TISSUS VÉGÉTAUX. — ORGANES VÉGÉTAUX
contre jamais dans les végétaux. La couche dense de cellulose qui entoure les cellules et les vaisseaux des plantes rend un tissu spécial de protection et de soutien tout à fait inutile. Dans les tissus animaux, au contraire, les tissus de substance connective (tissus connectif, cartilagineux, osseux) sont destinés à cet usage. Eux aussi entrent fréquemment dans la composition des organes.
§ 16. — Tissas végétaux.
Ces tissus sont :
4® Le tissu de cellules. Il est formé de cellules juxtaposées laissant quelquefois entre elles des fentes ou des espaces plus considérables remplis d'air ou de sucs végétaux (canalicules intercellulaires , lacunes intercellulaires). Dans les parties molles des végétaux, les cellules ont des côtés à peu près égaux et affectent ainsi une forme arrondie ou polyédrique (tissu de parenchyme) ; dans l'écorce et le bois, les cellules sont, au contraire, allongées et se soudent bout à bout (tissu de prosenchyme).
2o Le tissu vasculaire. Les vaisseaux sont les éléments de ce tissu; eux aussi dérivent de cellules disposées bout à bout, mais dans lesquelles les cloisons intermédiaires se sont résorbées. Les vaisseaux sont de longs conduits réunis en faisceaux (faisceaux vasculaires), dont la direction dans la tige est toujours longitudinale.
La structure de la paroi des vaisseaux dépend de la structure de la paroi de la cellule formatrice. Les couches concentriques de cellulose de la paroi vasculaire s'écartent cependant les unes des autres , de manière à former des spirales, des anneaux, des réseaux autour du vaisseau (vaisseaux spiraux, annelés, réticulés). Jamais les tissus vasculaires ne forment à eux seuls toute une plante ; car entre les vaisseaux se trouvent toujours des séries de cellules, principalement de cellules de prosenchyme.
§ 1 7. — Organes végétaux.
L'organisme végétal ne contient que deux ordres d'organes, les organes de Vaxe et les tissus de la feuille. Mais tige et feuilles sont formées par la réunion des deux tissus végétaux élémentaires , cellules et vaisseaux ; elles ne diffèrent que par l'arrangement de ces éléments.
Les organes de Taxe sont constitués par un parenchyme de cellules sillonné dans le sens de la longueur par des faisceaux vasculaires. Tantôt ces vaisseaux sont répandus dans tout le parenchyme (monocotylédonées) ; tantôt, au contraire, ils sont rangés en cercles plus ou moins nombreux (dicotylédonées). Les faisceaux vasculaires sont limités en dehors , du côté de l'écorce , par une couche longitudinale de cellules de prosenchyme ; entre les vaisseaux et ce prosenchyme existe ime couche de cellules molles (cambium , zone génératrice), dont la soudure peut 'former de nouveaux vaisseaux. Les cellules de la moelle se continuent entre les différents faisceaux vasculaires avec les cellules de l'écorce. Celle-ci est formée de trois couches superposées , une interne de cellules à chlorophylle, une moyenne (couche subéreuse) constituant le liège, dont les
cellules contiennent souvent de Tair , et enfîn une couche externe , Tépiderme, constituée par des cellules remplies aussi, en partie du moins, par de l'air, et soudées latéralement entre elles.
Comme les organes de Taxe, le tissu de la feuille est formé par des cellules et des faisceaux vasculaires. Les vaisseaux sont la continuation de ceux qui existent dans Taxe ; à peine arrivés dans la feuille, ils s'écartent les uns des autres, et dans leur écartement sont logées les cellules. Ces vaisseaux irradiés dans la feuille s'anastomosent entre eux et forment ainsi un réseau. Les cellules coraj)rises dans ce réseau contiennent de la chlorophylle et sont limitées sur les deux surfaces de la feuille par l'épiderme. L'épiderme est formé luimême par des cellules qui , à la face inférieure de la feuille surtout , laissent entre elles des fentes (stomates) conduisant dans des vacuoles aériennes situées entre les cellules vertes du parenchyme; ces vacuoles aériennes servent d'organes respiratoires aux végétaux.
