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ASPHYXIE EN GÉNÉRAL

bien l'unité (lu mécanisme de la mort, c'est la concordance des symptômes. D'abord polypnée (Ch. Richet) — accéléralion respiratoire — et dyspnée, cette dernière étant due à ce que le bulbe est arrosé par un sang veineux, asphyxique, riche en CO-, et pauvre en 0; la respiration est rapide, plus ou moins convulsive, accompagnée d'angoisse. Cette phase convulsive s'accentue : l'expiration prend le caractère d'une convulsion générale, d'un spasme de tout le corps. En même temps il y a vaso-dilatalion des téguments, et vaso-constriction abdomino-viscérale, d'où augmentation de pression (Ludwig et Thiry) ; la pupille est dilatée, le cœur accéléré, puis ralenti, les intestins offrent une motilité exagérée, il y a sudation et salivation excessives dues à l'excitation des centres vaso-moteurs, sudorifiques, etc., de la moelle. Puis survient brusquement la phase paralytique : il y a perte de connaissance due à l'action narcotique de CO- sur le système nerveux ; il y a un long arrêt de la respiration qui toutefois reprend très faiblement et irrégulièrement : la pupille est contractée, la respiration s'arrête. Le cœur rapide et faible bat encore quelque temps, puis se ralentit et s'arrête ; le réflexe palpébral ne se produit plus; quelques convulsions agoniques générales, et voilà la mort. Le sang ne contient plus que des traces d'oxygène, et renferme un excès de C0-. C'est .par asphyxie que l'on meurt le plus souvent : toutes les affections pulmonaires et cardiaques, qu'elles soient primitives, ou consécutives à des maladies du système nerveux, etc., tuent par asphyxie, par asphyxie lente. Dans ce cas, le cortège des symptômes est moins effrayant ; d'ailleurs il faut bien se dire que le bienfaisant CO- — source de toute vie animale et végétale, car sans lui les plantes ne pourraient exister, ni les animaux, naturellement, ni l'homme, du moins dans l'organisation actuelle de l'univers — vient apaiser les angoisses de la mort, en endormant la sensibilité et la conscience, comme le ferait un anesthésique. L'asphyxie n'est pas toutefois nécessairement mortelle :

mais l'issue dépend de la cause et de la durée d'action de celle-ci. Il est à peu près impossible de lutter contre l'asphyxie par CO, en raison de la difficulté qu'il y a à chasser ce gaz, même s'il n"est présent qu'en petite quantité, de la combinaison si stable qu'il forme avec l'hémoglobine. Mais dans les autres asphyxies, tant que le cœur bat encore, on peut lutter, surtout au moyen de la respiration artificielle : chez rhomme. on la pratique tantôt en roulant le patient à terre de façon qu'il repose tantôt sur le ventre, tantôt sur le côté (de façon à déterminer successivement une expiration et une inspiration) toutes les 4 ou 5 secondes (Marshall Hall) ; tantôt en le couchant sur le dos, bouche ouverte, la langue tirée au dehors, et en amenant les bras en extension audessus de la tète pour provoquer une inspiration, après quoi on les ramène contre le thorax qu'on comprime légèrement, pour produire une expiration (15 fois par minute). Laborde recommande vivement de saisir la langue et de la tirer assez fortement au dehors à intervalles réguliers.

On observe de grandes différences parmi les différents êtres au point de vue de la rapidité de l'asphyxie. Les oiseaux plongeurs y résistent longtemps , comme le canard : il a plus de sang et d'hémoglobine, partant plus d'oxygène, que la poule par exemple (Bert). (Le canard résiste 7 ou 8 minutes à l'asphyxie, la poule 2 ou 3 seulement.) Il en est sans doute de même pour les cétacés, la loutre et les animaux plongeurs en général. L'animal qui se débat beaucoup asphyxie plus vite ; car il use plus vite sa provision d'oxygène. L'animal à sang froid ou hibernant, à échanges peu intenses ou réduits, résiste beaucoup plus à Tasphyxie que l'animal à sang chaud, surtout si la température est basse, car alors, nous le savons, ses échanges sont encore plus faibles que de coutume. Une grenouille, en hiver, résistera plusieurs heures. Il en est de même pour l'anguille : par contre, la sardine et d'autres poissons meurent en une minute. L'iguane résistera plusieurs heures aussi à la submersion complète, et Gratacap

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