VITESSE DU COURANT SANGUIN
compensée par la première, contrairement aux lois de Thydraulique, l'augmentation de pression pourra coïncider avec une diminution de la vitesse et de Técoulemenl. Indépendamment de ces conditions, la vitesse du courant varie : 1© avec la partie du corps où se trouvent les vaisseaux, 2*> avec la section du vaisseau, et 3» pour les artères et les grosses veines avec les mouvements du cœur et des poumons. D'ordinaire Ton se contente, pour déterminer la vitesse da sang, de préciser la vitesse moyenne de ce liquide au niveau d'une section transversale d'un vaisseau, ou même la \'itesse moyenne entre deux sections dont la distance est bien connue. Pour les artères et les grosses veines on se contente également d'obtenir les moyennes fournies pendant une séHe de mouvements cardiaques ou respiratoires.
La vitesse du sang diminue depuis le cœur jusqu'aux capillaires, en raison de
Télargissement progressif du diamètre général du système vasculaire ; dans les
capillaires la vitesse est la moindre, elle augmente de nouveau dans les veines,
mais les troncs veineux ayant un diamètre supérieur à celui des troncs arté-
rîelsy elle ne saurait y revenir tout à fait à sa vitesse initiale. La vitesse du sang
est indépendante de la quantité absolue de la pression, mais elle augmente
quand les variations de la pression deviennent plus fortes. Dans chaque partie
du système vasculaire, la vitesse du courant dépend donc de la différence de la
pression à deux endroits voisins. Ce fait explique l'observation de Lenz, qui
constata que l'accélération des battements du cœur à la suite de la section du
pneumo-gastrique, loin d'augmenter la vitesse du sang, la diminue; en effet,
Faccélération des battements cardiaques ne fait en général qu'élever la pression
moyenne, mais n'augmente pas la différence des pressions.
Dans le courant sanguin, comme au reste dans tous les liquides fjui se meuvent à travers des tubes, au niveau de chaque section transversale la vitesse est d'autant plus petite que l'on se rapproche de la paroi; en d'autres tennes, le courant est bien plus rapide au centre de la lumière du vaisseau, tandis que le long de la paroi se trouve une couche liquide adhérente et immobile.
La vitesse du sang ne varie que d'une quantité insignifiante chez les différents mammifères ; aussi les résultats obtenus sur les animaux se rapprochentik sans doute beaucoup de ceux que l'on pourrait obtenir sur l'homme. Volk- Jïiann trouva sur un chien la vitesse dans la carotide en moyenne de = 300 millimètres par seconde , il l'évalue dans l'aorte à = 400 millimètre*. Dans la crurale elle n'était plus que de 160 millimètres, et dans les artères du métatarse Ai cheval elle tombait à 56 millimètres. Nous no possédons «(ue ])6u de re- ^rches sur la vitesse dans les veines. Sur le chien, Volkmann la trouva dans Jï jugulaire = 225 millimètres en moyenne. D'après Vierordt, dans les capil- "mres de la rétine de l'homme elle n'est que de 0""",75, et dans la queue du ttlard elle n'est, d'après E. II. Weber, que de 0»"'",57 à la seconde.
La vitesse du sang est dans les artères à son maximum au moment de la •î^te, et à son minimum au moment de la diastole. D'après Vierordt, dans J«8 gros troncs artériels elle augmente pendant la systole d'environ 4/4 ou 1/2 ^ce qu'elle est pendant la diastole. D'après ce que nous savons des variations ^ela pression dans les grosses veines pendant les mouvements respiratoires, la
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vitesse du courant ne doit également y subir que des variations trè&-faibles, niais sur ce point les données expérimentales nous font défaut.
La durée d'un mouvement circulatoire totale c'est-à-dire le temps que met le sang depuis sa sortie d'un ventricule jusqu'à son retour dans le même ventricule, dépend, non-seulement de la vitesse du courant, mais encore de la longueur du système vasculaire. Cette durée est donc en général plus longue cliez les individus et les animaux de grande taille. La durée d'un mouvement circulatoire total est aussi^ chez les animaux de grande taille, plus longue rektivement au poids de leur corps. C'est ainsi que, d'après Vierordt, cette durée est chez le cheval de 31,5 secondes, chez l'homme de 23,1 , chez le chien de 16,7 , chez le lapin de 7,4 secondes, et que 1 kilogr. de poids du corps reçoit environ chez le cheval 152 grammes de sang par seconde , chez l'homme 207, chez le chien 282, chez le lapin 592. Ce fait s'explique par ce que le pouls est beaucoup plus fréquent chez les petits animaux que chez les grands, et que la durée d'un mouvement circulatoire est en rapport avec la fréquence du pouls. Chez tous les mammifères on peut évaluer cette durée moyenne à celle qui correspond à environ 26 ou 28 battements cardiaques. D'après Hering, contrairement aux résultats obtenus par Lenz, quand sur un même animal le pouls s'accélère, la durée d'un mouvement circulatoire, au lieu de diminuer, s'allongerait ordinairement.
Les méthodes dont on f'est servi pour déterminer la vitesse du sang peuvent se résumer en trois catégories : !• Volkmann, au moyen de son hémodromofnètre, mc^ sura la vitesse moyenne en un point déterminé des gros vaisseaux. Son appareil consiste surtout en un tube de verre recourbé en U et muni d*une échelle graduée; ce tube est rempli d'eau et ses deux extrémités, ganiies chacune d'un robinet^ sont mises en continuité avec les deux bouts d'une artère sectionnée; on détermine la vitesse du courant par la marche que suit dans le tube la ligne de séparation entre le sang et l'eau. Les chiffres que l'on obtient par ce moyen sont un peu trop faibles, car le fait seul d'ajouter ce tube à l'ensemble du systèn^ artériel doit augmenter la somme des résistances. Ludwig a employé récemment un autre appareil destiné au ini'me but. C'est une sorte de siphon de verre, dont les deux branches sont dilatées en ampoule près de leurs extrémités ; on en introduit les deux bouts dans les bouts d'une artère sectionnée ; la branche du siphon la plus rapprochée du cœur contient de l'huile d'olives , l'autre branche contient du sang défibriné. Lorsque J« courant sanguin pénètre dans Tappareil , il chasse l'huile d'olives dans la seconde branche du siphon , et par suite le sang défibriné dans les capillaires. La capaci'* (les ampoules étant connue , on peut déduire du temps que met l'huile à être cbiS' sée la masse de sang qui traverse l'artère dans un temps donné. La résistance du* à l'introduction de l'instrument dans le système artériel ne produisait pas plus d« 2 o/o de différence de pression en deçà et au delà des ampoules. E. H. Weber déte^ mina la vitesse du sang dans les capillaires en examinant au microscope le teffll* qu'un globule sanguin met à parcourir une division micrométrique connue. Hm^ globule ne saurait être suivi longtemps et seulement dans une étendue dansUquell* d'ordinaire sa vitesse ne peut guère varier. Cette méthode ne peut donner de résol' tats satisfaisants que sur des parties transparentes d'animaux à sang froid (la membrane interdigitale ou le mésentère des grenouilles, la queue des têtards), carpoor mettre à découvert des parties transpai^entes il faut produire chez les animaux»