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A. CORPS AZOTÉS

lo Les mcUières colorantes animales. Ces matières sont toutes (à l'exception de quelques-unes qui ne se rencontrent que chez les animaux inférieurs , le carmin, par exemple) ùqs substances azotées^ riches en carbone. La plus importante de toutes ces matières est la substance rouge qui , en combinaison avec un corps albuminoide, constitue les globules sanguins. Jusqu'à présent on n'a pu isoler complètement cette matière colorante. Les substances colorantes de la bile , celles de Vurine ; les pigments brutis et noirs {mélanine) que l'on trouve dans la choroïde, dans la couche de Malpighi de la peau du nègre, ainsi que dans les différentes autres parties du corps , sont évidemment formés aux dépens de la matière qui colore les globules sanguins. Dans la bile et l'urine, la matière colorante est en solution; dans le sang, elle est combinée à la substance molle qui constitue le globule. La mélanine est, au contraire, déposée sous forme de granulations dans l'intérieur des cellules ; elle résiste à tous les agents chimiques et n'est soluble que dans les alcalis les plus énergiques.

L'hémoglobine est cristallisable. D'après Hoppe , elle contient , sur 100 parties : C^,« H^« tV," Az««,« 0««,8 SV. Vient-on à chauffer une solution étendue d'hémoglobine ou à la traiter par un acide ou un alcali , elle se décompose en une substance albuminoîde coagulée, et en une matière colorante contenant du fer, Vhématine ((?• H»* Fe* Az« 0"). On admettait jadis que Thématiile préexiste dans l'hémoglobine; mais la manière différente dont se comportent ces deux substances vis-à-vis du rayon lumineux, nous force d'admettre que l'hématine n'est qu'un produit de décomposition (voy. § 25). Vhématoïdine , autre produit de décomposition de la matière colorante du sang , se rencontre très-fréquemment dans l'économie animale (andens extravasats sanguins, rate). C'est un corps cristallisé, probablement identique à la principale matière colorante de la bile , la bilirubine.

2«> Les substances alcalines de l'économie animale présentent une faible alcalinité et sont rarement combinées à des acides. Par rapport au carbone qui entre dans leur composition , elles contiennent moins d'azote et d'oxygène que les alcaloïdes végétaux.

Ces substances sont :

laleucineC*^H«3AzO*; la tyrosine C'« H" AzO^; la ^ycocolle C* H» AzO* ; la taurine C* W AzO« S« ; la créatine C» H» Az'O* ; la créatinine C« W Az' 0« ;

la sarcine (hypoxanthine) C*<^ H* Az* 0* la xanthine C*o H* Az^ 0^ ; la guanine C*o H^ Az* 0^ ; l'allantoïne C» H* Az* 0* ; l'urée 0« H* Az« 0».

3*» Les acides azotés animaux. On les divise en deux groupes : a) Les acides biliaires conjugués, dont les propriétés acides sont très-faibles. Chez l'homme, la bile contient deux de ces acides : Vacide glycocholique C** H** AzO** et V acide taurocholique G" H** Az SO** ; ils sont combinés tous deux

à la soude, avec laquelle ils forment Ses sels solubles. Si on les traite par des acides étendus ou par de la potasse diluée, l'acide glycocholique absorbe 4 atome d'eau, et se décompose en glycocolle et en un corps non azoté sur lequel nous allons revenir, l'acide cholalique; quanta l'acide taurocholique , il se dédouble en taurine et en acide cbolalique. On peut donc admettre que ces deux acides sont formés par l'union de deux corps, l'un azoté (glycocolle, taurine), l'autre non azoté (acide cholalique).

h) Les autres acides azotés fournis par les organismes animaux sont doués de propriétés acides assez marquées, comme par exemple : l'acide inosique G'® H" Az* 0**, que l'on tire du suc musculaire. Il en est de même des deux principaux acides de l'urine , l'acide urique C® H* Az* 0* et l'acide hippurique G" H» Az 0«.

Le rapport de composition entre ces acides et ces bases animales d'une part , et les albuminoîdes de l'autre , est le môme que celui que nous avons trouvé entre ces derniers corps et les acides et bases végétales. Il est cependant à remarquer que les corps azotés provenant des végétaux sont presque tous des bases énergiques, qu'aucun d'entre eux n'est acide , tandis que dans le règne animal ces corps sont des bases faibles et des acides énergiques. G'est dans la composition chimique de ces corps qu'il faut chercher la raison de cette particularité.

Les alcaloïdes végétaux dont la constitution chimique a été jusqu'ici le mieux étudiée sont des bases amidées , imidées ou nitrilées ; en d'autres termes , des ammoniaques primaires, secondaires ou tertiaires, dans lesquels!, 2,3, équivalents d'H, sont remplacés par des radicaux alcooliques.

Les corps azotés trouvés jusqu'à présent dans l'économie animale se comportent comme des amides ou des. acides amidés. Les amides peuvent être envisagés comme de l'ammoniaque dans laquelle!, 2,3, équivalents d'H ont été remplacés par des équivalents d'acide. Les acides amidés peuvent être envisagés comme des acides non azotés dans lesquels l'équivalent d'H est remplacé par le groupement AzH«, que l'on appelle amide. De la même manière , la conine est une base imidée, dont la formule

rationnelle est „ ( Az ; — et la nicotine une base nilrilée , dont la formule rail \ '

Qio H^ i tionnelle est , ,,, ' Az» etc.

Gto H7 )

Voici maintenant les formules rationnelles que , jusqu'à présent , nous pouvons attribuer avec certitude aux corps azotés provenant des organismes animaux :

Urée = Garbamide G» 0* J

H« [ Az«

H») Glycocolle == Acide acélamique G* H* 0^ Az II« |

Leucine = Acide caproïamique G*« H*** 0> Az H« i

Sarcosine = Acide métliylacétamique G* H« 02(G« H*)Az

En raison de leur formation, nous pouvons assurer que les amides et les acides amidés sont tous des corps conjugués. En raison de l'ammoniaque dont ils dérivent, ils peuvent se comporter comme des bases et former avec les acides des combinaisons

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