COHÉSION. — ÉLASTICITÉ
Voici les moyennes données par Weilheim (*) pour les principaux tissus.
Os 7,76
Tendons 6,94
Nerfs 0,93
Artères 0,16
Muscles 0,054 ; Veines ... . . 0,12
La cohésion du tissu musculaire diminue avec Tâge; c'est ce qui résulte des chiffres suivants :
i an 0,C7
30 ans 0,026
74 ans 0,017
Après la mort, en raison delà putréfaction, la cohésion diminue considérablement. Les différents tissus se comportent différemment sous ce rapport. C'est dans la substance musculaire qne cette diminution de cohésion apparaît en premier lieu (deux jours déjà après la mort).
§ 23. — Élasticité.
Pour Y élasticité, les tissus se comportent à peu près comme pour la cohésion. Les tissus mous ont en général une très- faible élasticité; en d'autres tenues, ils n'opposent qu'une résistance très-petite aux forces extérieures qui tendent à faire changer leur forme. Les tissus mous, très-riches en eau, ont de plus une élasticité imparfaite, c'est-à-dire qu'ils ne reprennent pas exactement leur forme primitive quand la force extérieure cesse d'agir. Au cou tr^re, d*autres tissus , comme le tissu musculaire et le tissu élastique par exemple, .sont doués d'une élasticité parfaite, et il faut que les forces extérieures aient agi d'une manière fort intense pour que, quand elles cessent d'agir, <"€« tissus ne puissent plus reprendre leur forme primitive.
La cohésion est la résistance opposée par un corps à sa dilacé ration ; VrlasticHA est la résistance opposée par ce corps à des changements de forme.
On mesure l'élasticité par le degré de changement de forme qu'une force extérieure connue peut faire éprouver à un corps. Un corps est donc très-élastiquo ^omà il faut des forces considérables pour lui imprimer une modification de forme; et il est peu élastique quand les forces nécessaires, pour produire le même phénoii^ène, sont faibles.
Vélasticité parfaite est la propriété que possède un corps de revenir exactement ^ sa forme première. Le plomb est très-élastique, mais son élasticité est imparfaite ; le caoutchouc, au contraire, est peu élastique, mais parfaitement élastique.
L'élasticité étant la force de résistance opposée par un corps aux différentes modifications de forme, on ne saurait la mesurer uniquement par le poids nécessaire pour allonger ce corps; il faut, en outre, tenir compte de la force capable de le déprimer ^u de lui imprimer des vibrations longitudinales ou transversales La résistance apposée par le corps à toutes ces modifications est naturellement la môme. Plus ^ corps présente de résistance pour se laisser étirer, moins aussi il est facile de le ^«primer ou de lui imprimer des vibrations autour de son centre de gravité.
0) Wertheim, Annales de chimie et de physique, 3® sërie, t. XXI, 1847.
Les ^s^m^ végétaux ou animaux qui sont rigides et pauvres en eau comme le hoîs, YùSy 9ont très-élastiques, et se comportent par rapport aux poids ({ui tendent à les allonger exactement comme les corps inorganiques rigides. Leur allongement est proportionnel au poids. Les tissus mous^ peu mais souvent parfaitement élastiques ne se comportent pas de même ; les allongements produits fiur eux par des poids considérables sont proportionnellement plus petits que ceux que produisent des poids faibles.
La cause de cette différence réside dans la grande extensibilité des tissus mous, en vertu de laquelle des poids très-fiiibles suffisent pour les allonger d*une quantité qu'il est tout à fait impossible d'atteindre avec les corps rigides Chez ces derniers, en effet , la limite de cohésion est atteinte bien plus tôt que chez les premiers. En >'ariant beaucoup les poids dont on se sert, on remarque toutefois que, même pour les corps rigides, la loi d'après laquelle les allongements sont proportionnels aux poids n'est pas parfaitement exacte j et qu'eux aussi se comportent comme les tissus mous.
