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RESPIRATION DANS DIFFÉRENTS MÉLANGES

tour dans les tissus. Inversement, GO-, quia une forte tension dans les tissus, diffuse dans le plasma qui en renferme très peu ; il y suffit d'une différence de quantité, ou, ce qui est corrélatif, de tension. Du reste, on voit la diffusion de CO^ s'opérer partout où elle est possible : on voit ce gaz se dissoudre dans les liquides formés par les tissus — alors que rO y est très peu abondant : dans la bile où CO^ a une tension de 6, G p. 100 d'atmosphère, dans l'urine (/ rrr 9 p. 100), la lymphe (/ =z 4,5-5 p. 100), le liquide péritonéal (7,8 p. 100), la salive, etc. (Pflùger et Strassburg).

Nous avons parlé jusqu'ici de la respiration effectuée dans l'air normal : il sera bon d'ajouter quelques renseignements à l'égard de la respiration dans des mélanges gazeux artificiels ou dans certains gaz purs. Tout d'abord, il n'y a respiration qu'en présence de l'oxygène, et il faut que cet oxygène constitue au moins 15 p. 100 du mélange total (à la pression barométrique) et qu'il ne s'y joigne pas dans le mélange de substances ayant, comme l'oxyde de carbone, des affinités puissantes avec l'hémoglobine, affinités qui l'empêcheraient de se fixer sur celle-ci et d'être transporté aux tissus. Tout mélange gazeux privé d'oxygène est irrespirable et détermine l'asphyxie. L'oxygène pur est naturellement très propre à entretenir la vie ; les inhalations de ce gaz sont, on le sait, souvent employées en thérapeutique. On remarquera que ces inhalations ne changent rien aux échanges des tissus ; nous savons que ceux-ci ne consommait pas d'oxygène au delà de leurs besoins, et que ceux-ci sont réglés par leur degré d'activité ; aussi excercent-elles une influence bienfaisante sans doute par l'emmagasinement d'O qui se produit, par la réserve mise de côté et utilisée plus tard, au fur et à mesure des besoins. Si, au lieu de respirer dans de foxygène pur, la respiration se fait dans un mélange où la quantité d'oxygène varie, on constate que tandis que celle-ci s'effectue très bien dans un milieu où fO forme 20 p. 100 du tout (air normal), il y a des troubles

quand la proportion s"abais5e à 10 p. 100. Ils sont dus à l'insuftisance de l'apport d'oxygène, et sont d'autant plus marqués que l'exercice est plus actif, et que le besoin d'O est plus grand, et nous savons déjà qu'à l'état d'activité, l'apport d'oxygène est insuffisant : l'organisme consomme la réserve faite durant le sommeil et le repos. Si la proportion d'O tombe à 8, 6, 4, la mort survient rapidement pour les animaux supérieurs. Les animaux inférieurs résistent mieux : un escargot dans l'air confiné lui enlève jusqu'à ses dernières traces d'oxygène, alors qu'un mammifère ou oiseau meurt avant que la proportion d'O ait atteint 3 p. 100 (Spallanzani). L'acide carbonique pur est naturellement impropre à l'entretien de la respiration ; mais en somme le mélange respiré peut contenir une assez grande proportion de CO- sans devenir toxique : il peut en renfermer jusqu'à 20 p. 100, ce qui est considérable. Il va sans dire qu'en pareil cas, et même quand CO- n'existe que dans la proportion de 2, 4 ou 5 p. 100, il y a accumulation de CO- dans l'organisme jusqu'à équilibre entre la tension de CO- dans l'air et dans le sang ; il se produit une excitation des centres respiratoires et de la dyspnée, et la consommation d'oxygène augmente. Mais à 20 p. iOO, CO- agit comme un poison narcotique et lue. Il en résulte donc que les dangers de la ventilation défectueuse doivent être attribués non à l'accumulation d'acide carbonique, mais bien au déficit d'oxygène. En d'autres termes, la vie dans une chambre non ventilée, hermétiquement close, s'éteindra par défaut d'oxygène bien avant que la proportion de CO- ait pu devenir mortelle, comme l'a montré P. Bert. On pratique donc la ventilation moins pour chasser CO- que pour favoriser l'apport d'oxygène (10 mètres cubes d'eau neuf par heure et par individu enfermé dans une chambre).

