‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 85 sur 217 · DIGESTION PAK LE LIQUIDE PANCRÉATIQUE · texte numérisé non relu

DIGESTION PAK LE LIQUIDE PANCRÉATIQUE

I OÙ se fait la digestion des graisses il n'existe déjà plus ou très-peu de liquide panéatique, et ils se demandent si môme l'émulsion de ces substances s'opère au deus du tube digestif, puisque, pour l'obtenir , il faut agiter les liquides. Quant à la composition chimique en acides et en alcalis gras que l'on obtient toujours avec le c pancréatique , ce n'est pas là , comme on l'a cru , une saponification , c'est-à-dire 18 combinaison immédiate avec un alcali libre, car il se produit d'abord des ides gras , ce que l'on démontre en faisant réagir du suc pancréatique sur du lurre; l'odeur spéciale et la coloration rouge du papier de tournesol prouvent la prénce d'acide butyrique.

Les aïbuminoides sont transformés par le suc pancréatique en peptones soibles , et ces derniers sont identiquement les mômes cjuê ceux produits par action du suc gastrique. D'après Meissner cependant il ne se produirait jamais c parapeptone, et le parapeptone produit dans l'estomac serait transformé par î suc pancréatique en peptone. L'acide libre que l'on trouve encore dans le luodénum des carnivores semble favoriser la digestion en empêchant la putréaction des albuminoïdes , qui se produit toujours en même temps que leur iraosformaiion en peptone quand le suc pancréatique agit sur un liquide alcalin. Cette décomposition putride a lieu sans doute toujours aussi dans l'organisme, dans les portions inférieures de l'intestin grêle. Ce n'est que pendant la digesivm stomacale et intestinale que le suc pancréatique jouit de la propriété de transformer les albuminoïdes. Au moment où le pancréas sérète ce liquide spécial, on le voit se gonfler et se gorger de sang.

Q. Bernard, le premier, soutint que le pancréas jouit de la propriété de digérer les albuminoïdes. D'après lui, il fallait, pour cela, que ce liquide fût mélangé à de la bile, car alors les albuminoïdes dissous par le suc gastrique étaient précipités par iabile et redissous par le suc pancréatique, tandis que les albuminoïdes que le suc Ssstrique n'avait pas transformés étaient dissous directement par le mélange de bile ^ de sac pancréatique. Gorvisart prouva, par des expériences faites avec des infusions de pancréas ou avec du liquide pancréatique obtenu directement de fistules, que c'est ce liquide seul qui jouit de la propriété de transformer les albuminoïdes en peptones solubles. Il démontra, de plus, que la présence de la pepsine trouble œtle action ; ce dernier fait n'empêche nullement que le suc pancréatique ne transforme les albuminoïdes dans l'intérieur de l'organisme , car nous savons que la présence de la bile fait perdre à la pepsine sa propriété. Meissner fit voir que ce n'est 9^ le liquide pancréatique des animaux , en voie de digestion , qui peut dissoudre les ilhiminoïdes , et que cette dissolution se fait sans putréfaction aussi longtemps que leliqmde reste acide. Ces faits ont été confirmés par Schiflct par Comsart , ils nous B>(pHqaent les opinions de Keferstein, de Hallwachs et d'autres, qui nièrent complètement l'action du liquide pancréatique sur les albuminoïdes. Schifîa fait l'hypo- 1^ suivante en s'appuyant sur ce que le pancréas ne jouit de la propriété de décomposer les albuminoïdes que pendant la période de digestion. Il dit que le panféu se charge, par voie de résorption, d'une manière égale, des produits de la disstion stomacale et intestinale. Ce chargement de la glande dépendrait de modifica- 008 que les substances absorbées auraient préalablement subies dans la rate, car, en fet, l'extirpation de cet organe détruit la propriété de digérer les albuminoïdes que «sède le pancréas. D'après SchilT, ce chargement du pancréas est dû surtout à ibtorption des peptones et delà dextrine par les lymphatiques de l'estomac; les

mêmes matières absorbées dans Tintestin ne chargent le pancréas et n'y produisent les ferments que lorsque Testomac n'absorbe que des substances qui, pour leur digestion , n'ont pas besoin de ces ferments dont se charge la glande pancréatique (<).

§ 85. — La bae.

La hilSy quand elle est fraîche et pure, est un liquide jaune foncé ou vert, d'une saveur amère, d'une odeur spéciale. Son poids spécifique est en moyenne de 1,03, sa réaetion neutre. Les principaux corps que Ton y trouve sont les acides biliaires composés, les matières colorantes de la bile, la cholestérine, des graisses (palmitine et oléine), des savons (palmitates et oléates alcalins), des substances inorganiques comme des alcalis, la soude principalement, combinés à des acides biliaires ou gras, ou des sels, du chlorure de sodium en grande quantité, du phosphate ou du carbonate de soude en petite proportion, des phosphates de chaux et de magnésie, des traces de fer et de mangacnèse. Dans la bile de la vésicule biliaire se trouve toujours du mucus qui lui donne une consistance moins fluide et une réaction alcaline.

De toutes ces substances que nous venons de trouver dans la bile, les acides biliaires composés sont les plus importantes, leur quantité forme les 70/100 de la masse totale des matières solides. Ces acides y sont toujours combinés à de la soude. La bile humaine contient surtout du taurocholate et fort peu de glycocholate de soude. En général , chez les carnivores c'est l'acide taurocholique qui paraît dominer, et l'acide glycocbolique chez les herbivores. I^stnatières colorantes de la bile sont la bilirubine (bilifulvine, cholépyrrhine) et la biliverdine. D'après Brûcke, la bilirubine pure est en cristaux rouges ressemblant tout à fait à l'hématoïdine ; après un contact assez court avec l'air, elle se transforme en biliverdine. Après la mort, elle se décompose en un corps brun jaunâtre, la biliprasiné, La cholestérine ne se trouve qu'en assei petite quantité dans la bile normale et y est dissoute à la faveur de l'acide taurocholique ; quand la cholestérine est trop abondante elle produit surtout les concrétions des calculs biliaires , elle s'y trouve d'ordinaire mélangée à du phosphate de chaux et à des matières colorantes unies à la chaux.

La quantité totale des matières solides delà bile est assez variable. Biddere^ Schmidt, au moyen de fistules biliaires, étudièrent la bile fraîche des chiens y des chats, des moutons , et n'y trouvèrent en moyenne que 5 p. 100 de subs" tances solides. Après un séjour plus prolongé dans la vésicule, cotte quantité monta de 8 à 20 p. 100. D'après les recherches faites par Frericlis et GorujK Bcsanez sur des décapités, il faut admettre que chez l'homme celte quantité est un peu moindre : ils trouvèrent de 9 à 14 p. 100 pour la bile venue (Ui^ctement du foie. Il est évident que pendant le séjour de la bile dans la vésicule il se fait toujours une absorption d'eau par les vaisseaux.

(1) Bernard, Mémoire sur le pancréas et sur le rôle du suc pancréatique, Paris 1856. — FrericliB, article Verdauung. — Bidder et Schmidt, JXe Verdauungssàfte und der J^weclisd. — Wcinmann, Zeitschrift /. ration. Medicin^ N. F., t. III. — Corvisart, iWi 30 sërie, t. VII. — Mcissner, ibid. — Schiff, MoleschotCs Untersuchumjai zur Naturleht, t. II.

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