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INFLUENCE DES NERFS ET DE DIVERS AGENTS

accroisse la sécrétion urinaire (hiver), et que le ralentissement, ou raffaiblissement du cœur, ou la diminution de pression due aux sueurs abondantes (accompagnées de vaso-dilatation cutanée) produise le résultat contraire. Notons enfin que la piqûre du plancher du 4*^ ventricule détermine de la polyurie (avec glycosurie ou allDuminurie, selon le point lésé, Cl. Bernard), sans que Ton sache au juste comment, et que la section des nerfs du rein abolit la tonction de cet organe. Il y a aussi hijdurie ou polyurie après section des nerfs du rein. Nous avons dit plus haut que la quantité d'urine varie selon beaucoup de conditions. Chacun sait que plus il boit, et plus il urine. Chacun sait aussi que plus il transpire, et moins il urine ; la peau est capable de remplacer les reins jusqu'à un certain point — au moins en ce qui concerne l'élimination d'eau ; elle peut même y suppléer en ce qui concerne l'élimination d'urée, car on a trouvé des cristaux d'urée sur la peau dans des cas pathologiques. Il semble d'ailleurs que le bon fonctionnement de la peau soit nécessaire à la santé du rein : on sait les troubles urinaires des rhumatisants et de ceux dont la peau fonctionne mal et transpire difficilement. En dehors des variations physiologiques et faciles à expliquer, dans la production de l'urine, il en est qui méritent une mention en passant : il s'agit de l'augmentation de sécrétion rénale due aux diurétiques. Certains d'entre eux agissent localement sur les éléments sécrétoires ; tel est le cas pour la glycérine, l'urée, le sucre, la pilocarpine, la caféine ; d'autres ont une action générale, comme la digitale qui est diurétique par l'augmentation de pression qu'elle détermine. En réalité, le nombre des diurétiques est grand si l'on considère comme telles toutes les substances qui, du sang, passent dans l'urine. L'urée est un diurétique excellent. Sous l'influence des diurétiques, la quantité d'urine produite s'accroît notablement, et il en est de même dans le diabète insipide ; par contre, elle diminue avec l-a lièvre, et avec certains états nerveux (anurie hystérique) ;

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du reste, au cours de la journée, il y a des variations que chacun a pu noter : est-ce l'influence de l'activité nerveuse? est-ce le fait que Ton boit moins durant la nuit que le jour? toujours est-il que l'urine est plus abondante de jour que de nuit.

Excrétion urinalre. — L'urine se produit constamment, en quantité variable. A cet égard, il y a de curieuses variations d'un rein à l'autre, chacun d'entre eux présentant une activité plus grande tour à tour, l'un travaillant plus pendant que l'autre prend un repos relatif. A mesure qu'elle se forme, la vis à tergo, qui est considérable et équivaut à la pression de 6 centimètres de mercure, la refoule dans les canalicules, et de là dans le bassinet et l'uretère, d'où, comme on le voit aisément chez l'animal à vessie ouverte, ou chez l'homme en cas d'extrophie vésicale. elle tombe goutte à goutte dans la vessie, poussée par les contractions de l'uretère dont les fibres lisses sont excitées par le contact du liquide. Ces contractions semblent indépendantes de toute innervation d'après Engelmann.et se succèdent à quelques secondes d'intervalle. pro2ressant du rein à la vessie avec une rapidité de 20 ou 30 millimètres par seconde, même si l'uretère est séparée du corps Luchsingen. L'urine dilate graduellement la vessie où la pression atteint et dépasse celle de un centimètre de mercure. Elle ne peut relouer vers le rein en raison du mode oblique de pénétration des uretères, et l'urine vésicale contribue à se fermer à elle-même cette route ; du côté de l'urèthre, la vessie est close par le sphincter de la vessie et surtout par la prostate qui est élastique et musculaire à la fois. En effet, lincision de la partie membraneuse (sphincter de la vessie) ne suffit pas à déterminer l'incontinence, alors que celle-ci est constante après incision de la prostate, dont l'hypertrophie, au contraire, détermine si souvent chez le vieillard la rétention d'urine. Pourtant, le sphincter joue son rôle : chez la femme, qui n'a point de prostate, il est seul à

