SÉCRÉTIONS GLANDULAIRES
a) Sécrétion du lait.
§ 138. — Propriétés physiques et chimiques du lait.
« lait est sécrété par les glandes mammaires. Ces glandes sont atrophiées s le sexe masculin ; aussi le lait n'est-il sécrété que par les glandes mamres de la femme, et cela seulement pendant le temps de la grossesse et es laccouchement. La glande mammaire est formée par des glandes en ppe agrégées. Leurs vésicules terminales sont tapissées par un épithélium fgonal qui devient cylindrique dans leurs canaux d'excrétion. Chaque glande ée s'abouche dans un canal qui s'ouvre sur le mamelon, après s'être d'ad dilaté en petite ampoule. Le mamelon lui-même est doué d'une con- ;tilité qu'il doit à des fibres musculaires lisses. Comme le sang, le lait est ! émxilsion; en d'autres termes, ce sont des liquides qui tiennent une ntité de corpuscules en suspension ; aussi , de même que le sang , le lait il opaque. Mais les éléments qu'il tient en suspension n'étant pas colorés, lit nous apparaît comme un liquide blanc semblable à une huile émulsion- . Le poids spécifique du lait est un peu supérieur à celui de l'eau : il varie l,W8ài,045.
-es éléments figurés que l'on trouve dans le lait sont les globules du lait et globules du colostrum. Les premiers (Fig. 53 2) sont de dimensions trèsables ; ils ont en moyenne de 0™",005 de diamètre ; on en trouve dans le qui sont de véritables granulations moléculaires qu'il est impossible de «irer, et dont la constitution ne diffère pas de celles des véritables globules lait (Fig. 53). Les uns et les autres sont formés par enveloppe de caséine et un contenu riche en graisse. globules du colostrum (Fig. 53 1) sont au contraire ttcoup plus gros et peuvent atteindre 0™"»,03 de diare. Tantôt ils apparaissent comme de simples congloats de gouttelettes graisseuses , tantôt on peut y disuer une enveloppe et un noyau. On les trouve très- p,g 53
ndamment dans le sang pendant les trois ou quatre niers jours qui suivent les couches, après quoi ils disparaissent. Les gloîs du colostrum ne sont que les cellules épithéliales caduques des vésicules dulaires en voie de transformation graisseuse et de disparition. Quant aux ules du lait, ce ne sont pas non plus des cellules, mais bien des gouttes graisseuses provenant des globules de colostrum , autour desquelles s'est une sorte d'enveloppe constituée par de la caséine coagulée. 5 lait est tantôt alcalin, tantôt neutre et tantôt légèrement acide. C'est surle lait des carnivores qui est acide, et il doit sans doute cette réaction à de
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l'acide lactique libre. Les substances que Ton trouve d'une manière constante dans le lait sont : Teau , Talbuminate de potasse (caséine), ralbumine, le sucre de lait, la graisse, des substances extractives et des sels; il contient toujours aussi en dissolution des quantités minimes d'acide carbonique , ainsi que de l'azote et de l'oxygène en proportion plus faible encore. De toutes ces substances, Teau , les sels , les substances extractives et le sucre de lait constituent surtout le liquide dans lequel nagent les globules; l'albumine y est aussi dissoute, tandis que l'albuminate de potasse et les graisses forment à peu près exclusivement ces globules. Il va sans dire toutefois que ces mêmes globules contiennent de l'eau et des sels, de même que dans le liquide on trouve aussi de la graisse et de petites quantités de caséine. On ne sait encore au juste s'il faut considérer l'acide lactique comme une des parties constituantes du lait; dans tous les cas , ce n'est que par la fermentation du sucre de lait que de grandes quantités de cet acide prennent naissance. Les graisses du lait sont les graisses ordinaires, stéarine, palmitine et oléine, ainsi que les dérivés des acides caprique, caprylique, caproïque et butyrique.
