‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 122 sur 263 · CORPS PITUITAIRE · texte numérisé non relu

CORPS PITUITAIRE

La situation même du corps pituitaire rend son étude fort

difficile. Une expérience de Gley conduirait à admettre pour ce corps une certaine analogie fonctionnelle avec le corps thyroïde qu'il pourrait suppléer au besoin. Chez un lapin qui avait survécu à la destruction du corps thyroïde, Gley a vu

CAPSULES SURRENALES ii>ô

les troubles caractéristiques de cette opération se produire après la destruction du corps pituitaire.

CAPSULES SURRÉNALES

Les fonctions des capsules surrénales sont restées longtemps inconnues. Leur riche vascularisation, autant que rignorance où l'on était de leur fonction, les a fait ranger dans le groupe des glandes vasculaires sanguines; d'autre part, leurs connexions intimes avec le plexus solaire et les ganglions semi-lunaires les ont fait considérer comme des organes se rattachant au système nerveux.

Deux faits dominent leur histoire.

Addison, en iSiio, établit une relation entre une maladie caractérisée par une pigmentation anormale de la peau, et un état de faiblesse extrême, la maladie bronzée ou maladie d'Addison et les lésions des capsules surrénales. L'année suivante, en 1856, Brown-Séquard, dans un mémoire remarquable, montre que la destruction des deux capsules surrénales entraîne nécessairement et dans un temps fort court (neuf heures en moyenne) la mort de l'animal. Brown-Séquard avait signalé, après l'ablation, une augmentation de pigment dans le sang. Le rôle essentiel des capsules a été nié par un certain nombre d'expérimentateurs qui auraient vu des survies prolongées après destruction totale de ces deux organes (Philippeau, Nothnagel, Tizzoni). D'après ce dernier auteur, dans les cas heureux on n'observerait aucun trouble, ni dans la nutrition, ni dans le nombre des éléments du sang : hématies et leucocytes, il admet seulement une perturbation dans la distribution du pigment, et il aurait même réalisé une maladie bronzée expérimentale \

' 11 existe quelquefois des capsules surrénales accessoires qui peuvent entrer en suppléance après la destruction des glandes principales. Les recherches de Stilling ont montré avec quelle l'acililé une glande peut shypertrophier quand l'autre est détruite.

Tizzoni rattache les capsules surrénales au grand sympathique et, par suite, au système nerveux de la vie organique. Les expériences de Jacobi l'ont conduit à voir dans les capsules surrénales, sinon un centre au moins un point de passage des nerfs d'arrêt des mouvements de l'intestin, ainsi que de la sécrétion urinaire.

Dans des expériences récentes, Abelous et Langlois ont confirmé les travaux de Brown-Sequard et ont attribué aux capsules surrénales une fonction précise.

D'après leurs recherches , l'animal meurt par asphyxie, par suite de la paralysie des plaques terminales motrices. Il y a là une véritable curarisation. Le sang des animaux privés de capsules (grenouilles et cobayes) devient toxique, injecté à d'autres animaux de même espèce , il détermine des symptômes curariformes , d'où leur conclusion que les capsules surrénales sont des glandes à sécrétion interne ayant pour fonction d'élaborer des substances que peuvent modifier, neutraliser ou détruire des poisons fabriqués sans doute au cours du travail musculaire et qui s'accumulent dans l'organisme après la destruction' de ces rdandes ^

PANCREAS

Les recherches de Valentin, de Gorvisart, de Claude Bernard, avaient fait connaître le rôle joué par le suc pancréa-

' Dans la maladie brouzée, les malades accusent presque toujours une grande lassitude qui n'est pas en rapport avec leur état général. Ils sont incapables d'un ellort soutenu. Les traces avec lappareil de Mosso (Ergographe) montrent que la fatigue sur\icnt tiès lapidenienl. C.v qui concorde avec la conception d'une intoxication curariforme par des substances produites au cours de la contraction musculaire. Albanese en Italie a montré récemment que chez les animaux privés de capsules surrénales, la mort arrivait plus rapidement si on (b'-terminait les contractions musculaires. Il faut signaler encore ce fait que la maladie d'Addison peut exister sans lésion des capsules et que très souvent alors 1 asthénie, le sentiment de lassitude, a manqué.

rANCRÉAS i57

tique dans la digestion. Mais si importante que iVit cette fonction, il en existe une autre qui a été signalée pour la première fois en 1889 par Méring et Minkowski. Ces auteurs ont vu que l'ablation complète du pancréas chez un chien détermine la glycosurie.

