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EXTR ACTIF ORGANIQUE ET SELS DEL URIXE 48Ô

par paralysie, et déterminent un rétrécissement marqué de la puj)ille. Dans les urines de malades, la toxicité s'accroît fortement. Elle varie selon les espèces, et est JO fois plus forte chez le lapin et le cobaye que chez l'homme ; elle <liniinue avec l'inanition et le régime lacté, mais on ne sait si ces produits toxiques sont formés par l'organisme même ou par les microrganismes qu'il héberge toujours. Il convient d'ajouter qu'une grande partie de la toxicité de l'urine est due aux sels de potasse qu'elle renferme (7o->^0 p. 400 de la toxicité totale, d'après Charrin et Roger). Notons enfin la présence, rare et occasionnelle (Stadelmann'. d'un peu de pepsine, de peptones. d'un ou même deux ferments diastasiques (Selmi), d'une petite proportion d'albumine (84 fois sur 100 sujets ; C. Finot, Capitan, de la Celle de Chateaubourg), de kyestèine (est-ce une matière albuminoïde ou bien du phosphate-ammoniaco-magnésien mélangé ù des champignons "?) qu'on a à tort crue spéciale aux urines des femmes enceintes, et venons-en aux substances minérales.

La principale est le chlorure de sodium. Nous en excrétons de 10 à 15 grammes par jour, et il provient de l'alimentation. Il continue à s'excréter, quoique en quantité faible, durant l'inanition, et dans ce cas provient de l'organisme tout entier où on le retrouve du reste aisément. Les phosphates sont moins abondants (2 à 4 grammes d'acide phosphorique par 24 heures) ; ce sont surtout des phosphates de ohaux et de magnésie. Ils précipitent par la chaleur, comme l'albumine.

lent et Demont. le coefficient urotovique est diminué chez le» femmes enceintes ; il en serait de même, d'après Bosc. dans l'attaque d'hystérie .Çoc. BioL, 1802): la diminution serait très considérable, et on oliserverait en même temps accroissement d acide urique. mais diminution durée, de chlorures, d'azote, etc.: on pourrait par les urines différencier l'épilepsie de l'hystérie 'Eosc). Roger et Gaume {Soc. BioL, 1889) trouvent les urines moins toxiques durant la période fébrile de la pneumonie. A. B. Griffiths (1892, C. B.) trou\e une leucomaïne C'- H", Az^ 0') dans l'urine des épileptiques. Aducco (Arc/j. Ital., X) a trouvé dans l'urine normale une base azotée voisine des alcalo'ides, toxique, accrue par la fatigue. Gabriel Puuchet (1880) a trouvé dans l'urine un co'ps voisin du \enin de Cobra-Capello. très toxique (curarisant).

mais se dissolvent dans l'acide azotique, ce que ne fait point celle-ci. Il est à noter que le rapport entre l'urée et les phosphates semble constant : il est comme 10 est à i. La nourriture animale, le travail musculaire, les excitants, le travail cérébral et les maladies cérébrales augmenteraient Télimination de phosphates (Mairet : épilepsie et démence) ; il en serait de même pour les excès de coït. Il est certain que la phosphaturie (élimination excessive de phosphates) indique un état pathologique ; elle est Tindice d'un trouble profond de la nutrition, et se lie souvent au diabète sucré; elle est fréquente dans la tul^erculose, et différents états morbides généraux, et elle joue souvent un rôle fâcheux en chirurgie, en retardant la consolidation du col des fractures (Verneuil).

Enfin riiomme excrète par jour 2 ou 3 grammes de sulfates, sulfates de soude et de potasse surtout ; mais il y a aussi un peu de soufre combiné à des substances organiques, comme la cystine et d'autres encore : on se tromperait en croyant connaître la quantité de soufre éliminée, si l'on s'en tenait au dosage des sulfates; mieux vaut opérer le dosage du soufre total par les méthodes appropriées. C'est Tabondance des phosphates et sulfates qui rend les urines des herliivorcs et parfois de l'homme, troubles ou jument eu s es.

Les éléments dont il vient d'être question sont ceux de l'urine normale. Il nous faut ajouter quelques mots sur les variations pathologiques de l'urine, et sur les produits qu'elle renferme occasionnellement à l'état de maladie.

