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ACIDE URIQUE ; SON ORIGINE

de losanges à bords courbes parfois r«juiiis en rosaces, ou étoiles, ou encore ils affectent la forme de fer de lance, etc. L'examen chimique consiste à évaporer l'urine à siccité, après avoir éliminé l'albumine s'il y en a ; on enlève l'urée par Talcool ; on enlève les sels par l'acide chlorhydrique, on chauffe le reste avec une goutte d'acide nitrique et on volatisc. Le résidu rougeàtre, humecté d'une ou deux gouttes d'anunoniaque étendue , ou exposé aux vapeurs ammoniacales, prend une belle couleur pourpre due à la formation de purpm-ate d'anunonium ou de murejride, qui liasse au bleu pourpre l)ar la potasse. Si le liquide à analyser est peu abondant (sérosité d'un vésicatoire), on opère en mélangeant 2 ou 3 centimètres cubes avec deux ou trois gouttes d'acide acétique cristallisable, et on y biisse baigner vingt-quatre heures au frais un fil de lin : l'acide urique se dépose sur le ftl (procédé de Garrod). Pour doser l'acide urique de l'urine, on commence par précipiter l'albumine s'il y en a par la chaleur, et on filtre ; il peut être bon aussi de concentrer l'urine si elle est pauvre. On ajoute quelques gouttes d'acide acétique, on filtre, on prend 200 ou 300 centimètres cubes d'urine, on ajoute 6 ou 9 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, et, au bout de vingt-quatre heures au frais et au repos, tout l'acide urique est précipité : on le pèse après lavage à l'eau jusqu'à cessation de la réaction acide, et lavage à l'alcool pour entraîner les matières colorantes, et enfin dessiccation à l'éluve.

L'acide urique est 40 ou 50 fois moins abondant dans l'urine que l'urée. Son abondance varie selon le régime ; elle augmente avec le régime animal (jusqu'à i gramme ou i gr. o par jour) et diminue avec le régime végétal (jusqu'à 0 gr. 3) ; elle augmente avec la fièvre, le rhumatisme, le diabète, la dyspnée, diminue dans la goutte sauf pendant les excès où il y a élimination abondante. On n'a guère de conclusions exactes au sujet du rapport entre ses variations et celles de l'urée ; mais elles ne semblent pas parallèles. Il manque chez les herbivores et est remplacé par l'acide hippurique. Introduit dans l'organisme, il se transforme par hydratation en urée et acide dialurique, qui lui-même se transforme en urée et acide tartronique.

Il semble que la production exagérée d'acide urique (chez l'homme) est due à un vice de nutrition. Les oiseaux qui ont

ime respiration très active ne produisent que de l'acide iirique ; et même Tingestion d'urée détermine chez eux une augmentation considérable de production d'acide urique sans apparition d'urée. 11 y a là un point de physiologie obscur et fort curieux, et tant qu'il ne sera pas élucidé, on ne pourra guère se prononcer sur les rapports de l'acide urique avec la nutrition. Peut-être dérive-t-il de substances difficiles à dédoubler ou oxyder ; Ilorbaczewski et A. Gautier pensent qu'il dérive de la nucléine des globules blancs, et sa production semble en partie liée à l'activité de la peau : il s'en forme plus là où la peau fonctionne peu ou mal. Le café et le chocolat en augmentent notablement la production à cause de l'acide oxalique qu'ils renferment ; mais ceci n'expli«]ue point la diathèse urique, la tendance de l'organisme à raccumulation de l'acide urique dans le sang et les tissus, avec formation de calculs ou de graviers (rhumatisants, tophus des goutteux, etc.), cela ne justifie pas l'opinion que l'acide urique représente partout et toujours un état d'oxydation imparfaite.

L'acide urique semble se former dans le foie, au moins chez les oiseaux (Schroder et Minko\vski) : la ligature des vaisseaux ou l'extirpation de cet organe amène une diminution très marquée de l'acide urique dans l'urine qui ne renferme que 2 ou 3 p. 100 d'acide urique au lieu de oO ou 60, chez l'oie iMinkowski) ; du sang circulant artificiellement dans un foie extirpé s'y charge d'acide urique ; l'extirpation des reins n'arrête pas la production de cet acide, comme le croyait Garrod.