La composition du lait est assez variable. Le lait qui est sécrété pendant b grossesse , le colostrum , contient plus d'eau et moins de substances solides surtout de sucre de lait, peu ou point de caséine; mais on y trouve de l'albumine ; quant aux graisses, elles semblent aussi augmenter plus tard. Quand h caséine apparaît dans le lait, l'albumine y disparaît presque complétemeut; Hoppe dit cependant qu'on peut toujours en découvrir des traces.
Vemois et Becquerel ont donné pour la composition du lait de femme les moyennes suivantes basées sur 80 observations :
Eau 88,90 p. 40().
Substances solides 16,34
Caséine 3,92
Beurre 2,66
Sucre de lait 2,36
Sels 0,43
Hoppe trouva les gaz du lait répartis de la manière suivante : sur 100 volumes 55,15 de C()î, 40,50 d'Az et 4,29 d'O. Mis en contact avec l'air, le lait déi?ageaB bout de quelque temps du C0« et absorbe de l'oxygène. lïoppe croit qu'en raison de celte absorption d'oxygène une partie de la caséine se transforme en graisses. Paruû les sels, c'est le GIK qui domino, et en général les sels de potasse reraporlenlsar les sels de soude. On trouve aussi dans les cendres du lait d'assez grandes quantités d'acide phosphoriquc et de chaux. La composition des cendres du lait se rapproche beaucoup de celle des cendres des globules sanguins.
Il a été impossible jusqu'ici d'analyser isolément la liqueur et les globules du liitt car la séparation de ces deux facteurs est des plus difficiles. Pour obtenir ce résnltal, Hoppe filtra du lait à travers des membranes animales; il obtint ainsi un liqui<i« faiblement opalin contenant de l'albumine et un peu de caséine.
Les modifications qu'éprouve la sécrétion lactée pendant la grossesse ci la ladation consistent surtout, d'après Vernois et Becquerel, dans l'augmentation de la proportion de caséine et de graisses jusque vers le deuxième mois après l'accouchement, tandis qu'en môme temps le sucre diminue. A partir de ce moment, la caséine reste
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quantité constante jusqu'au dixième mois , la graisse jusqu'au cinquième et le re jusqu'au huitième. La caséine diminue alors à partir du dixième mois, la graisse ulir du cinquième, tandis que le sucre augmente du huitième au dixième mois, ir étudier l'influence des moments de la journée sur cette sécrétion , on cxpérinte sur des animaux , surtout sur des vaches et des chèvres. Cliez ces animaux quantité de beurre contenue dans le lait du soir est , à peu de chose près , îe ible de celle que contient le lait du matin , tandis que la proportion d'albumine varie presque pas. Quand on se borne à traii'e l'animal une seule fois dans la mée, les différentes parties de la traite ne semblent pas identiques, car les derres portions obtenues sont plus riches en beurre (*).
§ 139 — Sécrétion du lait.
La quantité de la sécrétion lactée est si variable que l'on ne saurait ime en donner des moyennes. Elle dépend du moment de la grossesse et de lactation, du nombre de fois dont les seins sont vidés , de la quantité de lait ise chaque fois par Tenfant et enfin de Talimentation. Chez tous les maiiifères, cette sécrétion va en augmentant jusqu'à un certain moment (1 mois wles vaclies) après la parturition, puis elle diminue. La sécrétion diminue and le lait n'est plus extrait; elle augmente au contraire quand il est fréemraent attiré. Une nourriture abondante fait augmenter la quantité jourlière de lait sécrété. Certaines huiles éthérées (huile essentielle de l'ail, de iiis) contenues dans les aliments se retrouvent très-vite dans le lait ; les t)8tances minérales (iode, bismuth, arsenic etc.) n'y apparaissent que plus itement. Eckhardt a trouvé que la quantité de lait sécrétée augmente après yection d'eau dans le sang et que dans ce cas le lait est plus riche en albuûe. Quelques-unes des parties les plus essentielles (|ui entrent dans la comntion du lait, le sucre de lait, la caséine, les graisses, ne prennent naissance 2 dans les glandes mammaires et proviennent des éléments du sang , le sucre lait aux dépens du glycose, la caséine et les corps gras aux dépens des alnûnates.
