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COPULATION ET FÉCONDATION

Lorsque la fécondation , au lieu de se faire dans la cavité utérine , se fait dans l'oviducte ou dans la cavité abdominale, il se produit une grossesse extra-utérine ovarique ou abdominale (*).

La condition essentielle de la copulation est l'érection de Torgane mâle. L'érection consiste en une augmentation considérable de volume et de dureté du pénis. Pendant l'acte de la copulation , les organes sexuels mâles et femelles ne constituent plus, en réalité, qu'un seul canal, qui s'étend depuis l'ouverture des canaux éjaculateurs, à travers la partie antérieure de l'urèthre de l'homme, élargie par l'érection, jusqu'au museau dé tanche, élargi aussi par voie réflexe; dans la plupart des cas, le gland' vient en contact avec cette extrémité vaginale de l'utérus. La racine du pénis est en même temps fortement embrassée par le clitoris en érection. La pression réciproque qu'exercent l'un sur l'autre les deux organes érectiles détermine , chez l'homme comme chez la femme , mais surtout chez le premier, des mouvements réflexes qui font pror gresser le sperme et produisent l'éjaculation. Les fibi*es musculaires lisses des^ canaux déférents et des vésicules spermatiques entrent en contraction péristaltique et poussent le sperme dans le canal de l'urèthre ; les contractions rhythmiques des muscles insérés sur les corps caverneux (les ischio et bulbocaverneux) le chassent à leur tour hors de ce canal.

Le gonflement des organes génitaux érectiles , pénis et clitoris , est dû à la dilatation sanguine du tissu caverneux qui les constitue. Leurs lacunes sont élargies et les parois qui les limitent sont tendues ; aussi tout l'organe devientil plus volumineux et rigide. Sur le dos de la verge , la peau est assez tendue; il faut donc que le pénis , en augmentant de volun>e , se relève et prenne une forme légèrement concave du côté de l'abdomen , forme qui correspond exactement à celle du canal vaginal. Ce qui prouve que la distension des espaces lacunaires des corps caverneux est la cause réelle de l'érection du pénis et du clitoris, c'est que sur le cadavre on peut artificiellement reproduire le phénomène en injectant par les vaisseaux. Sur le vivant, la dilatation sanguine est probablement passive ; elle est sans doute produite par la paralysie momentanée des muscles , des vaisseaux et des fibres musculaires qui entrent dans la structure des trabécules du tissu caverneux. D'après Eckhard, l'excitation de certains nerfs (nerfs érecteurs) qui passent du plexus lombaire dans le plexus sacré et , de là , dans les corps caverneux, y détermine directement la stase sanguine ; Loven a constaté , en eflet , que l'excitation de ces nerfs amène la dilatation des rameaux artériels qui se rendent au corps caverneux. C'est évidemment par action par alysatrice que se produit le phénomène. Pendant la copu-

être fécondée dans les quelques jours qui prëcëdent cette époque, et alors, la congestion utërine concordant avec la rupture de la vésicule de Graaf, Tovulc n'est pas encore arrivé dans la cavité utérine au moment où la fécondation prémenatruelle 8*opère. (A. B.)

(*) Leukart, article Zeuyung, — Bisclioff, Bestdtiguny des Ehulringens der Spermat. in dos El. Giessen 1854. — Meissner, Zeitèchrift f. wiêsenach. Zoologie y t. VL — Sims, £!hirurjie utérine. Paris 1867. — Kussmaul, Mangel^ VerhrUmmerung etc. der Gebiirmutter. Wûrzburg 1859.

lation , c'est à un réflexe parahjsateur qu'est due l'érection. Les nerfs nutritifs pénicns qui se rendent à 1^ moelle épiniëre , déterminent , probablement par leur propre excitation et par voie réflexe , celle de ces nerfs paralysateurs. Tout l'acte de la copulation consiste sans doute en un grand nombre de réflexes moteurs et paralysateurs. C'est ainsi que l'on peut expliquer la fatigue du système nerveux , de la moelle surtout , qui , chez l'homme, suit Tacte de la copiilation.

L'on attribuait autrefois le phénomène de rérection à l'action des muscles iscfaioet bulbo-caverneux. D'aprî^s G. Krause, les muscles ischio-cavemeux pressenties 6orps caverneux contre les branches descendantes du pubis et compriment la veine dorsale ; d'après Kobelt^ cette veine, ainsi que les veines bulbeuses, sont comprimées directement par la contraction du bulbo-cavcrueux, dont le tendon enveloppe le bulbe. Ces théories tombent d'ellcs-niûmes devant le fait suivant: la contraction de cesdeqx muscles dépend de notre volonté , tandis que le phénomène de l'érection est tout i fait involontaire ; Ton n'arrive jamais non plus à produire l'érection par Télectrisatioo de ces muscles. Kôlliker découvrit les fibres lisses dans les trabécules des corps a* verneux ; il supposa que l'érection est un phénomène passif déterminé pai* la disparition momentanée de la tonicité musculaire de ces fibres. Les recherches d'Eckfaani prouvent l'influence de l'innervation sur l'érection , mais elles ne nous expliquent pas la cause immédiate de la stase sanguine ; après les découvertes de Loven , nous ne saurions plus révoquer en doute que dans ce cas encore c'est à l'innervation des vaisseaux et surtout à une innervation paralysatrice que le phénomène est dû(i) (voy. § 122).