On peut représenter graphiquement la loi de l'élasticité de tous les corps, y compris les tissus organiques mous de la manière suivante. Tracez une abscisse horizontale représentant les forces nécessaires pour les changements de forme (poids), élevez sur cette abscisse, des ordonnées verticales exprimant la quantité de changements de formes produits.
- Pour des différences faibles d'allongement, les abscisses et les ordonnées croîtront d'une manière égale ; tandis que pour des différences d'allongement plus considérables , l'accroissement des ordonnées est plus faible que celui des abscisses. Dans la Fig. 5 il est à remarquer que pour la courbe AB, les ordonnées (les allongements) sont proportionnelles aux abscisses dans la partie comprise entre Aa, aussi cette première partie de la courbe est-elle presque une ligne droite. Au contraire , dans la partie de cette courbe comprise entre A&, les ordonnées augmentent plus lentement que les abscisses, d'où la ligne AB est une courbe dont la concavité est dirigée vers les abscisses.
La seule différence entre les corps rigides et les tissus mous , c'est que pour les premiers, même avec des poids considérables, il est impossible de dépasser la partie Aa de la courbe AB, tandis que pour les tissus mous il suffît de poid^^ très-faibles pour aller au delà de cette limite.
La courbe représentant le rapport des poids et des allongements est pour des différences peu considérables sensiblement une ligne droite ; pour des différences plus grandes, au contraire, elle devient une hyperbole. Pour les corps rigides, la lign^ droite suffit, en général, à exprimer ce rapport, pour les corps mous, Thyperbole. Mais quand les changements de forme sont considérables , Thyperixile elle-méine ne suffit plus, et il faut alors prendre des courbes de troisième , quatrième ordre et au delà.
Outre la propriété de se prêter à des changements de forme plus considérable? les tissus organiques en possèdent encore une autre qui les fait différer des corps inorganiques.
En effet, quand la force extérieure qui a déterminé un changement momentané de forme, cesse d*agir, les tissus organiques continuent pendant longtemps encore i modifier leui* forme dans la même direction ; c'est-à-dire que quand un tissu a ét^ allongé par un poids qu'on y laisse suspendu , ce tissu continue à s'allonger consécu-
i»KOPJiib:Tt:s opTigiJEfcï.
livemcut, et cela d'une manière très-lente et telle que rallongement n'est pas encore à 8on maximum même après des jours, voire des mois.
Ce changement de forme supplémentaire en quelque sorte est désigné sous le nom d'élasticifé consécutive. Ce phénomène appartient à tous les corps élastiques, seulement rélasticité consécutive est plus faible pour les corps rigides, et agit moins longtemps que pour les corps mous. Il est probable que cette différence est en rapport avec la plus grande extensibilité des tissus (<).
Le poids capable d'allonger de i mètre un corps de 0™,001 carré de section sur 4 mètre de longueur (à condition bien entendu que ce changement de forme ne dépasse pas toutefois la limite de cohésion) est dit le coefficient d'élasticité du corps. Les chiffi*es suivants indiquent les coefficients d'élasticité des principaux tissus , le point de départ étant un poids de 0.
Os 2264
Tendons 1,6693
Nerfs i,0905
Muscles 0,2734
Artères 0,0726
On remarque d'aulaiit mieux combien les coelTicients d'élasticité des tissus sont faibles en se rappelant que celui de l'acier fondu est de i,9881.
C'est Ed. Weber qui le premier découvrit, en étudiant la substance musculaire, les différences d'élasticité que présentent les tissus organiques et les corps rigides ; c'est Wertheim qui, après lui, étudia sous ce rapport tous les autres tissus. Tous les deux , ainsi que plus tard Volkmann , admirent que ces différences sont spécifiques ; ils crurent que toujours les courbes d'élasticité sont pour les corps inorganiques rigides une ligne droite, et pour les tissus organiques une hyperbole ou une courbe analogue. C'est moi qui ai démontré que cette manière de voir n'est pas juste, et (pie les différences d'élasticité ne tiennent qu'à la plus grande extensibilité de ces tissus (2).
