COMPOSITION CHIMIQUE DE LA SUBSTANCE MUSCULAIRE
rhydrique les muscles débarrassés autant que possible de leur plasma , obtient de la syntonine. Le plasma musculaire s'obtient par la compression le basse température des muscles privés de sang; c'est un liquide alcalin, pement coloré en jaune et contenant différents albuminoïdes. L'un de ces minoïdes se précipite lentement à O^ ; quand la température s'élève un peu ue l'on ajoute de l'eau fraîche, il se précipite rapidement et forme la myo- . La myosine coagulée peut se dissoudre dans le sel marin ou dans l'acide étendu, mais la dissolution obtenue par ce dernier réactif perd sa sohibilité î les sels et se transforme en syntonine (§ 9). Le liquide qui reste après que a extrait la myosine du plasma constitue le sérum musculaire. Ce dernier ient de l'albuminate de potasse (caséine), qui se précipite lorsque l'on neu- 3e le liquide alcalin ou que l'on chauffe de 20 à 40» ; dans ce dernier cas, rum musculaire devient bientôt acide. Enfin, dans le liquide privé d'albuite de potasse, l'on trouve encore Valbumine du séimm' qu\ ne se précique lorsque l'on porte la solution acide à 70-75". La matière colorante :e de la viande est identique à l'hémoglobine; elle n'est peut-èlre due qu'au : qui imbibe le muscle. Brûcke a trouvé encore des traces de peptone et de ;ine dans le suc musculaire. Le contenu du tube sarcolemmatique contient •re, outre les corps que nous venons de mentionner,, les combinaisons suies obtenues toutes de l'extrait de viande : créatine, créatinine?, xanthine, ^xanthine, taurine, acide inosique, inosi te (découverte par Scherer dans uscle cardiaque), une espèce de sucre fermentescible (Meissner), de la dexî (Limprichl) et de la glycogène (Cl. Bernard); ces deux dernières subs- :^s ne semblent appartenir qu'à la viande d'animaux jeunes. Le muscle ent encore, outre de petites quantités d'acides volatils (acides formique, que, butyrique), des quantités remarquables iï acide lactique (sarcolac- !î). Il est douteux que le muscle frais, en repos, contienne déjà cet acide, on le trouve toujours très-abondamment dans le muscle mort ou coné. Cet acide est alors, en partie au moins, à l'état de liberté, car penla vie le muscle en repos est neutre ou alcalin , tandis que peu de temps 5 la mort ou pendant la contraction il devient acide. Il faut admettre que le lactique provient dans ce cas d'une sorte de fermentatiçn des hydroares (sucre, dextrine) contenus dans le muscle, d'autant plus que Ton peut lire du suc musculaire (Piotrowski) un ferment qui parait identique à la ine. Les cendres du muscle contiennent beaucoup de chlorure de potas- . et de phosphates alcalins et terreux , et peu de chlorure de sodium et de les alcalins. Le muscle extrait du corps et privé de sang contient enfin de îs quantités de CO* libre et en combinaison fixe (ce dernier provient sans e de décomposition), très-peu d'azote, mais pas d'oxygène isolable par le (L. Hermann).
admettait autrefois que le muscle est composé surtout par la fibrine. Liebig nti-a d'abord que la majeure partie des albuminoïdes qu'il contient sont facilesolubles dans HGl, et il donna le nom de syntonine au produit obtenu de celte 'Te. Cette solution est tout à fait identique à la substance que Ton obtient en ni les autres albuminoïdes par HCl. La syntonine musculaire est donc alors un lit de d»M-oinposition dos troia substances albuminoïdos rontenncs dans les mus-
des, dont la myosine est la plus facilement soluble dans HGl. La niyosine fat découverte par Kûhne, après c[u'il eut réussi à isoler le plasma musculaire. Ce plasma obtenu par expression est sans nul doute identique à la substance fondamentale qui sépare les éléments charnus du musclr ; aussi devons-nous admettre que cette substance est liquide. Kûhne vit en effet un parasite vivant {Myoryctes Weismcmni) se mouvoir dans Tintérieur du tube musculaire. La présence des ferments (ptyaline et pepsine) dans le muscle est des plus remarquables. Elle permet d'expliquer: l* la présence d'un sucre fermenfesciblc (Hoppe suppose qu'il se forme aux dépens de la dextrine contenue dans le muscle) , la formation d'acide sarcolactique due sans doute à la fermentation de ce sucre, et ii*» la présence de peptone. Ce dernier corps étant de tous les albuminoîdes celui qui traverse le plus facilement les membranes animales , sa présence est d'une importance capitale pour la nutrition du muscle. Liebig découvrit le premier l'acide sarcolactique ou paralactique dans les muscles. Cet^acide diffère de l'acide lactique ordinaire provenant de la fermentatioD des sucres de raisin ou de lait , par l'eau de cristallisation que contiennent les sarcolactatcs de chaux ou de zinc (les sels de l'acide lactique ordinaire sont C H' Ca 0* + 5 HO et C* H5 Zn 06 -f. 3 HO ; les paralactates sont C^ H» Ca 0« -h 4H0 et C« H» Zn 0* -h 2 HO). Ces acides ont pu tous deux être reproduits artificiellement. L'acide lactique , ainsi que les traces d'acides volatils (acide formique etc.) trouvés dans les muscles, proviennent des hydrocarbures qui y sont contenus, car, d'après les recherches de Du Bois , le muscle frais étant neutre ou alcalin . il est très-probablf que l'acide lactique n'y préexiste pas. Une autre observation du même auteur vieat encore confirmer ce fait : d'après lui , en elVet , lorsque l'on échauffe rapidement le muscle jusqu'à iOO", il perd la propriété de devenir acide, parce que le ferment qui s'y trouve paraît être détruit. La chair musculaire doit son acidité en partie à de l'acide lactique libre , et en partie à du phosphate de potasse (KO 2 HO Ph 0^);le plasma musculaire frais contient 2 (KO 2 HO Ph 0») ; lorsqu'il se forme de l'acide lactique, ce sel se décompose, il se forme 1 éq. de lactate de potasse et il reste i éq.de phosphate, et ce n'est que l'acide lactique formé plus tard qui reste en liberté.
Nawrocki nie la présence de crêaiinînc dans la chair musculaire, tandis que Sarokin en trouva toujours des traces. Après la li«,^ature des uretères on a trouvé d^ y urée dans les muscles (Oppler). Liebig y a rencontré souvent de l'acide uriçMC. On y a cherché vainement jusqu'ici la sarcosine, produit de décomposition de la créatine; on l'obtient ^vec Turée en traitant la créatine par la baryte (*).
b) Propriêtéfi physique.^ des nerf'}^ et des muscles.
§ 1 60. — Élasticité et cohésion.
Les propriétés d'élasticité et de cohésion des nerfs et dos muscles concordeul en général avec celles des autres tissus animaux (§§ 22 et 23). Mais l'un de ce? deux tissus, le tissu muscxdairey so distingue par une élasticité extrêmemei^^ variable^ déterminée par des causes extérieures très -nombreuses et tr^^' diverses.
La variété la plus connue de cette élasticité est la raideur cadavériq\tf'' c'est une augmentation de l'élasticité qui so produit plus ou moins de temp^
(i) Liebig, Cheinische UiUerèuch. l'iher dan Fleiich. Hcidelberg 1847 'Du Boi«-R<r
mond, Berliner Monatsber., 1859. — Ktihnc, Pysioloff. Chemie, t. II, ot Archivf.paty Anat., t. XXXHL — Sarokin , tWrf., t. XXVHL — Nawrocki, JMM. Centramait, 1865.