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ÉCONOMIE DE LA CHALEUR ANIMALE

vail, d*o& résulte une légère augmentation dans la température des organes travail. Le besoin de nourriture avec ses variations dépendant de la tcmpéure extérieure, de la saison etc., est un assez bon régulateur pour la proction de calorique. Dans les états pathologiques, au contraire, la consomition des éléments et la production de chaleur^ qui en est la conséquence, avent varier de telle sorte que la température propre des organes et du sang loigne plus ou moins de la normale, et ces variations peuvent être indépenates des modifications dans la dépense du calorique. Les altérations patholo- [ues deviennent nécessairement alors très-graves, car Torganisme des anilUX à sang chaud ne saurait supporter pendant longtemps une diminution ou e augmentation même minime de la chaleur animale; quand elle atteint 40^, chiens meurent en 2 à 6 heures ; quand les lapins sont refroidis jusqu'à -20«, leur organisme ne peut plus recouvrer sa température normale, et c'est r la respiration artificielle seulement que l'on peut les empêcher de mourir . Bernard, Walther). Parmi les états pathologiques qui modifient l'éconoe de la chaleur animale , nous citerons surtout les états fébriles qui jus- 'ici sont les mieux étudiés à ce point de vue. On comprend qu'il y ait survation de la température dans la fièvre, parce que d'a})ord il se fait une x)mposition exagérée des éléments de Téconomie , ce que démontre l'excès rée et probablement de CO- éliminés, et parce que d'autre part la quantité calorique rayonné au-dehors diminue pendant le stade de frisson ; mais cette ainution momentanée ne saurait suffire à expliquer toute la surélévation isécutive de température (Liebermeistor).

5i l'on désigne sous le nom d'unité de chaleur la quantité de chaleur nécessaire ur élever 1 gr. d'eau de 1*», l'on trouve ([ue la chaleur développée par la combusi de 1 gr. de chai'bon de bois pur = 8080, et celle développée par la combustion 1 gr. d'hydrogène = 34,462 de ces unités {calories). Les quantités de chaleur eloppées par la combustion des aliments et des tissus sont en général plus pe- 8, ce qui résulte clairement du tableau ci-dessous que nous empruntons à Frankd; nous y joignons les quantités de travail correspondantes, en faisant obsener que I prend pour unité de travail la quantité de travail nécessaire pour élever 1 kilogr. mètre de hauteur (kilogramnifHrc), et que la calorie répond à 0,423 kilogramipe(t).

1 faut se rappeler en outre , pour la production de chaleur animale , que dans ononiie les substances brûlées ne se réduisent pas directement en CO-, HO et Az "e comme dans un appareil à combustion, mais bien en CO-, HO et urée, en rem- Cant ainsi pour le calcul tous les produits azotés de décomposition par le plus imtant d'entre eux, l'urée. Nous donnons aussi la quantité de chaleur produite en eptant ce remplacement dans le calcul et en calculant d'après la chaleur produite la combustion de l'urée.

) On peut admottro lo chif&e de 0,423, quoiqu'il no soit pas encore bien fixe, et qno ehiftes donnes par les différents savants qui se sont occnpës do Tëquivalent mëcale de la chaleur ne concordent pas tous avec celui-ci. Il suffit toutefois pour les cal- I sur la physiologie do la chaleur animale. (A. B.)

UN ORAMBIE.

eOIIUSTIOII eOIFllTE.

Unitft do ctamleur

Pommes de terre (78 o!^ d*HO) .

Farine de froment

Farine de poia

Riz

Viande de bœuf (70^ o/o d'HO).

Viande do veau (70,9 <>, o d'HO).

Jambon (54,4 <> o d'HO) . . .

Œuf (02,2 o/o (vnoy . . . .

Lwt (87 o o d'HO)

Beurre

Sucre de raisin

eut

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Unlt^ de chalenr

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B* Tlvsiis et 1e|ir« prcMlnlts de décomposition d<

liés éi 10<Hi

Muselé do bœuf .

Albumine . .

Graisse de bœuf Acide hippurique Acide urique .

Urëe ....