§ 24. — Propriétés optiques.
Tous les tissus oi*ganiques possèdent un pouvoir de réfringence plus grand que celui de Teau. Il n'a pas encore été fait de travaux spéciaux pour mesurer ce pouvoir dans les différents tissus ; mais cependant l'examen des contours qu'ils présentent sous le microscope nous donne déjà quelques indications à ce sujet.
C'est ainsi que nous reconnaissons les différentes parties de la cellule, membrane, contenu, noyau etc., uniquement parla manière dont chacune d'elles réfracte la lumière. Quand des éléments d'un tissu possédant une réfringence semblable sont juxtaposés, il est impossible de les distinguer par des moyens optiques ; aussi tous les tissus formés d'éléments dont lés indices de réfraction •^nt semblables, paraissent homogènes.
De toutes les substances qui entrent dans la structure des tissus , ce sont les ?i*aisses qui réfractent le plus fortement les rayons lumineux. Les substances élastiques et cornées possèdent également cette propriété à un haut degré.
l^) W. Webcr, Pogumdorfs Amialm, t. XX, 1836.
K^] Ed. Webcr, Muakelbeicegunjen in Wagner' s Handicùrterhuch d. Physiologie ^ t. 111 , 2** part. — Wertheim, a. a. O. Volkmann, Archiv /. Anatoniie u. Physiologie y 1859. — *^'undt, Die Lehre von der Muskelbeicegiing. Braunschwcig , 1853, und Zeiischrift f, ratlun. -^^cdizin , 30 série , t. VII.
IjCs albuniiuoldes, la substance intercellulairc donnant de la gélatine, le mucus sont doués d'une réfringence à peu près égale. Les solutions aqueuses (|ui i*en)plissont les vacuoles des cellules végétales, et qui forment le plasma des liquides animaux ont, au contraire, un indice de réfraction très-faible.
En couches minces, les tissus végétaux et animaux paraissent incolores. Si l'on examine des couches plus épaisses traversées par des rayons lumineux, ou voit que certains rayons sont plus absorbés que d'autres. D'après Sachs (*), les tissus végétaux posséderaient la propriété d'absorber surtout les rayons les plus réfractés, aussi , à mesure que leur épaisseur augmente, apparflissent-ils d'abord jaunes, puis rouges. Ce fait semble se vérifier aussi pour les tissus animaux. Les épi théliums, le cartilage sontjaunâtres quand ils sont en couches épaisses. La plupart des autres tissus animaux contietment du sang, auquel ils doivent leur couleur. Beaucoup de tissus des deux règnes doivent leur coloration spéciale à des substances colorantes déposées dans leur sein. Dans ces dernier» tissus, quand la couleur est intense, beaucoup de rayons disparaissent complètement, et on trouve alors dans le spectre lumineux tantôt des parties qui font défaut, et d'autres fois des i-aies sombres , analogues aux raies de Fraunhofer. La chlorophyle, par exempUe, donne des raies sombres dans le vert et le bleu ; une solution de la matière colorante des globules* sanguins donne dans le jaune des i-aies analojçues situées entre les raies D et E de Fraunhofer.
Pour étudier ces modifications du spectre, on met une certaine quantité d'une solution de la substance colorante dans un verre à réactif; on le place derrière on écran muni d'une fente, et on Texamine à travers un prisme Quant aux lecteurs qui désireraient une méthode d'analyse spectrale plus exacte, nous les renvoyons à notre Physique médicale, § i7i (-).
