FONCTIONS D£ LÀ MOELLE EPINIÈRE
inonti*é. Il existe des poisons qui augmentent les réflexes et d'autres qui les diminuent ; mais il est à remarquer toutefois que les premiers , dont le type est la strychnine , après avoir exalté les réflexes , finissent par en amener la paralysie, et que les seconds, tous les narcotiques par exemple, avant de produire la paralysie des réflexes, en déterminent d'abord une exaltation trèspassagère, il est vrai. L'opium agit surtout de cette manière, le curare également, mais à un plus faible degré. Quand V intensité de V excitant augmente , les secousses réflexes s'étendent à peu près de la manière suivante : 1® l'excitant est -il faible, les secousses ne se produisent que dans la moitié du corps correspondante à la partie excitée (loi de la transmission d'une excitation unilatérale au même côté). 2^ Quand l'excitant est un peu plus fort, les muscles du côté opposé peuvent entrer en contraction, mais toujours leur contraction est plus faible au début et ne porte que sur les muscles analogues à ceux qui sont contractés dans le côté excité (loi de l'inégalité du réflexe au début et loi de la symétrie des réflexes). 3» Quand le réflexe est modéré , la contraction porte d'abord sur des muscles dont les nerfs naissent à peu près au même niveau que les nerfs seasitifs excités ; à un degré plus élevé , les muscles dont les nerfs partent du bulbe entrent en contraction , et enfin les secousses s'étendent à tous les muscles du corps (loi du triple début des mouvements réflexes). Ces différentes lois ne peuvent s'étudier que lorsque l'excitabilité réflexe est de moyenne intensité ; quand elle est trop faible, les excitations les plus fortes ne parviennent pas à déterminer des mouvements qui dépassent le premier degré; quand l'excitabilité est, au contraire, trop forte, des excitations môme très-faibles peuvent entraîner la contraction réflexe de tous les muscles du corps.
b) Le temps de V excitation latente ^ temps qui s'écoule entre le moment où agit l'excitant et le début de la contraction , est assez long pour les mouvements réflexes ; il est, d'après Helmholtz , environ il à 14 fois plus long que poui' l'excitation directe des nerfs moteurs. La vitesse de transmission dans les nerfs sensitifs étant très-probablement la même ([ue dans les nerfs moteurs, et la vitesse de transmission dans la moelle étant, d'après Schelske, égale à celle dans les nerfs périphériques, l'augmentation du temps de l'excitation latente ne peut donc être attribuée qu'à un ralentissement considérable dans la vitesse de transmission par la substance grise. La transmission rencontre dans celte substance des obstacles qui peuvent expliquer ce ralentissement. Si, nous reportant à ce que nous avons dit au § 173, nous envisageons le phénomène comme une mise en liberté de forces de tension, il nous faudra admettre que, dans les phénomènes de transmission à travers la substance grise, les forces paralysatrices sont très-considérables et que, par conséquent, la force moléculaire que vient accroître l'excitation périphérique a besoin d'un temps plus long pour atteindre le point où elle peut mettre la foi*ce vive en liberté. A cette manière de voir se rattache encore un phénomène remarquable qui établit une nouvelle différence entre les excitations par voie réflexe et les excitations directes. L'organe réflecteur ne réagit pas contre une excitation unique très-rapide comme, par exemple, une secousse d'induction isolée même énergique, tandis qu'il répond à des excitations plus faibles mais
continues, comme, par exemple, une série successive de secousses d'induction OU des agents chimiques. Nous avons déjà signalé quelque chose d'analogue, quoique à un moindre degré , pour l'excitation directe des nerfs ; il iaut alors aussi que l'excitant agisse pendant un certain temps pour produire son eiet (§ 163, 2). II ressort de tout cela que l'organe réflecteur se comporte comme un nerf isolé; nous n'avons donc aucune raison de supposer qulabstradioii faite de l'intensité des forces paralysatrices les phénomènes qui déterminent la réflexion difl'ërent de celui de la transmission de l'excitation dans les nerfis pé* riphériques.
c) Influence des centres situés plus haut. Quand les centres situés plus haut, et surtout l'encéphale, restent adhérents à la moelle, les réflexes présentent des irrégularités nombreuses. Les mouvements volontaires troublent les phénomènes de propagation des réflexes et, de plus, l'excitabilité réflexe est toujours amoindrie lorsque ces centres restent intacts ; en d'autres termes, la décapitation exagère l'excitabilité réflexe. 11 nous faut donc admettre qu*aùsâ longtemps que la moelle reste sous l'influence des centres situés au-dessus, cel organe oppose des résistances à la réflexion des excitations. Il est trës-probaUe que cette influence paralysatrice des centres supérieurs est due à une excitation continue exercée par eux sur la moelle. Ce qui tend à le prouver, c'est que 1<> l'excitation des centres ou de quelques-unes de leurs parties (la couche optique chez la grenouille, d'après Setschenow) augmente cette influence paraly satficc, et que 2«» d'autres excitations encore, celle des nerfs cutanés par exemple, diminuent l'excitabilité réflexe de la moelle de telle sorte que, si l'on obtient des réflexes en excitant d'une certaine quantité le nerf sensitif a , c£s réflexes n'appai'aissent pas lorsque le nerf sensitif h est mis en même temps en excitation dural)le (Schifl).
Les phénomènes réflexes signalés déjà par Prochaska n'ont été étudiés expérimentalement que par Marshall Hall et par J. Millier. Le premier de ces physiologistes crut devoir admettre, pour les expliquer, des fibres nerveuses spéciales. rvflejco-motrices ; mais Millier déclara cette hypothèse inutile , et la connaissance des conditions particulières de transmission dans la moelle est venue lui donner raison. Les excitations isolées même assez fortes ne produisant pas en généra! des mouvements réflexes , Setschenow a cru devoir admettre , dans ces deniiers temps, qu'il existe dans la moelfe des conditions paralysatrices spéciales; nous pensons cependant que tous ctîs phénomènes peuvent s'expliquer, ainsi que la plus longue durée de l'excitation latente , par les principes généraux de la transmission dans les organes nerveux. Tous les auties faits signales par Setschenov ne nous paraissent pas militer en faveur de son hypothèse. L'action paral\satrict; exercée par les centres cérébraux sur les réflexes de la moelle s'appuie , au contraire , sur des faits beaucoup plus sérieux. L'on savait depuis longtemps que la décapitation exagère Texcitabilité réflexe; ce phénomène a été expliqué de deia manières : Schill' supposa que l'intensité de l'action exercée par l'excitation hïïc une voie de transmission est diminuée en raison du nombre considérable de voies de conduction qu'elle rencontre dans les organes centraux; Setschenow admit, au contraire , que certaines parties centrales sont de véritables appareils paralysa teiu>. Setschenow dit , à l'appui de son hypothèse , que l'excitation des couches optiques et celles des tubercules quadrijumeaux diminuent l'excitabilité ; mais il ressort des