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SÉCRÉTION INTERNE DES GLANDES

Foie, pancréas^ rate, glande thyroïde, capsules surrénales, thymus. — A côté des organes glandulaires dont le rôle est mis en évidence par une sécrétion déversée soit dans le tube digestif pour concourir au processus de l'acte digestif, soit en dehors comme déchets de l'organisme, il existe une série d'organes richement vasculaires et qui ne présentent aucun conduit excréteur. Tels le thymus, le corps thyroïde, la glande pituitaire, la rate, les capsules surrénales. Ces organes ont été désignés pendant longtemps sous le nom de glandes vasculaires sanguines, leur situation sur le trajet des vaisseaux faisant supposer qu'ils concouraient plus spécialement à la formation du sang, mais jusque dans ces dernières années leur rôle fonctionnel était réellement inconnu.

Les recherches récentes de la physiologie conduisent désormais à considérer dans les glandes deux formes au moins d'activité fonctionnelle, l'une ayant pour objet de former des produits de sécrétions éliminés par leur appareil excréteur, c'est la sécrétion externe (le tube intestinal étant considéré comme constituant un milieu externe, ainsi du reste que permet de le concevoir son développement), l'autre ayant pour but de modifier certains éléments du

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sang, de les transformer, pour les reverser ensuite dans le torrent circulatoire. C'est la sécrétion interne dont Timportance a été mise en évidence surtout par Brown-Séquard.

Les glandes sans conduits excréteurs agissent donc par leur sécrétion interne; nous verrons plus loin, en les étudiant séparément, ce que nous savons aujourd'hui de leur action, mais les glandes à sécrétion externe possèdent elles aussi une sécrétion interne, souvent des plus actives et des plus essentielles, et c'est l'étude même de l'une d'elles, le foie, qui a conduit à cette notion de l'action des appareils glandulaires sur les éléments du sang. Parmi ces glandes, deux surtout dominent la question. Le foie par sa fonction glycogénique et le pancréas. Les autres organes glandulaires possèdent sans doute des propriétés analogues, TefFet des injections du suc testiculaire exposé par Brown-Séquard et d'Arsonval conduit à admettre que la glande mâle produit des substances qui introduites dans le sang exercent une action tonique sur le système nerveux et par suite sur l'organisme tout entier.

Foie. — La première étude sur les glandes à sécrétions internes est le travail mémorable de Claude Bernard sur la formation du sucre dans le foie, travail commencé en 1840 et poursuivi jusqu'à sa mort par l'illustre savant.

Le foie, en effet, est une de ces glandes à fonctions complexes qui présentent simultanément une sécrétion externe et une ou plusieurs sécrétions internes. Le rôle du foie comme sécréteur de la bile a été étudié plus haut. Nous n'étudierons ici que son rôle comme modificateur du sang. Ce rôle, autant que nos connaissances actuelles permettent de l'établir, est multiple. 11 y a lieu en eflet d'envisager le foie dans ses fonctions diverses :

4*' Fonction glycogénique, transformateur des éléments contenus dans le sang en sucre;

2° Fonction hématopoiétique, formateur et destructeur des globules;

FONCTION (.LUduh-NiuLK «iD

3'^ Fonction antilo,rif/Ke. modilicatiun ou réteiiUoii tics substances toxiijues introduites dans l'organisme ou fabriquées par ce dernier.

4<^ Fonction adipogénique, dédoublement des hydrocarbories en graisses;

o"^ Fonction uréopoiêtique. etc.

I. Fonction gh/cogénif/i/e. — La présence du sucre dans le sang a été signalée pour la première fois par Willis. en 1G74, chez les diabétiques, mais longtemps après Willis on admettait encore que le sucre était un élément anormal du sang, ayant une provenance extérieure à l'organisme, c'est Claude Bernard en 1840 qui, après avoir constaté la présence dans le sang du sucre à l'état normal, établit que ce sucre se formait dans le foie *.