Avant eux, les cliniciens avaient déjà constaté que chez certains diabétiques on trouvait une lésion du pancréas. Bouchardat, dès 1845, appelait l'attention sur ce point : « Chez les diabétiques, disait-il, il ne faut pas perdre de vue le pancréas qui joue le rôle principal dans la digestion des féculents. » En 1880, Lancereaux,dans ses leçons cliniques, décrit le diabète maigre caractérisé par un amaigrissement rapide et une excrétion de sucre énorme de 300 à 800 grammes en vingt-quatre heures et qu'il rattache aux lésions du pancréas. Mais les observations cliniques étaient incapables d'établir scientifiquement le rôle joué par la glande pancréatique dans les troubles observés.

Le fait le plus frappant des expériences de Minkowski et Von Mering, et qui permettait d'expliquer les divergences signalées par les cliniciens, c'est la nécessité de la destruction totale de l'organe. Une faible partie du pancréas laissée dans l'opération suffit, en effet, pour que l'on observe pas le passage du sucre dans les urines. Cette petite partie est-elle enlevée dans une seconde opération ? Immédiatement la glycosurie apparaît.

Diabète expérimental. — L'apparition du sucre (glycose) dans les urines, se produit quatre à six heures environ après l'ablation totale et la quantité augmente graduellement pendant les deux premiers jours, pouvant atteindre 11 p. 100 ; l'animal présente alors tous les symptômes cliniques du diabète : soif et faim intense, polyurie considérable, un litre par jour pour un chien de 7 kilogrammes, amaigrissement rapide, aucune tendance de cicatrisation pour les plaies, et ils meurent au bout de six à huit semaines. .

La glycosurie peut être intermittente, mais il y a souvent une élimination énorme d'azote. Il y a là une analogie évidente avec le diabète insipide des cliniciens caractérisé par une déperdition considérable d'azote par les urines, mais sans sucre.

Quelle que soit faction du suc pancréatique sur les féculents-, cette action ne joue aucun rôle dans cette expérience. Claude Bernard avait déjà vu du reste que la ligature des canaux excréteurs n'amène pas la glycosurie, mais une atropliie lente de l'organe.

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer l'augmentation du sucre dans le sang après l'extirpation du pancréas.

Théorie nerveuse. — L'apparition du sucre ne serait pas due à la suppression d'une fonction glandulaire pancréatique, mais à l'altération des filets nerveux et notamment des fibres du plexus solaire, qui sont en rapports intimes avec le pancréaSj ou encore à f altération des organes nerveux contenus dans son parenchyme.. Néanmoins les expériences de Hédon, de Gley, dans lesquelles le sucre s'est montré après la destruction de la glande, sans lésions des nerfs environnants (injection de suif dans le canal de Wirsung) paraît répondre à ces objections '.

Théorie de la sécrétion interne. — L'action de la glande peut se produire sous deux formes :

Dans la première hypothèse, qui est totalement abandonnée, on admet que l'hyperglycémie n'est pas due à un défaut de destruction du sucre, mais à une hyperproduction, provenant de la transformation exagérée des substances forma-

* Il faul sigaalcr en outre les expériences de Minkowsky, Gley, Heilon, Thiroloiv, qui ont gielfé sous la peau le pancréas evtrail de Tabdomen : la glycosurie ne s'est pas produite, malgré un trauinatisiuo aussi complet que. dans l'ablation conij)lète de l'organe, mais le sucre apparaît aussitôt après la suppression de la glvindc greflée.

CORPS TlIYROÏDl] 459

triées du sucre cl de la désassimilatiou plus active des tissus, détermiué par la présence dans le sanj,' d'une substance (ferment) qui normalement serait détruite par le pancréas.

Dans la seconde; le pancréas produit une substance qui, déversée dans le sang, détruit? le sucre d'une laçon régulière et constante.

Gley a montré qu'en liant toutes les veines pancréatiques à leur confluent dans la veine splénique, on déterminait de la glycosurie. Mais quelle est cette ou ces substances qui agissent ainsi sur le sucre ? Pour Lépine et Barrai, il s'agit du ferment gJi/colytique, découvert par eux. Ce ferment que l'on rencontrerait normalement dans le sang et qui a pour elTet de détruire constamment le sucre qui y est contenu, proviendrait des cellules pancréatiques. Chez les animaux rendus glycosuriques et chez l'homme diabétique, ces auteurs ont observé une diminution dans le pouvoir glycolytique du sang. Malheureusement ce ferment n'a pu encore être isolé du pancréas, et l'existence même de la glycolyse chez l'animal vivant a été mise en doute récemment (Arthus).

Page 1