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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET MORPHOLOGIQUES DU SANG

une solution iodiquc, sont en réalité les membranes cellulaires. Il semblerait iitût que c'est là une sorte de trame incolore dans laquelle était imbibée la mare colorante du sang ; c'est ce que tendrait à démontrer la manière dont les »bules se comportent vis-ù-vis des influences mécaniques. Rollett mélangea du %g avec une solution de gélatine se coagulant lentement; les globules se défor^ irent en raison de la pression exercée sur eux par la masse de gélatine , mais ja^ lis on ne vit se rompre une membrane d'enveloppe. Tous les globules se comporit en ce cas comme une masse molle élastique et d'une compositon homogène. Les mgements de forme qu'éprouvent les corpuscules sanguins biconcaves chez les immifères , en se gonflant dans Veau , font également repousser l'idée d'une memme; ce sont d'abord les bords du disque qui se gonflent, et ce n'est qu'en dernier u que la dépression centrale disparaît.

D*après Rollett, une température basse et des dtfcharges électriques suffisamsnt prolongées font dissoudre com))létement les globules sanguins. Le sang end alors une couleur de laque foncée , et devient transparent : ce qui démontre le c'est aux globules qu'est d\\ son défaut de transparence normale. Quand Tacm du froid et de l'électricité sont moins énergiques, ce n'est que la matiArc »loninte qui se dissout; le stroma incolore des cellules tombe au fond. D'après . Schultze, une température élevée fait éprouver aux globules sanguins des modifiitions analogues à celles d'une substance qui se fond ; à 60", ils se détruisent et onnent aussi lieu à un liquide couleur de laque. Quand on fait passer un courant (mtinu à travers une couche de liquide sanguin , on la voit s'éclaircir petit à petit , t ce phénomène est en rapport avec la manière dont se répartit le coui-ant élecrique. Si l'on soutire les gaz du sang, les globules ne se dissolvent pas entièrement, nais ils se décomposent en un liquide coloré et en une masse solide incolore ; le sang devient alors rouge „brun et même noir et reste opaque. Preyer a tout récemment prouvé , ou à peu près , que c'est à la privation d'oxygène qu'est due cette décomposition des globules. Déjà à plusieurs reprises des autours, Harless surtout, ont prétendu que les gaz de la respiration modifient la forme des globules , que l'acide carbonique les fait gonfler, «pie l'oxygène les ratatine; mais cette opinion n'a po encore jusqu'à présent être bien prouvée (^).

Chez les embryons de tous les animaux^ les globules sanguins sont des cellules nnnies d'un noyau et renfermant un contenu granuleux; ces cellules sont les analogues des autres cellules formatrices et se multiplient par segmentation. Peu à peu ^cellules s'aplatissent, le noyau diminue de volume et tend à disparaître; en "lïérae temps apparaît la dépression centrale et la coloration jaunâtre , et alors le globule sanguin se trouve achevé. Il est probable que chez l'adulte aussi les globules **ïïguins , pendant leur première période de (développement , sont de véritables celles. En effet, ainsi que nous l'avons vu § 104, ce sont les globules chylifères et 'ynjphatiques qui deviennent les globules sanguins ; or les globules chylifères et lym- Ptaques sont les analogues des cellules formatrices de tous les organes élémentaires, ainsi que des corpuscules sanguins de Tembryon. Chez tous les vertébrés, ^^ les mammifères, ainsi que chez les invertébrés, les globules sanguins conser- '^t leur noyau. Souvent, chez les grenouilles par exemple, ce noyau est directement entouré par une masse finement granulée, protoplasmatique peut-être. Les globules sanguins de la plus grande partie des mammifères ressemblent tout à fait * ceux de l'homme et n'en diffèrent que par leurs dimensions ; les autres vertébrés,

P) Harless , Ueber den Einflusa (1er Qase auf die Fomi der Dtu^k'ôrperchen. Erlangen ^^ — Rollett, Wùmer Sitzunyahericlae , t. XLVI et XLVIL — Preyer, ibid., 1803. — **• Schultze, Archir f. fhikroal'oi). Anatomiej t. I.

au contraire, ont presque tous des globules elliptiques munis d'un noyau arrondi ou ellipsoïdal. Les globules des oiseaux sont les plus petits; ceux des amphibies ies plus voluminieux. Parmi les mammifères , il n'y a que quelques ruminants (chameau, lama, alpaca) dont ces éléments présentent une forme ovalaire. Quant aux invertébrés , leurs globules sont presq[ue t«)ujours incolores et ressemblent aux globales lymphatiques des vertébrés (*).

§ 107. — Composition chimique du plasma sanguin.

1» La fibrine j qiie nous obtenons par la coagulation du plasma sanguin privé de globules ou par le lavage du caillot , ou encore par le battage du sang, est un albuminolde très-élastique qui se présente à nous sous la forme de plaques, de réseaux ou de fibres. On voit, en général, des corps gras du sérum, des sels ou des globules blancs y adhérer mécaniquement. La fibrine possède au plus haut degré le pouvoir de réduire Teau oxygénée en transformant probablement le deuxième atome d'oxygène en ozone , qui alors se combine à un nouvel atome d'antozone et devient de Toxygène neutre (Schônbein).

La fibrine se dissout dans l'acide acétique et dans les alcalis, devient de IV cide-albumine ou un albuminate alcalin , comme le font au reste d'autres albuminoïdes coagulés; mais elle se distingue de ceux-ci par sa solubilité dans des solutions aqueuses de salpêtre, dé sel marin et de sulfate de soude. Si alors on précipite l'albuminoïde dans ces solutions, ce n'est plus de la fibrine que l'on obtient, mais de l'albumine coagulée. Traitée par l'acide chlorhydrique étendu, la fibrine devient de la syntonine soluble, qui se précipite quand on neutralise le liquide , et cette syntonine ne peut plus être transformée en fibrine.

La fibrine n'est pas soluble et ne le devient que par sa transformation en ua autre album inoïde soluble; aussi n'est-ce pas sous cette forme qu'elle se trouve dans le plasma. Ainsi que A. Schmidt l'a démontré, le liquide contient cteua: substances dont l'action réciproque donne naissance à urt précipité , qui est la fibrine. Ces substances sont la substance fibrino-plastique et la substance fibrinogène,

' La substance fibrino-plastique {globuline ou paraglobuline) a la propriété d'être précipitée de ses solutions tfès-étendues par l'acide carbonique ; cette propriété se retrouve dans l'albumine qu'on retire des globules et du cristallin- On l'extrait du plasma en étendant celui-ci avec dix fois son volume d'eau glacée et en faisant passer alors un courant d'acide carbonique. Le précipité que l'on obtient ainsi est soluble dans les acides et les alcalis étendus, comme aussi dans de Teau mélangée d'air ou d'oxygène. La substance fibrino-plastiquc est de nouveau précipitée en neutralisant exactement la solution ou en traitent par l'acide carbonique ; mais la chaleur ne la précipite pas, ce qui la distingtic de la globtiUne, avec laquelle elle serait sans cela identique. Si l'on vient à dé-

(ï) Sur Thistologie du sang ot le développement des globules sanguins; comp. : B5ttcher, Archiv f. path. Anat., t XXXVI. — Erb, ibid.j t. in. — Kleb», iàid., t. XXXVni, — Von Kecklînghauscn , Archiv /. mikroskop. Anatomie , t. II..

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