Claude Bernard démontra tout d'abord que le tissu du foie renferme du sucre en proportion notable, surtout si on ne traite cet organe que quelque temps après la mort, il montra, en outre, que le sang qui sort du foie par la veine cave inférieure contient du sucre en quantité appréciable, alors que le sang qui arrive au foie par la veine porte n'en contient que des traces. Dans des recherches ultérieures, l'illustre physiologiste, revenant sur son idée première que le foie fabrique directement le sucre aux dépens du sang

' Les ehilTres donnés par les autours sur la teneur en ?ucî-e du sang de divers animaux est assez variable. Cl. Bernard admet pour le chien : sang artériel, 1,30: sang veineuv, 1.20. Meriog donne des cliiffres plus élevés, jusqu'à 2 gr. 40. Bouchard, calculant chez l'homme, d'après la teneur du sang veineuv en sucre (i.iO à 2.4;)}. admet (^sans données expérimentales et d'après les chiffres de JBernard sur le chien , 1 gr. 73 à 3 gr. 40 pour le sang artériel- Eu admettant même que le déficit du sang artériel au sang veineux soit seulement de 0 gr. 20 par litre de sang, on arrive à ce résultat qu'un li^rnrme de 6i kilogrammes perd 1 gramme de sucre à chaque révolution totale du sang, soit 1,850 grammes en £4 heures en admettant une révolution totale, etc.). Comme l'homme ne consomm.e guère plus de 8.50 grammes d'oxygène correspondant à l'oxydation de 800 grammes de sucre. On voit qu'une partie du sucre est assimilée ou modifiée.

Le sucre apparaît dans l'urine dès que le sang en renferme 4 grammes par litres, 5 grammes d'après Becker.

seul, reconnut que la fabrication du sucre par le foie n'est pas directe, mais qu'il existe une phase de transformation intermédiaire, le foie ne faisant du sucre qu'aux dépens de cette substance saccharifiable, le glycogène. Cette matière glycogène se forme, en partie du moins, dans le foie, non seulement aux dépens des collagènes et de la dextrine des aliments, comme le soutinrent Colin, Figuier et Sanson, mais même par le dédoublement des albuminoïdes '. Nous reviendrons sur la formation du glycogène. Le glycogène est transformé ensuite dans le foie en glycose, soit directement, soit, comme le soutient Von Mering. en passant d'abord à Fétat de maltose. Cette transformation se fait incessamment aux dépens du glycogène fixé dans des cellules hépatiques, si on lave le foie en eftet jusqu'à ce que le liquide de lavage ne présente plus de trace de sucre, il suffit de laisser reposer l'organe, pendant quelques heures, pour retrouver ensuite du sucre dans l'organe. Mais si l'on porte le foie à l'ébullition, si on le traite par le tannin, la transformation ne s'opère plus, il existe donc une substance analogue aux diastases qui transforment l'amidon végétal en glucose, et qui reste fixe dans les cellules hépatiques, puisque le lavage est impuissant pour le faire disparaître.

Le ferment diastasique dont Cl. Bernard admettait la présence dans le foie n'a pu être isolé. Ce ferment est encore admis par Salkowski, alors que Dastre qui n'a pu parvenir à l'isoler, rejette l'intervention de la diastase, pour faire intervenir l'activité vitale des cellules hépatiques dans la transformation du alvco^ène en glvcose.

