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VL PRODUCTION DE LA CHALEUR

§ 1 52. — Chaleur propre du corps et de ses différentes parties.

Les parties du corps humain qui peuvent perdre facilement leur chaleur par intact avec Texlérieur, comme la peau, la cavité buccale, le rectum, possèdent le chaleur propre assez variable^ tandis (juc la température des organes inrnes est des plus constantes. La chaleur du sang est la plus considérable; elle leint en moyenne 39«, peut descendre à 37« et dépasser Ai^. La chaleur du ng varie suivant la région où on Tcxamine et suivant l'état de Torganisme. ans la veine cave inférieure le sang est un pou plus chaud que dans la veine

P) Voit, Ueber den Einfluss des Kocftsalses^ des Kaffees und der Jfiial'elbeic, Mtinclien 60. — Pettcnkofcr u.' Voit, ZeiUchriftf. Biologie^ t. IL — Fick u, Wisllconus, Zuricfter îertelJaJtrmcJirîftf 1865. — Comp. en outre le § 52.

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cave supérieure; celui des veines sus-iiépatiques est beaucoup plus diaud ([ue celui de la veine porte, et celui de la veine rénale que celui de l'artère correspondante. Mais le sang du cœur gauche et des veines pulmonaires est toujours plus froid que celui du cœur droit (Cl. Bernard), probablement parce qu'il se rafraîchit eu passant ixir les poumons ; c'est sans doute pour le même motif que le sang des artères cutanées est plus cliaud que celui des veines cutanées (Colin). La température du sang veineux des oi*ganes internes augmente quand ces organes fonctionnent, ce que Ludwig a démontré pour les glandes sali\aires ; mais en ce cas cette augmentation ne saurait , conune dans le poumoa et la peau, éti'e compensée par le rayonnement ou i)ar révaiK)ration ; le sang T»:à donc sa chaleur par les oi-gane», et cette chaleur augmente par le fonctioimeiiient (les tissus.

lia chaleur i)i*o}»rc des orijanen dépond donc en partie de la lempératuwdu sang c[ui les traverse, en partie de la chaleur développée par leur fouctioiiDelucnt, et enûn de la plus ou moins grande ({uantité de chaleur qu'ils iieuveut perdre.

La chaleur propre augmente avec ralimentation ; aussi varie-t-elle-i'éguliênv ment avec les heures des repas. Elle s'élève après le déjeuner et atteint soo premier maximum i à 0 heures après celui-ci; elle s'abaisse jusqu'au dînerde midi, recommence à monter et atteint deux heures après un second maxiniura: on la voit baisser encore jusiju'au souper, sans que cependant ce dernier rep« détermine une nouvelle augmentation de chaleur. Pendant le jeûne on voit ces variations de températui*e concorder à peu près avec celles que nous venons d'indi({uer, et, pendant l'abstinence, la température du corps présenter deux maxima journaliers, l'un le matin , l'autre après midi. Il faut donc en conclure que ces élévations ([uotidiennes de la température propre du corp ne tiennent pas exclusivement à l'alimentation, mais que cette dernièit; détermine surtout le moment où l'élévation connnence à se manifester.

Quand l'abstinence est prolongée, on ne voit la chaleur animale s'abaisser considérablement qu'au début et peu de temps avant la mort par inaiiilioii- Cet abaissement ne dépasse pas en général 5 à &'.

(j. Liebig, Cl. Bernard, Colin ont recherché les différences de la chaleui' du su; dans les différents organes. Cl. Bernard a trouvé :

État lie ranimai. Kut de Xvia^-

. ( Cœur droit . :Wo.8 / ' J Veine porte . . 37o,8 /

) Cœur gauche. :WMi ) ^ J^*^^' ! ( Veine sus-hépat. 38%4 j ^ ^'^^

,. ( Cœur droit . Î^V- ^ ^n i;«A.i;-n / l Veine porte . . î^«,7 i ,„ :„,rt - / (^œur gaucho. *5/<»,i ^ " ( Verne sus-hepat. 41»,3|