§ 219. — Gestation et parturition.

Le début de la gestation n'est caractérisé par aucun symptôme certain. Ce n'est qu(i pendant .sa durée qu'elle se traduit par la suppression de la menstruation , par le gonflement des seins et souvent par des symptômes généraux pathologiques. De tous ces symptômes, il n'en est aucun qui soit constant, le flux menstruel lui-même persiste quelquefois pendant les premiers mois. Les causes des phénomènes de la gestation nous sont pour la plupaii encore in* connues. On peut explifjuer la suppression de la menstruation, par ce que IV flux sanguin est exclusivement employé pendant la gestation à la nutrition de l'œuf. Lin grand nombre de phénomènes , le vomissement , les désordres de la circulation et de la digestion , peuvent s'expliquer par la pression mécanique exercée par lu distension de Vutèrus. La durée normale de la gestation est de 280 jours, (10 mois lunaires) , elle peut être un peu plus longue ou plus courte, et, à 8 mois lunaires, l'enfant est d'ordinaire viable.

La parturition s'annonce par les douleurs dues aux contractions intermittentes de l'utérus . Ces contractions poussent l'œuf vers l'ouverture \*aginale de la matrice. Le col utérin se raccourcit et son ouverture se dilate, les enveloppes de l'œuf se présentent au-devant de cette ouverture cotnme une vessie gonflée,

0)Kobelt, IMe Wolluaionjane. Freîburg 1844. — KolUker, VerhaiicU, der rTurshur^f OeseïUchaft. 1851. — Eckhard, Ueiira<je zur Aiiat. u. P?iysioL, t. II. ~ Loven, Berkkt tt. sikhs. Oes., 18GG.

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qui se rompt , laisse écouler les eaux de Tamnios et livre passage à la partie du fœtus qui se présente , (la tète d'ordinaire) et enfin à tout le corps de l'enfant. Les contractions de l'utérus continuent, le placenta se détache de la paroi utérine, est expulsé et constitue Tarrière-faix.

Après l'accouchement , toute la surface interne de l'utérus est dépouillée de sa muqueuse, elle constitue. une véritable plaie qui sécrète d'abord un exsudât sanguinolent, purulent ensuite et enfin séreux (lochies); cette plaie se cicatrise peu à peu , parce que une nouvelle muqueuse se reconstitue.

Les mouvements qu'exécute Tutérus pendant la parturition sont identiques à ceux qu'exécutent tous les organes à fibres lisses. Ces mouvements péristaltiques partent du col utérin et s'étendent au corps de l'organe , qui comprime alors le fœtus. D'après Budge et Valentin , le centre moteur des contractions utérines se trouve dans le cervelet. Spiegelberg a démontré qu'en excitant cet organe , on produit toujours des mouvements de la matrice. Ce dernier auteur a pu constater encore que la moelle épinière (région lombaire et sacrée) peut produire des contractions ou paralyser les contractions préexistantes. Schiff explique ce dernier fait par. sa théorie générale et dit que les phénomènes paralysateurs ne sont que des phénomènes de fatigue ; il est permis cependant d'admettre que- la moelle fournit à l'utérus deux espèces de fibres nerveuses, les unes excitatrices, les autres paralysatrices. C'est probablement par les anastomoses du plexus solaire avec la moelle épinière et avec le plexus sacré que les fibres , parties du cervelet et de l'axe médullaire se rendent à l'utérus. Kilian avait prétendu que l'excitation du pneumo-gastrique détermine des contractions utérines; mais jamais Spiegelberg n'a pu vérifier cette assertion; car, dit-il, si l'utérus entre alors en contraction , c'est à la stase sanguine déterminée par l'arrêt du cœur qu'il faut l'attribuer. La stase sanguine produirait toujours ces contractions , et Spiegelberg est assez disposé à attribuer les douleurs de l'accouchement à des arrêts dans la circulation locale plutôt qu'à des phénomènes d'innervation cérébelleuse ou spinale.

Nous renvoyons aux traités d'accouchement pour l'étude approfondie des phénomènes de la grossesse et de l'accouchement.

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