La conception de Claude Bernard, de la transformation passagère du sucre du sang de la veine porte en glycogène

' Le glycogène n (C' H'" 0-) est un isomère de lamidim végétal, il se forme par (lésliydratation du sucre, suivant une réaction in\erse de celle qui donne naissance au sucre daus l'intestin.

maltose slvcogeae

ORU.LNE DU GLYCOGKNE iiT

avant Je se trauslbimer de nouveau en sucre, avait élr mise en doute (Seegen-Kralsclimer). Le sucre du foie dérivant d'après ces auteurs, non du glycogène hépatique, mais des matériaux az.otés : peptones et albumines. Les recherches de Pavnomow, de Dastre, de Girard, ultérieures aux travaux ci-dessus, sont venues confirmer les idées de Cl. Bernard. Si Ton étudie la formation du sucre qui se poursuit dans le foie enlevé à ranimai, on voit que la quantité de -ucre formé est proportionnelle à la destruction du glyco- 'ène (Girard). On avait déjà vu que le foie des animaux à jeun ou très fatigués qui ne possède plus de glycogène, ne présente plus la propriété de former du sucre après la mort.

Origine du glycogène. — Les féculents introduits dans le tube digestif sont transformés en glycose, et cette glycose * que l'on trouve en quantité variable dans la veine porte, se transforme en glycogène dans le foie, chargé ensuite de déverser le sucre transformé de nouveau d'une façon constante et régulière. Quand la quantité de matières sucrées digérées est considérable, une partie du sucre peut traverser le foie sans passer par le stade glycogène et entrer ainsi dans la circulation générale en élevant momentanément la teneur du sang en sucre, et déterminant une hyperglycène passagère alimentaire.

Dans certaines atiections du foie, les cellules hépatiques étant dans rimpossibilitc de fixer le sucre, on peut provoquer facilement

•Carhvoit classe les différences sucres en trois groupes au point de \ue de leur transformation possible en glycogène.

1° SuciTs transformés directement par les cellules hépatiques en glycogènes : Dextrose Lévulose. L'introduction de ces sucres dans le sang, même en dehors delà voie digestive. produit un abondant dépôt de glycogène hépatique.

i" Sucres nécessitant leurs transformations préalaldes par les sucs digestifs : Sucre de cœine. Maltose. Injectés directement dans le sang, ils sont sans action sur la teneur ilu fiie eu glycose.

3 Sucres qui ne sont pas transformables. Lactose galactose.

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celle livperglyccmie en donnant aux malades du sucre -le rai>iii. Elle se dislingue de riiyperglyccmie hépuiique jiar son (jaractère transiioire.

Mais Cl. Bernard avait montré en outre que le sucre peut dériver d'autres aliments que les féculents, des albuminoïdes entre autres.

Il nourrissait des chiens uniquement avec de la viande, et le sucre ne s'en formait pas moins dans le foie. On pouvait objecter à cette expérience, que la viande donnée aux chiens renfermait encore du glycogène ou du sucre ; mais le résultat a été le même avec une nourriture composée de fibrine, de caséine, d'albumine de blanc d'œuf (Kiilz).

Quant à savoir si le glycogène peut se former également aux dépens de la graisse. C'est là un point totalement inconnu.

Le glycogène ne quitte le foie que sous forme de glycose en s'hydratant de nouveau; on ne trouve pas en elTet de glycogène dans le sang, alors que le sucre s'y rencunUe constamment.

Le foie peut être considéré comme un laboratoire de réserves alimentaires où viennent s'emmagasiner les matières fournies d'une façon intermittente par l'alimentation et qui doivent être dépensées d'une manière régulière et continue par l'organisme pour assurer le renouvellement des tissus et les dépenses d'énergie : la dépense des réserves se fait suivant les besoins. C'est ainsi que la glycose est versée plus abondamment dans le sang et que l'on voit le glycogène diminuer parallèlement dans le foie, quand un ou plusieurs appareils d'organes fonctionnent activement (Chauveauj.

Influence du système nerveux sur la glycogènèse. — Le système nerveux exerce une action très mar(|uée sur là glycogènèse. Claude Bernard a montré dans une expérience célèbre et qu'il est facile de reproduire, qu'en piquant le bulbe avec une aiguille lancéolée sur la ligne médiane du plancher du quatrième ventricule, exactement au milieu de

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