiration. Il en est de même de l'exercice musculaire. Les affections psychiques, crainte, honte, douleur, etc., ont aussi une influence bien connue sur la production de la sueur et surtout des sueur locales. — 4° Variations pour causes extérieures. Une température élevée de l'air atmosphérique, son état d'agitation qui renouvelle les couches en contact avec la peau, sa sécheresse, favorisent la sécrétion de la sueur en amenant une évaporation plus rapide. — 5° Passages de substances dans la sueur. L'iode, riodure de potassium, les acides arsénieux et arsénique, le bichlorure de mercure, l'alcool, l'éther, le camphre, les huiles essentielles, le sulfate de quinine, les acides benzoïque (en partie transformé en acide hippurique), succinique, tartrique, se retrouvent dans la sueur; certaines matières odorantes, l'ail, par exemple, s'éliminent en partie par la sueur.

Rôle physiologique de la sueur. — La sueur est en première ligne un liquide d'excrétion, et quoique la quantité de ses principes solides soit très faible, ce rôle de sécrétion éliminatrice paraît cependant avoir une certaine importance, sans qu'on puisse en déterminer la signification d'une façon précise. En outre la sueur a, par son évaporation, une influence très grande sur la régularisation de la température du corps (Voir : Chaleur anhnalé).

Rohrig avait admis une action toxique de la sueur. En injectant 3 centimètres cubes de sueur normale et filtrée dans les veines de lapins, il avait vu des troubles circulatoires et thermiques se produire ; mais cette toxicité ne peut être admise que si des expériences nouvelles viennent la confirmer.

— PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

Btbliofii'rapliie. — Tolhton : Essai sur la réaction rie la sueur, Th. Lyon, 1879. — 1. Stualss : Des récents travaux sur la physiolor/ie de l'appareil sucloral (Rev. des se. luéd., 1880). — E. Bloch : Contr. à l'ét. de la physiol. des sueurs, Th. Pari?, 1880. — St. Caphamca : Cnntrib. à la chiniie de la sueur (Arch. de biol. ital., t. II, 1882 et BuH. d. U. Acad. uied. di lloiua, 1882) (I).

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