iC sucre de lait ne se trouvant jamais dans le sang, et la caséine ne s'y trouvant en quantités très-minimes, il est évident que ces corps se forment dans les glandes mmaires. Ce qui démontre que, sinon en totalité, au moins en majeure partie, aséine se forme aux dépens de l'albumine du sérum , c'est la diminution de Talnine dans le lait à mesure que la caséine y augmente. Les recherches de Ssuboet de Kemmerich ont prouvé que très-probablement les corps gras du lait proinent de l'albumine des aliments ; ils observèrent , en effet , que les quantités )liie et relative des corps gras du lait étaient au maximum chez une chienne à la e d'une alimentation exclusive par la viande , et au minimum à la suite d'une tentation presque exclusive par des graisses; ils remarquèrent en outre que dans remier cas le lait contenait plus de corps gras que l'aUmentation n'en pouvait
Donné, Du lait, Paris 183G. ~ Scbcror, article ^filcli, dans Wajner^a ITandtodrterh., — Vomois et Becquerel, Du lait chez la femme. Paria 1853. — Hoppc, Archiv /, olog, Anat^ t. XVII.
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avoir fourni. Il semble, en outre, que c'est la caséine qui est l'albuminoide waii pens duquel se forment les corps gras du lait (comp. § 35) (<).
On ignore encore d'une manière certaine quelle est l'action du système neneu: sur la Eéci'étion lactée; d'après Eckhard, la section des nerfs intercostaux eslsan influence. Aubert, au contraire, prétend que l'électricité appliquée direcleni«Dl su les glandes manunaircs active la sécrétion lactée (*).
b) Sécrétions de la peau.
- Sécrétion de la suenr.
I/(fi glandes siidoriparea sont des masses glandulaires pelotonnées et enroulées sur elles - mémos ; elles se trouvent soit dans les couches profondes du derme, soit dans le tissu connoclif sons-cutané. Un lacis capillaire Irés-sem les entoure (Fi^. 5i, i, glande, 2 son canal excréteur, 3 son lacis rapilhirr d'après Todd et lîowman) L«it canal excréteur gagne la surûte de la peau en décrivant des llna»sites. L'enveloppe amorphe de»
glandes est doublée par un tism conncctif d'ordinaire assez (tensf.
Dans les canaux excréteurs M rencontre souvent en outre une couche musculeusc; leur surfact interne est recouverte par un é^ Ihélium pavimenteux arrondi.
i..| ^1 LasMBurestunliquideincolorf,
légèrement trou h le, d'ungoiitsii*, d'une réaction acide, d'une odeur particulière, qu'elle doit surtout à desacida gras (acides bulyri<iiie, caproïque, capriquc etc.). Le microscope y fait voirqodqucs corjHiscuIes piuqueux (provenant de l'intérieur des glandes sudori pares), des cellules épideriniques, des gouttelettes de graisse et des granulations ini^ culaires. Les éléments ordinaires de la sueur sont : de l'eau, de petites quantités de graisses, do l'urée, de la choleslèrine , d'après Favre de l'acide laïtif et quelques acides azotés particuliers (acide-sudorîque, C'*Ai H' 0" IID). dos sulfates et phosphates alcalins, des phosphates terreux et de l'oxyde* fer. On y rencontre aussi parfois des sels ammoniacaux, quelcjues acides ïdIJ" Uls (acétique, formique) et un corps alhuininoïde.
La composition quantitative de la sueur ne parait varier que d'une iMnière insignifiante. D'après Funkc, quand la quantité de sueur augmenic. ^ proportion des sels et de l'urée s'accroH également un peu , tandis qu'au M>' traire les autres éléments oi^aniques vont en diminuant. Au commencemenl^ la sécrétion la sueur contient plus d'acide tactique et d'acides gras ïoUlils:
(>j Seubotîn, Ârchivf. palhol. Anat., t. XXXVI. — Kenuncrich, Mtdicimtchet (W"'" bltttt, 18QG.
(*) Eckhardt, BeitrBge air Anat. ti. J'hyalot., 1. 1. — Aubert, Qax. det hSpùaux, Ifôt