MOUVEMENTS DE L'INTESTIN
envisager la question du mouvement antipéristaltique comme indécise. L'action de plusieurs poisons du système nerveux est tout opposée à celle de Tacide carbonique ; les uns, la nicotine , le sulfocyanure de potassium , excitent directement les mouve* ments intestinaux, tandis que d'autres, Topium, les acides, se bornent à augmenter son excitabilité. C'est la nicotine qui agit le plus activement , elle détermine même une sorte de tétanos du tube intestinal. Tous ces poisons agissent directement sur les ganglions de l'intestin , car alors môme que le pneumo-gastrique et le splanchnique sont sectionnés, ils n'en manifestent pas moins leur action. Tous ces faits font penser que la cause directe des mouvements péristaltiques normaux doit résider dans une excitation des ganglions intestinaux. On admet généralement au-, jourd'hui que c'est l'excitation produite par les matières alimentaires sur la muqueuse intestinale qui , par voie réflexe , est la cause de ces mouvements ; mais cette opinion est battue en brèche et détruite par les observations de Ludwig et de Bcbwarzenberg , qui ont vu qu'en dehors de la période digestive les excitations de la muqueuse ne font naître aucun mouvement (<).
Les auteurs n'ont pas pu toujours et dans tous les cas démontrer la propriété paralysante du nerf splanchnique découverte par Pflûger. C'est ainsi que Ludwig et Kupffer ont vu que sur un animal mort l'excitation du splanchnique , 1 oin d'arrêter les mouvements , les produit au contraire. D'après Lister , toute excitation faible des ^lanchniques détermine des mouvements. Des expériences ultérieures nous démontreront si, comme le prétend Pflûger, l'excitation électrique ne s'est pas, dans ^^ cas , transmise également au pneumo-gastrique , ou bien si , comme le suppose ^' Nasse, le splanclinique,. outre les filets nerveux dont l'excitation annihile les ''^ûuvements de l'instestin , ne contiendrait pas également des filets de motricité qui ^i^v-ivraient aux premiers (*).
Les mouvements du gros intestin différent de ceux de l'intestin grêle : '*** parce qu'ils sont plus lents, et 2' par ce que le péritoine, fixant plus solide- ^^Ot cet intestin , ses différentes portions se déplacent moins facilement les y^^s par rapport aux autres. Puisque les mouvements péristaltiques du gros intestin sont moins énergiques et que les bosselures de cet intestin opposant même une certaine résistance à ces mouvements, il en résulte que le w>ïitenu intestinal y séjourne plus longtemps que dans l'intestin grêle. Le passage à travers l'intestin grêle s'effectue en 2 à 3 heures, tandis qu'il dure 42 à 24 heures à travers le gros intestin. C'est le séjour dans le caecum qui augniente de beaucoup la durée de ce parcours , les matières qui arrivent de l'intestin grêle, et qui sont encore assez fluides y séjournent, et deviennent plus solides ; leur consistance augmente encore pendant qu'elles passent a travers le colon. L'excitation du splanchnique est sans influence sur les mouvements du (Çros intestin, l'excitation du pneumo-gastrique les détermine au contraire (•).
?) Si nous admettoiiB avec l'auteur que ce sont les modifications de la circulation intesti- ^0) lliypërëmie artérielle pendant la période digestive, qui sont les causes directes QM contractions , il n'en est pas moins vrai que probablement c'est la présence des nuti^B alimentaires sur la muqueuse qui, par réflexe, produit elle-même cette hypé- 'cDiie , en agissant sur les nerfs vaso-moteurs. (A. B.)
0 Scbwarzenberg , Zeitschri/tf. rat, Med,, N. F., t. VU. — Schiff, Lehrb. der Physiol, ^ l*— Pfltlger, Uéber ein Hemmungmervenayatem fur die Bewegung des Diinndarms. Berlin 1867. ^ Ludwig et Kupffer, Wiener SUzungsb., t. XXV.— Lister, Froceeding of the ^y<»i Society, 1858. — O. Nasse, loc. cit. — Caliburcis, Ckmptes rendus, 1867.
'')Biidge, Nova acta Acad, Leop. Carol, V, t. XXVIL
La défécation peut se produire par la seule contraction énei^que des Sbres circulaires et longitudinales du gros intestin, car elle est capable de vaincre h résistance des muscles lisses ou striés qui ferment l'anus. D'ordinaire, celle contraction est aidée par celle du releveur, des muscles de l'abdomen et du diaphragme. Ces muscles produisent la pression abdominale qui comprime le gros intestin en diminuant la cavité de l'abdomen.
La partie inférieure de la muqueuse du gros intestin est douée de sensibilité qui détermine la sensation du besoin de la défécation. Le contact des fèces sur l'inoi paralyse les fibres lisses et involontaires du sphincter interne, mais le sphincter eitente, qui est strié cl volontaire , reste encore fermé. Cet obstacle peut forcer les fècesi rebrousser chemin par un mouvement en sens contraire , et le besoin de la défécalion peut âtre relardé pendant un certain temps, La pression des muscles de l'abdonieB se fait dans tous les sens. En raisim de la direction de ses flbres, le diaphragme presse de haut en bas et un peu en avant ; le transverse presse directement d'anal en arriére ; le grand oblique presse obliquement de bas en haut et en arrière , tandis que le petit oblique agit de haut en bas et en arrière.