‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 18 sur 217 · ÉLÉMENTS INORGANIQUES DES CELLULES VÉGÉTALES ET ANIMALES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS INORGANIQUES DES CELLULES VÉGÉTALES ET ANIMALES

vons-nous plus à signaler qu'un seul acide d'un poids atomique élevé , l'acide cholalique G** H*® 0*^, qui, uni à la glycocolle et à la taurine, forme les deux acides biliaires que nous avons signalés plus haut. L'acide cliolalique, de même que ses combinaisons, possède la propriété de dévier à droite le rayon polarisé. On le retrouve en petites quantités dans le canal intestinal des animaux ; il n'y est sans doute qu'un produit de décomposition des acides biliaires. L'acide lactique G*H*0' est de tous les acides organiques énergiques d'un poids atomique peu élevé, le seul qui ait une importance réelle dans les organismes animaux. . On le rencontre sous deux formes: 1» dans le contenu stomacal et intestinal , ainsi que dans le lait à l'état d'acide lactique ordinaire; 2<> dans le suc musculaire à l'état d'acide paralactique. Quant aux acides oxalique G' H* 0% succinique G* H* 0% benzoïque G" H* 0* ; ils n'ont été rencontrés qu'exceptionnellement dans quelques liquides organiques ou dans quelques sécrétions , et encore en très-faible quantité.

§ 1 3. — Éléments inorganiques des cellules végétales et animales.

Les substances organiques, qu'elles appartiennent en propre à la constitution de la cellule, ou qu'elles prennent au contraire naissance dans Tinlérieur même des corps vivants par suite des modifications chimiques que subissent les éléments cellulaires, sont toujours combinées à des composés inorganiques. Ges composés sont en général éliminés dans le même état qu'ils sont absorbés par l'organisme. Mais malgré cela , beaucoup de ces corps sont indispensables à la vie de la cellule.

Dans tout organisme végétal ou animal se trouve de Veau. Ce liquide, moyen de dissolution et de gonflement de tous les tissus , forme à lui seul , dans les jeunes cellules, la majeure partie de leur poids et peut atteindre jusqu'au 3/4 de celui-ci. Dans les végétaux, l'eau imbibe en partie les substances albuminoïdes, en petite quantité les membranes de cellulose, mais se trouve en proportion très-considérable dans le liquide des cellules. Ghez les animaux, Teau imbibe et gonfle les albuminoïdcs et leurs dérivés. Ges dérivés présentent, sous le rapport de leur faculté d'absorption pour ce liquide, ime différence notable : tandis que les uns en sont aussi imbibés que lés albuminoïdes eux-mêmes (la substance à gélatine du tissu connectif), d'autres, au contraire, sont presque desséchés et réfractaires à l'imbibition (os, cartilages, substance élastique, épiderme). Jamais la cellule végétale ne contient de solutions aqueuses, mais elle en fournit souvent par voie de sécrétion (cellules des glandes).

Les cellules végétales jeunes contiennent, en dissolution dans leurs liquides, deVoxygène, de Vacide carbonique et de V ammoniaque; c'est l'acide carbonique dont la quantité est la plus considérable. Quand ces cellules avancent en âge, ces gaz disparaissent complètement. Dans les cellules animales, à l'état normal, l'on ne rencontre de l'oxygène et de l'acide carbonique que comme éléments constitutifs des cellules. Chez les animaux supérieurs, ces deux gaz se rencontrent surtout dans ceiiaines cellules spéciales, les globules sanguins. Les cellules animales sont plus riches en oxygène, tandis que dans les cellules végétales c'est l'acide carbonique dont la proportion est la plus considérable.

Les métaux alcalins et alcalino-terreux forment une partie intégrante et essentielle des organismes végétaux. Ces corps sont en dissolution dans les liquides cellulaires tantôt combinés à des acides organiques , tantôt à des acides minéraux. On retrouve les alcalis végétaux dans les cendres à l'état de carbonates ; ce fait s'explique par ce que tous les acides végétaux , en se combinant avec Toxygène pendant la combustion , oxydent très-énergiquement leur carl>one et forment de l'acide carbonique, tandis que leur bydrogène forme de l'eau. Dans les cendres on rencontre encore des sulfates alcalins , dont l'acide Kulfurique est dû à l'oxydation du soufre contenu dans les éléments organiques. Parmi les sels minéraux , ceux qu'il importe de signaler sont les cblorures de sodium, de potassium et le phosphate de chaux. Ces sels se retrouvent toujours dans les cellules végétales jeunes et y sont intimement mélangés aux substances albuminoïdes. Dans les cellules végétales plus avancées en âge on retrouve toujours de la silice. Elle appartient surtout aux couches les plus superficielles des végétaux, et semble servir ainsi d'organe de protection.

1^8 végétaux sont trés-variables sous le rapport des sels minéraux qu'ils contiennent. Tantôt on y trouve du sodium, tantôt du potassium; les plantes terrestres sont riches en sels de potasse; les plantes mantimcs en sels de soude. Les végétaux marins renferment en outre de l'iode, qui remplace le chlore des végétaux terrestres. Dans toutes les plantes on peut , dans certains cas , trouver une partie des sels de soude remplacés par des sels de potasse ou de chaux, de même que d'autres fois la magnésie peut remplacer la chaux. Il est à remarquer néanmoins que, sous le rapport de leur richesse en alcalis , les végétaux sont soumis à une loi d'après laquelle la quantité d'atomes d'oxygène qu'ils contiennent reste toujours constante <.

Les principaux éléments minéraux que l'on trouve dans les cellules végétales se rencontrent aussi dans les cellules animales. Pendant leur jeunesse, le:$ cellules des deux règnes ne se ressemblent pas seulement par lu qualité de leurs élément^ constitutifs, mais encore par la quantité de ceux-ci. Toutefois les cellules végétales .sont plus riches en alcalis, tandis que dans les cellules animales c'est la proportion d'acide phosphorique qui l'emporte ; encore ce caractère distinctif man({ue-t-il dans les premiers moments de la formation cellulaire. Pendant tout le temps ({ue les albuminoïdes (protoplasma) prédominent dans les cellules végétales, les phosphates s'y trouvent aussi. Dès que les hydrocarbures commencent à apparaître, ces sels diminuent de quantité et sont remplacés par la potx'^se. I^s organismes animaux sont riches en phosphates de chaux, phospliates do .soude et de potasse ; tantôt ces sels ont une réaction alcaline , tantôt ils sont acides. I^s sels acides PO'* NaO 2H0 et PO*^ KO 2H0 appartiennent au suc musculaire et à l'urine; les combinaisons alcalines PO'*2NaO HO et PO'* 2K0 HO se retrouvent, au contraire, très-abondamment danslesang. Dans les tissus solides, tels que les os et les dents, le phosphate de chaux est à l'état de sel tribasi({ue PO'^SCaO. Quand il se rencontre eu solution dans les liquides animaux, il est, soit à l'état de sel acide (PO* CaOJSHO dans l'urine), soit dissous à la faveur de Tacide carbonitiue libre ou d'un acide oi^aniijue ; «l'ordi-

(') Liebig, Die Chemie in ihrtr Antcenduwj auf Af/ricultur wid Fhytioliïgie^ 7« édit t. II. Brauntchweig 1862.

Page 1