Il résulte de ces chiffres que pendant la digestion la chaleur du sang veineux tesd à 8*él»Her dans les oi'ganes digestifs, le foie par exemple (4o), et qu*en outre I» chaleur générale du sang augmente (2"). Voyez le § 73 pour Télévation do la température dans les glandes salivaires en fonctions. D*après Colin, le sang aiiériel«t presque toujours plus chaud do 0^,5 ad» dans tous les organes qui se rajiprochcntd* la surface cutanée. D'aprrs le luéiiie auteur, le sang du cœur gauche est au wu"

KCONOMIE m LK r.IIALEUn ANIMALK. Xil

ire souvent plus chaud de 0<>,1 à (>>,2 que celui du cœur droit. Ces variations, traction faite de la chaleur déterminée par la nutrition du tissu pulmonaire, déident probablement du rapport entre h*, refroidissement par la surface pulmonaire [a surface cutanéo. Ce dernier est-il plus considérable, la température du sang sera is basse dans le cœur droit (*).

?*rœhlich et Bœrensprung sont les auteurs qui ont le mieux étudié les variations imalières de la chaleur animale sous rinfluence du jeûne ou de Talimentation. s oscillations normales de la chaleur animale ne dépassent pas , d'après ces auirs, i/2 à i», et leur amplitude est assez indépendante de la nourriture ou de l'absence. Lichtenfels et Frœhlich ne la trouvèrent, pendant des joui*s [de jeûne, que 0«,57 inféneure à celle des autres jours. Il nous semble qu'il y a là deux causes rérentes et opposées : l^ une cause qiiiiproduit un abaissement régulier de temrature dn matin jusqu'au soir, et S*» une augmentation de température due à ehae repas. Le soir, rabaissement est tel qu'il fait disparaître complètement Télévation riodiqiie de l'alimentation. Mais la périodicité déterminée parla régulante des hen- J de repas persiste même pendant les jours de jeûne. On pourrait vérifier «-ette liy- Ihèse en étudiant les variations de la tempérât uro sur dos animaux en abstinence, lis dont les heures des repas antérieurs n'auraient pas été les mêmes. Quoi qu'il soit, les oscillations de la chaleur animale suivent à peu près les oscillations de la Mpience du pouls (voy. § 117). D'après BaTcnsprung, la chaleur animale varie éganent suivant les âges. Chez les nouveau-nés elle est la plus élevée et atteint S?»»,?, e s'abaisse ensuite peu à peu et se maintient assez constante de 30 à 60 ans 3«,8-36,o9), et remonte ensuite dans la vieillesse (37o,4). Les recherches de Chost et de C. Schmidt sur la température pendant l'inanition donnent des résultats it à fait concordants. Le chat mis en expérience par C. Schmidt vécut 19 joui^ ; ndant les 10 premiers jours sa température resta constante , et ce n'est que dans 1 3 derniers jours qu'elle tomba d'environ 5° («/.

Méthodes pour mesurer la iempèratiire. — Pour mesurer la chaleur animale du rps, on détermine la température d'une cavité facilement accessible (cavité buccale, ctura) ou celle du creux axillaire, au moyen de thermomètres sensibles. L'on s'est rvi aussi des mômes instruments pour prendre la température du sang, mais il est éférable d'employer des thermo-multiplicateurs. Quand on se sert de thermomètres, laut avoir soin que l'instrument reste assez longtemps en place et que sa boule soit couveiie de tous côtés pai* les parties. Ces deux conditions sont surtout nécessaires 'Ur le creux axillaire ; ce n'est en effet que loi*sque la peau de cette cavité est bien pliée sur elle-même qu'elle prend la même chaleur que les parties internes du corps. )yez à ce sujet les recherches si renihrquables de îiiebermcister (').

§ 153. — Économie de la chaleur animale.

Eu raison de l'équilibre établi cnti'e ses ingenta vX ses excréta y réconomie »nser\e .son unité de composition ; elle conserve aussi sa chalonr constante par l équilibre entre sa dépense de calorique et le calorique qui s'y produit, ^fais

P)G. Liebig, Ueberdie Tempérai urunterêchiede des reiwseti u, arterlelim Blutes. Giessen

Ô3. — Cl. Bernard, Comptes rendus, t.-XLIII. — Colin, ibidem , 1865.

