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CHANGEMENTS DU SANG DANS LES GLANDES VASCULAIRES SANGUINES

L Y^ne splénique. Aujourd'hui dans Tétat actuel de nos connaissances il semble L'on doive admettre une opinion mixte entre ces deux extrêmes : la rate est à la un organe de décomposition et de reproduction des globules. G*e8t-là ce que } tenir compte des recherches microscopiques et des analyses de la pulpe splée) les diflérences trouvées par Béclard, Funke, Gray entre le sang artériel vineux de la rate tendent à nous faire admettre. L'existence des grandes cellules enant des globules rouges ne semble pouvoir être invoquée en faveur d'aucune de théories; il paratt en effet que les vues de Virchow sont à cet égard de beaucoup plus justes. Virchow croit que dans certains cas les globules sanguins peuvent §trer dans des cellules complètement développées ; cette pénétration serait due , rès lui, à la stase du sang dans la pulpe splénique^ d'autant plus que dans des avasations pathologiques on retrouve des productions tout à fait identiques (^).

£8 fonctions des autres glandes vasculaires sanguines , telles que le thyi, la glande thyroïde, les capsules surrénales et le corps pituitaire, sont bien m connues encore que celle de la rate. Peut-être faut-il les envisager une des organes dans lesquels les éléments usés du sang doivent se raair, dans lesquels il se forme en d'autres termes des globules lymphoïdes. tt'est jusqu'à présent que leur structure qui permet de les envisager ainsi, ites ces glandes sont des agrégats de follicules , mais les ibllicules ne sont disposés de la même manière dans tous ces organes. Le corps thyroïde est stitué par des groupes de vésicules parfaitement closes, encastrées dans un ma de tissu connectif , tapissées à l'intérieur par un épithélium et remplies 1 liquide clair et mucilagineux. Cet épithélium intérieur tombe quelquefois et plit en partie la cavité de la vésicule; souvent aussi ces vésicules se dilatent ûdérablement en se remplissant d'une substance dite colloïde. — Les folks du thymus ont beaucoup de ressemblance avec les follicules de Peyer, s difii&rent de ces derniers organes par ce qu'ils sont disposés comme les i des glandes en grappe ; ces follicules s'ouvrent tous dans un canal cen- , qui est à la vérité clos de toute part. Comme ceux de l'intestin, les cules du thymus contiennent dans leur intérieur des ramuscules capillaires -fins, des noyaux libres, des cellules, des cellules en voie de transformagraisseuse; c'est surtout dans les vestiges du thymus, chez l'adulte, que rencontre ces derniers éléments. Très-souvent beaucoup de ces cellules ; enveloppées de couches concentriques et constituent alors des élémeni«s îiaux assez volumineux. — Quant aux capsules surrénales ^ Henle ne coure comme glande vasculaire sanguine que leur substance corticale com- ^ de follicules clos, tandis qu'il envisage leur substance médullaire comme >igane nerveux , en raison de sa richesse en fibres nerveuses. J. Arnold sent en faux contre cette manière de voir. Ce n'est , d'après lui , que grâce issu connectif interstitiel que l'organe peut être divisé en plusieurs couches, rtructure de la glande pituitaire ressemble beaucoup à celle des capsules "énales.

Scberer, Verhandl. der WUrzburg. Ges., t. II. — Funke, ZeUêchrift f. ration, Me- », N. P., t L — Schiff, Schweizerische Zeitschr,/. Heilkunde, 1 1. — Pour ce qui cone l'extirpation de la rate, voy. Fûhrer et Ludwig, Arehivf. phys, Heilkunde, 1865, i que Eberhard, Beitr. zur Morphol. u. Function d, MHz. Erlangen 1855.

Toutes les hypothèses que Ton peut faire sur la fonction de ces organes sont basées sur leur structure. Il a été jusqu'à présent impossible d'analyser les liquides nourriciers qui y pénètrent ou qui en sortent ; l'existence de lymphatiques n'est pas démontrée pour la plupart d'entre eux. Leur extirpation elle-même n'a donné jusqu'ici que peu de résultats , puisque ie désordre produit par l'opération elle-même est toujours plus grand que celui dû à la privation de la glande. C'est à une erreur de cette nature qu'est duc, sans doute, l'opinion émise par Brown-Séquard, qui prétend que l'extirpation des capsules surrénales est mortelle ; ni Harley ni Schiff m purent obtenir le même résultat. D'après Friedleben , quand on extirpe en même temps la rate et le thymus, la mort survient par épuisement, tandis que l'extirpation isolée d'un seul de ces organes n'amène pas de désordres graves. Quand on enlève le thymus tout seul , il se produirait un besoin plus grand d'alimentation et une diminution dans l'acide CO* éliminé. Les analogies de composition chimique que présentent les sucs tirés de ces glandes avec celui de la rate militent en faveur de leur analogie fonctionnelle. On y a trouvé, comme dans la pulpe splénique, de la leudne, de la xanthine, de l'acide lactique, des acides gras volatils etc. Arnold retira de la capsule surrénale du bœuf, en la traitant par l'alcool , un corps qui se colore en rouge sous l'influence de l'air et de la lumière (*).