Les organes floraux ne sont en réalité que des feuilles modifiées; les vaisseaux des sépales, des pétales et des étamines sont tout à fait les analogues de ceux des feuilles ; l'ovule et le pollen sont le résultat de modifications spéciales des cellules du parenchyme.
§ 1 8. — Tissus animaux.
Les tissus de l'organisme animal sont de trois espèces :
1" Tissus formés par juxtaposition réfjidière des cellules. Tous les Ussus épidermiquQs se rattachent à ce groupe. Dans ces tissus les cellules n'ont éprouvé d'autres changements (jue ceux dus à la compression régulière qu'elles exercent latéralement les unes sur les autres ; aussi , en raison même de leur accroissement en tout sens, les voit-on prendre des formes arrondies , polygonales ou aplaties.
D'autres fois cependant leur croissance se fait surtout en longueur, et les cellules deviennent cylindriques. Les épithéliums, disposés sur une ou plusieui^s couches, recouvrent la peau, les muqueuses digestives et respiratoires, ainsi (jue les cavités séreuses. Les ongles et la suhstance cornée ne sont que des produits épithéliaux modifiés. I-.eurs cellules sont peu larges, très-allougét^ et tellement soudées les unes aux auti'es qu'elles semblent former uu tissu homogène.
I^'s cellules du tissu glandulaire ont, par leur forme, une grande analogie avec les cellules épithéliales. En se réunissant, elles forment un tissu composé de cellules non moiliiiées. Ces cellules constituent la partie sécrétante des glandes , dans la stnicture des({uelles entrent encore beaucoup d'autres éléments. Ces cellules sont tantôt arrondies , tantôt elliptiques ; le plus souvent elles sont plu» molles. Elles se détruisent d'ordinaire très-vite, et se retrouvent dans le liquide sécrétt'*, dentelles forment une partie constituante (cellules ducolostrum« globules inuqueux); (rautres fois ce|>endant elles ()ersistent plus longtemps, et ce n'est ({u'après leur destruction complète iprelles passent dans la sécrétion.
Le tissu musculaire fîirnie un troisième groupe de cette classe de tissus. On peut dire que les cellules du tissu musculaire sont aux cellules du tissu
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épithélial et glandulaire ce que les cellules du prosenchyme sont aux cellules du parenchyme. Dans les muscles le tissu musculaire est toujours intimement uni à d'autres tissus , surtout au tissu connectif. Le tissu musculaire se divise lui*-mème en deux variétés, dont la structure et la fonction sont différentes : le tissu musculaire lisse et le tissu mustyalaire strié.
Le tissu du cristallin doit être rapproché du tissu musculaire. La partie essentielle de cette lentille est formée de fibres aplaties , fibres du cristallin , qui sont transparentes, et contiennent un noyau central. Lesûbres qui forment les couches extérieures de la lentille sont plus molles , on peut y constater une membrane enveloppante; celles, au contraire, qui sont situées au centre sont durcies et leur consistance est la même dans toute leur épaisseur.
Au point de vue du développement les fibres du cnstallin ne sont que des cellules allongées; chez presque tous les animaux, en effet, cet organe n*est qu'une production épithéliiale due à un enfoncement du tégument externe. Chez les animaux dont le tégument extérieur n'est pas formé de cellules (les arthropodes à carapace de chitine), ou ceux chez lesquels le cristallin ne se développe pas aux dépens de la peau (la plupart des mollusques) , la structure de la lentille n'est pas la même.
Les prismes de l'émail dentaire se comportent de la même manière que les fibres cristalliniennes. Il est impossible de démontrer leur structure cellulaire , car jamais on ne peut y constater un noyau, même sur des prismes ramollis; et cependant il paraît probable que ces prismes dérivent des épithéliums cylindriques de l'organe de J 'émail, ce qui leur assignerait une origine identique à celle des fibres du cristallin. La question du développement de l'émail est au reste encore des plus obscures.
2® Tissus formés par fusion des cellules. Dans ces tissus, les cellules, en Se développant , se sont allongées, disposées bout à bout, et leurs cloisons intermédiaires se sont résorbées. A ce groupe se rattachent le tissu nerveux et le tissu des capillaires.