Si, au lieu de ramener, comme nous venons de le faire , les unités de substa combustibles à leurs valeurs en chaleur et en travail, on vient à rechercher com ces diverses substances fournissent de calorique en absorbant une même quai d*0 et en émettant une même quantité de CO», Ton s'aperçoit que ce ne sont alors les corps gras qui occupent le premier rang dans la production de chaleur, ils sont distancés par les sucres riches en ox^'gène et par les acides organiques, a formique, acide acétique (Berthelot). Ce phénomène s'explique par ce que, lorsqi corps est brûlé^ la production de chaleur dépend de deux éléments diflerents: i sa richesse en C et en H , et 2^ du groupement des atomes qui le constituent, preuve de la valeur de ce dernier élément nous est déjà fournie par la productioz chaleur pendant que les corps se dédoublent, absorbent ou perdent de l'eau ; uneai preuve encore^ c'est que, quand des corps homologues, les alcools par exem; s'oxydent, la quantité d'oxygène absorbée restant la même, la quantité de chaleur veloppée est en rapport avec le poids atomique. Toutes ces conditions différei compliquent le phénomène, et la question de la production de chaleur dans le co devient des plus complexes. Il en résulte encore que l'échange gazeux n'est pu 1 même un moyen bien exact pour mesurer les phénomènes d'oxydation; car, effet, de même que de l'oxygène peut être fixé sans qu'il produise CO^ (transforr tion de l'alcool en aldéhyde), de même aussi CO* peut être éliminé sans fixation i

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(par exemple dans la décomposition des acides acétique et formique par fermentation). La lixation d'O et l'élimination de CO^ peuvent donc, dans Téconomie, dépendre de phénomènes chimiques très-différents et indépendants les uns des autres. Aussi, lorsque, comme nous l'avons fait ci-dessus, nous cherchons par le calcul à obtenir la quantité de chaleur développée par la combustion des matières alimentaires et des tissas, et que nous en déduisons la capacité calorifique des excrétions azotées , nous n'arrivons nullement à nous rendre un compte bien exact de ce qui se passe réellement dans la production de la chaleur animale. Mais d'autre part la théorie mécanique de la chaleur nous apprend qu*un corps donné produit toujours par la combustion une quantité égale de chaleur, quel que soit le mode de combustion et quelles que soient aussi les formes intennédiaires par lesquelles il passe ; aussi les résultats obtenus par la coiuburation des aliments et des tissus sont-ils sulTisants pour étudier (Vmic 7nanû>re gé}iêralc Téconomie de la chaleur animale. Nous nous boraons donc, en nous basant sur la connaissance de la quantité de chaleur détenninée par la combustion des aliments et des excréta, et sans tenir aucun compte des phénomènes chimiques qui se passent dans l'économie, à calculer combien de l'ori-os vives le corps produit sous forme de chaleur ou de travail musculaire. Quant aux transformations intermédiaires par lesquelles passent les forces pendant ces ])hénomènes, nous ne pourrions les connaître et nous on rendre bien compte que si nous connaissions plus exactement qu'aujourd'hui les phénomènes chimiques de la nutrition , et que s'il nous était possible d'étudier chacun de ces phénomènes isolément et de nous rendre compte des modifications physiques qu'il produit dans Tèconomie. Il est inutile d'insister sur l'importance de cette condition. Aussi nos connaissances actuelles sur l'économie de la chaleur animale sont-elles à peu près comme celles que nous avons de la balance exacte entre les inf/csta et les excréta , basées uniquement sur les variations du poids du corps (>).

La fictyre est une augmentation dans la chaleur propre du corps en général, due à une production exagérée de calorique par des causes encore tout à fait inconnues. Dans une quantité d'inflammations ou de plaies il se produit une augmentation locale de la chaleur (0. ^Veber), uiais elle n'est pas assez forte pour produire la fièvre et augmenter ainsi la chaleur générale. Pendant le stade de l'rissoji, il est aujourd'hui hors de doute qu'il y a moins de chaleur perdue par i^yonnement, puisque les artérioles cutanées se rétrécissent ; aussi Traube admet-il que l'élévation de température par la fièvre est due à cette diminution dans le calorique rayonnant. Liebermeister et Auerbach, au contraire, ont fait des calculs , approximatifs il est vrai, qui permettent d'afllrmer que jamais la diminution dans la quantité de calorique rayonnant ne suffit à expliquer l'augmentation de la chaleur dans la lièvre. Il serait très-important, pour élucider ce point, de se rendre compte de la quantité de CO^ éliminée pendant la fièvre, et c'est ce que l'on n'a pas fait jusqu'ici.

