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MODIFICATIONS DE L'EXCITABILITÉ PAR LES COURANTS ÉLECTRIQUES

et méthodique et une grande constance dans la force du courant. Le courant continu est progressivement diminué au moyen du rhéochorde que nous avons représenté schématiqnement dans la Fig. 72. L'auteur met un soin tout particulier à éviter la polarisation des électrodes appliqués sur le nci f. Pour produire l'excitation , il se sert, soit des secousses d'ouvertufe et de fermeture d'un courant d'induction, soit d'un second courant galvanique. Même pour ce deuxième courant, Pflûger emploie des électrodes inpolarisables. 11 est plus avantageux de se semr des secousses de fermeture d'un courant d'induction (comme chaque fois qu'il s'agit d'obtenir des excitations d'intensité coijstante) ; les secousses d'ouverture ont à la vérité l'avantage d'être de moins longue durée^ mais elles ne sont pas aussi égales. Pflûger s'est efforcé d'obvier à cet inconvénient au moyen d'un instrument électro-magnétique spécial , ruais il n'y est pas arrivé complètement.

Cette méthode avait besoin d'une modification spéciale pour être applicable à l'étude de l'excitabilité dans la zone intrapolaire. Pflûger rechercha donc la relation nui existe entre l'excitabilité totale de cette zone et la force du courant. Il fit entrer lans le circuit d'un courant continu qu'il pouvait graduer à vofbnté au moyen du rhéochorde , une certaine longueur de nerf et la bobine secondaire d'un appareil l'induction. Il fit passer à travers le nerf un courant induit, en fermant le courant dans la bobine primaire , en même temps que le courant continu passant à travers le nerf était alternativement ouvert et fermé. De ces expériences il résulte que l'excitabilité totale s'accroît avec des courants continus faibles, que cet accroissement augmente peu à. peu jusqu'à un cei*tain maximum pour s'abaisser ensuite ; l'excitabilité, augmentée d'abord, finit par diminuer. Mais, d'après ce que nous avons vu de l'excitabilité des zones extrapolaires, l'on ne saurait admettre qu'elle puisse être la même dans tous les points de la zone intrapolaire ; il est à supposer que , ainsi que le fait voir la Fig. 80, lorsque les courants sont faibles, une grande partie de la zone interpolaire a son excitabilité augmentée, tandis que, lorsque les courants sont forts , une grande partie de cette zone a son excitabilité diminuée. Pflûger démontra cette manière de voir en étudiant l'excitabilité partielle de la zone intra- |K)laire. Il remplaça pour cela l'excitant électrique par l'excitant chimique; il introduisit entre les pôles une longueur assez grande de nerf, mit plusieurs points de ce nerf en contact avec une solution de sel de cuisine et produisit ainsi un tétanos; il ouvrait et fermait ensuite alternativement le courant, et, suivant le point où se produisait l'excitation, il obtenait tantôt une augmentation et tantôt une diminution du tétanos (*).

2^ Actions consécutives de l'clectro' tonus. L'électro-tonus laisse toujours après lui des modifications de l'excitabilité qui , suivant la position des électrodes, consistent dans une augmentation ou une diminution. Quand Texcitabîlilé est augmentée , Ton dit que la modification est positive, et quand Texcitabilité est diminuée, elle est dite négative. On n'a jusqu'ici étudié sérieusement que les modifications extra polaires. On trouve en ce cas que le catélecirO'toniis après sa disparition laisse j^crsister une modification négative de peu cte durée , qui fait bientôt place à une modification positive de plus longue durée, et que Yanélectro-tonus se transforme en une modification ^wsitive qui augmente peu à peu. Les modifications de l'excitabilité de lu

P) BeitrlUft zz'T Anat. u. Phyitiol., t. î. Gicsscii 1855. — Pflûger, Untertudi. iiher dît Physioloj. des Elektrotonus, Berlin 1850. — Bczold, Uiiicnuch» iiber die eUlctrische J^eiacirr der Xervenv* JIvskeln» Leipzig 18G1.

iH PHYSIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION.

zotw intrapolairesemhleni s^e comporter d'une nianiëi*e analogue. Quand ie< courants sont trcs-faibles, on observe d'abord, à cause de la plus grande force du catélecti'o-tonus, une modification négative qui devient bientôt positive; quand les courants sont plus torts, l'intensité de Tanélectro-tonus étant plus Ibrte, la modification positive se montre dès le début (Pflûger). La durée de la modification négative après l'ouverture augmente jusqu'à une certaine limite avec la durée du courant modificateur faible , ce qu'expiîine la plus longue durée du .stade de Texcitatio^i latente (Wundt).

Les courants continus d'une durée moins longue déterminent encore après leur disparition une excitation qui se dévoile par une contraction d*ouvertiirti ou par un tétanos (Vouverture quand le courant est ascendant. CetJe excitation a pour cause la cessation de l'anélectro-tonus , ce qui se démontre par ce l'ait qu'un tétanos qui prend naissance à Touverlure d'un courant continu descendant cesse subitement lors(|uc Von détache la partie supérieure anélectro'toniséc du nerf en sectionnant la zone intrapolaire, tandis que le tétanos qui naît à l'ouverture d'un courant ascendant ne cesse pas par la seclion de la partie nerveuse catélectrotonisée. Quand un tétanos consécutif à réleclro* tonus est causé par des courants faibles ou moyens , il est arrêté subitement loi*sque l'on ferme le courant continu de même sens , tandis qu'il augmente lorsque l'on ferme le courant continu de sens contraire. Quand les courants sont forts, le tétanos d'ouverture est toujours diminué à la fermeture et augmenté à l'ouverture, ([uelle que soit la direction du courant.

Dans le muscle, les effets consécutifs, comme les effets directs de félcctrotonus, se liudtent à la i)ortion parcourue par le courant. A l'ouverture d'un courant continu qui a traversé longtemps un muscle, ce dernier entre en contraction permanente , et cette contraction ne disparait que lentement. La fermeture d'un courant de sens opposé augmente la contraction , timdis que la fermeture d'un courant tie même sens la fait disparaiti*e.

Les excitations qui surviennent à fouverture du courant sont connues depuis longtemps sous le nom de modifications de l'excitabilité. Ritter, le premier, observai* tétanos d'ouverture avec le courant ascendant (tétanos de Ritter). Volta constata l'augmentation de l'excitabilité par un courant de sens inverse après une longue fermeture. Rosenthal et moi découvrîmes, chacun de son côté, rànalogie delaniodiiication du courant descendant avec celle du courant ascendant. Pflûger exposa ensuite la relation entre les effets consécutifs de l'électrotonus et les modifications de l'excitabilité pendant l'état électro tonique. Les conli-actions musculaires qui succèdent à l'action prolongée du courant sur le muscle ont le caractère des contractions toniques (*).

3« Modifications de Vexcitahilité par des courants de peu de durée. Le courant instantané produit des effets consécutifs analogues à ceux que produit un courant continu de plus longue durée ; seulement ces efl'ets sont plus faibles et plus fugaces. Ces effets faibles peuvent toutefois s'accumuler quand des

(i) Pflûger, loc. cit, — Hcidenhaîn, Archivf. phyaioL EèUk.y 1. 1. — Wundt, t&Vf., t. IL — Rosenthal, ZeiUchrift f, ration. Jfedtsiny 3« série, t. IV. — Pour les auteurs anciens, consultez Du Bols-Roymond , UiUerêuch,, t. I.

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