Le tissu nerveux est caractérisé par Texistence de cellules isolées, développées uniformément en tout sens, arrondies par conséquent , disséminées au milieu de fibres nées de la fusion d'autres cellules. Ce tissu contient donc deux éléments : les cellules nerveuses et les fibres nerveuses. Ce sont ces dernières fjui seules doivent rentrer dans le groupe qui nous occupe ici, les cellules nerveuses pouvant au contraire être envisagées comme des cellules non modifiées. Il est toutefois à remarquer que les cellules nerveuses se continuent avec les fibres nerveuses, prolongements de ces cellules ou de leurs noyaux.
Les capillaires forment la seule section du système vasculaire qui soit constituée par un tissu homogène d'origine cellulaire. Comme les fibres nerveuses, ces vaisseaux proviennent de cellules allongées, rangées bout à bout, et dont la cloison intermédiaire a disparu. Les capillaires diffèrent cependant des fibres nerveuses par deux points : 1<* les cellules formatrices des capillaires ont une grande tendance à émettre des prolongements qui communiquent entre eux de telle sorte que tous les capillaires forment ensemble des réseaux; les cellules formatrices des fibres nerveuses, au contraire, ne s'accroissent que dans une seule direction; aussi ne voit-on dans toute leur longueur aucune division (les divisions des fibres nerveuses et même l'anasto •
inose de ces fibres ne s'observent pas dans les organes périphériques (') ; 2" les capillaires , en raison de leur continuité avec le système vasculaire , ont perdu leur contenu propre; le protoplasma des cellules formatrices fait place au liquide sanguin ; il n'y a donc plus que la membrane de la cellule qui persiste et devient la paroi du capillaire.
Au point de vue de leur formation , les fibres élastiques et les réseaux élastiques devraient prendre leur place entre les tissus du premier et du second groupe. En effet, ils naissent d'une cellule qui s'allonge, qui émet des prolongements se soudant à des prolongements voisins et formant ainsi un réseau. Mais, comme ces tissus élémentaires sont toujours mélangés à ceux du troisième groupe , nous les étudierons avec ceux-ci.
3» Tissus formés par des sécrétions de cellules. On pourrait les désigner sous le nom de tissus de substance intercellulaire; leur partie essentielle est, en effet, formée par une substance intercellulaire sécrétée par les cellules et par un accroissement considérable du protoplasma. Tous les tissus de substance connective (tissu connectif , tissu osseux , tissu cartilagineux) se rattachent à ce groupe.
I^ tissu connectif sert d'enveloppe et de moyen d'union à tous les organes du corps. D varie beaucoup , surtout au point de vue de sa cohésion ; mais partout et toujours son développement est le même. Tout tissu connectif naît de cellules arrondies contenant un protoplasma mou et un noyau plus dur. Ces cellules sécrètent une substance intercellulaire , homogène d'abord, se segmentant plus tard en lamelles ou en fibres, substance. intercellulaire dont la quantité et la consistance augmente toujours.
La variété de tissu connectif qui conser\e le mieux sa forme primitive est le tissu muqueux. Chez beaucoup de mollusques il constitue une grande partie du corps de l'animal , mais chez les vertébrés il ne se trouve guère que pendant leur période embryonnaire (gelée de Warthon , tissu muqueux sous-cutané). Voici sa structure : une substance intercellulaire molle, presque liquide, contenant de nombreuses granulations, et de ci de là quelques cellules étoilées avec prolongements anastomosés.
Chez les vertébrés, le tissu muqueux donné naissance d'ordinaire au tissu connectif fibrillaire , dans lequel la substance intercellulaire s'est divisée en fibrilles d'une grande finesse. Ces fibrilles se réunissent d'ordinaire en faisceaux plus gros, faisceaux de tissu connectif. Dans cette variété de tissu connectif, la forme des cellules est très- modifiée. En raison de l'accroissement de la substance intercellulaire ou fondamentale , la cavité originelle de la cellule a disparu de telle sorte qu'elle n'est guère plus grande que le noyau qu'elle contient. La cellule émet en outre de nombreux prolongements anastomosés entre eux, qui, sous forme de fibres et de réseaux élastiques ^ constituent un système de canalicules très-fins , permettant aux liquides nourriciers de circuler dans le tissu. Un grand nombre de ces cellules contiennent des granulations pigmentaires , et ont alors un volume plus considé-
(h Voy. le chapitre du Système nerveux.