III. SANG ET aRGULATION
§ 105. — Coup d'œil d'ensemble et division.
Le sang est un liquide contenant des éléments organisés qui constitue le centre commun de tous les éléments de la nutrition. Il reçoit, en effet, par le chyle les éléments de l'alimentation , et par la lymphe Texcédant de ses propres éléments ; il transporte à tous les tissus les matériaux destinés à leur nutrition ; U reçoit les produits de la décomposition des tissus , et les élimine par les différentes sécrétions. Nous aurons donc à traiter dans ce chapitre :
i^ Du sang^ sa structure , sa composition, sa quantité ;
29 De la circulation du sang ;
3® Des modifications qu'il éprouve dans son trajet en raison de la nutrition des tissus.
§ i06. — Propriétés physiques et morphologiques du sang.
Le sang humain est un liquide opaque, de couleur rouge cerise, claire ou foncée, et qui souvent à la lumière directe est légèrement verdàtre. Son goût est fade, son odeur sui generis, sa densité moyenne 1,06 (variant de Î,M5 à 1,075). La température du sang varie, suivant les régions, de 34o,02 à41»,3. Quand il est sorti des vaisseaux depuis un certain temps, il se coa^ ffufe. Ce phénomène s'opère par la séparation du sang en une masse rouge , h caillot; et en un liquide jaunâtre qui surnage et qui est le sérum. Souvent le caillot n'est pas rouge dans toute son épaisseur^ mais prend dans sa couche «uperGcielle en contact direct avec le sérum une couleur jaune clair. Cette couche est la couenne, la couenne inflammatoire ^ car on la trouve d'ordinaire dans le sang des individus atteints de maladies aiguës ; elle se forme d'habitude dans les cas où la coagulation est lente à se produire.
La coagulation du sang peut être arrêtée ou retardée : par une température à 0*, par l'addition de petites quantités d'acide , d'alcalis , de carbonates alcalins, d'ammoniaque, ou encore par celle d'acide carbonique ou de sels neutres (chlorure de sodium, de potassium, salpêtre etc.). Le sang se divise alors en un précipité rouge foncé et en un liquide transparent ou opalin, le plasma. I^ plasma se prend, aussitôt que les causes qui empêchaient la coagulation cessent d'agir, en une masse gélatineuse qui se contracte peu à peu et se divise à •on tour en une substance albuminoïde solide très-élastique, la fihnne, et en Wi liquide fluide, le sérum sanguin. On obtient la môme îibrine en lavant le caillot sanguin, ou en battant le sang frais avec une baguette, à laquelle la fibrine reste alors adhérente sous forme de longs filaments.
L'examen microscopique du sang fait voir (|ue ce liquide n'est pas honio* gène, mais qu'il tient en suspension un très-grand nombre de petits corpuscules. Ces corpuscules sont les globules sanguins et les globules lympliatiques, auxquels on donne encore le nom de globules rouges et de globules blancs.
î2l2 NUTRITION.
Los globules roufjeSy cellules sanguines (Fig. 33) sont discoïdes, concaves sur leurs faces avec des bords légèrement renflés. Ils mesurent en moyenne On"",0077 de diamètre et 0™«»,0019 d'épaisseur. A la lumière directe, -l^ j^ un globule isolé est jaunâtre ou verdàlre ; en masse h
^9 ^ w ont, au contraire, une couleur rougeâtre. La masse qui ^^^ ™ forme le globule est homogène ; on ne peut y découvrir
^P'^^^ * "î membrane d'enveloppe, ni noyau. Le poids spécifique des globules est plus grand que celui du plasma; ^' ils gagnent donc le fond de celui-ci , et ce sont eux qui
forment le précipité rouge que Ton observe quand la coagulation a été entravée. Dans le caillot normal au contraire, on les trouve emprisonnés en grand nombre dans les mailles de la fibrine. L'eau les fait gonfler et leur donne une forme sphéroïdale. Quand on prolonge l'action de l'eau, les globules perdent leur matière colorante ainsi que d'autres éléments solubles, et il reste une masse insoluble qui conserve la forme primitive. L'éther et le chloroforme agissent de la même manière que l'eau, mais plus rapidement qu'elle. Les solutions étendues des acides faibles, comme l'acide acétique, l'acide oxalique, la privation de sang de ses gaz , de l'oxygène en particulier, mènent au même résultat. Les globules disparaissent complètement, sans i*ésidu, quand on fiail congeler le sang ou (ju'on y fait passer des déchai*ges électriques fortes, ou par l'addition d'alcalis et d'acides concentrés ; il est à remarquer toutefois que l'acide azotique, l'acide chromique, l'acide tannique font exception à celte règle: ils font coaguler et ratatiner instantanément les globules. Certains sels métallifjues, l'alcool, la créosote et, en général, toutes les substances qui coagulent l'albumine ont une action analogue. On voit toujours alore les globules sanguins se remplir de granulations. Les sels alcalins neutres et le sucre agissent , au contraire, par simple voie d'endosmose. Quand ils sont concentrés, il^ soutirent de l'eau aux globules sanguins et les ratatinent ; (|uand ils sont eu concentration correspondante à celle du sérum , ils ne modifient pas la fonno globulaire; quand, au contraire, ils sont plus concentrés, ils agissent sur ces corpuscules comme l'eau pure.
Les analyses microscopiques, non plus que les agents chimiques, ne démontrent dans les globules sanguins les caractères essentiels des cellules, et cependant il faut, eu raison de leur mode de développement, les envisager comme de véritables cellules. Sur l'embryon ils possèdent, en eflet, tous les caractères de ces organes élémentaires , et chaque globule sanguin à son origine, au moment où il était globule chylifère ou lymphatique, était une véritable cellule. Giiez beaucoup d'animaux, une des parties les plus importantes de la cellule, le noyau, persiste dans le globule sanguin complètement développé.
Beaucoup d'auteurs croient trouver dans la manière dont les globules se coroiwrtcnt par rapport aux réactifs, surtout daius leur.s propriétés cndosmoliques avec l'eau ft les solutions aqueuses , une preuve de rcxistencc de leur membrane d'enveloppe D'après eux, l'eau soutire le contenu cellulaire , et il ne reste (jue la membrane vide: l'on n'a pu cependant démontrer ([uc ces lamelles pAles qui représentent alors lercî*' tant des globules sanguins , et (jui ne deviennent bien visibles qu'après Tadditio»