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TOXICITE DE LA SUEUR

tion positive à la doctrine des crises, dans certains cas d.^ maladies infectieuses. »

Beaucoup de persuniies noient encore à la toxicité de la sueur. Rolirig a bien vu la sueur normale injectée dans les veines, provoquer certains accidents. Mais Cl. Bernard a vu la même chose en injectant à un animal de son propre sérum extrait quelques heures auparavant. Y a-t-il un commencement de décomposition à invoquer pour expliquer ces accidents? Cl. Bernard le croit, et Fr. Franck se range à son avis. En tout cas, la sueur normale n'est pas toxique de par sa composition chimique : les sueurs morbides, ou qui contribuent à éliminer des médicaments doivent l'être, par contre. Mais si la sueur n'est pas toxique, à quelle cause attribuer les accidents provoqués par le vernissage des animaux, pratique reconnue si nuisible par Fourcault et tous ceux qui Font suivi? Nous avons énuméré plus haut les diverses explications. Ajoutons celle de Bouley qui croit à une asphvxie par rétention de C0-. Mais les inhalations d'oxygène n'entravent pas le processus (SokololY). Admettre une intoxication par l'urée est difficile, bien que ce produit soit toxique. Fr. Franck croit plutôt que le vernissage tue par le retentissement qu'il exerce (comme les brûluresi sur les centres nerveux. Le mécanisme des lésions médullaires que provoque très réellement le vernissage est obscur (paralysie réflexe des vaisseaux), mais le fait de ces lésions est positif. Les lésions médullaires feraient qu'il y aurait moindre production de chaleur (comme Favait vu Cl. Bernard) en même temps que déperdition excessive (Laschkewilsch et Lomikovsky) , d*où l'hypothermie considérable notée par tous les observateurs.

La quantité de sueur excrétée par vingt-quatre heures varie beaucoup selon des conditions nombreuses parmi lesquelles je ne rappellerai que la température extérieure, et rétat hygrométrique de l'air, l'exercice ou le repos, l'exhalation pulmonaire, la sécrétion urinaire, Fhydratation du sang. Ch. Robin l'évalue à 40 ou 42 grammes par heure, 1,000 pour

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vingt -quatre hcnre?. Franck donne comme moyenne 1,794 grammes; comme maximum 19 kilogrammes.

Les variations de la sccrction sudorale iieuvent donc être fort considérables. Un des points les plus intéressants dans l'histoire de cette fonction est le balancement physiologique existant entre les fonctions sudorale et urinaire. On a calculé que la masse des glandes sudoripares forme le quart de l'appareil l'énal. Cette considération a peu d'importance : elle est du reste inexacte, car la totalité des glandes sudoripares ne répond nullement à la totalité de la partie sécrétante de ces glandes : une partie restreinte de chaque glandule a seule une fonction sécrétoire. Et d'ailleurs la comparaison des volumes n'est point faite pour donner une idée de l'activité comparée. Quoi qu'il en soit, il y a un balancement très net entre les fonctions urinaire et sudorale : la première augmente alors que l'autre diminue, et réciproquement (influence des saisons : on urine moins en été qu'en hiver, à cause de l'abondance de la sueur). Cette suppléance a des avantages sérieux, si l'on considère que certains produits excrémentitiels (urée et uréidesj sont éhminés en assez grande proportion par la peau. Il y a encore un certain balancement entre la sécrétion sudorale et l'élimination par l'intestin. On a même cru que la suppression des sueurs des tuberculeux pouvait amener un accroissement de sécrétion intestinale.

On a souvent dit que la sécrétion sudorale varie selon l'état hygrométrique de l'air. C'est une erreur. Que le corps soit plongé dans une atmosphère sèche ou humide, la sécrétion sudorale reste la même. Ce qui change, c'est l'intensité avec laquelle s'effectue Yévaporation de la sueur. Il est évident que, dans un milieu saturé de vapeur d'eau, l'évaporation de la sueur ne doit pas se faire : elle se fait au contraire d'autant mieux que le milieu est plus éloigné de la saturation. Ce qui rend la chaleur humide si déplaisante, c'est non une diminution de sécrétion, mais une diminution d'évap ovation, et, par conséquent, de réfrigération, ce qui est tout différent. C'est là un point à ne pas oublier, et que, d'ailleurs, des expériences directes ont bien mis en relief. Est-il besoin de rappeler que la sécrétion sudorale augmente à mesure que s'élève la température, et que l'évaporation s'accroît à mesure que le renouvellement d'air est plus actif (en vertu des lois mêmes de l'évaporation) ?