Rôle de la pression dans la respiration. — Du moment où les échanges respiratoires — entre l'air et le sang, puis entre le sang et les tissus — sont fonction de la tension des

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j^a/, la pression barométrique — ou tension du mélange respiré, — doit jouer un rôle considérable dans ces échanges, la tension partielle de chaque gaz devant suivre les oscillations de la tension totale. Et, d'autre part, à pression égale, invariable, la tension de chaque gaz d'un mélange, du mélange air par exemple, — étant proportionnelle à la quantité de ce gaz dans le mélange, les variations de composition d'un mélange pourront agir exactement comme les variations de pression de celui-ci, à condition toutefois que ces variations aient quelque importance dans les limites d'une atmosphère. C'est ainsi que les choses se passent, en effet, et les belles recherches de Paul Bert, résumées dans sa. Pression barométrique, ont notablement contribué à l'avancement de nos connaissances à ce sujet. Augmentez la pression atmosphérique, en comprimant l'air — c'est le cas des caissons pneumatiques où les ouvriers travaillent aux piles de pont par exemple, et où pour contre-balancer le poids de l'eau plus la pression atmosphérique, il faut développer une pression intérieure de 4 ou o atmosphères ; c'est aussi le cas des scaphandres employés pour fouiller les navires coulés, et les gisements d'épongé ou de corail, — augmentez la pression atmosphérique, et la tension des gaz s'accroît proportionnellement autant que la pression de l'air; à o, à 10 atmosphères encore il n'y a pas d'accidents. Mais, à partir de 17 atmosphères pour l'air, de 3 1/2 atmosphères pour l'oxygène pur, il se développe des phénomènes formidables, des convulsions analogues à celle de Fempoisonnement strychnique, au milieu desquelles la mort survient bientôt. L'animal et Thomme y succombent, et les plantes, et les ferments figurés eux-mêmes meurent après avoir présenté un ralentissement marqué d'activité fonctionnelle. Que s'est-il donc passé ? Y a-t-ii action mécanique, y a-t-il empoisonnement par CO- ? Non : il y a empoisonnement par V oxygène^ et ce qui le prouve c'est que les accidents arrivent d'autant plus vite, à pression égale, que l'air est plus riche en oxygène. Le gaz vivifiant

par excellence est devenu poison, et c'est lui, lui seul, qui tue. Ce n'est pas là le seul danger de l'augmentation de la pression barométrique; il en est un autre, mais qui ne surgit que lors du retour à la pression normale. Dans une cloche, contenant un oiseau, ou un petit mammifère, augmentez graduellement la pression de l'air jusqu'à 5 ou 10 atmosphères; pas d'accidents. Laissez alors sortir brusquement l'air, rétablissez vivement la communication avec l'atmosphère : l'animal meurt en quelques secondes. Pourquoi ? Parce que le sang, qui sous l'influence d'une pression plus forte avait dissous une proportion double, triple, décuple d'O, de CO^, et surtout d'azote, restitue lors de la décompression ces gaz accumulés à l'atmosphère ; ils se dégagent du sang, et, ne pouvant instantanément traverser les tissus, ils forment des bulles dans ce liquide, et des embolies dans tout le système circulatoire, d'où la mort rapide ; les choses se passent comme si l'on avait brusquement poussé une forte injection d'air dans les artères et les veines. Pour éviter ces accidents, bien connus des scaphandriers et de tous les ouvriers qui travaillent dans l'air comprimé, il faut opérer la décompression de façon lente et graduelle ; les gaz se dégagent lentement du sang, lors du passage de celui-ci par le poumon, et les choses reviennent peu à peu à l'état normal. Ces ouvriers ont même une expression très pittoresque pour indiquer les dangers de la compression de l'air : « On ne paye qu'en sortant. » Mais c'est parce qu'on sort trop vite que l'on paye ; en sortant lentement, c'est-à-dire en passant graduellement de la pression forte à la pression normale, on ne paye rien. On peut donc dire que le véritable danger de l'augmentation de pression, dans les mesures où l'homme y est soumis, est tout entier dans la décompression. Les organismes marins en savent quelque chose. Tels d'entre eux vivent à 8 kilomètres de profondeur, à 800 atmosphères de pression : les gaz de leurs tissus et de leur sang sont naturellement soumis à cette pression. Tant qu'ils restent dans

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