La manière dont se comporteitt les tissus par rapport à la lumière polarisée c»st bien plus importante ; car elle nous fournit une donnée plus sérieuse sur leur constitution moléculaire. Un corps dont les molécules sont uniformément disposés dans tous les sens, ne possède qu'une simple réfraction. Un corps? au contraire, dont la texture moléculaire présente des parties de densité différente suivant certaines directions, possède une double réfraction , c'est-à-dire qu'un rayon lumineux qui le traverse se partage d'ordinaire en deux rayons polarisés à angle droit. Le verre ordinaire n'a qu'une simple réfraction (milieu isotrope) ; si l'on vient à comprimer ou à étirer ce verre suivant une direction, il devient un corps à doub\e réfraction (milieu anisotrope).
Les corps à double réfraction peuvent, comme dans l'exemple précédent, réfracter plus ou moins fortement la lumière dans une direction que dans d'autres, pei*pendiculaires à la précédente, et cela quoique dans ces dernières directions son pouvoir réfringent soit le même que dans la première. U peut se faire encore que le rayon lumineux se propage à travers ce corps avec une vitesse différente suivant trois directions. Dans le règne inorganique, les cristaux nous offrent tous les trois cas possibles. Les cristaux du système régulier sont
P) Jul. Sachs, Experimentcdphynologie der Pflanzen* Leipzig 1865. (*) Wundt , Physique médicale j traduit par Monoycr. Paris 1870.
l>lU)l»HlKTt:i> OPTIQUES. 47
isoti*opes; ceux du système iétmgoual ou hexagonal, qui ont un axe principal inégal et deux ou trois axes secondaires égaux entre eux perpendiculaires au premier, possèdent, dans la direction de l'axe inégal , un pouvoir de réfraction plus petit ou plus grand. Quand ce pouvoir est plus grand , on dit que la double réfraction est positive, quand il est plus petit , on dit qu'elle est négative ; tous ces corps prennent le nom de corps à un axe optique. Les .cristaux des autres systèmes sont tous caractérisés par trois axes , que la lumière parcourt avec une vitesse inégale. On y trouve deux axes ne concordant pas avec \e» axes de cristallisation, qui se comportent d'une manière analogue à l'axe principal des corps à un axe optique. Aussi leur donne-t-on le nom de corps à dotihle axe optique.
Dans les corps organisés nous trouvons également tous les cas que nous venons de signaler dans le règne minéral. Outre les corps isotropes, on y rencontre des corps à un et à deux axes optiques. Presque tous les tissus figurés possèdent une double réfraction. Fréquemment dans un même tissu, en raison de la variété des éléments qui le constituent, l'intensité de cette réù*aclion varie ainsi que la direction des axes optiques. Dans le règne minéral, le cristal est l'expression de l'assemblage des molécules suivant des directions principales, assemblage que nous connaissons par les propriétés optiques. Dans les corps organisés en général , nous allons donc être obligés d'admettre une structure cristalline, et forcés d'en chercher d'autres preuves que celles tirées de la forme extérieure. La propriété d'imbibition que possèdent les tissus organisés peut nous venir en aide. Si l'on voulait simplement considérer les tissus et les substances colloïdes dont ils se composent comme des cristaux capables d'être imbibés, on ferait erreur. Car il faudrait se demander comment l'imbibition , en changeant la forme du cristal, nemodiflerait en rien ses propriétés optiques. La manière dont se comportent les tissus quand ils sont comprimés ou étirés peut nous expliquer quelque peu ce fait. L'on peut , par compression ou élongation, faire d'une lame de verre isotrope un corps à double réfraction; on |)eut aussi , et par réciproque , d'un cristal à double réfraction faire par le même moyen un coi*ps isotrope. On devrait donc admettre que les tissus organisés qui se laissent facilement comprimer et allonger dans tous les sens, sont des corps doués de propriétés optiques très-variables, et cependant il n'en est rien. Quand on étire ou qu'on comprime ces corps, leurs propriétés optiques ne sont pas sensiblement modifiées. Il nous faut donc admettre que les tissus organisés sont composés de molécules à double réfraction, suspendues dans un ttiilieu qui n'est doué que de la simple réfraction , et que ces molécules ne sont WKKiifiées d'aucune manière, ni par la compression , ni par l'extension , non plus que par l'imbibition. Ck; qui nous conduit à dire que les molécules sont elles-mêmes des cristaux qui ne peuvent se réunir pour former un cristal plus volumineux en raison même de la substance intermédiaire qui les sépare.
