CENTRE RESPIRATOIRE
la localisation exacte du point qu'avec son emphase habituelle Flourens a inexactement nommé nœud vital, et que nous appellerons plus simplement centre respiratoire, il est certain que le bulbe renferme un amas ganglionnaire d'où partent tous les nerfs moteurs de la respiration (spinal et vague, phréniques, intercostaux, hypoglosse, facial, plexus brachial et cervical )^
Nous avons dit que la section longitudinale du centre est sans effet ; les mouvements persistent , concordants , à moins qu'on ne coupe aussi les pneumogastriques, auquel cas ils deviennent discordants (Langendorff). Si l'on sectionne la moelle en des points différents en allant de bas en haut, on voit que la respiration est altérée. Cela est tout naturel : à la hauteur de la septième vertèbre cervicale on a coupé et paralysé les nerfs intercostaux ; à la quatrième cervicale, on a coupé les phréniques, et enfin, si l'on coupe la moelle en arrière de la première cervicale, on ne voit persister que les mouvements respiratoires des narines, le nerf facial étant le seul nerf respiratoire resté en relations avec le centre bulbaire. Si l'on coupe le centre en travers, la respiration s'arrête net : l'inspiration ne se fait plus, et le cœur s'arrête peu après si l'on ne pratique la respiration artificielle. D'autre part, les lésions les plus étendues du cerveau et du cervelet, et de la moelle, ne troublent en rien la respiration, tant que celles-ci n'intéressent ni le centre bulbaire^ ni les voies afférentes ou efférentes de ce centre, comme cela a lieu dans la décapitation des pigeons (Brown-Séquard) qui n'atteint point le centre respiratoire; mais si l'on pique ou déchire le centre bulbaire (« coup du lapin », pendaison, piqûre expérimentale) aussitôt arrêt respiratoire. A ce centre principal, on a pensé devoir joindre quelques centres médullaires : Rokitansky, Schroff, Langendorff ont admis
* Gad et Mariuesco (C. Rendus, sept. i892) localisent ce centre plus profondément que ne l'ont fait Flourens et ses successeurs, près de l'hypoglosse. Ce serait là le véritable centre respiratoire.
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l'existence dans la moelle de centres inspirateurs — comme il s'en trouve chez les insectes tout le long de la chaîne nerveuse ventrale — et pour eux, comme pour Brown-Séquard, le nœud vital serait non un centre respirateur, dont l'excitation détermine la respiration, mais un centre d'arrêt, d'inhibition, dont la piqûre ou la destruction déterminerait l'excitation; ce serait un centre paralysant au lieu d'être moteur, et le prétendu nœud vital mériterait le nom de nœud mortel.
Quelle est la cause de la stimulation du bulbe en tant que centre respirateur? Ce n'est pas la volonté. Sans doute, nous pouvons à volonté modifier le rythme et l'amplitude des respirations ; mais il est rare que la volonté ait une part dans cette fonction, qui persiste durant le sommeil et l'anesthésie, et après ablation des hémisphères cérébraux. Est-ce un réflexe ? A coup sûr, les excitations sensitives et morales même modifient le rythme respiratoire, et il semble bien que les excitations cutanées jouent un rôle marqué dans l'établissement de la respiration lors de la naissance (voir plus loin), mais voici un lapin à qui l'on a enlevé les hémisphères cérébraux, coupé la moelle épinière juste au-dessous de l'émergence du phrénique, et coupé les pneumogastriques et toutes les racines postérieures sensitives des nerfs du cou : il respire (par son diaphragme) et pourtant où sont les excitations sensitives, par où peuvent-elles passer ? Il ne reste donc qu'une hypothèse : celle de fautomatisme du centre bulbaire. Ce centre est excité, très partiellement par voie réflexe, principalement et toujours par la qualité du sang qui l'arrose. Le sang est-il de nature veineuse (à la fois pauvre en 0 et riche en CO^, sans que l'on puisse encore dire si c'est plutôt le déficit de l'un ou l'excès de l'autre qui joue le rôle prépondérant, les deux phénomènes marchant habituellement de -^dÀT)^\\ y du excitation du centre respiratoire (Rosenthal;MJne
' C'est à cette action excitante de CO' que Bro'wn-Séquard attribue les convulsions de l'asphyxie, les mouvements po.$^ mortem des cholériques, et qu«