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lutter contre la pression de l'urine. Il est vrai qu'il lutte mal, car le rire et l'effort font souvent échapper quelques gouttes (l'urine, ce qui n'arrive pas chez l'homme, généralement ; mais en somme il peut résister à une pression de 3 centimètres de mercure. Tant que la vessie ne contient qu'une quantité modérée d'urine — et cette quantité est très variable, ce qui est modéré pour l'un devant être excessif pour l'autre : mettons 500 ou 750 centimètres cubes, — le besoin de la miction ne se fait pas sentir. Mais si cette quantité augmente, il y a excitation des filets sensibles de la vessie par la distension de ses parois, et le muscle creux dont elle est formée est incité à la contraction. La contraction détermine le passage de quelques gouttes d'urine dans la partie prostatique de l'urèthre, et de ce contact naît le besoin d'uriner. Si l'on n'y cède, il est besoin maintenant d'un effort de volonté pour retenir l'urine (à moins que la contraction vésicale ne cesse, auquel cas la tonicité du sphincter et de la prostate suffisent) et chacun de nous a conscience de cet effort, de cette contraction du sphincter et du bulbo-caverneux. En l'absence de ces efforts, lurine s'écoule jusqu'à vacuité de la vessie, et, s'il y a effort, l'urine peut s'échapper avec une pression considérable équivalente à celle de 10 ou 12 centimètres de Ilg. Kùss prétend que toute miction est précédée d'un léger effort (avec occlusone de la glotte), dune légère compression de la vessie par la presse abdominale : cela parait exagéré, et quand la vessie est bien pleine, aucun effort n'est nécessaire ; la contraction des parois vésicales, et la cessation de la lutte volontaire du sphincter (fibres striées) suffisent. A la fin de la miction, il y a un léger effort abdominal, joint à la contraction des fibres circulaires de l'urèthre et du bulbo-caverneux, et c'est à ces influences qu'est due l'expulsion des dernières gouttes.

En somme, le besoin d'uriner est dû à la distension de la vessie et à la pénétration de quelques gouttes dans l'urèthre, déterminant une sensation qu'à tort, mais naturellement, nous objecterons dans la partie terminale de la verge ; et la

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résistance à la miction, réflexe et involontaire tant que le besoin d'uriner ne s'est pas produit, devient volontaire une fois que celui-ci existe. Il faut remarquer que ce besoin ne se présente pas d'emblée permanent; il se produit, puis disparait, puis revient, et ainsi de suite, la vessie passant par des phases alternatives de contraction et de relâchement relatif.

On s'est souvent demandé si dans la vessie saine l'urine subit une modification quelconque, si elle s'y dilue, ou si elle s'y concentre (par exhalaison ou par résorption d'eau à travers les parois vésicales). La question n'est nullement tranchée, mais il semble que l'épithélium sain et vivant soit absolument imperméable et hors d'état d'absorber quoi que ce soit des principes de l'urine (urée) ou des substances qu'on a pu y ajouter expérimentalement, comme la belladone, le ferrocyanure de potassium, etc. Par contre, si l'épithélium est altéré, la résorption devient possible. Telle est la manière de voir de Kiiss et Susini de Cazeneuve et Livon : mais, pour être juste, il faut ajouter que l'opinion opposée a été adoptée par Treskin, Lépine, et d'autres encore qui croyent à une absorption par l'épithélium sain.

La miction possède un centre nerveux au niveau de la 4*^ lombaire (Marins, Budgej, et les filets efférents et afférents passent par les nerfs sacrés pour aller au sphincter uréthral. Il y a aussi des fibres venant du cerveau et y allant, mais on en ignore le trajet exact. La section transversale de la moelle au-dessus de l'origine de la 3° paire sacrée détermine une dilatation vésicale par rétention d"urine, en raison de l'excitation du sphincter uréthral et de l'absence d"inhibition de ce réflexe. On remarquera que la contraction de la vessie ne peut être opérée volontairement; on peut la comprimer par un effort, mais non la contracter à volonté, de sorte que. même dans la miction volontaire qui n'est pas déterminée par un besoin d'uriner, il y a un élément réflexe important : la vessie se contracte parce qu'il passe un peu d'urine dans l'urèthre (Landois).

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