Cette manière d'envisager les choses trouve un point d'appui dans les phénomènes de polarisation rotatoire que présentent un grand nombre de ^^stances colloïdes en solution. La polarisation circulaire ou rotatoire appartient î^Ux corps cristallins formés par une réunion de cristaux, dont les axes se correspondent (quartz, acides tartricïue et paratartrique, sucres etc). Les solutions
48 (.:0M1»0S1T10N ET STJlUCrUKK DKS «mOANlSMES.
de ces corps ciistallins jouissent égaleiuenl de cette propriété. Nous sominei« donc amenés à croire que dans ces solutions, non-seulement les molécules des substances dissoutes conservent encore leurs formes cristallines propres, mais que de plus tous les petits cristaux ont encore, les uns par rapport aux autres, la même orientation qu'ils possédaient quand ils étaient réunis en masses compactes. Plus .haut, aux §§ 9 et 40, nous avons vu qu'en solution, les albuminoîdes, de même que la glutine et la chondrine possèdent le pouvoir de polarisation rotatoire, ce qui nous amène à dire que ces solutions renferment, elles aussi, des molécules cristallisées. Ce fait démontre donc que ces solutions ressemblent, quant à leurs propriétés physiques, aux tissus susceptibles d'imbibition, puisqu'elles aussi , malgré la quantité d'eau absorbée , conservent la même orientation de leurs molécules solides.
On a cherché i\ se rendre compte des propriétés de double réfraction que possèdeut les tissus animaux et végétaux, en les attribuant : !<> à des différences de tension sui* vaut des directions variées ; 2^ à la polarisation de la lumière à travers des fentes très-minces ; 3<> à des propriétés spéciGques de double réfringence, propres aux molécules de ces tissus. La première de ces explications tombe devant ce fait que l'extension, la compression , voire môme la section des tissus, n*altère pas en général cette propriété. Les auteurs de la seconde théorie ont surtout eu en vue les alvéoles des membranes végétales, mais dans les tissus animaux on ne trouve aucune fente, el cependant eux aussi possèdent la double réfraction , ce qui détruit complètement cette opinion. On a objecté à la troisième hypothèse, à laquelle nous nous rattachons, qu'elle n*explique pas les modifications que présente la double réfraction dans les tissus imbibés d'eau. En effet, un tissu gonflé d'eau présente une diminution de son pouvoir réfringent, diminution qui n'est pas en rappoi*t avec la quantité d'eau absorbée. Ce fait nous semble pouvoir s'expliquer par les phénomènes semblables que présentent les solutions douées du pouvoir de polarisation rotatoire. Pour beaucoup d'entre elles, en eiïet', les modifications du pouvoir rotatoire ne sont plus en rapport avec la masse du véhicule dissolvant : tantôt ce pouvoir augmente, et tantôt il dimipue d'une quantité trop considérable ; ce qui nous fait supposer que ces modifications se rattachent au véhicule dissolvant lui-même. Aussi , comme nous avons admis une analogie entre les solutions et les substances colloïdes gonflées, nous faut-il admettre que l'eau qui imbibe ces dernières possède une action analogue sur la forme el la direction de ces molécules douées de la double réfraction.
Voici quelques données sur les propriétés de double réfraction que possèdent les principaux tissus.