Parmi ces produits, l'albumine et le sucre sont particulièrement importants. Ils se montrent presque toujours dans l'urine dès que la pression sanguine s'élève : ils s'y présentent aussi dans certains cas pathologiques. Il y a albuminurie quand l'urine renferme de l'albumine en quantité appréciable. Mais ne peut-elle pas en renfermer à l'état normal? La question a été souvent débattue et le sera quelque temps encore sans doute. En réalité, elle est d'un intérêt secondaire si l'on n'a, au préalable, résolu cette autre question ; Talbu-

ALBUMINE ET GLYCOSE DANS L L'RINE 4S7

mimirie ost-elle ou non un phénomène nécessairement pathologique, indiquant nécessairement un trouble de Toriranisme, une lésion rénale? En attendant qu'il y soit répondu, nous tiendrons pour probable le fait que Valbumine pevt passer dans run'ne chez des sujets qui semblent en bonne santé. On a vu des cas d'albuminurie légère et passagère se produire à la suite de l'ingestion excessive d'albuminoïdes, à la suite de boissons exagérées (d'où augmentation de la pression sanguine), après des marches forcées, etc.. et peutêtre y a-t-il chez chacun de nous une légère albuminurie alimentaire.

Quoi qu'il en soit, il arrive souvent qu'à la suite de lésions rénales, l'urine renferme une proportion notable d'albumine. Ce peut être de l'albumose. mais en général la globuline, et surtout la serine domine. Ce peut être aussi de la peptone. Dans ce dernier cas. il y a peptonurie. Il semble exister une peptonurie normale, très légère ; il y a encore une peptonurie pathologique, accompagnant différentes maladies (pneumonie, rhumatisme articulaire aigu, tuberculose, méningite), et particulièrement les suppurations osseuses fWassermann'. La peptone ne précipite pas par les procédés habituellement employés pour mettre l'albuminurie en lumière : il y faut une méthode très délicate.

Pour l'albumine, il suffit d'acidifier légèronenf l'urine avec un peu dacid? acétique dans un tube à essai ; on chaufte ensuite la partie supérieure du tube et si celle-ci reste limpide, il n'y a pas d'albumine : s'il y en a. le liquide se trouble plus ou moins. On iteut encore coaguler l'albumine par les acides azotique, picrique u phonique : en versant l'acide goutte à goutte, on observe un : rouble qui ne doit pas disparaître par la chaleur. Quand il y a du -ucre dans l'urine, on dit qu'il y a glycosurie ou diabète sucre. La Ldycosurie s'accompagne généralement de polyurie. le sucre étant un excitant de la sécrétion urinaire. La présence du glycose se décèle aisément au moyen de la liqueur de Fehling. (Eau 200 grammes avec sulfate de cuivre pur, cristallisé, 3i gr. 6.5, d'une part; tartrate de potasse et de soude 173 grammes, dans lessive de soude pure, à 1.33 de densité. 300 grammes, d'autre part; on verse la seconde

solution dans la première, et on ajoute de l'eau pour faire un litre. Conserver à l'abri de la lumière.) L'emploi de cette liqueur est base sur le fait que le glycose réduit certains sels de cuivre et les précipite à l'état d'oxyde, et voici comment on opèi'e. Dans un tube à essai, on verse de la liqueur (3 ou 4 centimètres cubes), et on la fait bouillir: elle doit rester bleue, inaltérée; si elle se réduisait, elle ne vaudrait rien. Après ébullilion, on ajoute l'urine en la faisant couler le long des parois, doucement, de façon qu'elle ne se mélange pas avec la liqueur et surnage : s'il y a du sucre, il se forme à la zone de séparation une couche verdàtre qui devient jaune, puis orangé et même rouge... Si la réaction est peu marquée, on peut cliauti'er encore jusqu'à ébuUition. La liqueur étant titrée, on peut l'utiliser pour un dosage exact. Chaque centimètre cube doit être théoriquement réduit par 5 milligrammes de glycose. Prenons donc 20 centimètres cubes de cette liqueur et faisons-la bouillir. Tandis qu'elle bout, introduisons l'urine, en vidant peu à peu ime burette graduée renfermant de l'urine diluée au dixième, et arrêtons-nous une fois la décoloration atteinte : il suffit de hre sur la burette la quantité d'urine diluée qui a réduit les 20 centimètres cubes de liqueur; ce volume correspond à 10 centigrammes de sucre. Il en a fallu 40 centimètres cubes, c'est-à-dire 4 centimètres cubes d'urine non diluée; ces 4 centimètres cubes renfermaient 10 centigrammes; 100 centimètres cubes en ronfermeroîit donc 2 gr. 5 décigranunes.

L'urine normale renferme un peu de glycose : de 10 à 50 milligrammes par litre (Pavy) : il y a donc une glycosurie normale (Quinquaud, Scliilder, etc.).