Les causes physiologiques qui augmentent la production de c/iaî^ur sont sans nul doute les mômes qui augmentent la dépense de calorique. C'est ainsi «pie Liebermeister a trouvé que dans le bain froid la température du creux axillaire ne varie pas, ce qui prouve que, la peile de calorique étant considérable, la production augmente dans la même proportion. Quand on exagère volontairement les mouvements respiratoires, tant en nombre qu'en profondeur, et qu'on les porte à 3 ou 4 fois leor valeur normale , il n'y a pas, d'après le même auteur, d'augmentation dans la température , ce qui peut tenir à ce qu'en même temps il se fait une dépense exagérée de calorique par i'évaporation pulmonaire. Mais il est évident que la perte de

p) Bertholot, Journal de Fanât, et de la physiol., 1865. — Frankland, Proetedingi ofthe TOffal inêtituitan^ 186C.

chaleur due i cette dernière cause ne saurait compenser celle que produit la cob»bustion de 3 et 4 fois plus de carbone; aussi faut-il admettre que la production et rélimination de CO* ne marchent pas toujours parallèlement, et que réliminatioapeut augmenter sans que la production la suive bien exactement. D*autrc pail, il est probable que rabaissement de la clialeur animale que Ton observe après la section bilatérale des pneumo-gastriques est due à une diminution dans la production du calorique. Le m(>me phénomène s'observe dans toutes les alîections dyspnéiques, qui, de môme que la section des vagues, ne diminuent pas seulement Télimination, mais encore la production de GO^ (*).

2® Dépenses de calorique. En transformant, d'après les principes acceptés aujourd'luii, toutes les forces vives qui servent dans le corps en quantités de chaleur, nous pouvons grouper toutes les dépenses que subit l'économie en : 4" évaporation aqueuse par la peau et les poumons; 2" échaulTement de l'air inspiré; 3<^ échauflement des excrétions soit solides soit liquides; 4^ échaulTement des aliments absorbés; 5® rayonnement par la surface cutanée; &> tranil mécanique.

Nous sommes encore très-peu éclairés sur la manière dont les pertes de chaleur se répartissent sur ces six-points. Il est évident que c'est le rayonnement par la peau qui fait perdre la majeure partie de la masse totale du calorique. On admet que pour l'échaufTement des aliments et de l'air inspiré, ainsi que pour l'évaporation pulmonaire, il se perd 22,5 p. 400 de la chaleur produite; H resterait doûc encore , le corps étant en repos , 77,5 p. 400 pour le rayonnement et l'évaporation cutanée. Quand le travail musculaire augmente, il détermine à la vérité une perte de calorique, mais cette perte est compensée et hien au delà par l'augmentation de la nutrition et des combustions ; aussi le rorp> en travail, outre le résultat mécanique , produit-il plus de chaleur que le corps en repos.

La régularisation de la chaleur, qui amène la constance de la température du corps, se fait parla peau et les poumons. Lorsqu'il s'est produit trop d»' chaleur, les vaisseaux cutanés se dilatent , les glandes sudoriparcs commencent à sécréter, les mouvements respiratoires s'accélèrent ; les perles de calorique s'accroissent alors jusqu'à ce que l'équilibre antérieur soit réUbli , pai^ que le rayonnement et l'évaporation par la surface du corps sont devenus plus grands, parce que l'évaporation pulmonaire a augmentée , et parce que les volumes d'air à réchauffer se sont également accrus.

Hclmholtz estime que les pertes du calorique se répartissent de la manière suivante : pour cent de chaleur produite

Rayonnement ÉrluLufTement Échauffomcnt Évaporation

et dvaporation cutanée. des ingeata. do l'air inspiré. pulmonaire.

Ludwig estime que la perte de calorique due au travail mécanique seul est àf 7 p. 100 de la chaleur totale développée parTalimentation.

(1) Licbcrmeîfltcr, Archiv f. Anat, n, Physiol,^ 1860-1802; Pi-nger Tlert^Jahr^rltrifi t LXXXV et LXXXVII; Deutsches Archiv f, Med., t. I. - Ackcnnann, ihUl, t. 11- Walther, Archiv f. pathoL Anat,, t. XXV; Archiv f, Anat, v, /Vi.v/wo/., 186.'). — Cpr.an'si le îJ f)lî et la Physique méd., §§ 285 et 286.

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