L'acide hippurique (de 0 gr. 3 à 1 gramme par 24 heures) est abondant chez les herbivores chez qui il remplace l'urée. Il augmente par l'alimentation végétale, et se forme sans doute par l'union de l'acide benzo'ique introduit avec certains aliments, ou dérivé de quelques-uns d'entre eux, avec le glycocolle qui. on le sait, se forme dans l'organisme. En fait, c'est un benzoate de glvcocolle. Aussi l'ingestion d'acide

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bcn/.oï({uc aocroît-ellc la produclion d'acide hippiu-ique (Wuliloi', 1824). Cette combinaison de Tacide benzoïque avec le glycocolle ne se fait pas dans le foie, comme le pensent Kiiline et Ilalwachs, mais dans le rein (Bunge et Schmiedeberg) ; le rein extirpé, irrigué artificiellement par du sang contenant de l'acide benzoïque et du glycocolle, excrète de l'acide hippurique, et l'animal ayant du glycocolle et de l'acide benzoïque dans le sang ne produit point d'acide hippurique si les reins ont été liés. Gela est vrai du moins pour le chien : mais la grenouille et le lapin fabriquent de l'acide hippurique, malgré l'extirpation des reins. Ajoutons que le rein ne produit cet acide qu'à la condition d'être encore vivant, et que le concours des globules rouges est nécessaire, car le sérum circulant seul dans le rein extirpé est impuissant à déterminer la production d'acide hippurique, quand même il renferme le glycocolle et l'acide benzoïque nécessaires, et la question n'est nullement éclaircie, tant s'en faut, par le fait, à signaler en passant, qu'en broyant avec de la glycérine le rein frais, on en extrait un ferment soluble {histozyme)^ qui jouit de la propriété de dédoubler l'acide hippurique en ses deux éléments constitutifs.

Au sujet des autres éléments de l'urine, nous avons le droit d'être plus bref.

La créatinine (0 gr. 6 à 1 gr. 3 par jour) manque chez les oiseaux, augmente avec le travail musculaire et le régime animal, elle provient elle aussi de la désassimilation des albuminoïdes, et en particulier de la créatine ; elle ne se trouve que dans l'urine, semble-t-il, et ne parait pas concourir à former l'urée.

La xantliine, que l'on trouve dans presque tous les tissus, est un produit de désassimilation comme les précédents ; il en est de même de Vhypoxanthine ou sarcine et de la giianine. de l'acide phénol -suif iiriqiie, de l'acide succinique, de l'acide oxaluriqiie, qui a des affinités avec l'alloxane et l'acide urique, de l'acide salicylurique ou oxyhipjmriqiie, de l'acide

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oxalique dérivé de l'acide urique, de la pyrocatéchine, du scaloL etc. ; ces corps, peu abondants d'ailleurs, sont encore peu connus au point de vue de leur rôle physiologique.

Avant d'en finir avec les matières organiques de l'urine normale, un mot sur sa matière colorante et sur quelques principes d'un ordre différent.

L'urine contient deux pigments principaux : Tun est l'wrochrome qui la teint. en jaune, et qui est presque identique à l'urobiline, et provient de la bilirubine, par conséquent de l'hématine et de l'hémoglobine ; c'est de la bilirubine hydrogénée, et elle se présente sous forme d'une poudre rouge brun. L'autre est l'acide indoxyhulfuiHque^ ou indogène, ou indican (qu'il ne faut pas confondre avec l'indican de l'indigo, du pastel, etc.), avec une série de produits d'oxydation variable; ces différents produits donnent à l'urine sa coloration rougeâtre. L'indican est un acide sulfo-conjugué formé d'indol dérivant de la décomposition des albuminoïdes, et d'acide suif urique.

Pour déceler rindicaii, chauti'er à rébullition 30 centimètres cubes d'urine additionnés de 30 centimètres cubes de HCl avec une ou detix gouttes d"acide azotique. Le mélange devient brun avec reflet rouge violet s'il y a de l'indican, et refroidi, agité avec de l'éther, il se colore en rose, en cramoisi ou en violet, avec mousse bleue .

Enfin l'urine renferme des matières extractives d'origine organique, des ptomaines et leucomaïnes toxiques, particulièrement étudiées par Bouchard, Pouchet, etc. K Elles tuent

' Il a été publié de nombreux travaux sur la toxicité de l'urine. Féré {Soc. Biol.. 1890) trouve lurine des épileptiques (convul si vantes) 13 fois plus toxiques avant laccès quaprès ou à létal normal. Mairet et Bosc(i6iV/., 1890) établissent que la toxicité normale de l'urine humaine varie entre 4o à 90 centimètres cubes par kilogramme de lapin; il est de 100 environ pour le kilogramme de chien. Comme Bouchard, ils trouvent les urines de nuit convulsivantes, les urines de jour somnifères. D'après les mêmes auteurs {ibid., 1891} la toxicité est accrue dans la manie ; accrue et modifiée dans la manie avec agitation ; accrue dans la stupeur ; accrue et modifiée dans la lypémanie ; diminuée dans la démence ; ils admettent des aliénations mentales par trouble de nutrition. D'après Chambre-

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