On peut employer d'autres méthodes encore potir doser le sucre : le iiolarimètre et la fermentation jiar la levure de bière ou encore la phénylhydrazine : on fait chauft'er un peu d'urine avec de la phénylhydrazine et de l'acétate de s;»ude, et par refroidissement on a des aiguilles jaunes, microscopiques de phénylglucosazone (Réactif de Fischer),

En dehors du sucre et de Falbumine, on peut trouver souvent des éléments divers dans Turine. des pigments biliaires (bilirubine et biliverdine) provenant de troubles hépatiques ou sanguins {cholun'e); des leucocytes el du pus, du mucus, des cellules épithéliales, du sang (hémalurie), des globules rouges, de rhémoglobinc {hèmoglobinurié), bien distincte de l'hématine et provenant de quelque trouble des hématies), des tubes urinaires (cylindres muqueux, grais-

AUTRES ÉLÉMENTS DE l'uRINE

seiix, etc.), (les corps gras, etc. ; dans tous ces cas. il y a troubles palliologiques. Il en est de même quand le sédiment déposé par l'urine acquiert quelque importance; il est composé de cristaux divers (urates, phosphates, etc.), et les

Fig. 54. — Phospliate animoniaco-magncsien.

calculs n>^ sont que des agglomérations de ces cristaux ; les uns se forment dans le rein (urines acides), les autres dans la vessie (urine alcaline) ; tels sont purement organiques (urates, xanthine, etc.). tels contiennent des éléments inoriraniques. calculs d'oxalate de chaux, de carbonate de chaux, de phosphate ammoniaco-magnésien. Il est facile de les distinguer par leurs réactions chimiques.

L'urine normale ne contient pas de germes, ou de microrijanismes (Bastian, Pasteur), et pourtant elle fermente. Cette fermentation est due à la présence de certains ferments (Igurés qui déterminent la production d'ammoniaque aux dépens de l'urée. Ces microrganismes {Micrococcus ureœ, BaciUus ureœ, et un Bacterhun) sécrètent un ferment soluble (isolé par Musculus) qui transforme l'urée : la muqueuse stomacale jouirait de la propriété d'opérer cette transformation d'après Ch. Richet ; il y a aussi une fermentation acide ; Tune et l'autre sont dues à des microrganismes spécifiques capables de pénétrer dans la vessie.

Par ses troubles, par les variations de ses éléments nor-

maux, par la présence d'éléments anormaux, figurés ou solubles. l'urine constitue un indice précieux au point de vue de la séméiotique. Aussi la surveille-t-on de près dans les cas de maladie; beaucoup d'indications utiles s'y rencontrent.

Il est bon de savoir que de nombreuses substances médicamenteuses ou autres Taltèrent aisément, pour n'être point induit en erreur : beaucoup de sels y pénètrent, sans modifications, et aussi dififérents alcaloïdes (strychnine, curare, caféine), beaucoup de matières colorantes (de cerise, rhubarbe, santonine, etc.), les sels d'or, d'argent, de mercure

mais non ceux de plomb), la quinine, l'iodure de potassium, le fer, l'acide salicylique, etc. ; quelques-unes passent très vite, en quelques minutes, dans l'excrétion urinaire. Abandonnée à elle-même l'urine devient plus foncée et acquiert plus d'acidité en raison d'une fermentation acide qui donne naissance à des acides lactique et acétique ;'plustard se produit sous l'influence d'autres micro-organismes la fermentation ammoniacale qui a lieu parfois dans la vessie même, quand des germes y pénètrent du dehors : l'urée se transforme en carbonate d'ammoniaque. L'urine en repos laisse déposer des sédiments cristallisés et amorphes : d'acide urique, d'oxalate de chaux et d'urates dans les urines acides ; d'urales et de phosphates dans les urines alcalines.

Fonction des reins. — La fonction des reins est de sécréter iurine : voilà qui n'est point douteux, et l'urine est un excrément — toxique comme tous les excréments — dont il importe que l'organisme soit promptement débarrassé, mais dont une partie au moins n'est point réellement excrémentitielle : je veux parler de l'eau. Aussi n'affîrmerons-nous pas que l'urine n'est point en partie récrémentilielle, qu'une partie au moins de l'eau dont elle est composée n'est pas réabsorbée après avoir passé dans les glomérules ou dans les tubes urinaires. Toutefois, à supposer que cette hypothèse soit exacte^, on ne pourrait faire de l'urine un produit récré-

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