§ 1 26. — Échange de matériaux dans le foie.

Le foie, comnie nous Tavons vu au § 80, outre le sang artériel qui lui vient par l'artère hépatique, reçoit encore, par l'intermédiaire de la veine porte, tout le sang veineux de l'intestin et de ses glandes, à rexception du rectum. Toute cette masse de sang se meut très-lentement à travers Torgane, parc^ que d'une part la différence de tension est très -petite entre le sang de la veine porte et celui des veinw sus-hépatiques , et que d'autre part le sang de l'artère hépatique renconlre beaucoup d'obstacles à sa progression en raison de la tension des branches de la veine porte qui l'accompagnent. Il en résulte que le sang est mis en contact avec les cellules hépatiques, qui probablement doivent ùtre envisagées comnie les parties dans lesquelles s'élaborent les substances auxquelles le foie donne naissance. Les plus importantes parmi ces substances sont : 1<» les acides hiliaii^ et les matières colorantes de la hile, qui avec de l'eau, des sels et quelques autres éléments du sang passent dans les voies bili«aires. 2^ La substance gl}}cogène ou amidon hépatique. C'est uu hydrocarbure qui se produit dans le foie, qui peut se transfermer en suci-e et être entraîné plus loin par le courant sanguin , mais dont nous ignorons encore les transformations ultérieures. II est évident encore que le foie soutire au sang les substances nécessaires à son tissu ; une assez grande quantité de graisse tend à se déposer dans, ses cellules. 3o Le sang lui-même se modifie en passant à travers le foie : cette modifica' tion est due aux excrétions que nous venons de signaler et peut-être à une action spéciale de l'organe ; les analyses démontrent en effet de grandes différences dans la coniposition du sang dos veines sus -hépatiques comparée ce!o> de la veine porte et de l'artère hépatique.

0) Ecker, loc. cit. — Friedleben , JJie Phyi^ioloifie d, Thynitudri'Ue. Francfort 195^- " V. Gorup-Besanez, Annaleii der Chernie, t. LXXXIX et XCVIU. — Frericlis u. SUdelc^ ilnd., t. LXXXIX. - Scherer, ibid., t. CVIÏ. — J. Arnold, ArcMv f. pathol. Anato»^^ t. XXXV.

ÉCHANGE DK MATÉRIAUX DANS LK FOIE. ti85

1« Formation des éléments de la bile. Parmi les éléments de la bile que ous avons signalés au § 85, il en est, comme les acides biliaires et les matières 3lorantes , la bilirubine , qui ne préexistent pas dans le sang ; on ne les y re- X)uve pas même chez les grenouilles quand on extirpe le foie (Kunde, Mole- ^hott). Il est donc évident que ces substances doivent se former dans le foie, ludis que d'autres éléments de la bile qui préexistent dans le sang normal assent par simple diffusion dans les voies biliaires. Lorsque la composition u sang est modiûée , et alors même que cette modification ne porte que sur 1 quantité plus ou moins grande d'un de ses éléments normaux , les condiions de la diffusion étant modifiées, la sécrétion est altérée. C'est ainsi que l'après H. Nasse la sécrétion diminue lorsque Ton injecte du GO' NaO dans le sang, tandis qu'elle augmente quand on y injecte de l'eau. Sans nul doute la hUtruhine peut tirer son origine des matières colorantes du sang , grâce au ralentissement de la circulation. Ce qui le prouve, c'est que le sang des veines sus-hépatiques contient moins d'hématine que le sang de la veine porte (voy. plus bas) et (jue d'autre part la bilirubine ou l'hématoïdine se produit trèsfacilement dans le sang en stagnation. Le mode de production des acides &iliaires est bien plus obscur. Nous ne savons pas s'ils se forment immédiatement à l'état d'acides conjugués, ou si au contraire chacun des deux corps qui se conjuguent pour les former naît isolément. Il est vrai que l'on a trouvé la taurine dans d'autres organes, tels que le poumon et les muscles, mais on ne saurait en conclure que ce corps peut aussi se former isolément dans le foie. L'on a pu tout aussi peu expliquer comment le second de ces corps, la glycochole, peut dans le foie se combiner à l'acide benzoïque (voy. § 145). Dans les conditions ordinaires , en effet , l'acide benzoïque ne déplace pas l'acide glycocholique et ne se combine pas à la glycochole libre ; il faut donc que l'acide henzoïque trouve dans le parenchyme hépatique des conditions que l'on n'a pu j^u'ici reproduire en dehors de l'organisme. Il a été impossible de découvrir •ians la bile normale ni taurine, ni glycochole, ni acide cholalique, ce qui tendrait à faire supposer que les acides conjugués de la bile prennent directement 'ïaissance sous la forme conjuguée ; mais nous ne savons pas comment ils se produisent. Si l'on admet que chacun des deux corps composants se forme isolément, l'on doit supposer que la glycochole et la taurine se produisent aux <^)en8 des albuminoïdes, tandis que l'acide cholalique provient des acides gras. Si au contraire l'on suppose que les acides gras se forment directement à l'état ^f corps conjugués, il faut les considérer comme des produits de décompo- ^'^on des substances albuminoïdes. Ceux-ci peuvent aussi très-souvent se dé- "publer en un corps azoté et en un corps non azoté (acide gras) ; aussi la der- ^^^ hypothèse se justiOe-t-elle assez bien. Les acides biliaires conjugués doivent donc en ce cas être envisagés comme des stades intermédiaires de la "imposition des albuminoïdes dans l'organisme.

