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CORPS THYROÏDE

Le corps thyroïde qui, chez l'homme, est placé au-devant des premiers anneaux de la trachée, existe chez tous les animaux.

Les nombreux vaisseaux qu'il reçoit, ses variations de volumes importantes, avaient fait supposer que cet organe jouait surtout un rôle régulateur de la pression sanguine (Magnus). On a admis également une certaine relation entre le corps thyroïde et les organes génitaux, la glande se gonflant au moment de la menstruation (Liégeois).

Vers 1856, Schifî avait vu que les chiens ne survivaient pas à Tablation du corps thyroïde, mais l'attention sur l'impor-

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tance fonctionnelle <le cet orirane ne fut appelée que par le travail des Reverdin. qui montrait que chez les personnes auxquelles on enlevait totalement le corps thyroïde, on observait dans la suite une altération iiénérale et profonde de l'organisme. Le malade indiquait une lassitude profonde, des douleurs et des tiraillements dans les muscles; puis les bras, les membres, la face, augmentaient de volume, les traits s'effaçaient, la peau devenait rugueuse. Enfin le tout s'accompagnait de phénomènes nerveux graves : vertiges, syncopes, suffocation, convulsions.

Tous ces symptômes étaient ceux d'une maladie récemment décrite sous le nom de myxœdème ou de cachexie strumipive , par Ord en 1878, mais que Ton n'avait pas rattaché à une lésion fonctionnelle de la glande thyroïde, bien que des altérations de ce corps (atrophié) aient été signalées.

Depuis cette époque, de nombreuses recherches expérimentales ont été poursuivies sur le rôle de la glande thyroïde fSchiff, Horsley, Gley).

La destruction totale de la glande thyro'ïde chez le chien amène fatalement la mort, en déterminant une cachexie profonde et des phénomènes convulsifs. Mais alors que chez l'homme, après la thyroïdectomie. les troubles trophiques dominent tout le syndrome, chez le chien, ce sont les phénomènes convulsifs.

Chez le lapin, l'ablation des deux corps thyroïdes n'est généralement pas mortelle, mais cette anomalie n'est qu'apparente, ces animaux possèdent, outre ces deux corps, deux petites glandules accessoires qui peuvent entrer en suppléance. Quand on a soin de les enlever également, les accidents décrits se produisent (Gley).

Il est probable que chez l'homme, dans les cas où la thyroïdectomie en apparence totale n'a pas amené le myxœdème, il existait des glandules accessoires, qui ont suffi à assurer la fonction thvroïdienne.

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Théorie nerveuse. — Gomme poui- le pancréas, on a émis ropiuion que les troubles observés étaient dus au traumatisme, aux lésions nerveuses du voisinage (Munk, Arthaud et Mayer). Ces objections ont été complètement réfutées par les expériences de Fano et Fuhr, qui ont montré que toutes les lésions, qui accompagnent ordinairement l'ablation de la glande, sont impuissantes à produire les troubles caractéristiques si on laisse cette dernière avec ses connexions vasculaires et nerveuses, alors au contraire qu'il suffit de comprendre la glande entre deux ligatures abolissant ainsi ses fonctions, pour voir les accidents éclater. Enfin expérience plus démonstrative encore de la fonction antérieure de cette glande : si l'on greffe un corps thyroïde dans la cavité abdominale d'un chien, on peut ensuite lui faire la thyroïdectomie sans le tuer (Schiffj. La nécessité d'enlever les glandes accessoires chez le lapin est encore une preuve.

Théorie vasculaire. — Le rôle hématopoiétique attribué jusqu'ici sans preuve expérimentale aux glandes vasculaires sanguines en général, à la glande thyroïde en particulier, n'a pas reçu de confirmations nouvelles ; néanmoins Albertoni et Tizzoni, ayant constaté une grande diminution dans la teneur en oxygène du sang chez les animaux thyroïdectomisés, admettent que les globules rouges, dans leur passage par la glande thyroïde, acquièrent ou augmentent leur puissance fixatrice de l'oxygène. C'est là une simple hypothèse discutée déjà (Herzen, Michœlsen}. La théorie aujourd'hui qui parait se concilier avec les résultats expérimentaux est celle qui admet le rôle antitoxique de la glande thyroïde (Golz, Fano, SchifY, Gley). Les animaux opérés présentent tous les symptômes d'une véritable intoxication, et leur urine ou leur sang injectés à d'autres animaux, détermine l'apparition chez ces derniers de symptômes analogues (Gley). D'autre part, l'injection du liquide thyroïdien fait cesser les symptômes d'intoxication, et récemment ces données ont

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en leur application thérapeutique. Chez des myxœdémateux typiques, les symptômes classiques décrits plus haut, la sensation de fatigue, de froid, le gonflement des membres, l'état de la peau, ont été très amendés par des injections de liquide thyroïdien (Charrin et Gley).

L'effet des injections permet de pousser plus loin nos connaissances sur les fonctions de la glande thyroïdienne. La destruction des substances toxiques ne se ferait pas dans la glande par un processus yital direct, mais les ceUules thyroïdiennes sécréteraient des substances qui neutraliseraient les poisons produits dans l'organisme, ou encore agiraient sur les élémen-ts nerveux, en les rendant réfractaires à l'action de ces mêmes substances toxiques.

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