(>) Lichtenfels u. Frohlich, Denkschrifi der IVîener Ahademie, t. III. -«^ BRrensprung ,

USer^s Arehiv, 185L — Chossat, Bidder u. Schmidt, /oc. cit.

(■) Liebermeister, Prager Vterteljakrssehrift ^ t. LXXXV.

il y a des différences remarquables entre la statique de rechange calorifiqQe^t la statique de l'échange dos matériaux par la nutrition. L'économie animale ih reçoit pas sa chaleur du dehors , comme elle reroit ses aliments , car, au c«itraire, le corps la fabri(|ue lui-même dans son intérieur. On peut donc , quand on parle de ré({uilibre entre les quantités de chaleur perdue et acquise, ne i-omprendre que l'équilibre entre le caloriciue produit par la combustion des sul*tanccs nutritives et le calorique perdu au dehors. La constance de la clialeur animale serait possible en ce cas , mais sans qu'il y eût autant de calori<]Qe perdu au dehors qu'il s'en forme régulièrement par la combustion des notêriaux dans le corps ; car, en effet , d'après la loi de l'équivalence des fortes vives, toute transformation do force, eu particulier tout mouvement niécaniqw du corps, diminue la quantité de chaleur produite. On no saurait donc admettre ré({uilibre entre la chaleur produite et la chaleur perdue qu'en supposant lout#* les autres forces ramenées à leur érpiivalcnt de chaleur. I*i constance île b ciialeur propre du corps et dos organes chez l'honmie et chez les ;Miini:ti;\ i sang chaud no prouve pas seulement qu'il y a équilibre entre la prcnhiillun rf la perle de chaleur, mais encore qu'il existe dans l'économie des r()nditioi:'ie& vertu desquelles, lorsque cet é(juilibro est passagèrement détruit, il se rt'l:iMiî facilement. L'organisme rêffularisc son calanque en augmentant la pn^liK-lion quand la perte est plus considérable, ou en diminuant les jHîrtes «jui h produisent d'un autre cété; quand, au contraire, la production de calori'pe est trop forte, l'économie augmente ses dépenses ou modère la production.il nous faut donc , pour nous rendre compte do Téconomie do la chaleur animale, recherclier les sourcofi de la pro(h(ctiou et les voies de dêp€i'diti"H'i* calorique,

1" Sources de In production du calorique. Los éléments (jui ontnMit litii^ la composition d(»s aliments et dos tissus n'ont pas tous, on se oomhur.uiî 'lin? l'économie, la mémo valeur pour la production du talori<jue. (lo sont li's^'i.ih"'» qui sous ce l'apport tiennent le premier rang, puis viennent les hydrotarbur.-*. et les alhuniinoïdos sont les dorniors. L'absorption de ((^s substaneos par \v<di)r monts s4Mnble augmenter la protluclion do elialour dans cette mémo pri»pirl:o!i. Outre la combustion, h* simple dédoublement ou la conjugaison des cmix j-ui mettre on liberlé ou faire disparaître du calorique». D'après Berlholtit. ilu-p/ fois (ju'uno substance absorbe ou i)ord de Toau, il se» produit ou se coiis^>imi/ do la cbaleur. 11 est donc hors de doute rjuo, dans Téccmomie animale, le- pi** nomènes de dédouhlomenl. dos albuminoïd(»s et des hvdrocarbuivs, la (ltV-:'.Jposition ou Thydratation des graisses s'accom|)agnont aussi do pi*oducti«"^ri v chaleur. Mais comme dans réconomie animale il s'opère surtout des dt*xi^'Jblemonts ayant pour résultat d(» produire dos coml>inaisoiis plus siii:plt>. d'après les lois générales de la ]U'oduction du calorique ces Iransfonu.tti'-n* fléveloppent plus do chaleur fju'olles n'en absorbent, bien qu'elles no s'ncciMipagnent ni d'absorption d'oxygène ni d'élimination do CO-. Dans l'éLït de -suii les variations d(» la production du calorique sont presque toujtuirs en nppc-rt avec la perle extérioiuo do chaleur, avec Tévaporation et le rayonnonn'ii* A 'j surface du coqis et avec le travail produit; cotte dornièi^e condition enlr'ii/ toujours une consommation de matériaux supérieure a c<»lle que nécessili >

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