ASPHYXIE EN GÉNÉRAL
a montré que de nombreux insectes peuvent vivre vingtquatre heures, et plus, dans un gaz inerte. Les animaux nouveau-nés résistent mieux que les adultes : chacun sait combien les jeunes chats luttent contre la submersion (une demi-heure ou une heure, d'après Buffon) ; cela tient à la lenteur et à la faiblesse de leurs échanges respiratoires. Chez l'homme, la syncope est favorable à la résistance aux causes d'asphyxie, car les échanges respiratoires sont alors fort réduits, les mouvements musculaires faisant défaut.
On remarquera combien l'asphyxie rappelle les phénomènes de l'anoxyhémie et de l'hémorragie ; cela n'a rien de surprenant. Dans les trois cas, il y a anoxyhémie plus ou moins prononcée : il y a déficit d'oxygène dans le sang, et c'est ici un argument de plus à l'appui de l'unité du processus asphyxique, malgré la variabihté des mécanismes qui amènent ce processus. On notera aussi la rapidité avec laquelle se présentent les symptômes asphyxiques quand la respiration est entravée, mécaniquement en particulier : cela s'explique par le fait, qu'en deux minutes, le sang a consommé tout Voxygène qu'il renferme, et que l'anoxyhémie se manifeste bien avant la disparition totale de ce gaz.
On a beaucoup discute pour savoir si, dans l'air confine, on meurt par défaut d'O ou excès de CO". Si l'on fait respirer un animal dans un espace clos, confine, où l'on fait disparaître CO- au fur et à mesure, Tasphyxie a lieu par défaut d'O, et elle survient quand la proportion de ce gaz tombe à 3 ou 4 p. 100 (oiseau) 2 p. 100 (mammifères) 0 (reptiles) d'après Paul Bert. Par contre si l'animal respire dans un milieu où l'on renouvelle 0 sans cesse sans enlever CO*, il meurt bientôt : la tension de CO" dans l'air extérieur empêche qu'il ne se dégage du sang. On en conclura donc que l'animal respirant dans un espace clos meurt à la fois de l'excès de CO^ et du défaut d'O. Paul Bert donne plus d'importance à cette dernière circonstance, toutefois, en ce qui concerne les homéothermes ; c'est l'inverse pour les hétérothermes.
Innervation respiratoire. — Galien ayant coupé la moelle dans sa partie supérieure, j)ost primam ant secundam verte-
hram^ reconnut que celte lésion supprime incontinent la respiration et la vie : repente animal corrumpitur. Lorry vit le même fait, « entre la deuxième et la troisième vertèbre... l'animal mourait presque sur-le-champ... et le pouls et la respiration cessaient absolument... » quand il plongeait un stylet dans la moelle de cette région. Legallois, peu après (1811) circonscrivit mieux la région médullaire dont la blessure produit les effets susénoncés, et la plaça vers l'origine des nerfs vagues. Coupant le cerveau par tranches, d'avant en arrière, il reconnut que l'ablation ou la section n'arrête la respiration que lorsque la section comprend l'origine de ces nerfs. En 1822, Flourens localisa avec plus de précision le centre respiratoire qu'il baptisa du nom de nœud vital^ et reconnut que l'étendue en est très restreinte : comme l'avait dit Legallois — trop souvent négligé en faveur de Flourens — ce centre est placé dans la moelle allongée, près de l'émergence des vagues, entre le centre vaso-moteur et la pointe du sinus rhomboïdal. Il est loin de posséder la simplicité que lui supposait Flourens : en réalité, il est double, formé de deux moitiés symétriques, gauche et droite (Volkmann, Schiff, Longet), capables d'agir quand bien même on les sépare l'une de l'autre ; chacun de ces centres semble encore être divisé en deux, un centre inspirateur, un expirateur, ce qui ferait quatre centres juxtaposés. Et pour couronner la complexité de la question, on est en droit de se demander s'il y a là un centre quelconque, d'après nos idées actuelles sur ces parties du système nerveux, étant donné qu'il n'y a point là d'amas cellulaire (Gierke), mais seulement un faisceau de fibres nerveuses blanches. En ce cas le centre respiratoire serait situé à petite distance dans deux amas cellulaires allant de la base à la pointe du calamus, en dedans des racines de l'hypoglosse (Mislawsky), et les faisceaux de Gierke n'auraient rien à faire avec la respiration, les voies de transmission du centre bulbaire aux organes respiratoires se trouvant en dehors de ces faisceaux. Quoi qu'il en soit de