La formule suivante nous fait voir la parenté qui existe entre l'acide cholalique et ^^8 acides gras :

C^^H-WO^» (acide cholalique) = C^ H33 0» (acide oléique) -h C<2 H« 0« (hydrocarbure).

Aussi pourrait-on envisager l'acide cholalique comme de Tacide oléique < à un hydrocarbure (Lehmann). Les aibuminates pouvant se séparer en aci et probablement en hydrocarbures , lliypothèse que nous avons émise est ci sible.

2* Formation de la substance glycogène. Elle se trouve daiu sous la forme d'une substance soluble dans Teau , mais très-peu diffî semble qu'il y en ait aussi une petite quantité sous forme insoluble, mort, la substance glycogène du foie se transforme lentement en glycof on élève la température , probablement sous l'influence d'un ferme tenu dans le sang. Tous les agents qui transforment l'amidon en si acides minéraux , la salive, le liquide pancréatique) produisent le m sultat que la chaleur. Dans le foie normal et dans le sang des veines patiques d'un animal vivant l'on ne trouve au contraire que des traces ( La quantité totale de substance glycogène qae l'on trouve dans le f< normalement entre 1/2 et 2 1/2 p. 0/0 du poids total de l'organe. Cette est en rapport avec l'alimentation ; quand l'alimentation est riche en su amylacées ou sucrées, elle est très-élevée; aussi chez les poules ] atteindre jusqu'à 12 p. 0/0 du poids du foie (Tscherinoff et Brûcke) l'alimentation ne consiste qu'en graisses et en corps gras , ou pendai tinence, elle est très-petite; dans ce dernier cas elle peut même se t 0. Aussitôt après le repas la quantité de glycogène augmente ; elle ati maximum au bout de quelques heures pour diminuer ensuite. D est 1 portant de remarquer ici que le maximum de la formation glycogénii baisse plus tôt que le maximum de la sécrétion biliaire (§85), et conséquent les deux phénomènes ne marchent pas parallèlement.

La substance glycogène ne se transforme-t-clle en sucre dans le f mal qu'après la mort, ou bien pendant la vie y a-t-il de petites quaj cette substance qui se transforment? c'est là une question non encore quoique la plupart des faits militent en faveur de la première opinion prend le foie d'un animal qui vient d'être sacrifié et si on le met d'ah un mélange réfrigérant, puis dans Teau bouillante; ou bien encon injecte aussitôt après la mort une solution de potasse dans les v hépatiques pour empêcher la transformation de la substance glycog ne peut trouver du sucre dans le foie. On n'en découvre que d( dans le sang veineux retiré du cœur droit au moyen d'un cathéter, ï dans le sang artériel (Pavy). Mais Cl. Bernard a signale des quani marquables de sucre dans le sang des veines sus-hépati(iues sur les en vie La méthode qu'il a suivie et qui consiste à conduire par la j droite un cathéter Jusqu'au niveau de l'embouchure des veines sus-hé dans la veine cave inférieure et à recueillir ainsi le sang de ces veines est sujette à des objections sérieuses, car elle cause des désordres circi qui , comme nous le verrons plus bas, facilitent la production du ferm le sang. Alors même que de petites quantités de substance glycc transformeraient normalement en sucre , elles ne seraient pas en rapj les grandes quantités de substajice glycogène qui se produisent dan?

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