Dans les membranes de cellulose qui entourent les cellules et les vai.sseaux des végétaux , l'axe optique principal est toujours dirigé dans le sens du rayon de la cellule et du vaisseau, et la réfraction est positive dans les couches intérieures de la plante et négative dans les couches extérieures. Il s'ensuit que ce n'est que dans les couches corticales de la plante que l'élasticité de la membrane cellulaire est plus considéi*able dans le sens du rayon , direction suivant laquelle se font les dépôts adventices de cette membrane, tandis que pour les couches profondes c'est suivant la tangente que cette élasticité est la plus grande.
Dans les tissus animaux , Taxe optique correspond exactement à la <lii*ection générale du tissu. A l'état frais, la double réfraction n'est le plus souvent que fort peu marquée, mais elle s'accuse de plus en plus à mesure que le tissu s<î desséche; ce fait se remarque surtout pour le cristallin, pour les tissus élas-
tique el coimeclif. Piestiiio tons les tiiasus animaux ne juBsèileikl qu'un uxe, a; ijui veut dire que leur élasticité est senEiblemcnt la même dans toutes les ilit-(!c(ions )ierpendicutaires au gnuid axe ; mais que, suivant cet axe , elle est tuu- Jouru ou plus grande ou plus petite quo suivant toutes le« aulies ilii-ections.
La double réfraction est très-faibje dans le tissu (onnectir, surtout quand il est jeune, h'nxe optique <-st loujoui'a dirigé suivant la longueur des fijirilks, et la rétraction de ee tissu est positive. Il eu est de niéiiie du tissu élastique, qui toutefois est plus réfriiigeut. Dans le cartilage, les capsules et la substance- fondamentale possèdent toutes deux la double réfraction; ntais l'on ne sait encore si le cartilage possède un ou deux axes. L'os, lui aussi, est doué de la double réfraction, mais eu raison de l'assemblage assez compliqué de ses lamelles, on n'a pu *'^"'' oueore élucider ses propriétés optiques. Quant aux nerfs, il faut y distiiiguiule névritemme el le neif proprement dit. Ces deux parties jjossèdent toutes de\ix la double réIractIoD. L'axe optique du névrilemnie fait d'ordinaire un angle aiec celui du nerf. Dans le nerf lui-même il faut encore distinguer la myéline et le cylindre-axe, la première est plus réfringente que le second. Pour les deux, II* axes optiques coïncident avec l'axe longitudinal du nerf. La double réfraction de la myéline est négative , celle du cylindre-axe est positive par rapport A cet axe. Dans les muscles striés, les éléments qui résultent des striatioiis longituJiualeset ti-ansvei-sales sont des corpuscules à double réfraction, dont l'axe optique est dirigé dans le sens de la longueur et qui sont positifs par rapport à cet iiice. Ces éléments bi-réfringents sont situés dans un milieu qui , d'après certains auteurs, ne possède qu'une réfraction simple, et d'après d'autres, aurait bien une double réfraction mais très-faible. Pendant les contractions, les pi'opriétés optiques du muscle nu paraissent pas se modilier. Les libres lisses sont , elles aussi, positives par rapport à l'axe longitudinal, mais ne semblent pas être composées de deux éléments doués, l'un de la double, l'autie de la simple i-éfraction. Les cellules épidermiques, les ongles, les clieveus sont 1res- fortement l)i-ré£ringents. Beaucoup de ces tissus, surtout ceux qui sont desséchés et cornés, possèdent deux axes. Dans le cristallin , la double réfraction est faible à l'état frais, mais cette propriété augmente quand la lentille se trouble, se dessèche ou encore quand ou la traite pui* l'alcool. !>.' cristallin a les caractères d'un coi-ps 4 un axe, négatif. Pour les méthodes à employer dans l'élude des propriétés de double réfraction des tissus, nous renvoyons à notre Phijâque inê' dUale (traduite par Monoyer ').
