‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 31 sur 217 · DIFFUSION ENTRE SU13STANCES DE CONCENTHATION ETC. (H · texte numérisé non relu

DIFFUSION ENTRE SU13STANCES DE CONCENTHATION ETC. (H

l'équivalent endosmotique croit lentement à mesure que la difl'érence de concentration diminue , et cet accroissement devient de plus en plus rapide, quand la concentration tend à s'égaliser pour les deux liquides.

Le l'apport entre la concentration des deux liquides n'influe pas seul sur la vitesse de la difl'usion; celle-ci dépend encore de \a quantitéahsolue des sels contenus dans chaque solution. Ainsi, lorsque dans deux expériences des solutions présentent des différences de concentration semblables , la vitesse de la diffusion est cependant plus gi*ande dans l'expérience où la quantité absolue de sels dissous est la plus g^iande. Il en résulte que la rapidité du courant de Teau augmente un peu plus vite que celle de la solution saline , et que l'équivalent endosmotique ne reste pas une valeur tout à fait constante, mais qu'il s'accroît légèrement avec la proportion absolue des sels dissous dans les deux solutions.

Les rapports entre la vitesse du courant salin dans des solutions de sel marin dçnt la concentration absolue va en croissant, variant par exemple de 1,10 à 1,12, ceux de la vitesse du courant aqueux varieront de 1,12 à 1,66, ce qui fera passer l'équivalent endosmotique de 2,6 à 3 (»).

Quand des solutions de deux substances chimiquement différentes diffusent l'une vers Fautre , l'échange est d'autant plus rapide que ces substances ont plus de parenté entre elles. C'est ainsi qu'un acide diffuse plus rapidement vers une base que vers un autre acide , ou qu'un sel vers un autre sel. D'autre part , plus les deux substances ont de tendance à se combiner chimiquement, plus aussi le courant tend à ne se faire que dans un seul sens ; les acides , par exemple, iront vers les bases, sans que pour cela la base aille vers l'acide.

Nous manquons encore de données certaines sur la vitesse de la difl'usion et la valeur de l'équivalent endosmotique dans de pareilles conditions.

Lorsque les substances en diffusion se décomposent chimiquement , cette déconi* position ne se fait que du côté du corps qui possède au moindre degré la propriété de passer au travers de la membrane ; et le passage des substances dissoutes ne se fait que dans un seul sens. Mettez , par exemple , de l'acide oxalique et du carbonate (le chaux à diffuser entre eux , ce n'est que dans la solution de ce sel que se produira un précipité d'oxalate de chaux.

Un mot seulement de la diffusion dans le cas de mélanges de plusieurs solutions. Quand des liquides contenant en solution plusieurs sels diffusent avec de l'eau ou avec d'autres solutions, le sel qui passe le plus'lentement est encore retardé dans sa diffusion par celui qui passe le plus rapidement. Gloetta a étudié ce fait avec des solutions d'un mélange de sel de Glauber et de sel marin. Il a vu ({ue le premier, dont déjà la vitesse est moindre que celle du second , passe encore bien plus lentement gi-âce à la présence du sel marin. On peut expliquer ce fait en supposant que la membrane admet plus de sel de Glauber que de chlorure de sodium. Voy. § 21 (*).

§ 30. — Diffusion des colloïdes.

Toutes les substances colloïdes en solution passent très-difUcilement à travers ^^s membranes oi*ganisées. Ces corps attirent cependant de l'eau; aussi, quand leur solution diffuse avec ce liquide , il se produit à travers la membrane un

P) W. Schmîdt, Poggendwfs Atmalen^ t. Cil, p. 122. — Eckhanl, p. 183. (*) Cloetta, Difusions'Versvcfte. Zurich 1851.

courant d'eau assez considérable eu égard au courant de la solution de substance colloïde. L'équivalent endosmotique de ces substances est donc trèsélevé , il tient le milieu à peu près entre celui des alcalis et celui des sels. Par contre, la vitesse de leur diiïusion est très-petite, et cela non-seulement pour le courant de substance colloïde , mais encore pour le courant d'eau , ce qui permet de conclure, comme déjà nous l'avons vu pour leur filtration (§ 26), que ces corps n'ont qu'une faible affinité pour l'eau.

L'albumine en solution possède une affinité endosmotique plus grande pour les solutions salines que pour l'eau pure , et le courant de l'albumine croit assez rapidement avec la concentration des solutions salines. Quand ces dernières sont très-concentrées, la diffusion diminue de nouveau, car elles ne font plus alors que soutirer l'eau à la solution d'albumine.

Si l'on met une solution de substances colloïdes, mélangée avec d'autres substances plus diffusibles, en présence de l'eau , il ne passe à travers la membrane aucune trace de substance colloïde. Ainsi , par exemple , avec une solu* tion de gomme et de sucre, jamais il ne passe de gomme, toujours il ne passe que du sucre. On peut, par ce moyen , produire une sorte de séparation mécanique des deux substances. Voici toutefois une exception : c'est quand , par le fait<le la diffusion du corps mélangé à la substance colloïde, il se produit de l'autre côté de la membrane un liquide vers lequel la substance colloïde a une grande tendance à diffuser. C'est ainsi que d'un mélange d'une solution d'albumine avec une solution de sel marin, c'est ce dernier qui , au début, passe seul vers l'eau, tandis que plus tard, quand cette eau contient une certaine quantité de sel , l'albumine diffuse avec assez d'intensité.

De toutes les substances colloïdes , c*est la gomme qui diffuse le moins. Eckliaiti et Graham ont vu qu'avec des membranes animales et végétales la gomme ne passe pas du tout ; Schumacher, en se servant de membranes artificielles faites avec du collodion , vit au contraire la gomme diffuser, mais très-faiblement. Les solutions de pectine et de gélatine donnent lieu , môme avec des membranes animales , à un double courant. Von Wittich a étudié la différence des solutions d'albuminoîdes. Funke a vu que parmi ces corps les peptones possèdent une propriété de diffusion plus jjM'and^î que les autres albuminoïdes , fait que nous avons déjà vu se produire pour la simple filtration (•).

§ 31 . — Diffusion électrique.

Tout courant galvanique qui traverse un liquide tend à faire mouvoir les molécules de ce liquide d'un pùle à l'autre. Cemouveynenty qui est indépendant de l'tiohou dêcotHposante du courant, n'agit pas seulement sur la substance dissoute , mais aussi sur le liquide dissolvant et même sur les molécules insolubles qui s'y trouvent suspendues.

Quand une? membrane organisée ou une cloison poreuse se trouve inter-

(1) Graham, Annalen der Cheniie «. Pfiamiacle, t. CXXI. — Hoppe, Virchow'ê Ârehkj t. IX. — V. Wittich, MtWera -IrcAtV, 1856. — Eckhard, Beitràge zur Anatomie u. PhjftiiAogiey t. III.

Page 1