‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 172 sur 217 · SENS DU TACT · texte numérisé non relu

SENS DU TACT

une différence dans la sensation. L'on voit donc qu'ici encore se vérifie la loi wycho-physique.

Pour étudier la sensibilité de la peau quant aux variations de température, on se ert d'eau à différents degrés de chaleur contenue dans des vases rapprochés et mulis de thermomètres sensibles. Weber a appelé Fattention sur quelques points intéessants de ces recherches. Notre sens de température ne nous indique pas la temérature de la peau , mais Taugmentation ou rabaissement de celle-ci. Nous ne resentons, par exemple, si notre front ou notre main sont plus chauds Tun que autre qu'au moment où nous mettons notre main sur le front, alors nous ercevons la différence. Le jugement que nous portons sur la grandeur des variaons de température dépend en outre de l'étendue de la région impressionnée ; si , ar exemple , d'un côté nous plongeons la main tout entière dans de l'eau chaude a froide, et que, de l'autre côté, nous n'y plongeons qu'un seul doigt, c'est du remier côté que la température nous paraît la plus élevée. Il est enfin facile de omprendre que plus les corps sont bons conducteurs du calorique , plus la difféence de température semble grande pour la peau. C'est ainsi qu'à température gale un morceau de métal parait plus chaud qu'un morceau de bois, une même uantité d'eau que d'huile. Il semble qu'il y ait une certaine relation entre le sens ^pression et le sens de température. Des corps froids de même poids nous paraisent plus lourds que des corps chauds. D'après Fick et Wunderlich de petites excitaions tactiles peuvent facilement être confondues avec de faibles excitations de temlérature («).

3» Sous le nom de sens du lieu , on désigne la propriété de rapporter les ^nsations de pression ou de température au point de la peau sur lequel ces sensations agissent. La finesse du sens du lieu est mesurée par la perfection a?ec laquelle nous localisons l'impression ; aussi y a-t-il deux méthodes pour l'étudier. La première consiste à mesurer quelle peut être l'erreur qui se produit dans cette localisation des impressions. Il est évident que , plus on dislingue nettement le point de la peau soumis à l'impression, plus aussi le sens du lieu y est développé. La seconde méthode consiste à faire agir deux impressions distantes l'une de l'autre sur des points de la peau. Plus la distance qui sépare les impressions l'une de l'autre est petite pour permettre de reconnaître qu'elles sont doubles , plus le sens du lieu y est développé. Cette seconde méthode fournit les résultats les plus exacts , elle est basée sur ce que deux impressions ne peuvent plus être distinguées quand elles agissent simultanément sur une r^on de la peau où la localisation n'est pas facile à déterminer. I-'expérience démontre que le sens du lieu varie extrêmement de finesse aux différents points de notre surface cutanée. La pointe dé la langue distingue encore deux impressions distantes l'une de l'autre de 1/2 ligne, l'extrémité des doigts de 1 ligne, le bord des lèvres 2 lignes; cette distance devient au cou ^ 14 à 25 lignes ; nu dos , à l'avant-bras , à la cuisse , elle atteint jusqu'à 30 lignes.

» La finesse du sens du lieu varie beaucoup, sur le même individu, par l'attenion et l'habitude. L'influence de l'habitude s'observe très-rapidement, car déjà orsque l'expérience se répèle un certain nombre de fois , l'on voit que la plus

(*)Fick u. Wunderlich, MoleschoU's Untersuchungen , t VII.

petite distance appréciable diminue sensiblement. D'après Volkmanii , linfluence exercée par l'habitude *st d'abord très-lente , rapide ensuite , elle devient de plus eu plus lente, jusqu'à ce qu'enfin l'on atteigne une limite au delà de laquelle ce sens du lieu ne saurait plus être perfectionné. Cette augmentation (le la finesse du sens du lieu par l'habitude se borne toutefois toujours aux points étudiés ou aux points symétriques de l'autre côté du corps. C'est à rinfUience de l'habitude qu'il faut sans doute rapporter le fait signalé par Czermak , d'après lequel le sens du lieu serait d'une très-grande (inesse chez les avcnigles. Quand l'organe du tact est fatigué par des impressions trop répétées, le sens du lieu est beaucoup diminué; les abaissements de température agissent de la môme manière (Goltz). L'on trouve enfin des altânatioDS considérables de ce sens chez les paralytiques (Wundt).

Pour explic^uer la localisation des impressions tactiles et la manière dentelles dépendent de la région de la peau touchée, ainsi que de l'attention et de l'habitude etc., l'on peut admettre que chaque point de la peau possède une nuance Locale et spéciale de la sensation par laquelle l'impression tactile se différencie localement et qui sert à la localisation. Il nous faut admettre que cette nuance locale de la sensation se dégrade progressivement de point en point, et que cette dégradation se fait avec une différence de vitesse dépendant de la lînesse du sens du lieu dans les différents points de la peau. Aussi longtemps que la dégradation de la nuance locale n'est pas j^erceptible à notre conscience , toutes les imj)ressions isolées nous semblent se fondre en une seule. L'influence de Faltention ot do l'habitude s'explique par ce que nous apprenons ainsi à nou» rendre compte de différences (jui nous échappent d'ordinaire. La fetigue, le froid etc. agissent en sens contraire. Un district de la peau dans lequd la sensation locale est assez peu modifiée pour que les impressions se fondent toutes ensemble constitue le district ou le ce^xle de la sensation, l^ ^' mètre du cercle de la sensation est donc, à la pointe de la langue, de 1/2 ligne, à Textrémité des doigts de 1 ligne, à la cuisse et au dos de 30 lignes; maL« il ne faut pas perdre de vue que toutes ces mesures peuvent varier sous 1 influence des conditions ([ue nous venons de signaler.

E. H. Weber obsen'a, le premier, que deux impressions produites à une dislanrt variable suivant les différents points de la peau se fondent en une setdc impression : cette observation lui servit à déterminer la finesse du sens du lieu. Ce sen* diffère beaucoup du sens de pression et du sens de température par sa variabilité suivant les régions de la peau ; aussi Weber admit-il que la finesse du sens dn lieu dépend de la richesse en fibres nerveuses primitives , tandis que la finesse dn sens de pression dépend du nombre de divisions de la fibre primitive dans Tintérieui* de la peau. Weber pensa que pour chaque cercle de sensation il y a une fibre primitive , et que , par suite , toutes les sensations se fondent en une seok toutes les fois qu'elles ont lieu dans la dépendance d'une seule fibre. Cette hypothèse tendait à expliquer la localisation des impressions, par la disposition des fibres ne^ veuses; Lotze lui opposa une théorie psychologique. Il admit que la notion du lieo n'est autre qu'un phénomène accompagnant l'impression , par lequel la consciewt perçoit en même temps le point touché. Meissner, Czermak etc. essayèrent de donner une signification physiologique à cette notion du lieu. J'ai moi-même fait refljar-

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