(ij Vuy. Gu (lutri: pour la inaniËru dunt su cinuportcut ïv» tissus r^gi^tiiu: par nipiiurt k la liuiiifacc polariai^c : Brfickc , Denlitrhriflen der Mletter Akademie, t. XV. — Valontin , JHe Ualtrtuehuttg dcr Pjlaiaen und Thitrgevxbt im polaritclien Lie/il. Lcipiig 186!, — Nttgcli ït Schwendcncr, Va» Mikrotl-op. Loipxig 1HG7. — Pour 1« pularisaliup rotatoire deaenlitlaDces colloïdes : Huppe, in ^fMtniryer'i Zriudiiftf. Clitnûe,lSfii , it4c Bary, Cdier EiwtiMledrptT K»d Lfinutoffe. TUbingen 1864.
^^e Bary
50 COMK'SITION ET STRUCTURE I#E5 OR<.; AMENES.
§ ?5. - Propriétés électriques.
Parmi les phénomènes électriques que présentent les tissus végétaux et animaux, il en est un grand nombre qui sont sans importance physiologique. Citons comme exemple les traces d'électricité statique, déterminées dans le corps humain par le frottement des vêtements contre la surface cutanée , ou par le contact d'un métal avec la peau humide. Il en est de même des courants signalés par Donné dans le sens de l'axe d'une pomme, d*une poire etc., ou encore des courants qui ont lieu chez Tanimal entre les organes sécréteurs acides et alcalins. On est encore fort incertain de savoir si, dans ce dernier cas, les courants préexistent dans le corps de Tanimal, ou s'ils ne se développent qu'en raison de la présence d'un conducteur métallique, de celui du multiplicatear par exemple.
11 est toutefois des pliénomènes électriques propres à certains tissus, qui ont une importance réelle : i^ les courants électriques- de certains poissons; ^ les courants nerveux et musculaires; etS'* les courants de quelques glandes d'excrétion. Ces derniers, n'ayant pas été retrouvés toujours et partout, ne sauraient encore être admis d'une manière absolue.
Ce n'est que chez quelques poissons que l'on a pu jusqu'à* présent démontrer des organes électriques spéciaux ; parmi ces animaux il en est trois , la torpille (torpédo), le g^'mnote et le silure électrique {malaptermus electrictts), qui sont mieux connus. C4e sont là des moyens de défense; ces poissons peuvent, en effet, produire à volonté des d/îcharges électriques d'une intensité telle que les autres animaux en sont étourdis. I^urs organes électriques sont en général constitués par de petites colonnettes , divisées en long ou en travers par des membranes nerveuses. Chez la torpille, l'on voit des troncs nerveux volumineux émerger d'une partie de l'encéphale (lobe électrique), et se rendre à ces organes. Les courants que la volonté détermine dans les organes électriques, se dirigent toujours, chez la torpille, de là surface dorsale vei^s la surface ventrale; et, chez le gymnote , de la partie antérieure à la partie postérieure de l'organe. Même à l'éUit de repos, ces organes présentent des courants électriques, beaucoup plus faibles à la vérité.
Les phénomènes électriques des muscles et des nerfs sont en relation directe avec le fonctionnement de ces tissus ; nous aurons donc à les étudier plus en détail en traitiiiit de la physiologie spéciale. Nous nous bornerons à faire ol)se^ V(T ici rju'au point de vue des phénomènes électriques les nerfs et les muscles se comportent tout à fait comme les organes électriques des poissons.
\Ài surface libre de la \nydn et des muqueuses, criblée d'un si grand noiubro d'ouvertures glandulaires, permet de constater toujours des courants dirigés de l'ouverture des glandes vers leurs culs-de-sac. Chez la grenouille, la peau est |)arcourue par un courant qui va du dehors vers le dedans. La muqueuse stomacale présente un courant analogue, allant de la surface libre à la surface en contact avec la couche musculaire. Dans la nmqueuse intestinale, il en est de mémo , seulement l'intensité du courant est bien moindre.
De tous les phénomènes électriques de l'organisme animal , ce sont ceux dé-