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M2 PEAU ET ÉPITHÉLIUM

moniaque, qui normalement se dégagerait x^ar la peau, Lang a une intoxication urémique par obstruction des canalicules urinifères dus à ce que les poumons ne suffiraient plus à l'élimination de l'eau. Enfin, divers expérimentateurs attribuent les accidents observes à l'augmentation de la déperdition de calorique, augmentation qui existe réellement (258 au lieu de 100, d'après Kriiger). Ce qui le fjrouverait, c'est qu'en entourant l'animal verni de ouate, on sauverait celui-ci, d'après Laschkevitsch et Lomikosky. Pourtant Socoloff conteste cette influence bienfaisante de la chaleur artificielle, et aussi celle des inhalations d'oxygène. D'autre part, il y a quelques analogies entre les symptômes présentés par les animaux vernis et ceux des animaux exposés au froid, et il est certain que k'S premiers subissent une énorme déyjerdition de calorique.

Fonctions sécrétoires de la peau. — Sueur. — La sueur, excrétée par les glandes sudoripares (deux ou trois millions), forme tantôt un liquide appréciable à la vue, tantôt une vapeur qui résulte de Tévaporalion de ce liquide lorsqu'il est .sécrété en petite quantité. La singulière opinion quiaeu cours, non seulement aux époques anciennes, mais même il y a soixante ans (William Edwards, Milne-Edwards), sur la différence de la sueur et de la perspiration insensible, n'est plus acceptée aujourd'hui, où l'on n'admet entre elles que des différences de degré, leur nature restant essentiellement la même. M. Aubert, de Lyon, dans un travail trop ignoré, a fourni la démonstration expérimentale de deux faits : il a montré qu'en dehors des glandes sudoripares il n'existe pas de glandes appréciables à la surface de la peau : il a prouvé par sa méthode qui consiste à faire photographier par la sueur même sur un papier imbibé de nitrate d'argent l'orifice des glandes sudoripares (grâce à l'action des chlorures de la sueur sur le nitrate qu'ils transforment en chlorure impressionnable à la lumière) que toute la sécrétion cutanée provient bien des glandes sudoripares.

On prend une feuille de papier blanc ordinaire, et on l'applique étroitement sur la peau, qu'elle paraisse sèche, ou qu'elle transpire : au Vjout d'un temps qui varie de 30 à 180 secondes, on retire le jiapier, et on le trempe dans une solution de nitrate d'argent à 0,50

SKCRETION SUDORALE

pour 200, ot on expose à la lumière ou aux rayons solaii-es. Il se forme alors, par la transformation du nitrate d'ar^'ent en cldorui-c, dans les points où il y a eu de la sueur, des taches minuscules ducs à l'action de la lumière sur le chlorure d'argent, et l'ensemble de ces taches forme un pointillé abondant. Si la peau est en sueur, au lieu d'un pointillé, on obtient des empreintes linéaires dues à ce que la sueur s'est étalée le long des crêtes papillaires dont l'empreinte reproduit la forme '.

Fig. 55. — Empreinte sudorale pointillée normale recueillie sur le dos de la main en dehors de toute sudation appréciable (réaction des chlorures de la sueur sur le nitrate d'argent). (D'api'ès Aubcrt.)

La sudation proprement dite et la transpiration insensible, avec l'état de moiteur intermédiaire aux deux précédents,

* F. Galion a publit- un mémoire important, et un volume intitulé Finger- P/'ints (Londres, Macmiilan, JSi'ij, sur les empreintes digitales qu'il a réussi à classer en uu certain nombre de groupes, et sur lesquelles il s'est livré à des recherches très curieuses. Voir un résumé par H. de Variguy dans la Bévue Scientifi(jue , du 2 mai 1891; voir aussi une note do C. Féré. (.Soc. lliol., 1801.)

PEAU ET EPITHELÎUM

constituent donc des degrés différents d'un seul et même phénomène.

Au point de vue chimique, la sueur est intéressante à étudier. Elle renferme de 980 à 995 p. 1000 d'eau. Les parties

Fig. • 56. — Empreinte sudorale linéaire normale recueillie en appliquant la face palmaire des doigts sur une feuille de papier imbibée de la solution de nitrate d'argent. La sueur étant étalée à la surface de la peau le long des crêtes papillaires, on a une empreinte de lignes continues au lieu de Tempreinte pointillée. (D'après Aubert.)

solides sont des sulfates, chlorures, des acides (lactique, formique, acétique, butyrique, caproïque) faiblement combinés avec des bases (Facide sudorique de Favre est problématique) ; des graisses (suint de mouton), de l'urée (1/2 p. 100 d'après Favre), des sels minéraux comme les chlorures de sodium, et de potassium. Schématiqucment la sueur ren-

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