Pour terminer, un mot sur les conséquences de la sudation pour le sang. Du moment où de l'eau est soustraite à l'organisme, par quelque voie que ce soit, il se prorhiit un état de déshydratation

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du sniiir, ot par cola môme, de Torganisme, Or, cette déshydratation ne va pas sans danger : Maas a montre que la déshydratation rapide altère les globules, et provoque même une dissolution de l'hémoglobine (hémoglobinurie avec albuminurie chez le cheval après sudation abondante). Ceci indique qu'il ne faut pas abuser de la sudation comme moyen thérapeutique (obésité, entraînement).

Le rôle essentiel de la sueur, c'est la réfrigération du corps, l'abaissement de la température de celui-ci, quand, par suite d'une exercice violent (combustions organiques) ou du séjour dans un milieu à température élevée (cette température peut décupler la sécrétion sudorale) la chaleur de l'organisme devient plus grande. La sudation pare aux dangers qui résulteraient de cette hyperthermie : la sueur amenée à la surface du corps s'évapore, par le fait de la non-saturation de l'air ambiant, et cette évaporation s'accompagne d'une soustraction de calorique, ce qui tend à rétablir l'équilibre. Cette soustraction est d'autant plus forte que l'air est plus sec, plus fréquemment renouvelé, et plus chaud, et que la pression est plus faible, parce que ces conditions sont toutes favorables à l'évaporation. La sudation est donc le principal agent de la régulation de la température, et si nous considérons que l'élévation thermique de l'organisme a pour conséquence la dilatation des vaisseaux cutanés (d'où augmentation de la déperdition par rayonnement), en même temps que l'accroissement de l'excrétion sudorale, nous voyons que la peau représente l'organe par excellence de cette régulation si nécessaire. Là où la sudation fait défaut l'animal se refroidit autrement : il se refroidit — le chien par exemple — par l'accélération de la respiration, par la polijpnée (Ch. Richet) qui favorise l'expulsion de la vapeur d'eau par les poumons.

Innervation des glandes sudoripares. — L'innervation des glandes sudoripares représente Tune des parties les plus intéressantes de la fonction qui nous occupe en ce moment.

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C'est d'ailleurs un sujet tout moderne, dans lequel les principales découvertes se sont faites ces dernières années, de 1875 jusqu'en 1883 , grâce aux travaux d'Adamkiewicz, Luchsinger, Nawrocki, Ostroumoff et Vulpian principalement. Il résulte de ces recherches, dont on trouvera une excellente analyse dans les articles de Strauss {Revue de Hayem, 1880) et François Franck (article Sueur du Dictionnaire encyclopédique) qu'il existe des nerfs sudoripares dont l'excitation provoque la sudation, : ce sont les nerfs excito-sudoraux de Goltz (1875) et Vulpian, qui agissent sur les éléments glandulaires, en dehors des vaso-dilatateurs, au point qu'ils déterminent la sudation même sur un membre privé de sang (Adamkiewicz). On a déterminé ces nerfs dans le sciatique, le cubital, le médian, le nerf sous-orbitaire. Les filets excitosudoraux sont d'origine sympathique : pour Vulpian, il y en aurait de médullaires (racines sacrées, lombaires, dorsales, et dernières cervicales). Vulpian a encore admis l'existence de fréno-sudoraux, qui seraient aux excito-sudoraux des nerfs d'inhibition, ce que les vaso-dilatateurs sont aux vaso-constricteurs, mais il a abandonné cette manière de voir que François Franck a quelque peine à rejeter : elle explique fort bien en effet certains phénomènes. Du reste, ce point appelle de nouvelles recherches. (Notons, en passant, que les organes sudoraux ont la mthne innervation que les glandes salivaires, entre autres; il y a des nerfs excito-sécrétoires indépendants des nerfs vaso-dilatateurs. Voir le paragraphe consacré à ces glandes.)

On met bien en lumière les excito-sudoraux en excitant le sciatique par exemple du chat (Luchsinger) : on voit perler la sueur sur les pulpes digitales, même s'il y a vaso-constriction en ce moment (Vulpian) ou anémie (en opérant 3/4 d'heure après la mort, Adamkiewicz) *.

' Dans la sueur froide, il y a excitation dos nerfs excito-sudoraux, sans vasodilatation concomitante, ce qui montre hien lindépendance des deux phénouoniènes.

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